Archive pour janvier 2007

La révélation du caviar d’aubergine à l’amchoor et lait fermenté

Lundi 22 janvier 2007

Comme je l’avais dit ici, je suis passée en décembre chez Bruno et en suis ressortie chargée de nouveautés. Je voulais de la badiane (j’étais à court),super prétexte pour y passer, et je ne suis ressortie qu’avec des épices que je ne connaissais pas (je devrais toujours avoir une connexion à l’indispensable Toil’d'Epices sous la main).

Parmi les paquets, de l’amchoor, poudre de mangue verte séchée. Visuellement, on dirait du gingembre en poudre, et gustativement… une saveur citronnée, légère, et une pointe d’astringence, pas désagréable pour une amoureuse de l’acidité. Pas de saveur de bonbon acidulé, non, une note à la fois fraîche, héspéridée, rafraîchissante et parfumée… Pas très forte, mais délicate.

Je n’ose pas photographier mon placard (ou mon étal) à épices, il y en a partout. J’ai beau avoir des pots Ikéa, des pots à yaourts, il en manque toujours. Mon rêve ? Le fichu meuble à épices de Ferran Adria, pour avoir tout sous la main et les yeux. Bricol’Boy a beau me faire des étagères, je finis toujours par les remplir, un vrai tonneau des Danaïdes.

L’amchoor attendait donc tranquillement son heure depuis un moment sur mon étagère à poudre magique, je la regardai de temps à autre avec regret ( »mais comment vais-je t’assaisonner ? à quelle sauce vas-tu être mangée?« , le comble pour une épice…), l’inspiration ne venait pas.

Et puis un soir… une aubergine allanguie au frigo…une réminiscence de raïta indien aux aubergines…et puis l’évidence du lait fermenté, dont l’acidité légère est proche de celle de l’amchoor : voici un nouveau caviar d’aubergines, très frais, et en plus, très diététique !

L’amchoor lui apporte de la fraîcheur, le lait fermenté du moelleux et du liant.
Ca valait le coup d’attendre l’inspiration…

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Coupelle Luminarc

CAVIAR D’AUBERGINES A L’AMCHOOR & AU LAIT RIBOT
Pour 2
1 belle aubergine brillante
3 cuillères à soupe de lait ribot (ou babeurre, ou lebne)
2 cuillères à café rases d’amchoor
1 pincée de sel

Laver l’aubergine, la piquer de toutes parts, l’enrouler dans du papier aluminium et la glisser au four (180°) pendant environ 30 mn (jusqu’à ce que la chair soit molle).
Couper le pédoncule, fendre l’aubergine en deux et en prélever la chair. La presser pour en retirer l’eau de cuisson.
La hacher au couteau et la verser dans un grand bol.
Saler légèrement, ajouter l’amchoor et le lait ribot. Réserver au frais jusqu’à consommation.
Se conserve très bien plusieurs jours au réfrigérateur.

Envie d’utiliser votre amchoor ? La Belle au Blé dormant l’utilise dans une sauce au curry… Ne l’oubliez pas !

PS : ne vous inquiétez pas pour la badiane, une fée de mes amies m’en a livré 500g à domicile pour Noël, cadeau original et dont nous profiterons toute l’année !

On se lève tous pour Laurence (Salomon) et sa terrine de champignons aux lentillons de Champagne

Lundi 15 janvier 2007

La première fois que j’ai entendu parler de Laurence Salomon, c’était chez Vanessa : la pissaladière, je peux pas résister.

Malheureusement, j’avais fait la bêtise de laisser la pâte reposer une nuit au frigo, et elle n’en n’a absolument pas besoin, j’avais eu du mal à l’étaler. Mais en grande fan de flocons d’avoine, j’avais persévéré et avec bonheur, cette pâte à tarte est délicieuse.

Je zyeutais donc le livre de Laurence, Fondre de plaisir idéal après les fêtes (parce que la détox avec un demi-ananas…je vais pas y arriver), depuis un bon moment… quand un chèque-cadeau Amazon est arrivé début janvier. Voilà la seule chose que m’a rapporté mon blog… non, quelques assiettes Luminarc aussi, j’oubliais… et surtout, le plus important : un paquet de copines.

Donc, en 2 ans, tous les liens Amazon ont fini par me permettre de m’offrir ce livre. Pas de quoi pavoiser mais après tout, un livre de cuisine pour un blog de cuisine, cela s’imposait (le vice qui finance le vice en somme).

Et pendant que je le lisais -il est arrivé à la maison mercredi dernier-, cherchant les recettes à tester le week-end, Mercotte nous a raconté son déjeuner là-bas (la veinarde), Cléa révélait aux yeux du monde son affection pour ce livre, et nous, on en mangeait à la maison… J’oubliais, Mercotte était accompagnée de Mireille, qui partageait son enthousiasme… Synchronicité ? Empathie ? Phénomène de mode ? Effet post-fête ?

Rares sont les livres où, dès la première lecture l’on pointe une bonne dizaine de recettes : la tarte aux carottes et à la tomme de Cléa m’avait aussi fait de l’oeil, et que dire du pressé d’aubergines, tofu, tomates et basilic, puis de l’émincé de volaille aux courgettes, poivron et gingembre, et aussi des bouchées de canard au pain kamut… Et pour les desserts c’est pas mieux : gâteau mirabelles, noisette et rapadura, gâteau au yaourt de soja et pêches blanches.

Surtout, les conseils sont nombreux, clairs, les conseils pour les néophytes abondent. Les recettes sont assez simples et mélangeables entre elles, une grande souplesse se dégage (autour du principe cru/cuit bien exploité).

Que dire de plus ? Un total plébiscite, grandement mérité. En plus de la recette qui suit, nous avons aussi dégusté une soupe de carottes au curcuma, parfaite, goûteuse, sans une once de crème. J’aime beaucoup les lentillons de Champagne, car ils cuisent vite et ne sont pas farineux, c’est Claire Emma qui me les a fait découvrir, mais je ne les trouve pas très beaux. Cette terrine leur apporte un bel habillage, un réel écrin soyeux (ça y est, je deviens lyrique) et léger. Je sens que cela va devenir même un classique !

Le moelleux chocolat-sarrasin-chicorée est le prochain sur ma liste (d’ailleurs, Maman chérie, n’oublie pas de me porter ton moulin à café électrique la prochaine fois que tu viens à Paris !!!)…

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Terrine de champignons aux lentillons de Champagne

Quasi copiée-collée de Laurence Salomon

500 g de champignons de Paris
75 g de lentillons de Champagne
125 g de fromage de chèvre ultra-frais ou de faisselle de chèvre
3 oeufs bio
2 gousses d’ail
1/2 cuillère à café de baies roses
Quelques brins de coriandre fraiche (ou de persil plat)

Rincer les lentilles, les faire cuire 25 mn à feu doux dans 2 à 3 fois leur volume d’eau, avec une feuille de laurier. Saler légèrement, égoutter.
Rincer rapidos les champignons, les émincer. Les faire suer dans une goutte d’huile d’olive avec l’ail pelé et émincé, leur faire rendre un maximum d’eau (c’est-à-dire : commencer la cuisson à couvert 5 mn, puis faire évaporer en ôtant le couvercle).
Mixer le fromage de chèvre, les oeufs, la moitié des champignons. Ajouter les lentillons cuits et les morceaux de champignons, les baies roses, la coriandre grossièrement hachée, assaisonner (par exemple de gomasio).
Huiler des ramequins (j’ai pu en remplir 6), verser la préparation et faire cuire au bain-marie à 170° pendant 25 mn.

Verdict : très goûteux et léger ! facile à démouler et étonnament joli, avec son petit côté fossile. Mon seul regret, avoir mis des baies roses (qui sont dans la recette originale), je n’ai pas tellement trouvé cela intéressant. Un soupçon de coriandre se justifierait plus. Elle est également délicieuse froide le lendemain.

Qui a dit que tout se passait à Paris ? C’est à moi de regretter d’habiter si loin de son restaurant, j’ai hâte de le tester!

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Le restaurant de Laurence Salomon : http://www.nature-saveur.com/

Son livre : Fondre de plaisir aux Editions Grancher, 35 euros (vite rentabilisé)

Beurre Bordier au sel fumé et cristaux de sel fumé gallois d’Anglesey

Lundi 8 janvier 2007

Bientôt, avec la loi anti-tabac, je ne pourrais même pas parler de quelque chose de « fumé » sans me faire censurer (comme le disait un lecteur de Télérama : « les enfants ne vont plus pouvoir chanter j’ai du bon tabac« ). J’en profite donc pour faire coup double aujourd’hui, en parlant de beurré au sel (soit-disant fumé) et de sel (vraiment uniquement fumé)…

Bordier, encore et toujours

Dans ce message préhistorique (bon sang, deux ans déjà) je vous narrais mon émerveillement face au beurre de ce bon Monsieur Bordier de Saint Malo. Depuis, j’en ai toujours…et même, au congél, des cubes de beurre aux algues pile-poil la bonne taille pour mettre sur un filet de poisson ou pour faire sauter des Saint Jacques des pétoncles (je suis à découvert).

Maintenant, le succès aidant, j’en trouve de plus en plus souvent chez les bons crémiers parisiens (dommage, j’aime beaucoup aller à Saint-Malo… Stéphane, si tu nous faisais une petite vidéo du malaxage du beurre chez Bordier, ce serait supercalifragilistic pour moi).
A la lecture de mon Régal préféré , mon sang ne fit qu’un tour, en même temps que mon taux de choléstérol : un petit dernier annoncé chez Bordier, du « beurre au sel fumé« .
Il me le fallait, il me le fallait,j’en discutais par mail avec Patrick qui lui, le veinard ! en avait goûté avant moi… cela virait à l’obsession, et je finis par en dénicher.
Cérémonial : baguette parfaite et fraîche, de l’eau pure à côté de moi, un tartineur ad hoc… Recueillement… Tartinage… Dégustation et… cris. D’incompréhension.

Il faut appeler les choses par leur nom…

« C’est quoaaaaaaa, ce beurre au curry ?????????? »
Ce beurre-là (très bon au demeurant) n’a pas le goût du sel fumé.
Bordier a utilisé le sel Viking de chez Terre Exotique (marque que j’aime bien au demeurant, cf mon vieux message sur le sel, ma collection s’est agrandie depuis). Et en tournant le paquet, je constate : beurre, sel fumé Viking (sel fumé, curry, oignons). Zut.

Le plus drôle était que la veille, j’étais passée trop vite chez Bruno, comme nombre de blogueuses, partageant leur enthousisame pour le bon choix d’épices, la rareté de certaines, les emballages bien pensés, les prix doux et le conseil adorable. Et j’avais emporté (entre autres merveilles) du sel « uniquement » fumé. Qui lui, n’a que le bon goût du fumé… fin, fort, raffiné et minéral.Récolté près de l’île d’Anglesey au Pays de Galles, ce sel est fumé au-dessus de copeaux de bois de chêne.

Pour me remettre de ma déception, vite, j’ai cuisiné un …

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VELOUTE D’ENDIVES AU SEL FUME D’ANGLESEY
Pour 2
2 endives
2 pommes de terre
2 bols de lait frais entier de préférence
Bouillon de volaille ou végétal
1 noisette de beurre
Seul fumé d’Anglesey de Chez Bruno

Peler les pommes de terre, les couper en tout petits cubes. Emincer les endives (rondelles ou bâtonnets, à votre guise).
Faire fondre doucement le beurre dans une sauteuse, y faire nacrer les légumes puis ajouter le lait et un peu de bouillon (1/2 cube si vous êtes adeptes, une belle louche si c’est du fait maison). Couvir et laisser cuire 20 à 30 mn (tout est question de la variété des pommes de terre). Mixer, poivrer, si nécessaire ajouter de la crème liquide et/ou du bouillon selon la consistance que vous aimez.
Verser dans de jolis bols et parsemer de sel fumé à ce moment-là : voir les cristaux s’évaporer dans les volutes de la soupe fait partie du plaisir mystérieux de la dégustation du sel fumé.

Incroyable, avec cette recette, j’ai même repris d’un plat contenant des endives…

En conclusion (pas de fumé sans feu…)

Allez acheter du sel fumé chez Bruno et régalez-vous, mangez du bon beurre Bordier et régalez-vous, mais sachez que vous ne mangez pas la même chose, malgré une appelation identique !

Monsieur Bordier, s’il vous plaît, envisagez juste de modifier votre étiquette, un simple et direct « Beurre Viking » sera le bienvenu, et je serais réconcilée….

Surtout que ce beurre s’est ensuite révélé un délice sur des pommes de terre écrasées (oui, de la purée quoi), et que la belle Clotilde s’en régale, notamment dans des shortbreads.

Et pour le sel fumé, puisqu’il vous en reste, vous trouverez une splendide recette de carpaccio de St Jacques au caviar et sel fumé (mazette) chez le meilleur spécialiste du poisson sur le web, à savoir Patrick !


Beurre Bordier au sel Viking fumé
En vente dans les bonnes crémeries et à Saint-Malo (9 rue de l’Orme 35400 Saint-Malo, pour ceux qui veulent écrire ou y aller), de par chez moi vous le trouverez aux Papilles Gourmandes, 26 rue des Martyrs 75009 Paris.L’épicerie de Bruno (l’épicier en vogue chez les blogueuses, mais à quel juste titre !)
30 rue Tiquetonne
75001 Paris
http://www.lepiceriedebruno.com/
Sel fumé d’Anglesey, 2.5 euros le petit pot

Best wishes 2007 et best of 2006

Jeudi 4 janvier 2007

La flemme de sortir mes pâtes alphabet comme pour 2005.. la flemme de faire un bôôô dessin sous Photoshop (je dessine très mal, d’ailleurs, mais je me suis améliorée pendant les vacances, surtout en camion de pompier)…

Pourtant, ô lecteur qui m’honore de ton passage, je te dirai juste que je suis bien contente que 2006 soit fini et que j’espère que 2007 sera plus à la cool par chez nous. Enfin, je saurais ça la semaine prochaine, quand Elle
aura publié son Spécial Astro : les coquins, ils attendent que ce soit
le 8, histoire que tout le monde soit rentré de vacances.

Ami lecteur, si 2006 a été douce et clémente avec toi, et bien, que cela continue pour 2007. Et si tu as eu une sale année, ça ne pourra être que mieux. Si c’est pas positif comme voeu ça ! Sinon, pour tout le monde de l’argent, du bonheur, de la cuisine et du sexe (et du sexe dans la cuisine, bien sûr)  : on voit bien que 2007 est une année électorale, les voeux sont limite démago (et je ne vise aucun candidat, du moins pour le moment). Si j’étais sincère, je dirais juste "Sexe et cuisine pour 2007", je trouve que c’est classieux et original comme voeu, et que surtout, ce sont deux choses qui mettent l’humanité d’accord.

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Je vous offre un chou, parce que les fleurs, c’est périssable…

Après tous ces souhaits, je fais comme Johnny et comme les artistes en panne d’inspiration -non,
je ne m’exile pas en Suisse !-
, pour bien commencer l’année je vous
fais un petit best of d’Ester Kitchen…

  • En décembre, tout plein de légumes oubliés, de beaux projets qui s’amorcent… et aussi la joie d’avoir rencontré un certain nombre d’entre vous, d’avoir tissé des liens culinaires et parfois d’amitié. Que de déjeuners joyeux au Bar à Manger et de cafés à la Cuisine fraîch’attitude, en français et en italien !
    Hors blog, j’ai aussi enfin réussi la pâte à chou et vaincu un de mes plus grands échecs, le 20 décembre, et j’ai donc recommencé le 25. Jours qui se nommeront désormais la Saint Gougère.
    J’ai aussi dégusté du chocolat face à Pierre Hermé, mais ça, c’est ma vie privée -je dirais juste qu’on aime le Guanaja tous les deux. Et que je ne suis toujours pas remise de ne pas avoir osé lui demander une dédicace.Et que c’est la minute de frime annuelle (allez-y, vous pouvez m’allumer dans les commentaires).
    Zut, y’a eu les fêtes : +2 kg au final. Bilan par rapport à janvier : identique. Enfin un point commun avec Bridget Jones.

En préparant ce best of, j’ai réalisé que finalement, j’aime écrire avant tout. C’est ce qui me meut et ce qui m’émeut, du moment que je peux écrire sur ce qui se mange, sur le comestible devrais-je dire, je suis dans mon élément.

Il m’aura fallu 8 bouquins et 2 ans et demi de blog pour m’en rendre compte. Je suis un peu lente comme fille je crois.

Merci donc à tous de m’avoir fait l’honneur et la gentillesse de me lire en 2006. Et merci de pardonner mes messages trop sporadiques, vos commentaires adorables laissés en l’air.

Je ne prends pas de bonne résolution pour 2007 (si, j’ai promis d’arrêter de fumer, mais c’est facile, je ne fume pas !) : je vais toujours lire des livres de cuisine dans mon lit, stocker des tonnes de journaux (de bouffe et féminin, me voilà dévoilée), chercher des produits farfelus, faire des descentes chez Detou et autre, écrire quand cela me chante, vous lire passionnément, peut être rencontrer encore de nouvelles personnes attachantes. Et continuer d’avoir toujours envie.