Archive pour la catégorie 'Restaurants'

La bouchée à la reine de chez Drouant, la magie d’un souvenir

Lundi 3 mai 2010

La décoration n’est pas terrible, dans le genre blanc-beige-or d’une fadeur supposée de bon goût, et je suis en général la plus jeune de la salle.
Entourée de messieurs dûments cravatés, aussi droits que les stylos Mont-Blanc qu’ils sortiront au café pour signer les contrats cachés dans leurs cartables posés sous la table, et de dames au look très Simon Veil, je me crois un instant retournée au coeur des années 70 que mon enfance a effleurées.
<NDLR : à force de faire des phrases courtes et ponctuées pour mes papiers, je me venge ici en essayant de battre des records de longueurs et de point virgulation, rêvant de battre  ce sacré Claude Simon qui renvoie Proust dans les gonds par KO niveau phrases interminables.>
J’y reviens pourtant, toujours  le mercredi midi, et de facto à chaque fois accompagnée de personnes différentes. Il faut qu’elles soient sensibles à la dose d’émotion que ce plat contient pour moi, qui dépasse de loin la simple composition de ce qui se tient dans l’assiette. Qu’elles soient prêtes à me voir l’oeil mouillé et la truffe humide d’émotion.

Ce n’est qu’à cette troisième visite que je me suis décidée pourtant à en parler ici, car j’ai toujours un regret, un scrupule à parler d’une expérience unique concernant un restaurant. Je rêve d’un guide où chaque resto soit testé au moins 3 fois, à des saisons différentes, parfois le midi, parfois le soir, pour qu’on explore toutes les facettes d’une cuisine et qu’on soit à l’abri d’un mauvais choix de plat, d’un fournisseur qui a fait faux-bond ou des sautes d’humeur sentimentale du chef. Mais là n’est pas l’objet…

Alors si j’y reviens, malgré tout ceci, c’est pour savourer ce plat hautement décrié, souvent honni, qui a déserté les cartes et qui a tout d’une désuétude culinaire parfaite : la bouchée à la Reine. Enfant, ma mère les achetait chez le traiteur. Régal de croûte feuilletée garnie d’une sauce poulette (celle de la blanquette) riche en champignons, ris de veau, quenelles et morceaux de volaille, nous en raffolions et c’était pour nous un plat de fête. Ne pas confondre avec une bouchée financière pour autant, comme s’insurgait si justement Lilo ici.

La Reine se méfie des paparazzi

D’ailleurs pour moi le ris de veau reste à jamais associée à ce mets suranné. Il a tout d’un plat XIXème, on l’imagine sans souci sur la table d’Alexandre Dumas, et pourtant, pourtant… son histoire se rallie encore une fois à un seigneur bien gourmand, Stanislas LeszczyÅ„ski. Vous savez, ce polonais gourmand à qui l’on pense devoir indirectement les madeleines et les babas ? Et bien ce roi maria sa fille, la délicieuse Marie LeszczyÅ„ska, à Louis XV. Et c’est bien elle la Reine à l’origine de ce délice… et aussi de notre consommation de lentilles. Une femme de goût, vous dis-je, quand bien même la recette originelle comportait également des truffes.

Mais revenons à notre plat tel qu’il est interprété chez Drouant. Croûte croustillante à souhait -un feuilletage beurré mais sans excès, et un vrai feuilletage à l’ancienne, pas un feuilletage inversé- généreusement garni de morceaux de volaille, quenelles, ris de veau, champignons, dans une sauce parfaitement acidulée et soyeuse. Si abondant que la bouchée ressemble un peu à un volcan après éruption -cendres en moins-, ayant déversé sa lave tout autour de son cratère, puisque l’assiette est remplie de garniture, censée être dégustée avec les tagliatelle fraîches et beurrées dont on vous pose un ravier près de l’assiette. Ces pâtes fraîches, délicieuses au demeurant, n’ont rien à faire là, tant le plat se suffit à lui-même.

Un voyage dans le temps pour 17,5 euros. Que demander de plus ? Même pas besoin de rab.

Drouant
16-18 place Gaillon
75002 Paris
Bouchée à la Reine servie uniquement le mercredi midi.

Des caddies à roulettes sur les moquettes du Plaza ?

Mardi 24 mars 2009

Je n’ai pas complètement disparu . Je suis le chat de Chester : parfois en entier, puis parfois invisible, et enfin en petits bouts (rayés de préférence, mode marinière oblige), mais toujours la bouche aux aguets. En m’apercevant ce matin dans ma salle de bain (j’aime surfer dans une pièce d’eau, chacun ses vices) que Djackie nous avait à nouveau régalé, je me suis dis que je prenais à nouveau le chemin des pointillés sur ce blog, volontiers versatile.
Mais entre les articles à préparer, les livres à écrire donc les recettes à tester (miam, la farine sur le mac, shllaaaak encore six oeufs…), des heures très tristes à la maison et l’envie sans cesse repoussée de se poser pour quelques vacances (non, je ne me plains pas), je n’ai pas eu envie de poser une valise dans cette maisonnette virtuelle. Pas envie de recette (j’avais envisagé de chanter les louanges de la paupiette, mais la flemme me retient…), juste une brève de comptoir -super chic le comptoir. Que je vais me mordre les doigts de partager aux alentours, des fois qu’il y ait la queue avenue Montaigne.

Le 7 avril, la cour du Plaza-Athénée va se transformer en marché top qualité. Le beurre de Pascal Beillevaire, la fleur de sel de Pen Bron, la fraise des bois raisonnée de La Finca, les agrumes incroyables de chez Bachès, les pigeons de Racan… La fine fleur des producteurs de Monsieur Ducasse réunie pour une dégustation-découverte d’exception (hélas ! mille fois hélas ! pas de vente : tant pis pour les caddies sur la moquette, ça s’enfonce trop).

(Lire la suite…)

Le divin céleri-rave en croûte de sel, de miel et de Sélim – les étincelles de la rencontre entre un parfumeur et un cuisiner

Jeudi 20 novembre 2008

(La réponse à la devinette précédente est beaucoup plus bas dans le message… Patience et longueur de scroll !)

Je risque parfois la schizophrénie en ne vous racontant pas ici les expériences parfois surréalistes, parfois merveilleuses que me procure mon désormais travail. Pas que j’ai envie de cacher quoi que ce soit : mais j’ai encore du mal à réaliser que l’on puisse considérer comme un travail le fait de cuisiner, inventer des recettes, découvrir de nouveaux produits, être à l’affût des nouvelles tendances, écrire, et beaucoup lire bien sûr. Pas évident non plus de résumer les diverses activités qui me font gagner ma vie.  Régulièrement j’hésite à partager un bon moment, de peur d’entendre des soupirs exaspérés derrière mon écran (du genre « pour qui elle se prend celle là« ).

Ainsi j’ai passé  sous silence (entre autres moments magique) une discussion et une dégustation mémorable avec Anne-Sophie Pic (à l’initiative de Lavazza, elle avait mis au point plusieurs recettes : et la crème brûlée au foie gras que j’ai alors dégustée était de loin la meilleure que j’ai jamais mangé), une interview avec l’adorable Christophe Michalak qui me fit déguster un baba au Plaza (voir le Champion du Monde de la Pâtisserie réaliser rien que pour vous un peu de crème fouettée, ça laisse sans voix), et bien d’autres choses que j’ai vécu ces derniers dix-huit mois, et que je n’ai pas réussi à raconter, par peur du qu’en-dira-t-on et de la lapidation.

C’est un livre qui me décide aujourd’hui à briser l’omertà que j’ai tant bien que mal établie entre mon travail et mon job. Parce que jusqu’ici, je ne parlai pas (à cette notable exception près, couronnée heureusement par le Grand Prix du Livre Gourmand de Périgueux) de livres que j’ai la chance de recevoir en service de presse, estimant que… je n’étais pas là pour ça :  jusqu’ici je les ai payé, j’en achète encore régulièrement, je vous rassure. Le débat publi-rédac, statut des blogueurs, billets sponsorisés est passionnant, mais j’ai choisi de me simplifier la vie en évitant de confondre journalisme et pub, ce qui n’est pas une gymnastique simple tout les jours (et je ne jette ni pierre ni opprobre).

Si désormais cela m’arrive -de parler d’ouvrages offerts-, je le préciserai, tout simplement.

Et puisque je suis ici mon seul éditeur, il va de soi que je parle librement. Et plutôt de ce qui me plaît plutôt de ce qui me déplaît (car l’adage terrible du communicant : « parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi ! » me fait toujours froid dans le dos).

Puisque les choses sont désormais claires entre mes lecteurs et moi, et puisque les sorties de nouveaux livres coïncidant avec les fêtes de fin d’année, attendez-vous ces prochaines semaines à en voir quelques-uns passés à la moulinette. Chouette !

Ce fort beau livre qui me décida donc, c’est Le cuisinier et le parfumeur : 45 épices, 45 recettes, 45 accords parfaits de Blaise Mautin (le parfumeur) et Jean-Marc Notelet (le cuisinier).

Jean-Marc (s’il permet que je le nomme ainsi) est le chef du restaurant Caïus ( dans le XVIIème, métro Ternes) que j’affectionne depuis longtemps. Je regrette son cadre un peu désuet qui ne cadre pas toujours avec la cuisine limpide et brillante qu’il y déploie, lumineuse d’intelligence et de simplicité de ses alliances. J’y apprécie en général les plats à base de coquillages et les desserts toujours à base de fruits (j’ai souvenir d’une rhubarbe pochée avec un streusel croustillant qui enthousiasma mes papilles acidulées).

Le principe du livre ? Un parfumeur (voisin et client du restaurant), respire une épice (fournit par le Master of du genre, M. Thiercelin réputé pour ses safrans, mais pas que), évoque des notes de tête, de coeur et de fond… et le chef essaie sur ces principes de trouver de nouveaux accords. Ainsi, le poivre long se marie avec l’ananas (mais aurait pu aussi le faire avec la pomme verte), la citronnelle avec le maquereau, les navets à la réglisse et au chocolat, le canard avec l’acidulé sumac… Les recettes sont simples, souvent longues en cuisson mais pas très difficiles techniquement.

C’est pour moi une sorte de dictionnaire d’idées et d’accords, un Ouvroir de CUisine Potentielle, qui ouvre de nouvelles portes et d’accord à tester. Ce qui justifie son prix, un poil élevé (45 euros), mais j’en ai déjà tiré deux recettes -que je referai. Agrandir son répertoire de classiques à pratiquer les yeux fermés, cela n’arrive pas tous les jours.

Et vous savez quoi ? Ces recettes, elles sont tip top. On y reconnaît la plume et l’exactitude de Miss Ptipois d’ailleurs.

Voilà donc la résolution de l’énigme précédente : un céleri en croûte de sel, mais une croûte ultra parfumée, au miel et au poivre de Sélim, qui dépote.

Ce que la photo ne peut montrer, c’est que ce plat est un délicieux parfum de maison. Entre le Sélim puis le tonka qui accompagnait la viande servie avec (stay tuned, je vous la mets dès que je peux), la maison fut parfumée pendant 3 jours… Oubliez les bougies parfumées et sortez les cocottes !

———–

Céleri-rave en croûte de sel et de poivre de Sélim
Recette de Jean-Marc Notelet
1 beau céleri-rave
2 kg de gros sel gris
200 g de miel
200 g de poivre de Sélim (perso, je n’en avais pas autant sous la main : j’en ai mis 4 belles cuillères à soupe moulues, de cette épice délicieuse qui me fut un jour apportée par Anne)

Mélangez le sel, le miel et et le sélim.
(Mon dieu, cette phrase est belle comme du Mallarmé : sel, miel, selim, tout y est).
Sur une plaque, faites un lit de gros sel, posez le céleri et recouvrez le de sel façon pyramide.
Si comme moi vous n’avez hélas pas de plaque (la faute à un étrange four), rabattez-vous sur une cocotte en fonte.
Préchauffez le four et laissez cuire 2h à 2h30 à 170° (selon la taille du céleri : le mien pesant 800 g a été cuit en 2h15, référez vous à ce billet de Déborah pour un autre calcul des temps de cuisson). Sortez du four et laissez reposer (ça reste chaud longtemps dans la cocotte, c’est d’ailleurs fort pratique).
Coupez la croûte, respirez : c’est divin !
Il ne reste qu’à ôter la boule de céleri, la couper en 4 et la servir avec une divine dragée de joue de boeuf à la fève tonka… recette au prochain numéro !

Caïus – restaurant de Jean-Marc Notelet
6 rue d’Armaillé
75017 Paris
Tel : 01 42 27 19 20

Le cuisinier et le parfumeur
Jean-Marc Notelet, Blaise Mautin et Carrie Solomon
Editions Minerva

Ca vaut le coup de vieillir, ou un dîner à l’Astrance

Vendredi 1 septembre 2006

Je vous avais donc laissé sur un cliffhanger de folie avant les vacances, et je ne résiste pas à la demande du merveilleux Stéphane et de la délicieuse Gracianne.

Cette belle journée de juillet avait bien commencée : Monsieur V. était d’humeur charmante, et le défi que je m’étais fait pour ce jour-là (réaliser des brioches sans MAP, et sans robot pétrisseur) a été largement relevé (je n’en remercierai jamais assez Mireille, ce jour-là j’ai mangé les meilleures brioches de ma vie grâce à elle). En plus, j’ai même eu une orchidée, que demande le peuple ?

Et le soir même, après un bisou à Jr et les recommandations d’usage à la babysitt’, Bricol’Boy m’a enlevée au restaurant, et à l’énoncé de l’adresse où se rendait le taxi, j’ai souri : dans le XVIème, seule l’Astrance était sur ma wish list.

Le restaurant de Pascal Barbot est précédé d’une telle réputation d’excellence, entouré de tant de louanges (dont celles de mon cher François Simon) que finalement, c’en est affreux à dire, j’ai été un peu décue. Ma foi, 22ème meilleure table au monde, et une des 9 françaises selon Restaurant, ça met la barre très très haut.

Dans cette symphonie de goûts et de saveurs, il y a plein d’idées merveilleuses, de condiments magiques, d’explosion en bouche,mais il faut avouer que les desserts sont une note en-dessous du reste (surtout que, étant arrivés à 21h, un dessert ne nous a pas été servi, alors que nous l’avons vu passer à toutes les autres tables…). Le repas s’étire en longueur, avec sa dizaine de bons et beaux plats, et certes c’était gastronomique mais je dois le dire, parfois pas à mon goût, surtout quant à la cuisson des poissons, qui avait un parti pris qui n’était pas le mien.

En revanche, j’ai ce soir-là compris ce que signifiait « mettre son âme dans sa cuisine », ce qui « faisait » la personnalité d’un chef. Pour avoir goûté à la cuisine d’un autre grand chef, Jean-François Piège (qui est rigoureuse, carrée, élancée, obsessionnelle), j’ai compris d’un coup que le poème de Pascal Barbot était bien différent, plus évanescent, plus tourné vers les voyages, l’Asie, les fleurs et les épices… J’ai compris qu’il y a en effet bien des manières de jouer une belle partition qui nourrisse aussi bien l’âme que l’estomac, sans oublier le coeur.

Pour bien apprécier un restaurant, je reste convaincue qu’il faut y aller au moins deux ou trois fois avant de se prononcer. Il est évident que la saison et le mois brûlant de juillet n’aident pas quant aux produits. Disons que si un généreux mécène peut m’avoir une table pour la saison d’automne et bien, cela me permettrait d’affiner tout ceci !

Trève de critique gastro à deux balles, vous n’êtes certainement ici que pour savoir ce que j’ai pu manger, alors allons-y gaiement !

A VOIR et A PARLER

Pour la déco, on repassera, c’est froid et très année 80, et les fleurs sur la table étaient franchement pathétiques. Service adorable, soigné et plein d’humour. Installés sur la petite mezzanine, nous avons joui de toute la vue sur la salle (et d’une banquette pensée pour les amoureux). Et le meilleur sommelier que j’ai jamais rencontré…

A MANGER !

Si vous n’aimez pas le citron, l’acidulé du yaourt, le piquant de la mélasse de grenade, pas la peine de réserver : il est indéniable que Pascal Barbot est, comme Michel Troigros, un des grands maîtres de cette saveur. Ca tombe bien : c’est de loin ma saveur favorite, aussi étais-je à la fête (et d’ailleurs si vous partagez ce goût avec moi je vous recommande ce livre formidable, La Cuisine acidulée de Michel Troigros : des belles recettes certes, mais un travail lumineux de Bénédict Beaugé pour expliquer la démarche de la création culinaire).

  • En mise en bouche : brioche tiède au beurre de romarin, crème de parmesan à la lavande.
    Fallait oser, parmesan-lavande, mais souple et convaincant.Après lecture, il semble que cette mise en bouche subit quelques variations selon l’inspiration : parmesan-thym, parmesan-citron…
  • Verrines composées (de bas en haut) : yaourt parfumé aux noyaux de pruneaux, écume de melon, mousse groseille.
    Encore un emploi du Pacojet indéniable. Le parfum du yaourt était…mmmmmh…. Depuis je résiste pour ne pas acheter de l’huile d’amandon de pruneaux (généreux donateur, en plus d’une invitation en rab’, j’en prendrai bien volontiers un flacon, remarque, ils n’en vendent pas en ligne, ça m’embête !)
  • Le célèbre mille-feuilles de champignons de Paris au verjus, foie gras, huile de noisette, confit de citron « comme une moutarde » … Voir la photo Chez Pim à ce sujet. Et au démontage, un étonnant biscuit praliné croustillant et sucré qui lui sert de base, qui soutient et souligne…
    Waouh, ça valait le coup juste pour manger ça. Les textures… la souplesse en bouche… et le moutarde de citron, fondante comme une lemon curd salée, qui vient souligner l’ensemble. Magistral.
  • Langoustines poêlées à la nage, tempura de consoude, beurre de cacahuète épicée, fleur de bourrache(un bouillon incroyable gingembre et citronnelle, avec des filaments de pamplemousse, lamelles de fenouil et champignons de Paris, feuilles de menthe). Une déconstruction aux accents thaïlandais…
    Un très grand plat, une perfection d’accords, rien à ajouter, et ce beurre de cacahuètes épicé…
  • Saint-Pierre juste poêlé sur feuille de chou nouveau, moules et 2 émulsions : cresson-coriandre et curry-citron, fleurs de thym
    Bizarrement à partir de là le repas est parti dans un sens que je n’ai pas su apprécier. La cuisson du poisson pas à mon goût… Mais les espumas étaient délicates et bonnes.
  • Thon sur petits légumes verts, crème de citron et sel de soja
    L’idée du sel de soja est fantastique et à exploiter… Ce sont des haricots torréfiés et broyés, on dirait de la sauce soja sans son goût parfois chimique, mais avec le croquant de la fleur de sel. Assaisonnement très brillant. En revanche, le thon… Sa cuisson ne m’a pas convaincue…
  • Haricots Michelet, émulsion de chorizo, poivrons verts, piment doux en pommade, lamelle de pata negra, oignon rouge confit
    Je ne suis pas fan de chorizo, mais là, c’était intéressant. Le haricot michelet fait penser à un coco de Paimpol miniature et plus ferme, avec un goût de noisette. Sous-cuisson un peu énervante (pour éviter le style cantine?), mais c’est question de goût.Dis, on pourrait avoir du rab’ de pata negra ?

  • Quasi de veau, petits légumes, polenta, jus de viande
    Le quasi de veau est l’un de mes plats préférés. Il était rosé et caramélisé à la perfection, accompagné de galettes polenta-fromage crémeux délicieusement imbibées de jus de viande. J’en aurais bien repris. C’était d’un classicisme bien tourné et superbement exécuté.
  • Sorbet piment-citronnelle
    Un grand classique de la maison, visiblement servi en toute saison, dans le genre trou normand new look : par accumulation sur vos papilles, la glace acidulée devient au fur et à mesure plus piquante, et à dernière bouchée, on pose la cuillère en disant « ooooo, mais ça pique ça !!! ».
  • Ile flottante au mélilot, l’île étant parfumée à la mélasse de grenade, servie avec salade de fruits frais, sorbet nectarine, beignet fleur de courgettes.

    Plein de belles saveurs, mais vraiment : du mou, du mou, du mou. L’île à la mélasse de grenade, tiède et pacossée, était une merveille, mais j’en aurai rêvé sur une tuile craquante, un biscuit ébouriffant, pas sur un lac de crème anglaise… Le dessert, ça se joue aussi énormément sur les textures et là, c’était un poil rageant !

  • Lait de poule au jasmin en coquilles, madeleines au miel de châtaignier, corbeille de fruits.
    Et dans une coquille d’oeuf avait été fondue une bougie qui m’a permis de conclure discrètement l’année de mes 30 ans. Délicate attention !

    A BOIRE

    Chablis Moreau Naudet 2004
    « La Rueda », José Pariente
    Saint Chinian Domaine La Madura
    2004
    Château de Cazeneuve – Côteaux du Languedoc 2004

    Et plein d’autres que je n’ai malheureusement pas pu noter. La révélation quand même : le rouge La Rueda, exceptionnel.

     

     

    Le menu « dégustation » comporte pas moins de 8 à 9 généreux verres de vin. Largement suffisant pour deux en fait (et rentrez en taxi surtout). Le sommelier est espiègle, joyeux, bondissant, il est dans ses bouteilles et dans votre palais, un vrai lutin facétieux qui vous fait des blagues gustatives.
    Et m’a enfin fait comprendre la différence entre le gras d’un vin et le moelleux : je me suis couchée un peu éméchée mais vraiment plus cultivée.

    A VOIR !

     

    Pim a dégusté en juin un menu somme toute assez proche du nôtre. Allez voir son album photo à ce sujet.
    Saurez-vous reconnaître les plats dégustés rien qu’à leur description ? (je vous aide, il y en a 7).
    N’oubliez pas d’aller saluer le billet d’Eric Roux où vous trouverez aussi quelques plats ici évoqué.

    EN CONCLUSION
    Je veux bien un pot de « crème de citron comme une moutarde », et aussi de l’huile d’amandons de pruneaux, et pis un bocal de sel de soja, mais zut, ils ne font pas de take away.
    Et aussi, y retourner dans une autre saison pour peaufiner tout ça (et remanger du foie gras aux champignons de Paris et au verjus).
    Et un plat à base de carottes, car il paraît que c’est LE légume de prédilection du Chef… (celui qu’il illustre d’ailleurs dans Les Légumes de Joël !).

    EN POST SCRIPTUM – 7 octobre

    Mon rêve de dégustation autour de la carotte s’est réalisé puisque j’ai pu rencontrer le Chef lors d’un atelier presse à la Cuisine fraîch’attitude... sur le thème de la carotte, of course. Son humilité, son goût du produit, sa vivacité de coeur font plaisir à voir (et j’ai eu quelques explications quant à cette fameuse cuisson du poisson qui m’a tant travaillée : j’avais tout faux, c’est une cuisson à la poêle sans coloration).

    Du coup, j’ai compris pourquoi certains critiques ne voulaient pas rencontrer les chefs : difficile de critiquer le travail d’une personne admirable, généreuse et ouverte… Par honnêteté d’esprit je ne retire pas un mot du texte ci-dessus mais je ne peux que confirmer ce que Joël a laissé en commentaire : un grand monsieur très humble !

    Pour les curieux -et les fans de carotte- qui veulent savoir ce que nous avons réalisé et dégusté, rendez-vous chez Clotilde !

     



    L’Astrance

    4 rue Beethoven

    75016 Paris
    01 40 50 84 40

     

    Le soir : menu surprise à 150 euros, avec les vins surprise 250 euros
    Menu au déjeuner à 70 euros.

    Réserver au moins 1 mois à l’avance
    Attention : fermé samedi, dimanche et lundi…

    tags technorati :

    L’année du toutou commence bien chez Zenzoo

    Mercredi 1 février 2006

    Réponse : du thé au sésame noir avec des zenzoo, délicieuses billes de tapioca, et boisson typiquement taïwanaise !

    Dans vos commentaires, y’a eu des bribes (…une certaine Camillenchine… j’espère qu’elle n’a pas trop froid là-bas) de réponse, vous aviez bien déniché les perles de tapioca géantes, mais pas le thé au sésame noir !

    Alors, pourquoi tout ça ? Parce que nous sommes allés fêter dignement le passage à l’année du Chien dans un de nos restos de prédilection…

    Il y a des adresses tellement délicieuses mais si microscopiques qu’on hésite à les donner sur son blog.
    Zenzoo (le nom du resto à cause de ce thé qui est leur spécialité !) est de celles-là, un trésor précieux pour les fous de cuisine asiatique raffinée, légère et accueillante. Là encore, ça fait plus d’un an que je me retiens d’en parler, de peur de voir leurs petite quinzaine de places assises prises d’assaut (c’est déjà un peu le cas).

    Donc, les zenzoos, ces délicieuses billes de tapioca noires, grosses et rondes comme des oeufs de saumon, font les zouzous (répétez pour voir « les zouzous des zenzoos »…surtout si vous êtes en train de boire…) au fond de thés : chaud, froid, avec du lait, au sésame, thé noir, thé vert, au taro, au kumquat… Un délice, livré avec une paille géante pour les avaler avec moultes slurps. Une expérience vraiment marrante, à recommander les jours de déprime.

    Le repas spécial Nouvel An était une tuerie (Dieu sait que je n’aime pas être vulgaire, mais là, c’était vraiment l’extase asiatique):

    pict00921

    Pour chacun, un plat principal avec deux accompagnements , servi sur un plateau (c’est la formule des repas de tous les jours ici, on choisit un plat et les accompagnements imposés changent tous les jours):

    • du poisson fumé (en bas à gauche, sur les feuilles de céleri) : fort et piquant mais savoureux, inconnu et bon.
    • des calamars, joliment striés, frais, avec une petite sauce relevée mais pas arrachante (plateau du bas, à droite du bol de riz)
    • des roulés de poulet froids, avec une sauce non identifiée mais miamesque (plateau du haut, complètement à droite)
    • des St Jacques aux feuilles de longevité (plateau du haut,à moitié coupé)
    • un délice des Moines : 3 champignons différents, des morceaux de taro, des oeufs de caille pochés, des légumes, dans un bouillon à se damner (plat du plateau du haut)
    • du « porc du bonheur » mijoté avec des bok choi...(plateau du bas, plat à droite), là encore des parfums incroyables et une viande d’une tendreté magnifique.

    Quant au dessert, au secours, c’était le rêve des amateurs de douceurs japonisantes : des mochi aux azukis, mais coupés en tranches et frits !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je suis sûre que Cléa en aurait été friande (et peut-être aura-t-elle la gentillesse de nous en dire plus sur ce délice).

    Nous étions extatiques. La photo a dû être prise très vite, et j’ai quand même juste eu le temps de couper les bouchées en 2 pour que vous voyez cette fantastique consistance nébuleuse avec ces jolis grains prune :

    pict0114

    (et en plus, l’orchidée, c’est ravissant dans les cheveux, ils pensent vraiment à tout, chez Zenzoo !)

     

    Au quotidien, c’est tout aussi bon : poulet croustillant exquis , crevettes enrobées de pâte fine et légère, tofu en nid qui fait aimer le tofu à ceux qui n’en mangent pas, gateaux de navet parfumés. Et avec des desserts cosmopolites très réussis : leur cake au thé vert est le meilleur que je connaisse, pas sec du tout ni trop amer ; leur cheese cake au kumquat redoutable ; et ils font parfois un gâteau au taro et aux azukis complètement space (d’un beau violet et d’un beau prune) qui est aussi bon que graphique.

    Tout ça pour une…quinzaine d’euros à déjeuner. Surtout, qu’ils n’augmentent pas les prix, c’est en ce moment mon rapport qualité/prix/dépaysement favori !

    Résumons : chez Zenzoo, tout est chou ; ils sont sympas comme tout ; miam-miam glou glou, et bonne année du Toutou à tous ! Ester, il est temps d’aller te coucher, tes rimes sont pitoyables…


    ZENZOO
    13 rue Chabanais
    75002 Paris
    01.42.96.27.28
    Métro : 4 Septembre, PyramidesSite internet : http://www.zen-zoo.com/

    Le Bar A Manger Bon A Manger !

    Vendredi 6 janvier 2006

    Après avoir exploré le quartier de la Madeleine pendant 3 ans pour mes déjeuners, j’ai changé de boulot et donc changé de spot de déjeuner. J’avoue que Cojean et Granterroirs, dont j’étais une habituée, me manquent, et j’ai donc erré à la recherche d’un remplacant…

    Me voici donc depuis octobre vers le métro Poissonière. Virgile se passant désormais de son casse-croûte maternel du midi, me voilà avec un peu plus de temps pour souffler et manger autre chose qu’un sandwich sur le pouce.

    Habitant à un jet de baskets, je cherchais aussi un successeur à mon adresse-pratique-de-quand-j’ai-la-flemme-viens-dîner-chéri-en-bas-de-chez-nous, à savoir Kitchen, défunte adresse de la rue Montmartre, où il y avait de bonnes soupes, une ambiance très cosy, un patron adorable…Malheureusement, ce resto
    où j’aimais bien me régugier et où j’ai fêté mes 30 ans a fermé en novembre.

    Conclusion, vite, il me fallait un nouveau point de chute pour le
    midi, et une remède pour mes soirées sans, et à deux pas du Square Montholon, apparu à l’été le charmant Bar A Manger.

    C’est aussi joli que bon. Une dînette de poche, une cantine à poupées pop et acidulées, avec des expos qui renouvellent souvent le décor.

    m_bamfonddesalle
     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Photo reprise du blog du BAM

     

    Gentillesse du service et équilibre diététique des plats,
    toujours riches en vitamines… Petites cocottes de poissons aux légumes, porc sautés aux carottes caramélisées au beurre salé…
    Chouettes desserts, histoire de détruire l’équilibre des plats, avec de belles chocolateries.

    Et enfin, c’est un resto qui a un blog, ce qui n’est somme toutes pas fréquent : http://baramanger.canalblog.com
    Fort pratique pour consulter la carte peinard au bureau pour savoir ce que l’on va y croquer !

    J’aime aussi les prix enfin raisonnables, parce que
    j’en ai marre de payer 5 euros une malheureuse coupe de fromage blanc-compote de pommes à emporter. Là, pour 4.5 euros, vous aviez la semaine dernière un biscuit chocolat noir, crème chocolat blanc et noir ou une brioche poêlée, compotée de mirabelles. C’est plus le BAM, c’était le MIAM dans l’assiette…

    Autant dire que déjeuner assis à Paris pour 11 euros 50 (entrée+plat ou plat+dessert), je trouve que c’est tout à fait correct… surtout avec de la bonne qualité.

    Ce qui est dommage, c’est que victime de son succès, il faut fréquemment y faire la queue, ou penser à réserver. Je suis également adepte de la grosse salade à emporter, vraiment fraîche, copieuse et fraîche : avocats-crevettes-clémentines, haricots verts-carottes-noix, à panacher allégrement. Ca pourrait m’aider à faire régime ça.

    Bref, dans un quartier où il n’y a pas des masses de choses sympas, jolies et bonnes, c’est fort agréable, et j’aurais dû me taire pour continuer d’aller y déjeuner peinarde… Si vous y passez, vous me reconnaîtrez, en ce moment, j’ai des cernes lilas, assortis presque à mon écharpe grise, des Adidas rouge, un grand sac à fleurs (Monoprix, les meilleurs sacs de Paris) et l’air pressé autant qu’hésitant devant la carte (dessert au chocolat ou pas de dessert du tout, that is the dilemme).


    Bar A Manger 

    85, rue Lafayette
    75009 Paris
    tél.: 01 44 63 02 86

    Lundi, mardi de 9h à 19h (déjeuner, goûter…)
    Mercredi, jeudi, vendredi de 9h à 22h (déjeuner, goûter,souper,embrassez qui vous voudrez)
    Fermé le week-end (zut…)

    Métro Poissonnière

    http://baramanger.canalblog.com

    Angl’Opéra, plus tout à fait à angle droit

    Jeudi 2 juin 2005

    J’avais déjà bien aimé un déjeuner à Angl’Opéra, confirmé par un
    dîner en décembre (eh oui, je ne vous raconte pas tous mes dîners ici,
    je sélectionne…). Aussi as-je immédiatement pensé à cet endroit cosy
    et très représentatif de la nouvelle cuisine pour le faire découvrir Ã
    des amis américains de passage à Paris. Ils sont eux aussi très
    gourmands et j’ai pensé que l’expérience pouvait les amuser.

    Le lieu est fort agréable, l’accueil charmant.
    Malheureusement… l’expérience fut moins convaincante.

    Entrée :
    Milk-shake de légumes verts, tourteau, fruits de la passion, chantilly aux herbes.

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0020_1
    (désolée pour la photo, je devais avoir faim !)

    Le
    velouté de légumes froids parfait et crémeux, avec le goût sucré du
    petit pois. Ensemble très agréable à l’oeil, en bouche : les grains de
    fruits de la passion apportaient du croquant mais ne m’ont pas tout Ã
    fait convaincue. Le problème était au niveau du tourteau : il était mal
    dépiauté, et je suis tombé à plusieurs reprises sur des morceaux de
    carapace. Mon convive d’en face aussi. Ca gâche le plaisir -sans parler
    des risques dentaires, merci mon cher dentiste ! Bref : bien mais un
    peu approximatif.

    Plat :
    Canard sauce café, cacahuètes, haricots
    blancs
    : alors là …
    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0022

    Autant
    le canard était parfait (cuisson nickel,
    moelleux, pas gras), sa sauce étonnament légère, la tuile aux
    cacahuètes couronnant le tout aussi jolie que parfumée, autant la
    garniture était un
    fiasco. Ma petite camarade américaine a fait comme moi : après la
    première cuillère, elle a laissé son bol de petits haricots blancs
    - cacahuètes qui nageaient dans une sauce rougeâtre sans goût, assez
    proche de l’eau de vaisselle. Bon sang, quelle déception de faire subir
    ça
    à de délicieux petits haricots blancs à la peau toute fine, alors que
    Gilles Choukroun est le roi des épices, c’était justement ça qu’il
    manquait cruellement à ce plat… Je dis ça parce que j’aime bien ce
    qu’il fait, c’est toujours douloureux d’être déçue…
    Néanmoins, à notre table, il y avait aussi de l’agneau aux câpres, aux olives et à la menthe, qui fit pousser de joyeux petits cris à notre dégustateur. Ca vise à tempérer ma déception -et à conserver mon honnêteté intellectuelle et culinaire !


    Dessert
    Croquette de chocolat, sucette de nutella, glace au gingembre.
    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0027

    Trois
    grosses coucougnettes chocolatées, panées dans de la brioche dorée Ã
    souhait. Ca croustille avant d’exploser dans la bouche : "le chocolat ça dégouline, ça passe par les trous de la tartine…"
    La croquette de
    chocolat est à la mode, on en croise aussi aux Ambassadeurs (certes, bien meilleures, mais on ne boxe pas dans la même catégorie !).
    Sucette de nutella très conticinienne mais honnête.
    Glace au gingembre parfaite, joliment acidulée, pas trop sucrée.

    Alors que les fois précédentes, c’était justement le dessert qui m’avait déçu, ça a un peu rattrapé l’ensemble.

    Egalement
    à notre table, un minestrone de fruits exotiques, glace au concombre, macaron (et quelques pastilles Vichy écrasées, pour le fun)
    : le sourire de mon voisin préféré était éloquent.
    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0028_1

    Heureusement qu’il
    m’a laissé goûté, c’était frais et bien plié, et la glace sucrée au
    concombre passait parfaitement. A donner envie de faire tourner la sorbetière.

    Alors, un peu d’indulgence : peut-être y avait-il trop de monde ce soir là ? Peut-être la carte de saison (c’était il y a un mois) était-elle en rodage ? Peut-être ais-je mal
    choisi ? C’était un peu baclé et approximatif, avec un léger manque d’épices et d’allant.
    Quoi qu’il en soit, c’était un cran en-dessous de mes visites précédentes, et parfois, la déception est à la mesure de l’affection que l’on porte à quelque chose…


    Angl’Opéra
    39 avenue de l’Opéra
    75002 Paris
    01 42 61 86 25
    Budget : 50 euros par tête (entrée, plat, dessert), avec 1 bouteille de vin pour 4

    Granterroirs, épicerie-restaurant

    Mardi 10 mai 2005

    Vous allez dire qu’en ce moment, je sors beaucoup et je fais moins de recettes… Ce n’est pas tout à fait faux : je profite de mes derniers déjeuners avec mes collègues avant de partir en congés mat’,
    et les recettes que je prépare actuellement servent surtout pour un prochain bouquin… Mais promis, je m’y remets d’ici fin mai !

    J’étais souvent passée devant Granterroirs et en moins d’une semaine, j’ai eu l’occasion d’y déjeuner deux fois. Déjà , vous avez une idée du résultat : si j’y suis retournée, c’est que c’était bon !

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0015

    Le concept est agréable : c’est avant tout une grande épicerie où sont posées de grandes tables en bois que l’on partage avec des inconnus à l’heure du déjeuner. Une table d’hôtes en plein Paris, voilà qui est un peu dépaysant.

    La carte est du genre salade/tartine/plat du jour. Mais les salades sont abondantes et assaisonnées de très bonne huile d’olive, les tartines et les terrines ne sortent pas des cakes de Sophie, les plats du jour sont bien tournés. A noter : de nombreux ingrédients que vous
    dégustez sont en vente dans l’épicerie et sont signalés par un astérisque (moutarde, tomates séchées, tapenade), dans le genre, ça motive pour le choix des produits. Les proprios sont sûrs de la qualité puisque vous pouvez déguster tout ceci en direct de leur cuisine.

    Le lieu et l’épicerie sont d’ailleurs charmants :

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0010

    Pour le premier déjeuner, nous avons goûté une salade italienne (tomates séchées, roquette, mozza, jambon cru, huile d’olive et balsamique) et un plat du jour qui était un croustillant de cabillaud aux légumes.
    Je traduis en français : un pavé de cabillaud avec peau sur lit de julienne carottes-courgettes, enveloppé d’une feuille de brick , jolie petite île dorée posée sur une mer de sauce tomate
    épicée. Propre, rapide, bien troussé.

    Le plus sympa était le dessert : un chaud-froid d’oranges très bien réalisé. En strates géologiques, en partant du fond d’un verre : compote tiède d’oranges à la cannelle, volutes de crème fouettée vanillée, couronne de suprêmes d’oranges fraichement pelés, saupoudrage de zestes d’orange confits.

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0005

    Pour le deuxième déjeuner : mille-feuilles de betteraves au foie gras
    -les convives étaient ravis.

    Vous ne m’en ferez pas manger pour tout l’or du monde, je n’ai même pas goûté : c’est la première fois sur ce blog que je parle d’un mets que je n’ai pas testé, c’est pas sérieux ça…
    Je confesse, je déteste les betteraves, que les sucriers et Napoléon III me pardonnent !

    Enfin, pour ceux que ça intrigue, à défaut du goût, vous aurez l’image :

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0002

    L’accord betterave/foie gras semble très à la mode en ce moment, et a priori convaincant (le mot a priori prend alors tout son sens).

    Pour ma part, ce fut une terrine de poisson, qui était convaincante, loin de la ragougnase habituelle. Les filets de poisson étaient entiers, bien fermes, en couches brillantes, mélangés à des lanières de légumes croquantes et épaisses (courgettes, aubergines, tomates confites). Rien à voir avec l’habituel pain de poisson blanchâtre et poisseux. Avec sa jolie saladette d’herbes, c’était un vrai déjeuner de soleil.

    Sur mes recommandations, mes petits camarades ont choisi le chaud-froid à l’orange qui leur a fait pousser les mêmes petits cris que moi au début de la semaine : c’était paraît-il parfait pour un vendredi.

    Pour moi, comme toujours aux prises avec mes envies de fraises, j’ai dégusté un gaspacho de fraises à la menthe, avec une boule de glace vanille. Niente male, comme on dit en Italie : frais, parfumé, digeste, et pas trop sucré. L’idéal pour moi en ce moment.

    Service gentil et drôle ; en plus, ça dépote en cuisine, pas plus de 5 mn d’attente. Malgré la convivialité « forcée » de la table d’hôte, le lieu est chaleureux et finalement intime.

    A noter, on vous propose un verre de vin pour chaque plat, et les choix m’ont parus tout à fait judicieux et les crus abordables ; ceux qui peuvent boire du vin me l’ont abondamment confirmé !

    L’addition ? Compter de 15 à 18 euros pour un plat, 6 à 8 euros pour le dessert.

    La conclusion ? Parfait pour le déj’, les produits sont bons, mais un peu cher à l’épicerie : un bon spot pour les cadeaux. J’y retournerais… quand je pourrais boire, car leur sélection de vins a l’air parfaite.


    Granterroirs
    30 rue de Miromesnil
    75008 Paris
    Tél. 01 47 42 18 18
    De 12h à 15h uniquement pour la table d’hôte
    Toute la journée pour l’épicerie.
    Métro Miromesnil
    Site : http://www.granterroirs.com/

    Caffé Boboli

    Mardi 26 avril 2005

       

    Grignoter dans le Marais n’est pas toujours facile ; c’est souvent assez cher et facilement bondé.
    J’avais
    repéré à l’angle de la rue du Roi de Sicile (bien connue pour sa
    librairie italienne) un petit restaurant italien qui avait l’air
    appétissant.

    Le hasard a fini par m’y amener -et la faim aussi… Pour une fois,
    il y avait de la place, ce qui n’est pas évident car le resto est tout
    petit, pas plus de 15 couverts

    Le choix de la carte est impressionnant : ça foisonne de pâtes,
    d’assiettes composées et de divers plats végétariens. Il y en a autant
    pour les gourmands que pour les sveltes à l’affût des calories.

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_03_31_pict0384.

    Nous optâmes pour une assiette végétarienne et pour un "terre-mer" :
    dans l’assiette végétarienne, du riz sauté délicieux, diverses
    préparations de légumes et surtout un excellent caviar d’aubergines,
    tiède et crémeux. Pour le "terre-mer", ce sont des aubergines roulées
    autour d’une fine tranche de saumon fumé, avec un coeur farçi de
    ricotta aux herbes.

    Portions généreuses, bons assaisonnements,
    grande variété de goûts dans l’assiette : ce ne deviendra pas ma
    cantine, mais j’ai trouvé cela tout à fait plaisant pour le quartier.
    Mes voisins de tablée semblaient se régaler de pâtes vraisemblablement
    al dente -ça, ça se voit au premier coup d’oeil!- et ont fait un sort Ã
    une généreuse panna cotta et un flan à l’orange qui les a ravi.

    J’avoue
    ne pas avoir testé de dessert -faut limiter le sucre avec un bébé dans
    le ventre, paraît-il…- mais l’avoir regretté en voyant les yeux
    étoilés des autres convives.

    Oui, au choix fait, vous avez deviné que j’étais accompagné d’une fille :-) déjeuner arrosé d’eau, conclu sur un café, mais aux banquettes confortables pour mes rondeurs (maintenant, ça rentre dans mes critères d’évaluation).

    Un apercu de la carte du jour (cliquez sur la photo pour l’agrandir) :

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_03_31_pict0385

    Pour les amateurs de nourritures non terrestres, ce café organise des expos photos, la déco change donc régulièrement : consultez leur site pour avoir le programme.

    Et pour la petite histoire, "Boboli", c’est le nom d’un très beau jardin à Florence, aux magnifiques sculptures…


    Caffé Boboli
    13 rue du Roi de Sicile
    75004 Paris
    Tél. 01 42 77 89 27
    Métro : Saint Paul
    Ouvert de 12h à 15h puis de 19h30 à 23h.
    Compter une petite vingtaine d’euros pour le déjeuner.

    La Coupole : mieux que mes préjugés

    Mercredi 16 février 2005

    Pour commencer à fêter l’anniversaire de l’Homme (les festivités ont duré 5 jours… un vrai challenge dont vous avez déjà vu le vacherin) je l’ai invité à dîner à La Coupole.
    Nous étions rentrés cet été dans ce lieu mythique par pur hasard climatologique : nous allions voir l’expo « Pain Couture » de Jean-Paul Gaultier à la Fondation Cartier, et le ciel nous était tombé sur la tête en plein mois de juillet. Nous nous étions réchauffés et mis à l’abri autour d’un chocolat (le comble en été, mais qu’est-ce qu’il faisait froid ce jour-là !) et il avait passé une demi-heure à se décrocher les cervicales en regardant toutes les peintures murales et à dire, « faut revenir y dîner ».

    J’avoue : j’suis snob, je ne traverse Paris pour aller manger quelque part que si c’est pour rejoindre des copains ou parce que je sais que c’est une nourriture exceptionnelle que je ne trouverai pas ailleurs. Traverser la Seine pour manger dans une brasserie Flo… je m’étais dis que ce ne serait pas demain la veille.

    Et en fait, le choix s’est imposé de lui-même pour fêter ce passage à une nouvelle dizaine: j’étais sûre de lui faire plaisir et (pour une fois) lavée du soupçon utilitaire de satisfaire à mon hobby culinaire ! J’avoue que je pensais y manger pas terriblement, et si cela avait été le cas, je n’aurais même pas pris la peine d’écrire ce billet.

    En fait, j’ai été plutôt agréablement surprise ! Certes, c’est de la cuisine de brasserie, mais ça n’a pas à rougir du résultat.

    Pour lui : une sizaine d’huîtres, présentées de façon classique (pain de seigle-beurre salé-citron) , « très bonnes » (j’avoue je n’en suis pas fan, et en ce moment on m’a conseillé de les éviter…). Bon, il est vrai que vu le débit, c’est sans risque ; et après tout, des bonnes huîtres en plein Paris, à un prix finalement abordable…je vote pour. Suivi d’une andouillette-frites : l’andouillette AAAA ne faisait pas l’andouille, elle était délicate et bien grillée (je l’ai goûtée, je peux affirmer!), les frites étaient épaisses et larges, dodues et bien cuites ; certainement industrielles mais se donnant la peine de ne pas ressembler à celles du MacDo. En dessert : koughloff glacé au marc de … zut, j’ai une absence : un vin d’Alsace, bien sûr.
    Le tout accompagné de vin au verre, donc un très honorable Pauillac ; regret habituel exprimé dans moultes restaurants : pas trop de choix de vin au verre, et un tarif surcôté à ce niveau.
    Pour moi :
    pas d’entrée (mon estomac n’est pas extensible malgré l’élevage actuel de Junior) ; puis un jarret de porc grillé à la choucroute, sauce à la bière. Le jarret, bien grillé et croustillant, fondait délicieusement en bouche ; la choucroute était légère et bien acidulée (et oui, c’est ça le propre de la vrai bonne choucroute : c’est léger!) ; la sauce, brune et bien caramélisée, était quand même trop salée et un peu trop présente à mon goût. En laquage du jarret, elle aurait suffit, alors que là , elle baigait un peu abondamment le plat. Pas mal du tout quand même.
    Et en dessert, un best of de la Coupole : le parfait glacé au café, servi avec deux grandes tuiles aux amandes. Le parfait est un peu ma « petite madeleine » à moi, c’était la glace préférée de mon enfance (ça étonnait un peu d’ailleurs, ce goût immodéré pour la saveur café…) et dès que j’en vois un « maison », il faut que je le goûte. Il était plutôt pas mal, un peu ‘cassant’, et malheureusement des grains de café en chocolat semés au milieu nuisaient à son équilibre. Bien mais sans plus, un honnête 7/10 (avec un point de bonification dûes aux tuiles, excellentes).

    Bilan : je n’y retournerais pas tous les jours, mais en voyant tous les touristes étrangers attablés, je me suis dis qu’ils n’auraient pas une image trop fausse de la cuisine française « de brasserie », dans une expression classique mais plutôt maîtrisée.L’addition m’a semblée raisonnable et le service assez attentif bien que très pressé.

    Et à force de regarder les peintures sur les piliers, nous sommes sortis du restaurant repus, mais avec les cervicales fatiguées…
    La Coupole
    102, bd du Montparnasse
    75014 Paris
    Tél : 0143201420

      :  

    Métro : Vavin, Notre-Dame-des-Champs, Montparnasse
    Cliquez ici pour réserver en ligne.