Archive pour décembre 2007

Une tartelette nommée désir

Dimanche 30 décembre 2007

Ah, ces chères tartelettes amandines de Cyrano de Bergerac ! Une recette en alexandrins, pardi, ça se retient bien.

Mises en vers par Edmond Rostand, dans la bouche de Ragueneau, elles hantaient mon imaginaire culinaire depuis toujours. Faut dire que j’ai vécu un paquet d’années non loin de la rue natale de ce cher Edmond et que j’ai appris à lire dans le dit Cyrano (la pièce, pas l’ Histoire comique des États et Empires de la Lune découverte quelques années plus tard, une lecture chaudement recommandable d’ailleurs).

Celles que je vis pendant des années à la devanture des pâtisseries parisiennes jamais ne me donnèrent envie d’y croquer. Certainement à cause de la ridicule cerise rouge posée façon téton en plein milieu.

Seule la recette de Pascale rangée dans un coin de ma tête avait fait frétillé ce souvenir littéraire.
Réveillé un soir de décembre par un rouleau de pâte brisée sommeillant au fond du frigo à finir d’urgence, départ en train le lendemain oblige. Et accentué par un désir urgent de pâtisserie, aiguisé par une panne de four qui dura quelques semaines. Semaines durant lesquelles je rêvais de tartes, cakes, pains, gâteaux variés, puisque je ne pouvais pas les faire cuire (cherchez d’où vient parfois l’inspiration, la contrainte arrive souvent en tête de liste). Etonnant pour une non-pâtissière avouée.

Donc, l’envie de ces tartelettes me pris… Et là encore, fatalité, plus une goutte, une larme, un gramme de poudre d’amandes dans les tiroirs de la maison. La dernière avait fini sur un tournage pour le boulot, et la fermeture désespérante de Massis Bleu, fournisseur officiel de mes placards, n’avait pas permis le réassort. En revanche, un sachet de pralin -acheté suite à la bluffante dégustation d’une autre recette tournée, décidément !- me tomba au sens propre dans le saladier (l’avantage d’avoir des placards qui débordent, le voilà). Des amandes, des noisettes, du sucre, après tout, il y a de tout ceci dans une frangipane. Alors naquirent, sans poésie mais d’une grosse envie, ces tartelettes pralinées.

tartelette pralinée

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Ma recette qui en jette pour les fêtes : saint jacques à la mimolette, et autres fréchonades

Samedi 15 décembre 2007

En découvrant le monde culinaire de l’autre côté, j’ai découvert le décalage temporaire permanent.

Il faut penser à Noël en septembre (et encore, dans la presse écrite, on photographie des chapons en plein mois de juillet, et laissez-moi donc en conclure que la légende fait parfois la photo…), faire une overdose de recettes de foie gras en octobre. Conclusion, les fêtes arrivent et j’ai envie d’arracher un oeil au premier qui me parle de saumon fumé et autres marrons glacés. En l’occurrence en ce moment je ne pense -c’est d’une logique implacable- qu’à la Saint-Valentin, et j’imagine que la première bouchée de galette des rois me fera irrémédiablement penser à la cuisine légère du printemps.

Gloups.

Inutile de vous dire que je ne sais absolument pas ce qui sera sur nos tables de fête (juste le dessert quand même, un nougat glacé de Pascale à périr de bonheur, lors du tournage il n’en est pas resté une miette, un authentique régal tout simple à faire) et que l’idée même d’un réveillon me donne des hauts-le-coeur.

Et puis jeudi, une urgence, un déjeuner de presse autour du beurre, cuisiné par Eric Fréchon, le chef du Bristol. (Oui je sais parfois, les urgences sont délicieuses et je n’ai pas à me plaindre).

Tout était bon, délicieux, beurré à souhait (doux, salé, demi-sel, fondu, en crème, en sauce)… Avec la conclusion évidente que le gras, c’est le goût (vous prêchez à une convertie), mais si vous lisez ces lignes, vous savez bien qu’une recette de régime n’existe pas dans ces pages. Le lendemain, je pense que mon sang s’était transformé en crème au beurre, mais heureusement je n’avais pas prévu de prise de sang.

De ce déjeuner j’ai retenu deux plats…

Le premier, d’exquises Saint Jacques -il va sans dire, cuites à la perfection, c’est-à-dire snackées- posées sur un lit de cresson crémeux à souhait, et un océan de beurre noisette au parmesan. Et entre, une lamelle de mimolette vieille, évoquant le corail par sa couleur mais le remplaçant avantageusement.

Saint Jacques Frechon

 

Epatant, vraiment, et évident. Impossible de ne pas penser à Miss Mimolette qui l’aime tant ! Pour la recette débrouillez-vous, vous avez l’idée, ensuite, à vous de jouer. J’ai depuis ce midi de la mimolette extra-vieille au fond du frigo, qui n’attend que son exécution.

La deuxième, et bien, un Paris-Brest monté sur échasse, de chocolat blanc quand même, qui avait le bon goût d’avoir la taille parfaite pour être englouti d’une bouchée gourmande, sans écoeurer.

Paris Brest détailChamp de Paris Brest

 

 

Le B n’est pas celui de Brest -rappelle-toi Barbara-…mais du Bristol bien sûr. Vu sa taille, ce Paris-Puteaux remporte haut la main le prix du meilleur Paris Brest dégusté en 2007 (par délicatesse je ne citerai pas les concurrents mais y’avait du beau monde en lice).

Voilà, et pour finir deux petits choses :

- je vous signale le concours de blogs de cuisine chez Marie-Claire, ils ont eu la gentille idée d’être tombés sur ces pages et d’en parler, donc politesse et justice sont faites,
- deux messages en une semaine, ne vous inquiétez pas, il risque juste de neiger…

Salade de haricots blancs, épeautre et pétoncles - Céder aux demandes

Samedi 8 décembre 2007

Parfois on oublie au fil du temps pourquoi l’on a commencé à bloguer.

Et après un long silence -overdose de travail, de découvertes, de recettes et autres complications humaines- se souvenir que permettre à ses amis et invités de retrouver facilement la recette qu’ils ont savouré à table est finalement la meilleure des raisons d’écrire

Cuisiner pour partager le plaisir. Pas pour se repaître d’arguties techniques autour du geste parfait de découpage de l’oignon, ni pour s’épater autour des variations tarabiscotées. Encore moins pour suivre les modes - à force, on peut développer une allergie aux verrines et aux cuillères apéritives, signe qu’il est temps de prendre du recul et d’aller se faire cuire un oeuf. Sans coquilles saint jacques, caviar ou foie gras, période festive approchant (ce qui me donne une folle envie de manger des patates à l’eau, tiens, par esprit de contradiction).

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