Archive pour la catégorie 'Papivore (livres et magasines de cuisine)'

Epinards au sésame - cuisinez les ingrédients japonais !

Mercredi 9 avril 2008

Difficile de mettre de côté l’affection que l’on a pour une personne quand celle-ci sort un ouvrage. Ce cas de figure va se présenter de plus en plus souvent dans les blogs culinaires, si j’en crois le nombre de projets en préparation… et de fait sur ce blog j’en suis venue à ne presque plus parler de livres de cuisine.

Doit-on en parler par amitié… ou/et parce que le livre vous a plu ? Que penser du “qu’en dira-blog” en ce cas ? Si on oppose souvent les blogs et les médias traditionnels - à grand coup d’ “objectivité” et de “copinage”, quand on a comme moi un pied dans chaque sabot, on ne sait parfois plus quoi écrire, ni comment.

Alors quand est arrivé dans ma boîte aux lettre le Cuisiner les ingrédients japonais de Clea, j’étais ravie, comme à chaque fois que m’arrive un livre dans la boîte aux lettres d’ailleurs. Je me suis demandée si j’allais en parler, sous prétexte que comme je connaissais sa délicieuse auteure, je n’allais pas être objective. Alors, j’ai juste inversé la question : si je ne la connaissais pas, en aurais-je parlé ?

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La quête éternelle du banana bread

Dimanche 15 avril 2007

Avoir la banane n’est pas trop habituel chez moi. Il faut dire qu’au bureau, on dit plutôt “avoir la pêche” (la banane ne cotisant pas chez nous). Néanmoins, c’est là que j’ai appris que la différence majeure de consommation entre une famille sans enfant et avec, c’était… les bananes !
Je l’ai en effet vite constaté avec Virgile qui a une époque réclamait “bannnnaaaaaaaaaanne” dans son sommeil vers 3h du mat’ (ça s’est arrangé, je vous rassure, maintenant, il nous réclame très sérieusement des “pomates” au petit déj’, j’ai même des blogueuses témoins). Les bananes sont donc arrivées dans notre compotier et par périodes, elles ne l’intéressent plus et noircissent, peinardes.

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10 façons de manger une maison d’édition…

Mardi 28 novembre 2006

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai dans ma bibliothèque un petit paquet de jolis livres des Editions de l’Epure, connus pour leurs livres “10 façons de préparer”.

Pascale leur avait fait un joli billet il y a déjà quelques temps… On m’en a souvent offert (encore mieux que des fleurs pour un dîner, et bien moins chers, à 6 euros 50 !), et j’ai même des collectors que l’on m’a offert il y a déjà 15 ans, et désormais épuisé (je vous recommande si vous le trouvez chez un bouquiniste celui sur la banane, où vous apprendrez comment cirer vos chaussures, hilarant).
Les recettes sont drôles et originales, et ce “bel objet miniature” mérite que l’on s’y attarde. C’est un livre qui se mérite, il faut en couper les pages une à une, et apprécier la reliure cousue à la main. Avec un joli papier velouté, légèrement crème…qui vieillit bien. Qui d’autre qu’eux aurait eu l’audace de publier un livre consacré aux épluchures, au yuzu, au taureau de combat ? (pas de lien Amazon, seuls quelques titres sont disponibles en vente en ligne, allez donc chez votre libraire)

Or, il y a quelques jours, en ces périodes de pré-cadeaux, je me promène au Virgin le plus proche de chez moi… Et je découvre de loin le nouveau produit des Editions de l’Epure (en tout cas, ça m’y fait penser tout de suite) : un joli coffret-cadeau légumier, absolument ravissant avec ses marque-pages (j’en ai une belle collection, eh oui, pas étonnant que cela m’attire).

Je m’approche et oh surprise, ce ne sont pas du tout des petits livres de l’Epure, mais ceux d’une bien plus grande maison, Marabout. La ressemblance est frappante : même format, même genre de thème (tiens donc, sur mon obsession quotidienne, les fruits et légumes, mais c’est un hasard, avec des titres comme la tomate, le céleri, les légumes oubliés)… Les auteurs sont de bons auteurs, Kéda Black notamment (j’aime beaucoup ses cheese cakes et ses charlottes)… mais le papier est cheap, l’impression aussi, des agrafes et pas de reliure…
Réflexe professionnel, je tourne les pages, ‘imprimé en Chine’ (coucou Camille…), et réflexe consommateur, je cherche le prix : 35 euros, pour…30 livres.

Soit à pein plus d’1 euro le clône contre 6 euros 50 l’orginal. Waouh. Imbattable.Joyeux Noël les Editions de l’Epure !

Il est connu qu’une bonne idée se reconnaît à ce qu’elle est reprise et plagiée. Accusation fréquente quant aux recettes de cuisine et parfois difficilement démêlable (air du temps ? copie plate ? réintérprétation ?).
Mais entre l’inspiration (ainsi, toutes les photos des livres de cuisine se ressemblent en ce moment, la vogue des petits formats et petits prix fait pas mal d’émules et de vagues, nos étagères commencent à crouler) et le plagiat, à des conditions financières plutôt déloyales, il n’y a parfois qu’un pas… A ce compte, je m’inquiète (et nous sommes nombreux) de la survie d’une petite maison d’édition indépendante. Ce serait vraiment dommage qu’une si belle histoire de 15 ans s’arrête, après avoir survécu il y a plusieurs années à l’incendie de l’entrepôt de son distributeur.

A ce que j’ai lu dans Le Monde, Sabine Bucquet, l’éditrice, invoque le “parasitisme économique“, expression que je trouve parfaitement adaptée, et un procès est actuellement en cours, ce qui ne vous empêchera pas de trouver les deux collections chez votre libraire le plus proche.

Conclusion,pour Noël, achetez et offrez les originaux plutôt que la pâle copie, même bien emballée : en matière de livre, le flacon importe autant que l’ivresse.

NDLR : mes livres ne sont pas distribués par le distributeur de la maison d’édition sus-nommée, je reconnais que cela me donne une liberté de parole que certains auteurs ne peuvent pas avoir. Et qu’en publiant des livres à prix mini, je contribue certainement à l’emballement de la machine éditoriale (mais rassurez-vous, cela ne met que du beurre dans mes épinards).
La liberté d’expression ne s’usant donc que si l’on ne s’en sert pas, pour une fois, je sors de ma réserve policée…car j’aimerai réellement continuer à lire et à offrir ces délicieux petits livres.A vous de jouer !


Les Éditions de l’ Épure
25, rue de la Sablière
75014 Paris
www.epure-editions.com
contact@epure-editions.com

Si vous ne les connaissez pas et que vous êtes à Paris, vous pouvez aller découvrir sur place le beau travail de cette petite maison d’édition lors de leurs journées portes ouvertes, les 2 et 3 décembre, de 11h à 19h.

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Le Gourmet Solitaire

Lundi 9 janvier 2006

 

Noël passé, les papiers froissés… Nous voici revenus de nos séjours familiaux, et de retour au boulot.

Dans les multiples cadeaux gourmands dont je fus gratifiée (casseroles et mezza luna dont je rêvais, de la sorte j’ai un point commun avec Nigella), il y en a un qui m’a tenu compagnie dans le TGV : un manga, Le Gourmet Solitaire de Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi. Tout ce que j’aime : un livre, de la cuisine, et japonaise de surcroît !

legourmetEn 18 chapitres, 18 plats, un aperçu percutant, drôle et un peu mélancolique de la cuisine japonaise, de toutes les cuisines japonaises devrais-je écrire. Plats à emporter, desserts aux haricots, petites brioches vapeur, plateau-repas dévorés dans le train, saucisses viennoises au curry (hum, je ne tiens pas à y goûter), nouilles udon, sandwich au porc pané : de la cuisine quotidienne, toujours dans des lieux divers, dans Tokyo et sa banlieue. Le héros mange dans un espace-temps étrange, flottant, plein de souvenirs, avec un plaisir certain et un détail méticuleux…

Seule constante : le héros trouve toujours qu’il a trop mangé !

Les notes qui accompagnent chaque chapitre sont particulièrement explicites et adaptées, montrant à chaque fois un aspect peu connu de la cuisine japonaise.

Bref, un vrai coup de coeur, pour moins de 10 euros.

 

 

En relisant un peu les messages depuis août 04, je me rends compte que j’ai peu parlé de livres, qu’ils soient à déguster physiquement ou intellectuellement.

Bonne résolution 2006 : mélanger plus les mots aux mets, parce que j’aime finalement manger autant avec ma tête qu’avec ma bouche, et ne plus se limiter aux nourritures terrestres….

<A venir : le top 5, une bonne recette de soupe, et des bonnes adresses marseillaises>


Le Gourmet Solitaire
Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi
Casterman

 

Purple rain : chou-rave Azur Star et radis géant rose et blanc

Vendredi 30 décembre 2005

 

Pour finir la série consacrée aux Légumes de Joël il reste au fond du panier un chou-rave violet foncé et deux gros radis blanc tout ronds.

Le chou-rave, dans le bouquin, c’est Alain Pégouret qui se le farcit (oui, ça peut aussi se farcir), ça donne : « Chou fleur Azur Star et son suc en émulsion de fleurette et zeste de citron vert, écrevisses aux saveurs aromatiques ».
Diantre, c’est pas du surimi ça.
En gros, si je résume très vite une bien belle recette de chef, le chou-rave est fait en coulis. Bon.
D’habitude, le chou-rave, légume chéri (se conserve longtemps, se mange cru, cuit, au wok, dans une soupe…), j’en fais un peu ce qui me passe par la tête et le couteau. Mais là, son violet foncé, assorti à une bonne partie de ma garde-robe, m’intimide et me fait fantasmer ; je rêve pétales délicats, mile-feuilles évanescents…

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Au déshabillage au rasoir à légumes, immense déception : à l’intérieur, le chou-rave s’avère tout ce qu’il y a de plus… classique, vert d’eau très joli mais tout à fait comme mon chou-rave commun. Ca m’a sévèrement dépitée… et mon chou-rave a fini comme d’hab’, moitié en crudités, moitié dans la soupe. N’est pas Seguret qui veut.

Quant au radis, une fois pelé, il est beau comme un éventail japonais déplié. Blanc avec un coeur rose fuschia. J’avais envie d’en faire un mille-feuille, mais franchement… pas eu le temps. Alors, juste en rondelles, enroulé dans des tranches de coppa, son amertume allégeait le gras fondant en bouche de la charcuterie. Un était très piquant, l’autre très doux, surprenant. Un radis pour changer du radis, moi qui n’en suit pas une grande amatrice y ait trouvé mon bonheur, et les dégustatrices aimèrent son aspect assorti à leur joli vernis à ongles Chanel.

Les légumes de Joël, c’est donc bon, facile, pas cher, et toujours drôle à cuisiner : des végétaux à surprises !

Fan de Joël

Mardi 6 décembre 2005

 

Comme je le révélais au tout début de ce blog, j’ai habité dans le XVIème.
Un pur hasard. Je déprimais de ne rien trouver de sympa pour faire les courses dans le quartier (à part le Monop’ de George V, mais faut pas pousser !) lorsqu’un samedi, je tombais par hasard sur le marché, le long de l’avenue du Président Wilson.
Il y avait là un fou de légumes, avec un stand merveilleux, où je me ravitaillais tous les samedis pour trois francs six sous. A moi les
vitelottes, les kilos de rhubarbe d’un rose délicieux, les courges
multiformesques. Des légumes comme je n’en avais jamais vu :beaux, vivants, organiques, colorés et gais. Pendant un an, je fus presque végétarienne, et mes dîners étaient composés autour des légumes que j’y avais déniché…

En lisant ensuite la presse culinaire, j’appris que j’avais été, comme beaucoup, une cliente fidèle de Joël Thiebault.

Ca fait trois ans que j’ai déménagé, pour l’amour de Bricol’Boy, et la seule chose que je regrette du quartier, c’est de ne pas avoir les moyens de me faire livrer son panier depuis disponible en ligne sur le site Le Haut du Panier.

Aussi, Bricol’Boy était sûr de me faire plaisir lorsqu’il m’offrit le mois
dernier ce fort beau livre qui, je m’en étonne, ne figure pas sur la
liste au Père Noël de
Scally :

 

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29 chefs interprètent 29 légumes sélectionnés et cultivés par Joël, avec des photos superbes.
Et on en trouve de très grands : Piège (total groupie, mais ça, vous savez…), Passard, Barbot, Troisgros (la meilleure purée que j’ai mangé de toute ma vie, c’est chez lui), Westermann …

 

 

Et des plus abordables, comme Raquel Carena et le fenouil (Madame Baratin), Pierre Hermé (plus facile de se payer un de ses gâteaux qu’un dîner dans un 4 étoiles) qui sévit sur la betterave chère à Madame (dois-je rappeler qu’elle est l’auteur de La Betterave aux Editions de l’Epure…), Eric Roux dont on peut souvent aller lire l’excellent blog, ça ne coûte rien, Inaki (ex La Famille) qui sévit maintenant à Evry…

 

 

La palme des recettes simples : Hélène Darroze et son tapas de sucrine, Catherine Guerraz et sa tourte de blettes. En même temps, ce n’est pas parce que c’est classique que ce n’est pas bon.

 

 

La palme de la recette sexy et lyrique revient à Bruno Verjus, lui aussi adepte de la burrata .

Je ne résiste pas au plaisir de la citation : « Déshabiler les tomates de la partie inférieure de leur peau et remonter la partie supérieure vers la collerette, comme une robe soulevée par le vent ».Ouh la… les tomates de Joël sont un peu aphrodisiaques, non ?

 

Un mini reproche
quand même : j’ai mis du temps à trouver le titre de la recette,
toujours planqué en bas à droite de la photo du plat. Il faut bien que je trouve un truc à reprocher à un livre aussi extraordinaire.
Allez, certaines recettes sont carrément surréalistes de difficulté, je le concède. En même temps, c’est  une ode aux beaux légumes, une mine de trucs et d’alliances. Respecter à la lettre la recette d’un grand chef, est-ce si important quand on est une ménagère de moins de 50 ans ?

 

Moi, les livres de cuisine, je les lis comme des romans, et celui là est beau grâce à sa pluralité d’expression et à sa richesse d’idées et de ton.

Addendum du 14/12 : suite à un mail de M.Thiébault, je précise bien évidemment qu’il n’est pas que sujet de ce livre, mais également auteur, puisque chaque légume est précédé d’une “fiche” en disant plus long sur sa culture, sa variété… Ce livre n’est pas que “sur” Joël, il est aussi “de” Joël, j’espère que cela est plus clair !


<Episode suivant : trois ans après, retour au marché de l’Alma>


Les Légumes de Joël !

Joël Thiébault, Lyndsay et Patrick Mikanowski
Flammarion - 42 euros

Délice, sans amour ni orgue…

Samedi 13 novembre 2004

Le premier numéro de la revue Délice est disponible en kiosque depuis samedi.

Ce que j’ai aimé :

  • la couverture et les accroches de couverture,
  • les photos, relativement intéressantes et un peu originales,
  • le cahier en anglais à la fin (un peu Nova dans l’idée mais bon…),
  • en fait, ce que j’ai préféré, c’est le sous-titre de la couv’ : "Cuisiner rend heureux"

Ce que je n’ai pas du tout aimé :

  • Le prix : 5 euros quand même !
  • Le papier, parce que pour 5 euros, on s’attend à avoir plus beau, moins cheap,
  • Le positionnement un peu bâtard entre art de vivre et gastronomie,
  • La maquette globalement confuse, avec un repérage difficile (OK, je suis assez difficile sur ce point là ),
  • Un petit hiatus éditorial bien énervant : l’article sur les cours de cuisine mentionne celui de Alba Pezone
    (qui a l’air très bien au demeurant) et ô surprise ! celle-ci a signé
    plusieurs articles (d’ailleurs les mieux écrits du magazine) dans ce
    même numéro… Une mention du genre "Notre collaboratrice Alba Pezone fait également…"
    aurait été le bienvenu, sinon cela a un parfum de publi-reportage
    déguisé qui me hérisse, et rend méfiant quant aux
    autres articles…
  • Les perles du supplément "Vin au féminin" (Scally,
    si tu le veux, je te l’envoie…), je ne résiste pas au plaisir de vous
    en citer une : "(à propos des femmes exercant des métiers du vin) Cet engagement n’est plus perçu comme une transgression : elle doit être comprise comme une évolution logique des moeurs. Il ne semble pas, en outre, que ces femmes aient eu à ferrailler contre l’hydre sexiste". Ou encore : "(…) La question de la féminité du vin reste posée. Il faudrait que ces femmes fassent un vin qui leur ressemble, ce qui n’est pas toujours le cas."
    En
    même temps, je reconnais que le sujet est difficile à traiter…
    mais le voir partout commence à m’énerver, ça me fait penser au port du
    pantalon autorisé aux femmes : maintenant, en plus, elles peuvent boire
    du vin, et en acheter ! Il faut bien les séduire, vu la
    perte de vitesse du marché…

A vous de voir ! Mais pour 5 euros, vous avez : une
grande soupe Cojean, 2 Librio et demi, 2 expressos à Paris, 1 kilo de
cacahuètes, du tip top chocolat, un paquet de clopes… autant de
petites choses qui devraient vous apporter plus de plaisir.