Archive pour mars 2008

Les premiers bonheurs du printemps -salade d’épinards à l’oeuf poché, vinaigrette balsamique magique

Dimanche 30 mars 2008

Quand je vois un sac d’épinards frais, je l’ai forcément mauvaise. La perspective de me retrouver à devoir brasser des litres d’eau glacée pour les déterrer ne me rend que modérément jouasse. Heureusement, la baignoire remplit parfaitement son office dans ces cas-là, car il faut bien la perspective d’un plat délicieux pour me motiver à jouer les lavandières de chenopodiacées.

Je n’avais jusque lors que prêté modérément d’intérêt à l’épinard cru, mais l’arrivée des petites pousses (plus faciles à laver que leurs immenses congénères) peut faire changer d’avis la plus flemasse des cuisinières. J’avais dégusté l’année dernière, chez l’excellent Supernature, une belle salade à l’oeuf poché, onctueuse à souhait, accompagnée d’une vinaigrette sucrée particulièrement suave, où je n’arrivai pas à identifier l’huile utilisée.

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Le Syndrome du Frigo Vide -ou les pâtes du retour des grands week ends

Mardi 25 mars 2008

En bonne petite ménagère qui travaille, je le confesse : je fais mes courses le samedi la plupart du temps. Accompagnée de mon rejeton qui ainsi réclame du « Spiderman » au boucher (normal, l’araignée c’est le meilleur morceau non ?).

Aussi, les week-ends de bougeotte -et avec le mois de mai qui commence doucement à s’approcher, avec ses ponts qui semblent devenir des viaducs de Millau- le retour à la dure réalité est parfois cruel. Nos estomacs vides, creusés par les bouchons, crient famine et réclament du réconfort avant le retour au travail. Face au Frigo Vide, nous rêvons d’une wonder-recette.

Tadddddam ! Voici donc la recette miracle, qui réclame de votre frigo un pauvre bulbe de fenouil, tout simplement. Ce merveilleux légume -adorablement transsexuel- a le bon goût de se conserver bien longtemps au frigo sans trop souffrir. Finement émincé, il a la gentillesse de cuire le temps de faire bouillir l’eau des pâtes. Et relevé d’huile à la mandarine, je dirai : je le trouve même bon, moi qui ait mis si longtemps à l’apprécier. L’huile à la mandarine, un investissement qui aide à la consommation de légumes, indéniablement.

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La compote des fées – ou que faire avec un reste de vin, épisode 2

Vendredi 21 mars 2008

Si vous avez bien suivi, du boeuf de feignasse longuement mariné au vin blanc nous restait sur les bras un quart de bouteille de Loupiac. Il en est ainsi, c’est toujours les meilleurs qui partent en premier, et les bouteilles passables semblent sans fond, alors que les exquises semblent toujours de taille réduite. Me souvenant de l‘expérience estivale des poires au vin, j’ai tenté une compote tout simple, mais toute magique, sans autre sucre que celui du vin. Avec en guise de poudre de perlimpinpin deux pincées d’une petite épice de chef offerte par une délicieuse fée des fourneaux.

Cette fée fort délicate avait choisi cette poudre à cause de mon prénom… parait-il également celui d’une fée provençale. Hélas, sans baguette magique, je n’ai rien de la fée, à part à certains moments le caractère passablement ombrageux (un félibre fort respectable m’avait un jour confié, avec l’oeil pétillant de malice malgré ses 80 printemps, que la fée Estérelle avait un sacré caractère, et qu’il valait mieux l’avoir pour soi que contre soi.) Ca change de l’image Walt Disney des mignonnes fées gentillettes en tutu bleu, voilà ma chance, j’ai le prénom d’une fée un poil MLF.

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Boeuf mariné au piment doux et chocolat épicé, ou comment finir une bouteille de vin (1/2)

Mardi 18 mars 2008

Vous aimez les plats mijotés ? Vous aimez le vin ? Vous aimez les plats qui commencent de traviole et se rétablissent à la dernière minute ? Vous n’avez peur de rien, pas même d’une paire de moustaches ?

Au village sans concession

J’ai mauvaise réputation

Y’a souvent des bouteilles qui traînent

Tout au fond de ma kitchen

Je ne fais pourtant de tort à personne

En n’achevant pas les bonbonnes

Mais les fonds d’bouteille aiment bien

Accommoder plein d’petits riens

Parce qu’on a beau dire, même avec ces instruments géniaux qui permettent de faire le vide d’air dans vos bouteilles, c’est parfois pas gégenne. Oh j’entends les commentaires : « tas qu’à nous inviter un peu à boire des coups au lieu de te plaindre d’avoir des restes ». Certes, mais il reste un autre cas où il vaut mieux cuire le vin : bizarrement, au hasard des cadeaux, fêtes, pots and co, échoue dans le placard à vin (oui, j’ai un placard à vin, au-dessus du placard à chaussures d’ailleurs, l’agent immobilier n’a pas compris pourquoi on était en liesse à leur découverte, de la sorte chacun gère son stock) une bouteille de vin honnie. Genre, un Loupiac. Ca doit être très bon ça quand on aime, mais merci, je passe mon tour.

Tout se corse quand vous décidez sur le coup de 23h de bricoler un bon petit bourguignon. Et qu’il s’avère qu’il n’y a plus le vin rouge qui va bien. Qu’à cela ne tienne, on tente le triple salto arrière : le boeuf bourguignon plus bourguignon du tout, mariné au vin blanc doux. Va falloir relever tout ça bichette, et hop, un piment doux dont la couleur m’avait fait craquer -je suppose qu’on verra bientôt une couleur Capsicuum chez American Apparel. J’ai dû me battre férocement pour le mettre dans le casserole :

dragon-poivron.jpg

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Le monde est bleu comme toi – gâteau indigo au lait ribot & myrtilles

Mercredi 12 mars 2008

Depuis l’écriture de ce vieil article, et suite à une première vague bretonne dans la cuisine, il y a très souvent une cartonnette de lait fermenté à portée de frigo. Je ne me lasse pas de ses propriétés émulsifiantes et vous promet encore d’autres recettes à venir, dont un fantastique sorbet au citron promis à certaines depuis des lustres et des lustres.

Le fiston grandit depuis que vous l’avez vu apparaître dans ces colonnes. Les premiers copains de parc font leur apparition et les premiers goûters d’enfants aussi. Nous allons demain l’inscrire à l’école et c’est rien de de dire cette banalité que le temps passe vite (cet éternel Marcel le dit tellement mieux que moi, je vais finalement peut-être daigner à nouveau le lire).

Si MiniBoy adore feuilleter les livres de cuisine (avec un goût marqué pour Rock’n'Roll Cuisine de Jamie Oliver, le seul livre de cuisine où on trouve des bateaux et des vans), touiller à la maryse, casser des oeufs, couper le beurre -un sacré minimitron-, en revanche, ne comptez pas sur lui pour goûter les gâteaux. Il ne mange pas ce pain-là -la seule fois qu’il a goûté un quignon fut immortalisée en photo, événement qui ne s’est pas reproduit- et encore moins de tartes, gâteaux et autres desserts maison. Fabriqués par moi, sa grand-mère (celle qui pâtisse, à ne pas confondre avec la reine de la cocotte-minute) ou le pâtissier, aucune chance.
Seul parfois le glaçage de l’éclair au chocolat est toléré, ainsi que les crèmes au chocolat (à venir, un billet sur toutes les recettes testées, tiens), plus quelques rares biscuits du commerce (BN à la fraise, barquettes au chocolat, et encore, selon l’humeur, de préférence sans sirop de glucose-fructose).

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Les choses sans importance valent-elles qu’on s’y attarde ?

Dimanche 2 mars 2008

Quand on est taguée, il est politiquement incorrect de ne pas répondre. Pourtant, je n’ai pas nécessairement envie de vous dévoiler les tréfonds de mon intimité.

Entre le moi que l’on expose sur son blog et le moi que l’on expose chez son psy, il n’y a pas qu’un divan d’écart.

 

J’ai déjà (dé)livré ici quelques petites choses sans importance, mais Hélène et son charme de libellule ainsi que Mr Lung et son charme de dragon m’y enjoigne. Je les aime bien, eh oui, je suis en fait une tendre, donc je m’incline devant la loi de la communauté :
- impossible de me faire manger du fromage bleu. C’est vraiment moisi. Néanmoins rien ne m’empêche de le cuisiner pour le bonheur des autres (comme par exemple ce tout simple velouté de potiron – tartine de pain d’épices- fourme d’Ambert)
- j’ai épuisé pas moins de 3 ordres religieux différents lors de mes études : les jésuites, les dominicaines, les maristes. Etonnant non ?
- je continue à appeler mon compagnon Bricol’Boy sur ce site alors que la moitié de la blogosphère connaît son prénom. Comme quoi, je tiens aux apparences.
- je regarde les boutiques de pâtissier exactement comme les boutiques de mode -je ne pense pas que ce soit une révélation étonnante.
- je dois me retenir régulièrement pour ne pas transformer ce blog en blog de fille. Ma salle de bains contient autant de choses farfelues que ma cuisine, et régulièrement elles se contaminent. N’est-ce pas.
- j’aime manger de la moelle. Tant pis pour mon image de marque, je ne serai jamais une blogueuse glamour. Ou alors glam’-terroir, si c’est possible (la robe Furstenberg avec les bottes Aigle, rien que ça).

A part ça, rien de neuf sous le soleil, Pierre Desproges me manque toujours. Je l’aurai bien tagué, mais comble d’ironie, voilà qu’il ne blogue pas de l’au-delà. Reprend ce tag qui veut, car je crois que tout le monde l’a eu. Et ceux qui l’ont eu qui n’ont pas encore répondu…enfin, s’ils sont du genre en retard comme moi… ne leur mettons pas la pression.

La semaine prochaine, si vous le voulez bien, nous parlerons des élections municipales.

L’onde amère du risotto à la trévise

Samedi 1 mars 2008

Longtemps je n’ai pas aimé l’amertume (et Marcel Proust non plus). Loin de moi les endives de mon enfance-qui, sélection génétique oblige, n’ont plus que d’amer le souvenir-, buark le terrible Bitter San Pellegrino que je goûtais en Italie, pouark le Schweppes qui médicament à l’origine aurait dû rester médicament..

Jusqu’à ce que je vieillisse et tombe en amour fou pour la Trévise. Si si, cette chicorée rouge italienne, comme son nom l’indique, j’en ai nourri une obsession, à tel point que de passage à Rome, elle dû trouver une place dans notre valise. La touriste qui faisait une petite danse de joie devant un étal de maraîcher où l’on comptait trois ou quatre variétés différentes, cherchez pas, c’était moi. (Malgré ce changement radical, je n’aime toujours pas lire Marcel Proust)

En France, on trouve en général une Trévise ronde et pommée, ma foi pas mal. J’en fis souvent des pâtes, et notamment une recette de pâtes à la trévise et au cacao pour le livre Pasta Party qui est vraiment convaincante, les deux amertumes se mariant particulièrement bien sans trop s’amplifier. Paradoxalement elle n’a jamais à mon grand regret fait partie de ces recettes que les gens ont eu plaisir à tester : sur le papier, elle a l’air hélas trop bizarre…

Malheureusement, la Trévise à la française n’est qu’un avant-goût de toutes les variétés vendues couramment en Italie.

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