Archive pour décembre 2005

Purple rain : chou-rave Azur Star et radis géant rose et blanc

Vendredi 30 décembre 2005

 

Pour finir la série consacrée aux Légumes de Joël il reste au fond du panier un chou-rave violet foncé et deux gros radis blanc tout ronds.

Le chou-rave, dans le bouquin, c’est Alain Pégouret qui se le farcit (oui, ça peut aussi se farcir), ça donne : « Chou fleur Azur Star et son suc en émulsion de fleurette et zeste de citron vert, écrevisses aux saveurs aromatiques ».
Diantre, c’est pas du surimi ça.
En gros, si je résume très vite une bien belle recette de chef, le chou-rave est fait en coulis. Bon.
D’habitude, le chou-rave, légume chéri (se conserve longtemps, se mange cru, cuit, au wok, dans une soupe…), j’en fais un peu ce qui me passe par la tête et le couteau. Mais là, son violet foncé, assorti à une bonne partie de ma garde-robe, m’intimide et me fait fantasmer ; je rêve pétales délicats, mile-feuilles évanescents…

pict08701

Au déshabillage au rasoir à légumes, immense déception : à l’intérieur, le chou-rave s’avère tout ce qu’il y a de plus… classique, vert d’eau très joli mais tout à fait comme mon chou-rave commun. Ca m’a sévèrement dépitée… et mon chou-rave a fini comme d’hab’, moitié en crudités, moitié dans la soupe. N’est pas Seguret qui veut.

Quant au radis, une fois pelé, il est beau comme un éventail japonais déplié. Blanc avec un coeur rose fuschia. J’avais envie d’en faire un mille-feuille, mais franchement… pas eu le temps. Alors, juste en rondelles, enroulé dans des tranches de coppa, son amertume allégeait le gras fondant en bouche de la charcuterie. Un était très piquant, l’autre très doux, surprenant. Un radis pour changer du radis, moi qui n’en suit pas une grande amatrice y ait trouvé mon bonheur, et les dégustatrices aimèrent son aspect assorti à leur joli vernis à ongles Chanel.

Les légumes de Joël, c’est donc bon, facile, pas cher, et toujours drôle à cuisiner : des végétaux à surprises !

Prise au Piège

Mercredi 21 décembre 2005

Un message très bref pour vous signaler l’excellentissime documentaire sur Jean-François Piège diffusé hier soir sur France 5 : "Jean-François Piège, Histoires de cuisine" de Bruno Sevaistre.

J’ai passé la soirée à pousser des petits cris de joie devant tant d’intelligence gastronomique et culinaire. La discussion devant les carottes de Joël Thiebault valait son pesant de cacahuètes (oui, les mêmes carottes que celles ici photographiées), et un chef étoilé qui voyage en rigolant dans le coffre d’une 4L, ca ne court pas les rues. C’était un beau portrait de cuisine et de cuisinier. D’une humilité belle et touchante devant le produit, et bon, un cuisinier qui dit juste "la seule chose que j’aimerais qu’on dise de ma cuisine, c’est qu’elle est bonne, c’est tout", il a vraiment à mes modestes yeux tout compris.

Pour être exacte, je suis allée 2 fois aux Ambassadeurs, et c’était au-delà des mots, tellement privé, intime et une belle expérience, que je n’ai pu me résoudre à l’écrire sur ce blog. Mais j’attends avec impatience la sortie d’un livre qui serait 100% sien, bien qu’il ait énormément contribué au Grand Livre de Cuisine de Ducasse.

Si vous voulez vérifier la véracité de mes dires, ce documentaire est rediffusé le 26 à 17h25 : tous à vos magnétos, vous n’avez plus d’excuses !

Blog Appétit n°6 : champignons sauvages à l’huile, copyright Michel Payany

Mardi 20 décembre 2005

 

Au mot « champignons », mon esprit pense toujours aux deux mêmes choses : Sacha Guitry et et mon père (qui comme le disait Sacha, avait raison). Parfois, je pense à la chanson de Billy Ze Kick, mais c’est plus rare.

Sacha Guitry, à cause du début des Mémoires d’un tricheur (cherchez pas, le DVD n’existe pas, guettez une redif’). Un jeune galopin pique quelques subsides dans le porte-feuille familial. Pris la main dans le sac, il est puni : ce soir, pas de champignons sautés, qui régalent sous ses yeux toute la famille. Séquence suivante : l’enfant suit les corbillards des siens, les champignons étaient vénéneux, et une belle carrière de « tricheur » s’ouvre à lui !!!

Quant à mon père… C’est lui l’expert es champignons. C’est un homme des bois, un coureur de cailloux, de plantes, au printemps les asperges, en automne les champignons. Depuis son enfance il parcourt les coins de Provence, un panier à la main, un couteau dans l’autre. A croire qu’ils poussent sous ses pieds, je ne l’ai jamais vu rentrer bredouille. Il connaît toutes les espèces locales et j’ai souvenir que pendant des vacances en Lozère, il n’avait pas pu résister à de magnifiques cèpes, qui ont séché sur la plage arrière de la voiture pendant une semaine ! Un voyage plein d’odeurs, je vous l’assure.
De plus, je le confesse, je ne suis pas folle de champignons. Les morilles, les truffes (mais c’est une autre histoire de famille, que je vous raconterai), les champignons de Paris, un risotto aux cèpes, OK, mais guère plus. Oui, je suis snob… C’est la texture facilement spongieuse du champignon qui peut me faire fuir. Cela dépend étroitement de mon humeur. Il eut donc été indigne de ma part de me proclamer blogueuse ex-champignons, aussi lui ai-je demandé de vous livrer sa recette favorite de champignon.

Si les émotions et les souvenirs sont les miens, pour ce blog appétit de Noël, les champignons seront donc ceux… de mon père.

Merci Papa !


Champignons sauvages à l’huile

Cette préparation est une semi-conserve destinée à servir d’accompagnement à des viandes froides, au même titre que les cornichons au vinaigre. Les pots se conservent plusieurs mois au réfrigérateur.

Première étape : le choix des champignons.

J’ai testé trois types de champignons sauvages pour cette recette : le lactaire délicieux (pinin, sanguin, safrané), la girolle (chanterelle jaune) et le tricholome terreux (griset, petit gris). Ces trois types de champignons se trouvent sur les marchés ou en conserve si vous n’êtes pas un cueilleur averti.
D’autres champignons devraient pouvoir faire l’affaire comme le pied de mouton (hydnum repandum), ou le champignon de Paris s’il est très petit. Les bolets, en particulier le cèpe, sont mous et un peu visqueux, ce qui n’est pas apprécié de tout le monde. Restent à tester les mousserons, trompettes de la mort et chanterelles.

Les champignons destinés à cette recette doivent être très jeunes, frais et parfaitement sains. Choisir des champignons de petite taille. Les trous de vers sont très visibles et du plus mauvais effet (même si la bête n’y est plus !).

La quantité de départ est de 1 kilo de champignons frais.

Deuxième étape : la préparation et la cuisson des champignons.

Eviter d’acheter des sujets trop terreux ou sableux, d’abord pour ne pas payer de la terre au prix des champignons, ensuite pour ne pas être obligé de les laver avant de les faire cuire.

Couper l’extrémité de la queue de chaque champignon et, pour les grisets, raccourcir la queue des deux tiers. Eliminer les feuilles, mousses et brindilles en essuyant délicatement avec du papier absorbant. Couper en morceaux les champignons les plus gros.

Mettre les champignons, sans sel ni corps gras, dans une poêle à feu vif et couvrir. Au bout de quelques minutes ces derniers vont perdre leur eau de constitution ; les laisser cuire dans ce jus cinq bonnes minutes puis les verser dans une passoire et les rincer abondamment à l’eau froide. Ce rinçage a pour effet d’éliminer toute la terre ou le sable qui aurait pu subsister et de rafraîchir rapidement, donc raffermir, les champignons.

Laisser égoutter, au besoin compléter en comprimant délicatement des poignées de champignons avec les mains.

Troisième étape : l’assaisonnement et la touche finale

La quantité d’ingrédients d’assaisonnement, ail et vinaigre en particulier, est fonction du goût de chacun. Eviter cependant les excès, il ne s’agit pas d’ail aux champignons ni de cornichons au vinaigre. On peut utiliser de l’huile d’olive mais personnellement j’emploie de l’ISIO 4 du commerce qui est neutre de goût (je réserve la bonne huile d’olive pour les salades !) (Note de ta fille : tu pourrais essayer de l’huile de pépins de raisins, qui est neutre et ne fige pas au frigo).

Préparer à l’avance de l’ail (3 gousses) et du persil finement hachés, les mettre de côté.

Remettre les champignons dans la poêle avec deux ou trois cuillers à soupe d’huile et quatre à six cuillers à soupe de vinaigre blanc, saler, poivrer abondamment. Faire chauffer et cuire à feu vif pendant cinq à dix minutes en remuant pour faire absorber le vinaigre, ajouter l’ail et le persil en fin de cuisson. Goûter pour rectifier l’assaisonnement, ne pas hésiter, s’il le faut, à rajouter du vinaigre ou de l’ail.

Laisser tiédir quelques minutes puis mettre dans des pots en verre avec un couvercle vissé étanche. La façon de remplir est très importante pour la conservation car il ne faut pas emprisonner de bulles d’air. Mettre successivement des champignons et de l’huile puis tasser avec une cuiller pour faire remonter les bulles. Terminer par une couche d’huile d’un doigt au sommet du bocal et mettre à refroidir à l’air libre quelques heures sans fermer le couvercle.

Avant de mettre au réfrigérateur, compléter le niveau d’huile et fermer hermétiquement le couvercle.

Quelques conseils supplémentaires :

  • ne pas mélanger les champignons, surtout les lactaires qui ont un petit goût de résine,
  • étiqueter et dater les bocaux,
  • choisir plutôt de petits récipients (200 grammes),
  • essayer de patienter au moins deux semaines avant de goûter.

Chou-fleur violet artistique (et sa sauce aux herbes)

Samedi 17 décembre 2005

 

pict0855


La recette de Pierre Gagnaire dans Les Légumes de Joël ! : « Tranche de chou-fleur violet graffiti, œuf Hervé This cuisiné, sirop d’agrume, menthe fraîche, coriandre en feuilles et poivre à queue ».


Bon, on est mardi soir, je suis rentrée fourbue de mon nouveau boulot (le stress de la période d’essai), et j’ai 15 mn pour préparer un souper fin pour deux. 15 mn, c’est le nouveau timing que j’ai (en général)  pour tout préparer (souvent, vaisselle comprise) : le temps que mes deux amours s’ébattent joyeusement dans une baignoire accompagnés de phoques et autres dauphins péteurs en plastique.
Donc, inutile de vous dire que pour cuisiner ce sublime chou-fleur violet, j’ai lu en travers la recette de Gagnaire, me suit exclamée ‘OOOOOOOOO, magnifique’, et j’ai juste retenu que le chou-fleur, c’était bon avec les oeufs.

D’où la dérive immédiate en : « Å’uf Mollet BricolBoy cuisiné, chou-fleur violet croquant, crèmette acidulée »

pict0864


Une base toute simple : du chou-fleur juste poché, des oeufs mollets préparés par MrBicol’, toute la subtilité était dans la sauce, dont la recette conclu ce billet -j’imagine que je peux vous faire grâce des temps de cuisson du chou-fleur et de l’oeuf, Ginette Mathiot est là pour ça.


Premier
constat : quand il cuit, le chou-fleur violet sent encore plus fort que le chou-fleur classicos. Pensez à le faire cuire dans 2 eaux, ça amortit le choc.
Deuxième constat : quand il cuit, le chou-fleur violet teinte son eau de cuisson en bleu marine. Absolument fascinant. Pensez à ne pas le faire trop cuire pour éviter qu’il ne perde son principal intérêt artistique.
Troisième constat : quand on le mange, le chou-fleur violet graffiti (son nom exact) est un peu plus parfumé que son collègue blanc. On les imagine tout de suite en train de chanter ensemble dans l’assiette « Ebony and Ivory… live together in perfect harmony… » (NB : vous vous souvenez du clip avec un clavier géant de piano derrière ? Absolument monstrueux !!!)

Quatrième constat : je suis une grue, j’avais une recette parfaite pour le Blog Appétit n°6, à savoir « Chou et volaille », et je viens de gâcher cette recette, moi qui ne suis pas une immense fan de chou. Zut zut zut.

Dernier constat : c’est vrai, les oeufs vont finalement bien avec le chou-fleur, ça m’aurait presque réconcilié avec.


Quant à la sauce, j’avoue que coriandre et verveine étaient présents dans la recette de Gagnaire, et ça tombe bien, j’en avais sous la main (la verveine fraîche se conserve excellement bien au congélateur, d’ailleurs). La bouteille de verjus avait été ramené d’un week-end en Dordogne et son parfum relève très bien l’acidité de la crème et le citronné de la verveine. Enfin, le chou-fleur râpé donne ici une touche rose fuschia à la sauce complètement flashy, parfaitement en camaieu avec le violet-indigo du chou cuit, tout en lui donnant du piquant.




Sauce crémette aux herbes pour le chou-fleur
10 cl de crème épaisse,
2 petits bouquets du dit chou-fleur cru,

2 cuillères à soupe de verjus du Périgord

10 brins de coriandre

10 brins de verveine

Sel, poivre, piment d’Espelette


Râper les bouquets de chou-fleur. Ciseler les herbes.
Dans un bol, mélanger la crème, le verjus, les herbes, saler, poivrer, espeletter légèrement.
Napper sans attendre chou -fleur et oeuf tièdes.
Laisser Bricol’Boy prendre la photo.

<Prochain épisode : on continue dans les légumes violets avec le chou-rave et le radis… Ah non, prochain épisode : émotion champignon, avec une guest star sur ce blog>

 

pict08591

 

Carottes technicolor

Mercredi 14 décembre 2005

J’ai eu le coup de foudre pour les
carottes de Joël. Il y en a pour tous les goûts : des blanches à col
vert, des jaunes pâles, et des extraordinaires violettes.

pict0725pict0721

Malheureusement dans le bouquin, ils ne parlent que des célèbres
carottes crayon, l’interprétation qu’en fait Pascal Barbot de l’Astrance m’en semble tout bonnement bonne à manger la feuille du bouquin :
« Jeunes carottes crayon, carotène et coulis carrot-cake ».
Petite note pour Bricol’Boy : pour mes 31 ans, je veux absolument aller manger chez Barbot !!!!

Examinons les bêtes après récolte à la maison :

pict0867Les blanches, taillées au rasoir à légumes, sont presque translucides, très sucrées et croquante, avec une saveur discrète.
Les jaunes boxent dans la même catégorie, un peu plus goûtues quand même. Et un ch’tit goût de beurre.
Les violettes, coupées en rondelles, révèlent un coeur orange. Elles ont un effet tie and dye absolument superbe. Et ont le goût le plus marqué !
Le bonheur : elles restent violettes en pourtour à la cuisson !!!!

 

Quelques idées en vrac, j’irai en racheter pour tout tester :
Facile d’imaginer la salade de carottes râpées psychédéliques qu’il en ressortirait. Mais trop simple.
Je m’en garde une violette, pour faire avec une vitelotte, et une vinaigrette à la tapenade… une belle salade violette…

Pour un dîner du vendredi, toujours à base de pâtes et d’italianeries, voici ce que j’avais concocté.

pict0874

Ah, vous comprenez mieux pourquoi de temps
à autre j’arrête de mettre des photos ? Vu de là, ça n’a pas l’air top.
Les carottes violettes ont pris le pas sur l’ensemble et elles ont
"déteint" sur l’ensemble. Mais à la dégustation, il faut en convenir,
ces carottes-là étaient très parfumées
, avec ce petit goût de racine
sucrée que parfois elles oublient d’avoir, facilement trop fades.

Bilan : oui, ça vaut le coup de traverser Paris pour une botte de carottes !


Gnocchi & carottes technicolor aux épices, gratinées au taleggio
Pour 3 donzelles et 2 garçons patients, en écoutant Robbie Williams… et en médisant….
600 g de gnocchi di patate
600 g de carottes de toutes les couleurs
250 g de taleggio bien crémeux
1 échalote
10 cl de bouillon de légume (perso, Herbamare en pâte, dans les magasins bios)
1 cuillère à soupe de graines de cumin
Gomasio noir
1 cuillère à café de curcuma
Huile d’olive

Eplucher carottes et échalote, couper en dés. Les faire revenir dans
un fond d’huile d’olive, ajouter le bouillon, couvrir et laisser
mijoter 15 mn. Hors du feu, assaisonnez de curcuma et de gomasio noir
(à défaut, de graines de sésame simples), poivrez.
Découper le taleggio en tranches.
Faire pocher les gnocchi 2 mn dans l’eau bouillante salée, ils ne doivent pas être tout à fait cuits.
Les mélanger à la fondue de carottes, directement dans le plat à gratin.
Ajouter alors la moitié du taleggio, mélanger : le mélange commence à filer.
Répartir le fromage restant sur le dessus…
Faire dorer 5 mn sous le grill de votre four.
Penser qu’il y en a trop dans le plat pour 4, et constater à la fin du repas qu’il  n’en reste pas…

<Prochain épisode : ce qui est arrivé au chou-fleur violet Graffiti>

Retour du marché de l’Alma

Vendredi 9 décembre 2005

Suite de l’épisode précédent…

Grâce à une jeune, belle, intelligente mais fatiguée blogueuse, nous étions sous la neige sur le Parvis du Trocadéro il y a quelques semaines. Direction le Palais de Tokyo pour le brunch (ce qu’on y a mangé était correct mais ne mérite pas un billet, vlan pour le Tokyo Eat, qui a quand même pour mérite d’être assez spacieux pour ranger 5 poussettes Stokke).
Je n’ai pas pu résister, plantant là homme et fils, sac à langer vide à la main : l’appel du stand de Joël a été le plus fort.

Et là , j’ai été gentillement accueilli d’un : « Mais ça fait longtemps qu’on vous a plus vu vous ??? » Ben oui, 3 ans … Mais ça fait chaud au cÅ“ur. Et rien n’a changé : tout était aussi beau et bon. Et peu cher.

pict0720pict0727


Le sac à langer s’est transformé en sac de légumes (très pratique d’ailleurs) et mon butin a été composé à 80% de légumes violets. Ca tombe bien, c’est ma couleur préférée !!!

pict0785


Sur la photo, en rang d’oignon -ah ah ah-, vous reconnaîtrez :
des carottes violettes,blanches et jaunes, de la chicorée à feuilles longues, un chou-fleur violet graffiti, un chou-rave Azur Star, bien sûr les simples patates vitelottes, des radis qui font forcément penser à des seins… Sans oublier des racines de persil
tubéreux (non photographiés).

Aussi, voici ce que je vous propose : je n’ai pas participé au livre sur les légumes de Joël, pôvre petite blogueuse de rien du tout que je suis. Mais j’en ai cuisiné toute la semaine.
Alors, en épisodes, vous allez découvrir tout ce que nous avons dégusté pour rendre hommage à ces légumes extraordinaires !

<Prochain épisode : les carottes technicolor>

Fan de Joël

Mardi 6 décembre 2005

 

Comme je le révélais au tout début de ce blog, j’ai habité dans le XVIème.
Un pur hasard. Je déprimais de ne rien trouver de sympa pour faire les courses dans le quartier (à part le Monop’ de George V, mais faut pas pousser !) lorsqu’un samedi, je tombais par hasard sur le marché, le long de l’avenue du Président Wilson.
Il y avait là un fou de légumes, avec un stand merveilleux, où je me ravitaillais tous les samedis pour trois francs six sous. A moi les
vitelottes, les kilos de rhubarbe d’un rose délicieux, les courges
multiformesques. Des légumes comme je n’en avais jamais vu :beaux, vivants, organiques, colorés et gais. Pendant un an, je fus presque végétarienne, et mes dîners étaient composés autour des légumes que j’y avais déniché…

En lisant ensuite la presse culinaire, j’appris que j’avais été, comme beaucoup, une cliente fidèle de Joël Thiebault.

Ca fait trois ans que j’ai déménagé, pour l’amour de Bricol’Boy, et la seule chose que je regrette du quartier, c’est de ne pas avoir les moyens de me faire livrer son panier depuis disponible en ligne sur le site Le Haut du Panier.

Aussi, Bricol’Boy était sûr de me faire plaisir lorsqu’il m’offrit le mois
dernier ce fort beau livre qui, je m’en étonne, ne figure pas sur la
liste au Père Noël de
Scally :

 

pict0722

 

29 chefs interprètent 29 légumes sélectionnés et cultivés par Joël, avec des photos superbes.
Et on en trouve de très grands : Piège (total groupie, mais ça, vous savez…), Passard, Barbot, Troisgros (la meilleure purée que j’ai mangé de toute ma vie, c’est chez lui), Westermann …

 

 

Et des plus abordables, comme Raquel Carena et le fenouil (Madame Baratin), Pierre Hermé (plus facile de se payer un de ses gâteaux qu’un dîner dans un 4 étoiles) qui sévit sur la betterave chère à Madame (dois-je rappeler qu’elle est l’auteur de La Betterave aux Editions de l’Epure…), Eric Roux dont on peut souvent aller lire l’excellent blog, ça ne coûte rien, Inaki (ex La Famille) qui sévit maintenant à Evry…

 

 

La palme des recettes simples : Hélène Darroze et son tapas de sucrine, Catherine Guerraz et sa tourte de blettes. En même temps, ce n’est pas parce que c’est classique que ce n’est pas bon.

 

 

La palme de la recette sexy et lyrique revient à Bruno Verjus, lui aussi adepte de la burrata .

Je ne résiste pas au plaisir de la citation : « Déshabiler les tomates de la partie inférieure de leur peau et remonter la partie supérieure vers la collerette, comme une robe soulevée par le vent ».Ouh la… les tomates de Joël sont un peu aphrodisiaques, non ?

 

Un mini reproche
quand même : j’ai mis du temps à trouver le titre de la recette,
toujours planqué en bas à droite de la photo du plat. Il faut bien que je trouve un truc à reprocher à un livre aussi extraordinaire.
Allez, certaines recettes sont carrément surréalistes de difficulté, je le concède. En même temps, c’est  une ode aux beaux légumes, une mine de trucs et d’alliances. Respecter à la lettre la recette d’un grand chef, est-ce si important quand on est une ménagère de moins de 50 ans ?

 

Moi, les livres de cuisine, je les lis comme des romans, et celui là est beau grâce à sa pluralité d’expression et à sa richesse d’idées et de ton.

Addendum du 14/12 : suite à un mail de M.Thiébault, je précise bien évidemment qu’il n’est pas que sujet de ce livre, mais également auteur, puisque chaque légume est précédé d’une « fiche » en disant plus long sur sa culture, sa variété… Ce livre n’est pas que « sur » Joël, il est aussi « de » Joël, j’espère que cela est plus clair !


<Episode suivant : trois ans après, retour au marché de l’Alma>


Les Légumes de Joël !

Joël Thiébault, Lyndsay et Patrick Mikanowski
Flammarion – 42 euros

Pâte à tarte magique (la Suisse n’est pas neutre)

Jeudi 1 décembre 2005

La tarte salée est l’amie de la ménagère pressée : prête en 10 mn, cuite en 35 mn, permet de mettre plein de légumes dedans, supporte toutes les dérives de notre imagination -et de nos placards. Si la garniture est toujours marrante (bien que j’ai une prédilection pour les variations sur la ricotta) , le fond de pâte est souvent expédié.
Bien sûr, on a souvent notre amie Herta au fond du frigo. Pratique pour les jours de grande bourre, elle a néanmoins une petite acidité qui ne m’a jamais semblée naturelle (à en lire les emballages, je constate qu’il y a toujours du vinaigre dedans, or, qui met du vinaigre dans sa pâte à tarte) ?
Faire la pâte brisée soit-même, j’ai beaucoup donné, surtout en cours d’EMT, pour un résultat sympa, mais ça ne m’amusait guère. La prof d’EMT tenait à la faire à la margarine, je la soupçonne d’avoir dégoûté des dizaines d’élèves de faire la cuisine, et encore plus la pâte à tarte.

Jusqu’à ce que je découvre les merveilleuses variations de pâte grâce au fromage blanc et aux petits-suisses.

Commencons par nos amis suisses, voulez-vous ?

Ma maman mange tous les matins des petits-suisses (sa recette de petit déj = 50% de sucre, 50% de petits-suisses les plus gras possibles. Et elle est longiligne, y’a pas de justice !).
Quand elle vient à Paris, j’en mets dans mon frigo, en essayant de calculer le nombre de petits-suisses pour le nombre de matins où elle sera là. Et quand elle s’en va, parfois, il en reste : et qu’en faire ???
C’est donc munie de 4 malheureux petits-suisses restants que j’ai échoué sur le forum de Super Toinette où l’on me conseillait -ce devait déjà être Mercotte à l’époque- d’en faire une pâte à tarte.

La recette est simplissime : même poids de beurre que de petits suisses, le double en farine. Une pincée de sel. Mou le beurre, bien sûr. Un peu d’huile de coude. Et au froid une heure.

Au résultat, une pâte mi-brisée mi-feuilletée, qui s’étale bien, qui cuit vite, devient croquante et fine. Et on ne la fait pas à Bricol’Boy, ça lui a même fait aimer les tartes salées, dont il n’était pas grand fan.

Les variantes : j’aime beaucoup faire moitié farine blanche moitié farine complète; la variation de gras des petits-suisses est sympa aussi, je préfère la faire avec des demi-écrémés. Enfin, notez que c’est une pâte parfaite pour cuire sur plaque, sur une feuille anti-adhésive, avec un cercle.

Maintenant, quand il y a un pack de petits-suisses au frigo, Bricol’Boy sait que ce n’est pas parce que sa belle-mère vient nous voir pour quelques jours. Mais parce qu’il ne va pas tarder à prendre une tarte (ah ah ah, au figuré bien sûr) .. ou que je vais alimenter le congélo en pâtons pour les jours de dèche !

<prochain épisode, la pâte express à l’huile et au fromage blanc>

10 révélations culinaires

Jeudi 1 décembre 2005

 

Plus personne ne m’invite à répondre aux questionnaires, vu que j’ai oublié d’en répondre à un gentil paquet (désolée Mercotte), alors tant pis, je vous inflige quand même mes réponses… parce que j’ai bien rigolé en vous le préparant !
1. Enfant, mon plat
préféré était les coquillettes froides arrosées de lait froid, le tout bien salé. Dans un bol. Ma mère m’en avait même fait des Tupperware quand on partait en pique-nique.
2. J’adore les pâtes alphabet, j’ai choisi ça pour faire le bandeau d’Ester Kitchen juste pour pouvoir en remanger. Ca doit concilier mon amour des pâtes et de la littérature.
Et depuis des années, une question me taraude : comment font les enfants japonais ? et les enfants grecs ? Existe-t-il des pâtes avec leurs alphabets respectifs ? Peuvent-ils écrire leur prénom sur le bord de l’assiette, le temps que le bouillon refroidisse ?
Celui qui m’apportera la preuve par l’image de cette angoissante question gagne mes oeuvres complètes, ma reconnaissance éternelle, et un paquet de pâtes alphabet latin.
3. Depuis 6 mois, je mange entre une demi à une plaque de chocolat par jour, et je ne grossis pas (enfin, je ne maigris pas non plus) parce que j’allaite Virgile. Donc, je me dis que si je continue, ça me fait un très bon prétexte pour continuer à manger du chocolat sans complexe. Donc, acte (devinez ce que je suis en train de manger en écrivant ce message, einh ?)
4. Ca fait un an que je n’ai presque pas bu d’alcool
(sauf un très très bon verre, un soir très tard, après la naissance de Junior, entre deux de ses miam-miam) , et je me dis qu’il faut que j’arrête (de produire du lait),
ça me ferait un très bon prétexte pour déboucher certaines bouteilles (je pense aux Gaillac de Robert Plageole qui m’attendent). Lait ou vin, faut choisir, y’a des moments où c’est difficile, le PNNS ne parle pas de ça, pourtant, un verre de vin rouge, c’est bon pour la santé !
5. Je ne mange pas de fromage bleu : il y a de la moisissure dedans, et bon, la pénicilline, c’est bon quand on est malade. Et je suis pas malade, et en plus, CA PUE VRAIMENT !!!
6. Je mange l’Ovomaltine à la petite cuillère. Mais ça assèche la bouche quand même.
7. Je n’ai pas encore lu tous les livres de cuisine que j’ai chez moi. Mais je désespère pas.
8. Quand je visite une ville étrangère, j’ai un pif terrible pour trouver la super pâtisserie. D’accord, commencer le guide en lisant les pages restos et boutiques, ça doit développer l’instinct.
9. Parfois dans mes livres, je recours à des aliments que je n’aime pas, parce que j’imagine que cela doit aller bien ensemble. Donc, j’écris et je réalise des recettes que je suis incapable de goûter (parfois, une bouchée, mais guère plus). C’est donc Bricol’Boy qui, avec amour, gentillesse et patience, se colle au test qui tue. Ca marche souvent dans le bon sens, il a ainsi validé : la tarte endives-camembert, le gratin de Butternut à la fourme d’Ambert, la confiture de potimarron à la cardamome et au vin blanc, le soufflé roquefort poires, et je vous en passe… Partant du principe que nous n’avons pas tous les mêmes goûts, ça me force à sortir de mon pré carré, et travailler un produit qu’on aime pas, ma foi, cela me semble une bonne école. Je me suis même mis à manger un peu des endives cuites, chose qui ne m’était pas arrivée depuis 10 ans.
10. J’ai un autographe de Jean-François Piège (le chef étoilé du Crillon) dans mon salon. C’est grave Docteur ?

Je passe juste le relais à la Serial Cooker de Cuisine et Compagnie, parce que j’ai vu qu’elle n’y avait pas répondu, parce que son blog me fait pleurer de rire, bonne raison pour ne pas mettre de mascara le matin.