Archive pour la catégorie 'Restaurants'

Ca vaut le coup de vieillir, ou un dîner à l’Astrance

Vendredi 1 septembre 2006

Je vous avais donc laissé sur un cliffhanger de folie avant les vacances, et je ne résiste pas à la demande du merveilleux Stéphane et de la délicieuse Gracianne.

Cette belle journée de juillet avait bien commencée : Monsieur V. était d’humeur charmante, et le défi que je m’étais fait pour ce jour-là (réaliser des brioches sans MAP, et sans robot pétrisseur) a été largement relevé (je n’en remercierai jamais assez Mireille, ce jour-là j’ai mangé les meilleures brioches de ma vie grâce à elle). En plus, j’ai même eu une orchidée, que demande le peuple ?

Et le soir même, après un bisou à Jr et les recommandations d’usage à la babysitt’, Bricol’Boy m’a enlevée au restaurant, et à l’énoncé de l’adresse où se rendait le taxi, j’ai souri : dans le XVIème, seule l’Astrance était sur ma wish list.

Le restaurant de Pascal Barbot est précédé d’une telle réputation d’excellence, entouré de tant de louanges (dont celles de mon cher François Simon) que finalement, c’en est affreux à dire, j’ai été un peu décue. Ma foi, 22ème meilleure table au monde, et une des 9 françaises selon Restaurant, ça met la barre très très haut.

Dans cette symphonie de goûts et de saveurs, il y a plein d’idées merveilleuses, de condiments magiques, d’explosion en bouche,mais il faut avouer que les desserts sont une note en-dessous du reste (surtout que, étant arrivés à 21h, un dessert ne nous a pas été servi, alors que nous l’avons vu passer à toutes les autres tables…). Le repas s’étire en longueur, avec sa dizaine de bons et beaux plats, et certes c’était gastronomique mais je dois le dire, parfois pas à mon goût, surtout quant à la cuisson des poissons, qui avait un parti pris qui n’était pas le mien.

En revanche, j’ai ce soir-là compris ce que signifiait “mettre son âme dans sa cuisine”, ce qui “faisait” la personnalité d’un chef. Pour avoir goûté à la cuisine d’un autre grand chef, Jean-François Piège (qui est rigoureuse, carrée, élancée, obsessionnelle), j’ai compris d’un coup que le poème de Pascal Barbot était bien différent, plus évanescent, plus tourné vers les voyages, l’Asie, les fleurs et les épices… J’ai compris qu’il y a en effet bien des manières de jouer une belle partition qui nourrisse aussi bien l’âme que l’estomac, sans oublier le coeur.

Pour bien apprécier un restaurant, je reste convaincue qu’il faut y aller au moins deux ou trois fois avant de se prononcer. Il est évident que la saison et le mois brûlant de juillet n’aident pas quant aux produits. Disons que si un généreux mécène peut m’avoir une table pour la saison d’automne et bien, cela me permettrait d’affiner tout ceci !

Trève de critique gastro à deux balles, vous n’êtes certainement ici que pour savoir ce que j’ai pu manger, alors allons-y gaiement !

A VOIR et A PARLER

Pour la déco, on repassera, c’est froid et très année 80, et les fleurs sur la table étaient franchement pathétiques. Service adorable, soigné et plein d’humour. Installés sur la petite mezzanine, nous avons joui de toute la vue sur la salle (et d’une banquette pensée pour les amoureux). Et le meilleur sommelier que j’ai jamais rencontré…

A MANGER !

Si vous n’aimez pas le citron, l’acidulé du yaourt, le piquant de la mélasse de grenade, pas la peine de réserver : il est indéniable que Pascal Barbot est, comme Michel Troigros, un des grands maîtres de cette saveur. Ca tombe bien : c’est de loin ma saveur favorite, aussi étais-je à la fête (et d’ailleurs si vous partagez ce goût avec moi je vous recommande ce livre formidable, La Cuisine acidulée de Michel Troigros : des belles recettes certes, mais un travail lumineux de Bénédict Beaugé pour expliquer la démarche de la création culinaire).

  • En mise en bouche : brioche tiède au beurre de romarin, crème de parmesan à la lavande.
    Fallait oser, parmesan-lavande, mais souple et convaincant.Après lecture, il semble que cette mise en bouche subit quelques variations selon l’inspiration : parmesan-thym, parmesan-citron…
  • Verrines composées (de bas en haut) : yaourt parfumé aux noyaux de pruneaux, écume de melon, mousse groseille.
    Encore un emploi du Pacojet indéniable. Le parfum du yaourt était…mmmmmh…. Depuis je résiste pour ne pas acheter de l’huile d’amandon de pruneaux (généreux donateur, en plus d’une invitation en rab’, j’en prendrai bien volontiers un flacon, remarque, ils n’en vendent pas en ligne, ça m’embête !)
  • Le célèbre mille-feuilles de champignons de Paris au verjus, foie gras, huile de noisette, confit de citron « comme une moutarde » … Voir la photo Chez Pim à ce sujet. Et au démontage, un étonnant biscuit praliné croustillant et sucré qui lui sert de base, qui soutient et souligne…
    Waouh, ça valait le coup juste pour manger ça. Les textures… la souplesse en bouche… et le moutarde de citron, fondante comme une lemon curd salée, qui vient souligner l’ensemble. Magistral.
  • Langoustines poêlées à la nage, tempura de consoude, beurre de cacahuète épicée, fleur de bourrache(un bouillon incroyable gingembre et citronnelle, avec des filaments de pamplemousse, lamelles de fenouil et champignons de Paris, feuilles de menthe). Une déconstruction aux accents thaïlandais…
    Un très grand plat, une perfection d’accords, rien à ajouter, et ce beurre de cacahuètes épicé…
  • Saint-Pierre juste poêlé sur feuille de chou nouveau, moules et 2 émulsions : cresson-coriandre et curry-citron, fleurs de thym
    Bizarrement à partir de là le repas est parti dans un sens que je n’ai pas su apprécier. La cuisson du poisson pas à mon goût… Mais les espumas étaient délicates et bonnes.
  • Thon sur petits légumes verts, crème de citron et sel de soja
    L’idée du sel de soja est fantastique et à exploiter… Ce sont des haricots torréfiés et broyés, on dirait de la sauce soja sans son goût parfois chimique, mais avec le croquant de la fleur de sel. Assaisonnement très brillant. En revanche, le thon… Sa cuisson ne m’a pas convaincue…
  • Haricots Michelet, émulsion de chorizo, poivrons verts, piment doux en pommade, lamelle de pata negra, oignon rouge confit
    Je ne suis pas fan de chorizo, mais là, c’était intéressant. Le haricot michelet fait penser à un coco de Paimpol miniature et plus ferme, avec un goût de noisette. Sous-cuisson un peu énervante (pour éviter le style cantine?), mais c’est question de goût.Dis, on pourrait avoir du rab’ de pata negra ?

  • Quasi de veau, petits légumes, polenta, jus de viande
    Le quasi de veau est l’un de mes plats préférés. Il était rosé et caramélisé à la perfection, accompagné de galettes polenta-fromage crémeux délicieusement imbibées de jus de viande. J’en aurais bien repris. C’était d’un classicisme bien tourné et superbement exécuté.
  • Sorbet piment-citronnelle
    Un grand classique de la maison, visiblement servi en toute saison, dans le genre trou normand new look : par accumulation sur vos papilles, la glace acidulée devient au fur et à mesure plus piquante, et à dernière bouchée, on pose la cuillère en disant “ooooo, mais ça pique ça !!!”.
  • Ile flottante au mélilot, l’île étant parfumée à la mélasse de grenade, servie avec salade de fruits frais, sorbet nectarine, beignet fleur de courgettes.

    Plein de belles saveurs, mais vraiment : du mou, du mou, du mou. L’île à la mélasse de grenade, tiède et pacossée, était une merveille, mais j’en aurai rêvé sur une tuile craquante, un biscuit ébouriffant, pas sur un lac de crème anglaise… Le dessert, ça se joue aussi énormément sur les textures et là, c’était un poil rageant !

  • Lait de poule au jasmin en coquilles, madeleines au miel de châtaignier, corbeille de fruits.
    Et dans une coquille d’oeuf avait été fondue une bougie qui m’a permis de conclure discrètement l’année de mes 30 ans. Délicate attention !

    A BOIRE

    Chablis Moreau Naudet 2004
    « La Rueda », José Pariente
    Saint Chinian Domaine La Madura
    2004
    Château de Cazeneuve – Côteaux du Languedoc 2004

    Et plein d’autres que je n’ai malheureusement pas pu noter. La révélation quand même : le rouge La Rueda, exceptionnel.

     

     

    Le menu “dégustation” comporte pas moins de 8 à 9 généreux verres de vin. Largement suffisant pour deux en fait (et rentrez en taxi surtout). Le sommelier est espiègle, joyeux, bondissant, il est dans ses bouteilles et dans votre palais, un vrai lutin facétieux qui vous fait des blagues gustatives.
    Et m’a enfin fait comprendre la différence entre le gras d’un vin et le moelleux : je me suis couchée un peu éméchée mais vraiment plus cultivée.

    A VOIR !

     

    Pim a dégusté en juin un menu somme toute assez proche du nôtre. Allez voir son album photo à ce sujet.
    Saurez-vous reconnaître les plats dégustés rien qu’à leur description ? (je vous aide, il y en a 7).
    N’oubliez pas d’aller saluer le billet d’Eric Roux où vous trouverez aussi quelques plats ici évoqué.

    EN CONCLUSION
    Je veux bien un pot de “crème de citron comme une moutarde”, et aussi de l’huile d’amandons de pruneaux, et pis un bocal de sel de soja, mais zut, ils ne font pas de take away.
    Et aussi, y retourner dans une autre saison pour peaufiner tout ça (et remanger du foie gras aux champignons de Paris et au verjus).
    Et un plat à base de carottes, car il paraît que c’est LE légume de prédilection du Chef… (celui qu’il illustre d’ailleurs dans Les Légumes de Joël !).

    EN POST SCRIPTUM - 7 octobre

    Mon rêve de dégustation autour de la carotte s’est réalisé puisque j’ai pu rencontrer le Chef lors d’un atelier presse à la Cuisine fraîch’attitude... sur le thème de la carotte, of course. Son humilité, son goût du produit, sa vivacité de coeur font plaisir à voir (et j’ai eu quelques explications quant à cette fameuse cuisson du poisson qui m’a tant travaillée : j’avais tout faux, c’est une cuisson à la poêle sans coloration).

    Du coup, j’ai compris pourquoi certains critiques ne voulaient pas rencontrer les chefs : difficile de critiquer le travail d’une personne admirable, généreuse et ouverte… Par honnêteté d’esprit je ne retire pas un mot du texte ci-dessus mais je ne peux que confirmer ce que Joël a laissé en commentaire : un grand monsieur très humble !

    Pour les curieux -et les fans de carotte- qui veulent savoir ce que nous avons réalisé et dégusté, rendez-vous chez Clotilde !

     



    L’Astrance

    4 rue Beethoven

    75016 Paris
    01 40 50 84 40

     

    Le soir : menu surprise à 150 euros, avec les vins surprise 250 euros
    Menu au déjeuner à 70 euros.

    Réserver au moins 1 mois à l’avance
    Attention : fermé samedi, dimanche et lundi…

    tags technorati :

    L’année du toutou commence bien chez Zenzoo

    Mercredi 1 février 2006

    Réponse : du thé au sésame noir avec des zenzoo, délicieuses billes de tapioca, et boisson typiquement taïwanaise !

    Dans vos commentaires, y’a eu des bribes (…une certaine Camillenchine… j’espère qu’elle n’a pas trop froid là-bas) de réponse, vous aviez bien déniché les perles de tapioca géantes, mais pas le thé au sésame noir !

    Alors, pourquoi tout ça ? Parce que nous sommes allés fêter dignement le passage à l’année du Chien dans un de nos restos de prédilection…

    Il y a des adresses tellement délicieuses mais si microscopiques qu’on hésite à les donner sur son blog.
    Zenzoo (le nom du resto à cause de ce thé qui est leur spécialité !) est de celles-là, un trésor précieux pour les fous de cuisine asiatique raffinée, légère et accueillante. Là encore, ça fait plus d’un an que je me retiens d’en parler, de peur de voir leurs petite quinzaine de places assises prises d’assaut (c’est déjà un peu le cas).

    Donc, les zenzoos, ces délicieuses billes de tapioca noires, grosses et rondes comme des oeufs de saumon, font les zouzous (répétez pour voir “les zouzous des zenzoos”…surtout si vous êtes en train de boire…) au fond de thés : chaud, froid, avec du lait, au sésame, thé noir, thé vert, au taro, au kumquat… Un délice, livré avec une paille géante pour les avaler avec moultes slurps. Une expérience vraiment marrante, à recommander les jours de déprime.

    Le repas spécial Nouvel An était une tuerie (Dieu sait que je n’aime pas être vulgaire, mais là, c’était vraiment l’extase asiatique):

    pict00921

    Pour chacun, un plat principal avec deux accompagnements , servi sur un plateau (c’est la formule des repas de tous les jours ici, on choisit un plat et les accompagnements imposés changent tous les jours):

    • du poisson fumé (en bas à gauche, sur les feuilles de céleri) : fort et piquant mais savoureux, inconnu et bon.
    • des calamars, joliment striés, frais, avec une petite sauce relevée mais pas arrachante (plateau du bas, à droite du bol de riz)
    • des roulés de poulet froids, avec une sauce non identifiée mais miamesque (plateau du haut, complètement à droite)
    • des St Jacques aux feuilles de longevité (plateau du haut,à moitié coupé)
    • un délice des Moines : 3 champignons différents, des morceaux de taro, des oeufs de caille pochés, des légumes, dans un bouillon à se damner (plat du plateau du haut)
    • du “porc du bonheur” mijoté avec des bok choi...(plateau du bas, plat à droite), là encore des parfums incroyables et une viande d’une tendreté magnifique.

    Quant au dessert, au secours, c’était le rêve des amateurs de douceurs japonisantes : des mochi aux azukis, mais coupés en tranches et frits !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je suis sûre que Cléa en aurait été friande (et peut-être aura-t-elle la gentillesse de nous en dire plus sur ce délice).

    Nous étions extatiques. La photo a dû être prise très vite, et j’ai quand même juste eu le temps de couper les bouchées en 2 pour que vous voyez cette fantastique consistance nébuleuse avec ces jolis grains prune :

    pict0114

    (et en plus, l’orchidée, c’est ravissant dans les cheveux, ils pensent vraiment à tout, chez Zenzoo !)

     

    Au quotidien, c’est tout aussi bon : poulet croustillant exquis , crevettes enrobées de pâte fine et légère, tofu en nid qui fait aimer le tofu à ceux qui n’en mangent pas, gateaux de navet parfumés. Et avec des desserts cosmopolites très réussis : leur cake au thé vert est le meilleur que je connaisse, pas sec du tout ni trop amer ; leur cheese cake au kumquat redoutable ; et ils font parfois un gâteau au taro et aux azukis complètement space (d’un beau violet et d’un beau prune) qui est aussi bon que graphique.

    Tout ça pour une…quinzaine d’euros à déjeuner. Surtout, qu’ils n’augmentent pas les prix, c’est en ce moment mon rapport qualité/prix/dépaysement favori !

    Résumons : chez Zenzoo, tout est chou ; ils sont sympas comme tout ; miam-miam glou glou, et bonne année du Toutou à tous ! Ester, il est temps d’aller te coucher, tes rimes sont pitoyables…


    ZENZOO
    13 rue Chabanais
    75002 Paris
    01.42.96.27.28
    Métro : 4 Septembre, PyramidesSite internet : http://www.zen-zoo.com/

    Le Bar A Manger Bon A Manger !

    Vendredi 6 janvier 2006

    Après avoir exploré le quartier de la Madeleine pendant 3 ans pour mes déjeuners, j’ai changé de boulot et donc changé de spot de déjeuner. J’avoue que Cojean et Granterroirs, dont j’étais une habituée, me manquent, et j’ai donc erré à la recherche d’un remplacant…

    Me voici donc depuis octobre vers le métro Poissonière. Virgile se passant désormais de son casse-croûte maternel du midi, me voilà avec un peu plus de temps pour souffler et manger autre chose qu’un sandwich sur le pouce.

    Habitant à un jet de baskets, je cherchais aussi un successeur à mon adresse-pratique-de-quand-j’ai-la-flemme-viens-dîner-chéri-en-bas-de-chez-nous, à savoir Kitchen, défunte adresse de la rue Montmartre, où il y avait de bonnes soupes, une ambiance très cosy, un patron adorable…Malheureusement, ce resto
    où j’aimais bien me régugier et où j’ai fêté mes 30 ans a fermé en novembre.

    Conclusion, vite, il me fallait un nouveau point de chute pour le
    midi, et une remède pour mes soirées sans, et à deux pas du Square Montholon, apparu à l’été le charmant Bar A Manger.

    C’est aussi joli que bon. Une dînette de poche, une cantine à poupées pop et acidulées, avec des expos qui renouvellent souvent le décor.

    m_bamfonddesalle
     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Photo reprise du blog du BAM

     

    Gentillesse du service et équilibre diététique des plats,
    toujours riches en vitamines… Petites cocottes de poissons aux légumes, porc sautés aux carottes caramélisées au beurre salé…
    Chouettes desserts, histoire de détruire l’équilibre des plats, avec de belles chocolateries.

    Et enfin, c’est un resto qui a un blog, ce qui n’est somme toutes pas fréquent : http://baramanger.canalblog.com
    Fort pratique pour consulter la carte peinard au bureau pour savoir ce que l’on va y croquer !

    J’aime aussi les prix enfin raisonnables, parce que
    j’en ai marre de payer 5 euros une malheureuse coupe de fromage blanc-compote de pommes à emporter. Là, pour 4.5 euros, vous aviez la semaine dernière un biscuit chocolat noir, crème chocolat blanc et noir ou une brioche poêlée, compotée de mirabelles. C’est plus le BAM, c’était le MIAM dans l’assiette…

    Autant dire que déjeuner assis à Paris pour 11 euros 50 (entrée+plat ou plat+dessert), je trouve que c’est tout à fait correct… surtout avec de la bonne qualité.

    Ce qui est dommage, c’est que victime de son succès, il faut fréquemment y faire la queue, ou penser à réserver. Je suis également adepte de la grosse salade à emporter, vraiment fraîche, copieuse et fraîche : avocats-crevettes-clémentines, haricots verts-carottes-noix, à panacher allégrement. Ca pourrait m’aider à faire régime ça.

    Bref, dans un quartier où il n’y a pas des masses de choses sympas, jolies et bonnes, c’est fort agréable, et j’aurais dû me taire pour continuer d’aller y déjeuner peinarde… Si vous y passez, vous me reconnaîtrez, en ce moment, j’ai des cernes lilas, assortis presque à mon écharpe grise, des Adidas rouge, un grand sac à fleurs (Monoprix, les meilleurs sacs de Paris) et l’air pressé autant qu’hésitant devant la carte (dessert au chocolat ou pas de dessert du tout, that is the dilemme).


    Bar A Manger 

    85, rue Lafayette
    75009 Paris
    tél.: 01 44 63 02 86

    Lundi, mardi de 9h à 19h (déjeuner, goûter…)
    Mercredi, jeudi, vendredi de 9h à 22h (déjeuner, goûter,souper,embrassez qui vous voudrez)
    Fermé le week-end (zut…)

    Métro Poissonnière

    http://baramanger.canalblog.com

    Angl’Opéra, plus tout à fait à angle droit

    Jeudi 2 juin 2005

    J’avais déjà bien aimé un déjeuner à Angl’Opéra, confirmé par un
    dîner en décembre (eh oui, je ne vous raconte pas tous mes dîners ici,
    je sélectionne…). Aussi as-je immédiatement pensé à cet endroit cosy
    et très représentatif de la nouvelle cuisine pour le faire découvrir Ã
    des amis américains de passage à Paris. Ils sont eux aussi très
    gourmands et j’ai pensé que l’expérience pouvait les amuser.

    Le lieu est fort agréable, l’accueil charmant.
    Malheureusement… l’expérience fut moins convaincante.

    Entrée :
    Milk-shake de légumes verts, tourteau, fruits de la passion, chantilly aux herbes.

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    (désolée pour la photo, je devais avoir faim !)

    Le
    velouté de légumes froids parfait et crémeux, avec le goût sucré du
    petit pois. Ensemble très agréable à l’oeil, en bouche : les grains de
    fruits de la passion apportaient du croquant mais ne m’ont pas tout Ã
    fait convaincue. Le problème était au niveau du tourteau : il était mal
    dépiauté, et je suis tombé à plusieurs reprises sur des morceaux de
    carapace. Mon convive d’en face aussi. Ca gâche le plaisir -sans parler
    des risques dentaires, merci mon cher dentiste ! Bref : bien mais un
    peu approximatif.

    Plat :
    Canard sauce café, cacahuètes, haricots
    blancs
    : alors là …
    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0022

    Autant
    le canard était parfait (cuisson nickel,
    moelleux, pas gras), sa sauce étonnament légère, la tuile aux
    cacahuètes couronnant le tout aussi jolie que parfumée, autant la
    garniture était un
    fiasco. Ma petite camarade américaine a fait comme moi : après la
    première cuillère, elle a laissé son bol de petits haricots blancs
    - cacahuètes qui nageaient dans une sauce rougeâtre sans goût, assez
    proche de l’eau de vaisselle. Bon sang, quelle déception de faire subir
    ça
    à de délicieux petits haricots blancs à la peau toute fine, alors que
    Gilles Choukroun est le roi des épices, c’était justement ça qu’il
    manquait cruellement à ce plat… Je dis ça parce que j’aime bien ce
    qu’il fait, c’est toujours douloureux d’être déçue…
    Néanmoins, à notre table, il y avait aussi de l’agneau aux câpres, aux olives et à la menthe, qui fit pousser de joyeux petits cris à notre dégustateur. Ca vise à tempérer ma déception -et à conserver mon honnêteté intellectuelle et culinaire !


    Dessert
    Croquette de chocolat, sucette de nutella, glace au gingembre.
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    Trois
    grosses coucougnettes chocolatées, panées dans de la brioche dorée Ã
    souhait. Ca croustille avant d’exploser dans la bouche : "le chocolat ça dégouline, ça passe par les trous de la tartine…"
    La croquette de
    chocolat est à la mode, on en croise aussi aux Ambassadeurs (certes, bien meilleures, mais on ne boxe pas dans la même catégorie !).
    Sucette de nutella très conticinienne mais honnête.
    Glace au gingembre parfaite, joliment acidulée, pas trop sucrée.

    Alors que les fois précédentes, c’était justement le dessert qui m’avait déçu, ça a un peu rattrapé l’ensemble.

    Egalement
    à notre table, un minestrone de fruits exotiques, glace au concombre, macaron (et quelques pastilles Vichy écrasées, pour le fun)
    : le sourire de mon voisin préféré était éloquent.
    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0028_1

    Heureusement qu’il
    m’a laissé goûté, c’était frais et bien plié, et la glace sucrée au
    concombre passait parfaitement. A donner envie de faire tourner la sorbetière.

    Alors, un peu d’indulgence : peut-être y avait-il trop de monde ce soir là ? Peut-être la carte de saison (c’était il y a un mois) était-elle en rodage ? Peut-être ais-je mal
    choisi ? C’était un peu baclé et approximatif, avec un léger manque d’épices et d’allant.
    Quoi qu’il en soit, c’était un cran en-dessous de mes visites précédentes, et parfois, la déception est à la mesure de l’affection que l’on porte à quelque chose…


    Angl’Opéra
    39 avenue de l’Opéra
    75002 Paris
    01 42 61 86 25
    Budget : 50 euros par tête (entrée, plat, dessert), avec 1 bouteille de vin pour 4

    Granterroirs, épicerie-restaurant

    Mardi 10 mai 2005

       

    Vous allez dire qu’en ce moment, je sors beaucoup et je fais moins
    de recettes… Ce n’est pas tout à fait faux : je profite de mes
    derniers déjeuners avec mes collègues avant de partir en congés mat’,
    et les recettes que je prépare actuellement servent surtout pour un
    prochain bouquin… Mais promis, je m’y remets d’ici fin mai !

    J’étais souvent passée devant Granterroirs et en moins d’une
    semaine, j’ai eu l’occasion d’y déjeuner deux fois. Déjà , vous avez une
    idée du résultat : si j’y suis retournée, c’est que c’était bon !

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0015

    Le
    concept est agréable : c’est avant tout une grande épicerie où sont
    posées de grandes tables en bois que l’on partage avec des inconnus Ã
    l’heure du déjeuner
    . Une table d’hôtes en plein Paris, voilà qui
    est un peu dépaysant.

    La carte est du genre salade/tartine/plat du jour. Mais les salades
    sont abondantes et assaisonnées de très bonne huile d’olive, les
    tartines et les terrines ne sortent pas des cakes de Sophie,
    les plats
    du jour sont bien tournés. A noter : de nombreux ingrédients que vous
    dégustez sont en vente dans l’épicerie et sont signalés par un
    astérisque (moutarde, tomates séchées, tapenade), dans le genre, ça
    motive pour le choix des produits
    . Les proprios sont sûrs de la qualité puisque vous pouvez déguster tout ceci en direct de leur cuisine.

    Le lieu et l’épicerie sont d’ailleurs charmants :

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0010

    Pour le premier déjeuner, nous
    avons goûté une salade italienne (tomates séchées, roquette, mozza,
    jambon cru, huile d’olive et balsamique) et un plat du jour qui était
    un croustillant de cabillaud aux légumes.
    Je traduis en français : un pavé de
    cabillaud avec peau sur lit de julienne carottes-courgettes, enveloppé d’une feuille de
    brick , jolie petite île dorée posée sur une mer de sauce tomate
    épicée. Propre, rapide, bien troussé.

    Le plus sympa était le dessert :
    un chaud-froid d’oranges très bien réalisé. En strates géologiques, en
    partant du fond d’un verre : compote tiède d’oranges à la cannelle,
    volutes de crème fouettée vanillée, couronne de suprêmes d’oranges
    fraichement pelés, saupoudrage de zestes d’orange confits.

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0005

    Pour le deuxième déjeuner : mille-feuilles de betteraves au foie gras
    -les convives étaient ravis.

    Vous ne m’en ferez pas manger pour tout
    l’or du monde, je n’ai même pas goûté : c’est la première fois sur ce
    blog que je parle d’un mets que je n’ai pas testé, c’est pas sérieux
    ça…
    Je confesse, je déteste les betteraves, que les sucriers et Napoléon III me pardonnent !

    Enfin, pour ceux que ça intrigue, à défaut du goût, vous aurez
    l’image :

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_04_29_pict0002

    L’accord betterave/foie gras semble très à la mode en ce moment, et a priori convaincant (le mot a priori prend alors tout son sens).

    Pour ma part, ce fut une terrine de poisson, qui était convaincante, loin de la ragougnase habituelle. Les filets de poisson étaient entiers, bien fermes, en couches brillantes, mélangés à des lanières de légumes croquantes et épaisses (courgettes, aubergines, tomates confites). Rien à voir avec l’habituel pain de poisson blanchâtre et poisseux. Avec sa jolie saladette d’herbes, c’était un vrai déjeuner de soleil.

    Sur mes recommandations, mes petits camarades ont choisi le chaud-froid à l’orange qui leur a fait pousser les mêmes petits cris que moi au début de la semaine : c’était paraît-il parfait pour un vendredi.

    Pour moi, comme toujours aux prises avec mes envies de fraises, j’ai dégusté un gaspacho de fraises à la menthe, avec une boule de glace vanille. Niente male, comme on dit en Italie : frais, parfumé, digeste, et pas trop sucré. L’idéal pour moi en ce moment.

    Service gentil et drôle ; en plus, ça dépote en cuisine, pas plus de 5 mn d’attente. Malgré la convivialité "forcée" de la table
    d’hôte, le lieu est chaleureux et finalement intime.

    A noter, on
    vous propose un verre de vin pour chaque plat, et les choix m’ont parus
    tout à fait judicieux et les crus abordables ; ceux qui peuvent boire
    du vin me l’ont abondamment confirmé !

    L’addition ? Compter de 15 Ã 18 euros pour un plat, 6 Ã 8 euros pour le dessert.

    La
    conclusion ? Parfait pour le déj’, les produits sont bons, mais un peu
    cher à l’épicerie : un bon spot pour les cadeaux. J’y retournerais…
    quand je pourrais boire
    , car leur sélection de vins a l’air parfaite.


    Granterroirs
    30 rue de Miromesnil
    75008 Paris
    Tél. 01 47 42 18 18
    De 12h à 15h uniquement pour la table d’hôte
    Toute la journée pour l’épicerie.
    Métro Miromesnil
    Site : http://www.granterroirs.com/

    Caffé Boboli

    Mardi 26 avril 2005

       

    Grignoter dans le Marais n’est pas toujours facile ; c’est souvent assez cher et facilement bondé.
    J’avais
    repéré à l’angle de la rue du Roi de Sicile (bien connue pour sa
    librairie italienne) un petit restaurant italien qui avait l’air
    appétissant.

    Le hasard a fini par m’y amener -et la faim aussi… Pour une fois,
    il y avait de la place, ce qui n’est pas évident car le resto est tout
    petit, pas plus de 15 couverts

    Le choix de la carte est impressionnant : ça foisonne de pâtes,
    d’assiettes composées et de divers plats végétariens. Il y en a autant
    pour les gourmands que pour les sveltes à l’affût des calories.

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_03_31_pict0384.

    Nous optâmes pour une assiette végétarienne et pour un "terre-mer" :
    dans l’assiette végétarienne, du riz sauté délicieux, diverses
    préparations de légumes et surtout un excellent caviar d’aubergines,
    tiède et crémeux. Pour le "terre-mer", ce sont des aubergines roulées
    autour d’une fine tranche de saumon fumé, avec un coeur farçi de
    ricotta aux herbes.

    Portions généreuses, bons assaisonnements,
    grande variété de goûts dans l’assiette : ce ne deviendra pas ma
    cantine, mais j’ai trouvé cela tout à fait plaisant pour le quartier.
    Mes voisins de tablée semblaient se régaler de pâtes vraisemblablement
    al dente -ça, ça se voit au premier coup d’oeil!- et ont fait un sort Ã
    une généreuse panna cotta et un flan à l’orange qui les a ravi.

    J’avoue
    ne pas avoir testé de dessert -faut limiter le sucre avec un bébé dans
    le ventre, paraît-il…- mais l’avoir regretté en voyant les yeux
    étoilés des autres convives.

    Oui, au choix fait, vous avez deviné que j’étais accompagné d’une fille :-) déjeuner arrosé d’eau, conclu sur un café, mais aux banquettes confortables pour mes rondeurs (maintenant, ça rentre dans mes critères d’évaluation).

    Un apercu de la carte du jour (cliquez sur la photo pour l’agrandir) :

    _users_ester_pictures_iphoto_library_2005_03_31_pict0385

    Pour les amateurs de nourritures non terrestres, ce café organise des expos photos, la déco change donc régulièrement : consultez leur site pour avoir le programme.

    Et pour la petite histoire, "Boboli", c’est le nom d’un très beau jardin à Florence, aux magnifiques sculptures…


    Caffé Boboli
    13 rue du Roi de Sicile
    75004 Paris
    Tél. 01 42 77 89 27
    Métro : Saint Paul
    Ouvert de 12h à 15h puis de 19h30 à 23h.
    Compter une petite vingtaine d’euros pour le déjeuner.

    La Coupole : mieux que mes préjugés

    Mercredi 16 février 2005

    Pour commencer à fêter l’anniversaire de l’Homme (les festivités ont duré 5 jours… un vrai challenge dont vous avez déjà vu le vacherin) je l’ai invité à dîner à La Coupole.
    Nous étions rentrés cet été dans ce lieu mythique par pur hasard climatologique : nous allions voir l’expo “Pain Couture” de Jean-Paul Gaultier à la Fondation Cartier, et le ciel nous était tombé sur la tête en plein mois de juillet. Nous nous étions réchauffés et mis à l’abri autour d’un chocolat (le comble en été, mais qu’est-ce qu’il faisait froid ce jour-là !) et il avait passé une demi-heure à se décrocher les cervicales en regardant toutes les peintures murales et à dire, “faut revenir y dîner”.

    J’avoue : j’suis snob, je ne traverse Paris pour aller manger quelque part que si c’est pour rejoindre des copains ou parce que je sais que c’est une nourriture exceptionnelle que je ne trouverai pas ailleurs. Traverser la Seine pour manger dans une brasserie Flo… je m’étais dis que ce ne serait pas demain la veille.

    Et en fait, le choix s’est imposé de lui-même pour fêter ce passage à une nouvelle dizaine: j’étais sûre de lui faire plaisir et (pour une fois) lavée du soupçon utilitaire de satisfaire à mon hobby culinaire ! J’avoue que je pensais y manger pas terriblement, et si cela avait été le cas, je n’aurais même pas pris la peine d’écrire ce billet.

    En fait, j’ai été plutôt agréablement surprise ! Certes, c’est de la cuisine de brasserie, mais ça n’a pas à rougir du résultat.

    Pour lui : une sizaine d’huîtres, présentées de façon classique (pain de seigle-beurre salé-citron) , “très bonnes” (j’avoue je n’en suis pas fan, et en ce moment on m’a conseillé de les éviter…). Bon, il est vrai que vu le débit, c’est sans risque ; et après tout, des bonnes huîtres en plein Paris, à un prix finalement abordable…je vote pour. Suivi d’une andouillette-frites : l’andouillette AAAA ne faisait pas l’andouille, elle était délicate et bien grillée (je l’ai goûtée, je peux affirmer!), les frites étaient épaisses et larges, dodues et bien cuites ; certainement industrielles mais se donnant la peine de ne pas ressembler à celles du MacDo. En dessert : koughloff glacé au marc de … zut, j’ai une absence : un vin d’Alsace, bien sûr.
    Le tout accompagné de vin au verre, donc un très honorable Pauillac ; regret habituel exprimé dans moultes restaurants : pas trop de choix de vin au verre, et un tarif surcôté à ce niveau.
    Pour moi :
    pas d’entrée (mon estomac n’est pas extensible malgré l’élevage actuel de Junior) ; puis un jarret de porc grillé à la choucroute, sauce à la bière. Le jarret, bien grillé et croustillant, fondait délicieusement en bouche ; la choucroute était légère et bien acidulée (et oui, c’est ça le propre de la vrai bonne choucroute : c’est léger!) ; la sauce, brune et bien caramélisée, était quand même trop salée et un peu trop présente à mon goût. En laquage du jarret, elle aurait suffit, alors que là , elle baigait un peu abondamment le plat. Pas mal du tout quand même.
    Et en dessert, un best of de la Coupole : le parfait glacé au café, servi avec deux grandes tuiles aux amandes. Le parfait est un peu ma “petite madeleine” à moi, c’était la glace préférée de mon enfance (ça étonnait un peu d’ailleurs, ce goût immodéré pour la saveur café…) et dès que j’en vois un “maison”, il faut que je le goûte. Il était plutôt pas mal, un peu ‘cassant’, et malheureusement des grains de café en chocolat semés au milieu nuisaient à son équilibre. Bien mais sans plus, un honnête 7/10 (avec un point de bonification dûes aux tuiles, excellentes).

    Bilan : je n’y retournerais pas tous les jours, mais en voyant tous les touristes étrangers attablés, je me suis dis qu’ils n’auraient pas une image trop fausse de la cuisine française “de brasserie”, dans une expression classique mais plutôt maîtrisée.L’addition m’a semblée raisonnable et le service assez attentif bien que très pressé.

    Et à force de regarder les peintures sur les piliers, nous sommes sortis du restaurant repus, mais avec les cervicales fatiguées…
    La Coupole
    102, bd du Montparnasse
    75014 Paris
    Tél : 0143201420

      :  

    Métro : Vavin, Notre-Dame-des-Champs, Montparnasse
    Cliquez ici pour réserver en ligne.

    Eat in Paris, volume 1 : restaurants romantiques à Paris

    Dimanche 13 février 2005

    Une fois n’est pas coutume, en regardant mes stats, j’ai pioché une requête qui m’a fait me souvenir que la Saint Valentin, c’est lundi : quelqu’un a cherché “restaurant romantique à Paris”… et est tombé ici…


    Ma foi, j’ai envie d’aider ce jeune amoureux ou cette jolie amante… Plutôt que de vous proposer mes recettes coquines (… avez-vous remarqué la fréquente utilisation d’épices dans mes recettes ?…) je vous propose quelques lieux intimes (en espérant qu’ils ne soient pas tous déjà pleins) :

    Pour les Valentins et les Valentines gourmands :


    - Le 1er étage du Bouillon Racine : cuisine belge mais revisitée d’éclats modernes. Oubliez le cliché du waterzoi lourdingue ! Le lieu est un authentique Bouillon 1900, un écrin vert pâle délicieux. Quand le crépuscule tombe, éclairage aux chandelles très flatteur, piano-jazz en fond sonore… Tout pour emballer dans le bon goût !
    Pour les garçons, cuisine à la bière ; pour tous, des saveurs subtilement épicées ; enfin, le café liégois, servi à la cruche, est…le meilleur de Paris (et je pèse mes mots : j’adore les desserts au café à la seule et unique condition qu’ils ne soient pas trop sucrés). Je recommande leurs variations légères sur le waterzoi, les crevettes, le travers de porc… Ah, la délicatesse des cuissons, et le plaisir du lieu !
    Comptez dans les 50 Ã 70 euros par personne (vin compris).
    Bouillon Racine, 3 rue Racine 75006 Paris. 01 44 32 15 60
    Métro : Odéon
    Consultez également leur site pour vous faire une idée : http://www.bouillon-racine.com/

    - Dell’Orto, déjà  Ã©voqué dans ces colonnes…A la fin de la soirée, vous lui parlerez italien comme Kevin Kline dans Un poisson nommé Wanda !

    -Angl’Opéra, pour son service délicat, son happy hour au bar, ses banquettes moelleuses… et bien sûr pour Gilles Choukroun ( le Café des Délices dans le VIème), qui s’y déchaîne pour un prix réellement raisonnable vu l’inventivité.
    C’est vraiment Ducros qui se décarcasse niveau épices et mélanges, et ça vaut largement le coup de langue. Petit conseil : en entrée, prenez la crème brûlée de foie gras et partagez-la : c’est une entrée délicieuse mais un peu copieuse si vous avez envie de goûter une entrée, un plat et un dessert. J’y ai trouvé les entrées et les plats parfaits, les desserts un petit cran en-dessous… mais quand on déguste de l’exquis en début de repas, on a tendance à être aussi exigeant sur la fin !
    Note pour moi : cela méritera un post à part, parce que 2 déjeuners et 1 dîner ne m’ont pas suffi, cela me fera un pretexte pour y retourner !
    Sans être vulgaire, ce restaurant est le restaurant de l’Hôtel Edouard-VII : vous pouvez monter directement l’escalier pour y finir la nuit en douce compagnie.
    Angl’Opera, 39 avenue de l’Opéra, 01 42 61 86 25
    Métro : Pyramides
    De 45 Ã 65 euros par personne.

    Pour les Valentines à la recherche d’un chouette spot pour mettre l’Homme dans leur poche :
    - Le Baratin. Il paraît que parfois Pierre Hermé et FEG sa femme vont y dîner, c’est dire…
    C’est avant tout un super bar à vins où il faut accepter de se laisser guider par le patron. Des petits crus délicieux et inconnus vous régaleront.
    Quant à la cuisine, elle est fraîche, légère avec des légumes de Joël Thébault, réinterprétant des classiques français d’une main féminine et originale.
    Ne ratez pas le gâteau au chocolat JUBILATOIRE.
    L’endroit est simple, bistrotier, pas trop romantique mais saura montrer que vous êtes une charmante femme de goût…au palais exercé.Le seul risque : trop boire n’assure pas les nuits coquines…
    Un grand merci à Iana et Thierry de nous avoir fait découvrir ce repère (oui, bon, ça fait un peu spécial dédicace à la Thierry Roland, mais ça fait du bien de remercier les copains, puisque j’aurais jamais un Oscar me permettant de le faire sur scène…)

    Le Baratin, 3 rue Jouy Rouve - 75020 Paris -01 43 49 39 70
    Métro : Pyrénées, Belleville
    Addition : selon votre consommation de vin…



    - Le Velly. Excellente bistro, pas trop ruineux . Produits frais du marché bien troussés : j’y ai dégusté de formidables beignets de salsifis frais (denrée très très rare!) et un onglet de veau d’une tendreté incomparable. A noter : des blanquettes de poisson à la vanille bien parfumées, des classiques bistrotiers remusclés (oeuf cocotte au foie gras assez épicé) et une ardoise qui change tout le temps.
    Pour plus de calme et une ambiance moins proche des cuisines, demandez une table au 1er étage.
    Le Velly - 52 rue Lamartine - 75009 Paris -  01 48 78 60 05
    Métro : Notre Dame de Lorette


    Il va de soi qu’une réservation s’impose pour tous ces lieux, foncez donc lundi matin sur votre téléphone !

    Et la Saint Valentin, ce n’est qu’une fois dans l’année, moi, je préfère avoir de l’amour tous les jours… Chuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut !

    La Zucca Magica

    Jeudi 25 novembre 2004

    La courge, la coucourde, la cougourde, le potiron, le potimarron, le giraumon, le pâtisson, la courgette…
    A tout ceci je réponds : MIAM !!!!


    Tant et si bien que mon fiancé m’offrit il y a déjà deux ans un excellent petit livre que je recommande aux amateurs : Petit traité gourmand de la courge .
    Salé, sucré, toutes les variétés y passent, dans un joli ouvrage coloré et gaiement illustré. Si jamais vous l’utilisez, une petite critique : les proportions sont souvent beaucoup trop généreuses, quand c’est pour 6, vous pouvez nourrir 10 personnes avec ! En général, je divise toutes les proportions par deux pour avoir une quantité non gargantuesque.


     



    A la fin, il était fait mention que les auteurs de ce livre (Marco Folicaldi, Rossella Bolmida) tenaient un restaurant végétarien à Nice…


    Heureusement, j’étais à Nice en cette fin de semaine (une petite formation) et l’on s’enquérit de savoir où aller dîner jeudi soir… “Oh, à la Zucca Magica !!!”.
    Dieu merci, certains connaissaient déjà et me confirmèrent que c’était un bon choix.


    Le lieu est sombre et intégralement décoré de courges, séchées, fraîches, en peinture, en mosaïque, en affiche, en céramique  : Halloween tous les jours ! La collection est plus qu’impressionnante.
    Le patron, paraît-il un vrai personnage, n’était malheureusement pas là, mon livre est vierge de toute dédicace (à vrai dire, il est tout tâché par l’usage abondant…).
    C’était très cosmopolite : on a entendu de l’italien, de l’anglais et de l’allemand tout autour de nous !
    Et parfait pour ceux qui hésitent toujours face à la carte, ici, il n’y a pas le choix : on s’assoit, et les plats défilent devant vous ; il n’y a que la boisson à choisir, le reste est “figure imposée”. Ce n’est pas désagréable du tout, et c’est assez courant dans nombre de restaurants en Italie (patrie d’origine du patron).


    Au menu :



    • en entrée, une soupe de haricots, lentilles, courges, abondamment recouverts de parmesan ;
    • un gratin de brocolis, fontina et courge, doré à souhait ;
    • un cannelloni de poivrons, avec une pâte arachnéeene ;
    • une polenta au basilic, artichaut à la romaine : vraiment très léger et parfumé ;
    • en dessert, une poire pochée, glace à la vanille et aux amandes, coulis de chocolat.

    Tout était très bon, parfumé et léger ; la polenta était d’anthologie. A vrai dire, seul le dessert m’a vraiment déçue, parce que j’aime vraiment le cake au potimarron… et que je m’attendais à plus d’originalité dans un tel lieu. Je dirais que ça manquait un peu de courge en fait !!! Pour une fois, ce n’est pas un reproche que j’ai souvent fait à  un resto…

    Ma collègue préférée a immortalisée la soirée avec son téléphone :








     


    et telles des Cendrillons modernes, notre carrosse ce soir-là avait toutes les allures d’une citrouille, pour notre plus grand plaisir !






    La Zucca Magica





    4 bis, Quai Papacino
    06300 Nice
    04 93 56 25 27 :  il est impératif de réserver !
    Fermé dimanche et lundi

    Dell’Orto, un italien fort satisfaisant

    Jeudi 11 novembre 2004

    En ce moment, je ne m’aventure guère loin des frontières de mon IXème arrondissement (deviendrai-je cocardière ?). Aussi, nous étions à la recherche la semaine dernière d’un resto encore inexploré pour fêter un petit quelque chose bien à nous.

    Nous avions aimé et testé (dans le désordre, et tous dans un rayon de 500m de l’eglise Notre Dame de Lorette) : chez Jean, chez Georgette, la Casa Olympe, le Velly... mais ma foi, ce soir-là , en lisant leurs cartes, rien ne me tentait (j’avoue, je suis un peu difficile en ce moment) : peut-être trop débridé chez Jean sont j’apprécie beaucoup la superbe créativité ? trop de betterave sur la carte de Georgette ? pas de sourire (comme d’habitude) chez Olympe ? pas de place chez Velly (comme souvent) ?


    Bref, le hasard nous fit remonter la rue Saint Georges et nous tombâmes sur Dell’Orto (en français, Du Jardin) qui avait à la carte de très jolies choses fraîchement italiennes.
    Au passage, un truc infaillible : s’il y a des fautes d’italien sur la carte d’un resto italien, vous pouvez fuir, vous allez mal manger (ma mère est prof d’italien, ça sert dans ce cas-là ).



    Dans notre cas, l’italien était parfait, la déco fort jolie et l’atmosphère sereine.


    Le menu est assez restreint, mais on vous anonce oralement, avec moultes explications, tout ce que le chef a ajouté en plus ce soir-là en fonction du marché, et là , il y a embarras du choix.


    En entrée, une délicate salade de poulpes tièdes, avec quelques pommes de terre, des grains de fenouil croquants sous la dent en un petit feu d’artifice ensoleillé, une vinaigrette à base de pâte d’anchois. Alliance exquise, bien maîtrisée et parfumée, cuisson du poulpe vraiment fondante : une grande réussite, seul regret, la taille de la portion, facturée tout de même 11 euros.


    En plat, pour lui, une assiette de pâtes courtes aux champignons et aux petits-gris qui lui fit pousser d’aimables soupirs tout le long de sa dégustation.
    Pour ma part, de gros raviolis de colin frais et  de potimarron, plongés dans une délicieuse bisque de langoustines 100% maison, à lécher son assiette. Fin et parfumé, parfaitement maîtrisé. C’était beau et, comme aurait dit François Simon, “le ravioli, il raviole parfaitement”.


    En dessert, pour lui : une tarte sablée à la figue sur crème de pistache, sorbet maison à la verveine. La table d’à côté s’extasiait à cette dégustation et il en fut pareil à la nôtre. Moi j’avais surtout envie de frais, alors va pour une panna cotta bien copieuse et vanillée, avec beaucoup, beaucoup de coulis de fruits rouges et une touche de coulis de fruits de la passion.


    Pour le vin, ce fut un excellent vin sicilien, et la Maison a la bonne idée de pratique le prix à la ficelle, dont nous avons pu consommer avec modération !


    C’était du jardin, mais surtout, un très bon restaurant italien, inventif et léger.






    Dell’Orto
    45 rue Saint Georges
    75009 Paris
    01 48 78 40 30
    Métro Notre-Dame-de-Lorette ou Saint Georges
    Ouvert le soir uniquement, il  est prudent de réserver.
    Fermé dimanche et lundi.