Archives deVous prendrez bien un dessert ?

25 mai 2011

Badianez la rhubarbe !

11 commentaires ... aux fruits

Rhubarbe confite à la badianeLa rhubarbe et moi, c’est une grande histoire d’amour qui recommence chaque année. Je sais bien que je ne suis pas la seule dans ce cas, mais moi, je mets les bouchées doubles, car je n’ai découvert cela que bien trop tard.

Après avoir essayé moultes techniques de cuisson variées, je reviens vers vous avec un double secret.

 

Le premier, c’est que la rhubarbe macérée avec du sucre, pour faire sortir son eau de végétation, cuit rapidement tout en restant entière. Bien plus simple que la technique du pochage au sirop de sucre, cela permet en plus de mettre moins de sucre, tout en intensifiant le goût de la rhubarbe.
Des années que je la lisais, bien sûr, cette méthode, mais que je ne l’employais pas jusqu’au bout -toujours trop pressée !

Cette fois-ci, j’ai patienté 2 heures avant de cuire ma rhubarbe, lui laissant le temps de lâcher tout son jus…. Et zoooooooou, à petit feu ma jolie que je te confise, mollement alanguie dans la cocotte en fonte, sur une seule épaisseur pour préserver ta couleur aile de papillon (un peu vert, un peu rose, pas un vernis OPI qui n’arrive à la cheville de cette perfection chromatique).

Le deuxième secret, c’est Jean Sulpice qui me l’a confié pour cet article (oui, j’adore mon job) : la badiane, ça vous booste la rhubarbe. Y’a pas que l’alliance rhubarbe et gingembre, autrement dit !

J’avais déjà testé (et approuvé)  cette association badiane+rhubarbe dans une compote classique, mais là, j’ai juste glissé l’étoile magique (comme c’est Jean qui l’a dit, j’aurai pu écrire « étoile des neiges », mais vous noterez que je me suis abstenue, enfin, j’ai failli) à la fin, comme une fève à trouver au milieu de la rhubarbe. Elle a doucement infusé, a attendu son heure en diffusant tous ses parfums au coeur du fruit… pour un résultat discret et magique. La note anisée n’est plus si nette, elle se mêle à la rhubarbe en en prolongeant la saveur. Encore une fois, un petit rien qui au final fait une jolie différence.

J’ai sauvé ce que j’ai pu de la cocotte pour prendre la photo, il y en avait deux derrière moi armés de leurs cuillères qui piaffaient pour finir le plat…

RHUBARBE CONFITE A LA BADIANE
500 g de tiges fines de rhubarbe rose
100 g de sucre de canne blond (ou 80 g de fructose en poudre)
1 étoile de badiane

Laver et couper la rhubarbe en tronçons, ôter ses fils si nécessaire.
La mélanger avec le sucre dans une cocotte pouvant la contenir sur une seule couche, patienter 2 à 3h le temps qu’elle dégorge.
Allumer le feu sous la cocotte couverte et laisser cuire 15 min environ.
Eteindre et glisser l’anis étoilé dans la cocotte, couvrir à nouveau et laisser descendre en température : la fonte gardant la chaleur, la badiane aura le temps d’infuser.
Mettre la rhubarbe confite au réfrigérateur avec son sirop et l’anis étoilé au réfrigérateur.
Déguster avec un yaourt, une salade de fraises…

D’autres recettes à la rhubarbe sur ce blog :
- Visitandines à la rhubarbe
- Filet mignon à la rhubarbe

03 nov 2010

Think pink – Tarte à la rose, au coing et à la framboise

9 commentaires ... aux fruits, Un peu tarte..., Vous prendrez bien un dessert ?

On me demandait hier au déjeuner d’où venaient  les idées de recettes (dans les choux ? dans l’air du temps ? au fond de la marmite ?), et j’ai répondu qu’en fait, c’était un subtil mélange de tout cela, avec en plus l’aide merveilleuse de nos papilles travaillant non stop, se chargeant de stocker les informations, les alliances les plus étonnantes ou les plus réussies, et nous les restituant au meilleur moment.

Ainsi, cette envie de faire une tarte au coing (je vous rassure, je maîtrise aussi l’étalage de la pâte avec un rouleau, malgré le scepticisme de certains) qui se mua en envie de faire plaisir à Bricol’Boy en lui associant une de ses saveurs préférées, à savoir la rose. Parce qu’à force de cuisiner pour travailler, on perd parfois de vue que cuisiner, c’est avant tout faire plaisir (à répéter au moins une fois un jour et à mettre à l’épreuve plus souvent, note à moi-même).

Je me suis alors souvenue d’un macaron éphémère de Pierre Hermé, de l’automne 2009, à une époque où l’on s’intéressait plus au goût de ses pâtisseries qu’à un défilé fashion où bizarrement (presque) personne n’a parlé de ce qu’il avait dégusté. Oui, le buzz et ses limites me laissent perplexes en ce moment.

tarte-coing-rose-2

Bref, cet accord coing-rose m’avait séduite, car si je ne suis pas une grande fan de cette fleur (tant en bouquet qu’en goût, et même en parfum, vade retro Nahema, moi je suis plus branchée iris), je l’avais trouvée alors toute poudrée et délicate, plutôt bouton de rose que rosa centifolia exhubérante.

C’est vraiment la tarte chic pour les nulles.
15 minutes de cuisson pour la pâte sablée, les coings à oublier sur le coin(g) du feu, un montage à la dernière minute, et le plaisir de lécher le chocolat blanc qu’il reste sur le pinceau ou la cuillère du chablonnage.
Total bluff garanti et plaisir slurpique au sommet.

Tarte coing, rose et framboises
Pour un moule à tarte de 28 cm de long

Pour la pâte sablée (reprise de Cakes in the city, bien sûr)
250 g de farine
50 g de poudre d’amandes
150 g de beurre demi-sel mou
100 g de sucre glace
1 oeuf entier
Pour le chablonnage (évite à la pâte de se détremper)
60 g de chocolat blanc (ici du blanc nougatine d’Alter Eco mais tout chocolat blanc peut faire l’affaire)
Pour la crème (il vous restera de quoi faire au moins 3 verrines)
250 g de mascarpone
2 cuillères à soupe de sirop de rose Natco (celui de PH, acheté chez Shah&Company)
Pour la garniture de fruits
2 beaux coings
75 g de sucre + 20 cl d’eau + eau à volonté
1 barquette de framboises

La veille ou le matin :
- Préparer la pâte sablée. Mélanger au robot beurre, sucre et poudre d’amande, ajouter la farine et l’oeuf. Ne pas trop travailler la pâte, l’écraser dans un sac congélation en belle galette épaisse et la stocker au réfrigérateur. Au bout de 30 min, l’étaler sur env. 6mm, garnir un moule beurré à fond démontable, faire cuire à blanc avec des billes de cuisson 15 min à 180°. Note : le moule garni peut attendre au frigo de passer au four quand vous le souhaitez…
- Préparer les coings. Les couper, les peler et les couper en petits dés (prévoir un bon couteau). Préparer un sirop en versant dans une casserole le sucre et l’eau, ajouter les coings : ils doivent juste être recouverts. Porter à ébullition, cuire en surveillant le niveau de l’eau et ajouter régulièrement de l’eau pour éviter aux coings de brûler. De la sorte, ils vont rester entiers, et sans être trop sucrés. Selon la variété et leur degré de maturation, ils vont mettre de 30 min à 1h30 à cuire : les surveiller régulièrement.
Le jour même :
chablonnage-blanc- Chablonner le fond de tarte : faire fondre le chocolat blanc, étaler sur le fond de la tarte en une couche mince. Opération simplissime qui change tout, en rendant le fond de la tarte imperméable, elle ne se ramollira pas et le chocolat en durcissant apportera une note croquante bien agréable.
- Préparer la crème : mélanger avec une maryse le mascarpone et le sirop de rose. Verser une bonne épaisseur sur le fond de tarte chablonné une fois le chocolat blanc durci. Attention, il restera de la crème : à servir avec d’autres types de fruits, elle peut se conserver 2 jours au réfrigérateur.
- Laver, sécher et trier les framboises.
- Garnir le fond de tarte de crème à la rose, lisser avec une maryse. Se lécher les doigts, puis se laver les mains, et disposer artistiquement les morceaux de coing et les framboises.
Servir à des convives qui n’aiment ni la rose, ni la framboise, ni le coing (j’aurai voulu le faire exprès, je n’aurai pas pu…) et avoir le plaisir de les voir se resservir.

Pour les amateurs de coing, à essayer :
- la pâte de coing express à la cocotte minute
- les coings pochés aux épices, pour accompagner le foie gras
Pour les amateurs de coing et de rose
Chez Tiuscha, des pâtes de coing à la rose

17 août 2010

Comment étaler une pâte à tarte sans rouleau à pâtisserie ?

28 commentaires Trucs et astuces, Un peu tarte..., Vous prendrez bien un dessert ?

« Avec une bouteille de verre« , me direz-vous.

Oui, mais si on n’a pas envie de laver ladite bouteille (même si on s’est régalé à la vider), de fariner un plan de travail, de faire le ménage avant/après, bref, si on est pris d’une crise de flemmingite aïgue alors qu’on se trouve dans une demeure hélas sans rouleau à pâtisserie -signe de l’harmonie conjugale des résidents ou de leur non-pratique pâtissière- voici le truc ultime. Le rouler-trancher-écrabouiller.

IMG_0052

IMG_0064

IMG_0077

IMG_0081IMG_0084

P1030997

Ca consiste à préparer une pâte à tarte (vade retro pâte en rouleau !), la séparer en 2 boudins, puis à trancher les boudins et à répartir les morceaux de pâte dans le moule généreusement beurré. Ne reste ensuite qu’à faire se rejoindre les tranchettes avec la paume de la main, en appuyant soigneusement sur les bords afin de faire  remonter le plus possible la pâte et d’avoir une tarte qui se démoulera bien et dont les bords ne flancheront pas.

Ca a l’air compliqué dit comme ça, alors quelques images seront plus explicites. Ca mériterait presque un .gif animé, des paillettes sur le curseur de la souris et du Andrea Boccelli en fond musical,  mais je vais m’abstenir.

Si  vous n’avez pas sous la main de bonne recette de pâte à tarte pour tarte aux fruits, voici la mienne, éprouvée à maintes reprises cet été. Légèrement sucrée, avec de la poudre d’amande pour absorber légèrement le jus, et pas trop grasse grâce aux petits-suisses, déjà employés ici, son petit côté brioché me convient parfaitement. Surtout, elle supporte de ne pas être étalée trop finement, elle a un petit côté rustique pas mal du tout.
Si j’aime beaucoup faire la pâte, la répartition des fruits sur la pâte avec régularité géométrique a toujours eu le don de m’ennuyer ferme. Certainement une histoire de géométrie dans l’espace. Par chance, c’est un art que mon amoureux maîtrise plus que bien. Alors, quand on ne fait pas ensemble de merveilleux enfants, on fait des tartes….

J’aurais dû mettre sur cette tarte une bougie pour fêter les 6 ans de ce blog. Six ans ! Je me souviens encore de la terrible chaise à roulettes et de l’ennui suintant du bureau du 8ème arrondissement où je gagnais ma vie, au département « Communication » d’une grande entreprise côtée qui n’avait rien à voir avec la cuisine.
Si j’avais su tout* ce que ce blog m’amènerait… et bien, je crois que j’aurai pas eu un peu peur en appuyant sur le bouton « publier ». Heureusement que l’inconscience de ma jeunesse et le plaisir d’avoir des lecteurs ont fait tout le travail… Qu’ils en soient plus que remerciés.

*des amis, des amies, des ennemis, des piges, une reconversion, quelques emmerdes, des traces de farine sur l’appareil photo et beaucoup de rires.

Pâte à tarte sucrée
Pour une grande tarte de 26 cm (il vous restera un peu de pâte pour croisillons ou pour faire une tartelette)
280 g de farine T55
50 g de poudre d’amandes
50 g de sucre en poudre
2 petits-suisses au lait entier (soit 120 g)
125 g de beurre demi-sel bien mou
1 oeuf entier

Mélanger farine, sucre et poudre d’amandes. Faire un puits et y déposer le beurre et les petits-suisses, avec le petit-lait. Mélanger avec les mains, jusqu’à obtenir une pâte sableuse. Battre l’oeuf dans un bol, en verser une partie dans la pâte, la travailler jusqu’à ce qu’elle forme une boule. Vous n’aurez peut-être pas besoin de tout l’oeuf  : ajoutez-le progressivement, il faut en mettre juste assez pour pouvoir obtenir une pâte ferme.
S’il vous en reste, vous vous en servirez pour dorer les bords de votre tarte, rien ne se perd !
Etaler assez épais (au moins 7 mm), et cuire votre tarte au moins 30 min à 190°.
Si vous n’avez pas de petits-suisses, utilisez du fromage blanc, de la faisselle ou du yaourt à la grecque. Selon leur taux d’humidité, vous n’aurez peut-être pas besoin d’ajouter l’oeuf pour obtenir une boule de pâte, ou bien vous devrez ajouter de la farine…

D’autres tartes sucrées ?
- Tartelettes pralinées
- Une tarte au citron jalousée

06 août 2010

Breizh cake, gâteau marbré au lait ribot et caramel beurre salé – finir les placards d’une location

11 commentaires Vous prendrez bien un dessert ?

Quelques jours à l’Ouest, puis quelques jours au Sud… Ce qu’il y a de merveilleux avec les vacances, c’est qu’il faut improviser avec les moyens du bord, des fours capricieux (qui parfois vous électrocutent), des moules du Moyen-Age pas du tout anti-adhésif (qui copieusement beurrés s’avèrent parfaits), bref se découvrir des ressources insoupçonnées !

L’âge venant, je ne pars néanmoins plus en vacances sans quelques ustensiles de cuisine (attention, c’est du lourd) :
- Un rasoir à légumes (je n’aime pas les économes… et ceux des locations sont terriblement émoussés),
- Un tapis de cuisson en silicone, qui simplifie considérablement les cuissons au four,
- Des moules à sucettes glacées en silicone Lekué, super pratiques pour improviser des plaisirs enfantins,
- Deux microplanes, parce que je suis bigame de la râpe : la zesteuse-râpeuse à tout faire et la large à double tranchant qui sert normalement pour le parmesan mais qui me sert pour tout (courgettes, carottes, fromage…)

Niveau ingrédients, je me surveille et je limite au maximum, mais je prends toujours quelques sachets de levure chimique, un peu d’agar-agar (si une envie de crème au chocolat nous prenait), un petit flacon de sirop d’agave, une bonne infusion originale comme une Herbe de Vif de Passédat (qui sauvera les desserts aux fruits), un ou deux mélanges d’épices magiques que j’attrape chez Olivier Roellinger, sans oublier un ou deux sachets de bouillon (selon le placard, de l’Ariaké ou de l’Herbamare concentré, assez tout terrain).

Avec ça, on peut relever à peu près tout sans investir !Gateau au lait ribot et caramel beurre salé

Mais malgré tout, quand arrive la fin de la location, on constate souvent qu’il reste un peu de farine, deux oeufs, une demi-plaquette de beurre, le fond d’un pot de confiture… Pour éviter la déprime, pendant que tourne la dernière lessive qui séchera en un clin d’oeil grâce au vent du Finistère, vite un petit gâteau tout simple à faire, sans blanc en neige, sans trop de vaisselle, qui pourra se manger au petit déjeuner et sur la route, en se souvenant des châteaux de sable.

GATEAU TOUT SIMPLE AU LAIT RIBOT ET AU CARAMEL BEURRE SALE

Librement adapté d’après cette recette de Marmiton
2 oeufs bios ou fermiers
20 cl de lait ribot
50 g de sucre
60 g de beurre demi-sel
180 g de farine
75 g de poudre d’amandes (qui restaient de ce chouette gâteau préparé par les gars pour mon anniversaire)
1/2 pot de crème de caramel au beurre salé
1 sachet de levure chimique
Faire préchauffer le four en y mettant le moule avec le beurre afin qu’il fonde. Battre les oeufs avec le sucre,  ajouter en pluie la farine, la levure chimique et la poudre d’amandes, puis le lait ribot. Ou tout à la fois si vous préférez : pas de grumeaux, ça marche très bien !
Verser le beurre fondu dans la pâte, en prenant garde d’en garder un peu au fond du moule. Beurrer le moule à l’aide d’un papier absorbant. Verser la moitié de la pâte dans le moule. Dans le saladier, parfumer la pâte restante avec la crème de caramel au beurre salé.
Verser la pâte caramélisée sur l’autre pâte, à l’aide d’un couteau ou du manche d’une cuillère dessiner un escargot pour créer des marbrures arbitraires. Glisser au four 25 min à 180° (th.6)

D’autres recettes au lait ribot, parce que la Bretagne, ça vous gagne
Ultime sorbet au citron

Gâteau indigo aux myrtilles et lait fermenté
Caviar d’aubergines à l’amchoor et au lait ribot

PS : après lecture de cet excellent billet d’Isabelle, j’assume de publier des photos sans recherche de perfection formelle, prises sur un coin de table, avec un iphone par exemple, des instantanés de vie. Au lieu de ne publier que trop sporadiquement, parce que mes photos ne sont pas à la hauteur, mieux vaut conserver à la cuisine son immédiateté de l’instant, et qui a le temps de prendre une photo le dernier jour de ses vacances ? La plage était bien trop belle…

28 juin 2010

Encore une kermesse ! Gâteaux chocomascarpone express et cookies magiques pour mamans débordées

6 commentaires ... au chocolat, Sucrivore, Vous prendrez bien un dessert ?

Ahhh, elle est revenue, l’époque bénie des kermesses, anniversaires, goûters et fiestas de fin d’année ! Nous sommes en plein dedans. Avec à chaque fois la même demande : « apportez un petit quelque chose à manger« .

Je ne vous dit pas la pression quand les gens découvrent mon job. Il y a toujours de la déception dans leurs yeux quand vous n’apportez pas une Forêt Noire 100% maison, un Opéra au lait de yack et à la stevia ou une fournée impecabilissime de macarons.  Bonne raison à invoquer : ils sont difficiles à manger en public, sans assiette ni cuillère (pas vrai pour le macaron, mais disons-le encore, c’est so 2009 le macaron darling !). Comment leur dire qu’en ce moment vous bossez plus sur la choucroute (au hasard) ou le maquereau (tellement durable), tout de suite moins adaptés aux goûters d’enfants (quoique) ? Ca casse un sacré mythe, celui de la journaliste culinaire qui toute la journée a son rond de serviette chez Colette, ne mange QUE du Pierre Hermé ou autre topissime aliment ultra-quali et ne fait ses courses qu’à la Grande Ep’. Le Franprix est mon ami, oui, je le confesse.Et Picard aussi.

IMG_2269Bref, pour être éligible à la section « recette-parfaite-pour-ce-fichu-mois-de-juin-ultra-festif », la recette doit :

  • être adaptée au goût des enfants de moins d’1m20 : pas d’épices bizarre, pas d’aspect étrange, autrement dit… du chocolat, du chocolat, du chocolat !
  • être adaptée aux mains des enfants sus-nommés et leur éviter de se salir trop vite : mini-portions, cuisson dans des mini-moules pour n’en faire qu’une bouchée, nous voilà , pas trop de beurre pour ne pas que cela suinte, pas trop de sucre pour ne pas que cela colle…
  • être réalisable en 10 minutes environ (hors cuisson), parce qu’avec le temps épargné, hop on fait autre chose (s’épiler les sourcils jouer aux Playmos)
  • être réalisable sans trop de matériel, pour éviter 1h de vaisselle,
  • ne pas nécessiter d’ingrédients coûteux (parce qu’on double souvent les proportions)
  • enfin, qu’elle soit dégustable avec joie par les parents, pour se remettre des émotions engendrées par le spectacle de 200 petiots en jean-tee shirt blanc chantant en chorale autre chose que Vois sur ton chemin (ouf, on y a échappé).

Et le must absolu, qu’elle soit faisabl AVEC les enfants, qui aiment tant mettre la main à la pâte (et de la farine par terre…). Histoire qu’ils claironnent partout qu’ils l’ont fait avec vous, preuve tangible que vous n’avez pas (cette année) simplement démoulé un Savane en l’écornant un peu pour faire un faux fait-maison.  Car la vérité sort de la bouche des enfants (et les gros mots aussi).

Moyennant quoi, voici les deux killers cakes de cette année. Ils arrivent un peu tard, mais vous pourrez les faire pour la fête de Noël de l’école, en fait je suis en avance…

Lire la suite

09 mai 2010

Accro au sucre de coco, et toffee digestive biscuits

17 commentaires Produits, Sucrivore, Vous prendrez bien un dessert ?

Rien de meilleur que de découvrir un produit au détour d’une visite (incognito) dans une boutique gourmande. C’est la quête du Graal de la nouveauté, vous savez, celle qui alimente le Tintin-reporter-culinaire qui sommeille parfois (car on a beau dire, non, le dossier de presse ne fait pas tout à notre place…)

De passage chez Cococook, je suis repartie avec un excellent cheesecake à la grenadine (fait avec un fantastique sirop de grenadine des Cassis d’Alice) et j’ai même réussi à apprécier leur gâteau fondant au chocolat et à la betterave (si, si, car proposé en taille bouchée). Une sorte de Rose Bakery à emporter, avec en plus le sourire et la bonne humeur (pas difficile) ainsi que de superbes planches d’auto-collants (très appréciées de l’Enfant qui en a même décoré mon téléphone, faites des gosses…). Dommage que ce take-away bio et gourmand ne soit justement qu’un take away, j’y aurai bien posé mes fesses (fatiguées en ce moment) quelques instants !

Un ingrédient revenant dans plusieurs gâteaux, et discrètement en vente sur une étagère, attira alors mon attention (bzzz bzzz, radar à nouveauté en action) : du sucre de coco. Kézaco ? Un sucre extrait de la sève de fleur du cocotier, d’une belle couleur ambrée, à l’index glycémique bas (35, contre 70 pour le sucre blanc, pour rappel), dont j’ai parlé dans un article consacré aux nouvelles façons de sucrer. Riche en potassium et en zinc (vous vous en fichez), c’est son goût qui est scotchant.

digestivebiscuits-coco

Plus léger que le muscovado (il n’en a pas la note réglissée), il a le fondant de la vergeoise et la saveur d’un vrai sucre roux, avec un petit goût de caramel… je ne vous dis que ça. Seul inconvénient, il édulcore moins que le sucre, mais comme il a plus de goût, je trouve que l’on s’y retrouve, sauf lorsque le sucre permet d’obtenir la texture recherchée. Ici, il nous a rendu fou sur du pain perdu, tout simplement saupoudré !

C’est en le regardant légèrement s’agglomérer dans son bocal (oui, je médite parfois devant mes placards ouverts, pas vous ?)  que je me suis dit qu’il fallait tirer parti de son effet « pépites sucrées ». Bien m’en a pris. Conjugé à une envie subite de digestive biscuits (mes sablés préférés, car je suis floconodavoine-dépendante), adaptés légèrement de la recette de Pascale (parfaite comme d’habitude), le mélange des deux a donné des biscuits très fins et croustillants, avec un goût de caramel terrible. Des toffee digestive biscuits en somme ! Seule différence : je préfère les sablés de petite taille et je n’aime pas particulièrement étaler la pâte. La technique du roulé-boudin à découper en tranches fines m’a permis de réaliser la recette en 10 minutes.

Lire la suite

29 nov 2009

Une glace au riz simple et funky

21 commentaires Glaces & sorbets

J’avais flashé sur le livre de Fumiko Kono (comme beaucoup d’entre nous je crois), mais je l’avais laissé posé dans un coin et pas encore refait de recettes. Il faut dire que le dernier trimestre est traditionnellement le plus chargé dans mon secteur : on écrit sur la nourriture à longueur de journée mais à force de déguster bûches, foies gras et compagnie, on a déjà l’impression que Noël est passé alors qu’on attaque à peine novembre… et on passe moins de temps en cuisine.

Néanmoins à l’occasion du passage d’amis sur Paris et d’un petit dîner à la maison, j’ai fouillé dans le livre de Fumiko et y est déniché mon entrée (un velouté d’oignons des Cévennes aux délicieux parfums asiatiques de lait de coco et de cumbava) et mon dessert. Le plat, vous le connaissez, c’est la fameuse salade tiède épeautre-haricots, cette fois-ci déclinée avec des Saint Jacques fraîchissimes et une vinaigrette à l’huile de noisettes.

glaceauriz-fumikokonoQuant au dessert, c’est un mystère. Une glace toute simple au riz -non pas une glace de riz au lait comme au Chamarré, qui accompagne les babas, ou une glace au lait grillé, ou une glace au lait de riz, ou encore une glace au risotto. Non, un dessert pas commun, qui fait que tout le monde autour de la table lève le sourcil et s’interroge sur sa composition. Simplissime à faire, il a le goût de l’odeur dégagée par le rice cooker, ou celle qui se dégage du bol de riz tiède que l’on vous amène à table au restaurant pour accompagner vos plats. Cette odeur tiède, douce, maternelle, ni sucrée ni salée, mais totalement inimitable.

Je ne sais pas si j’ai aimé ou non : on est à la limite de la fadeur et de l’umami. Néanmoins, moi qui n’aime pas du tout le riz au lait -j’ai compris pourquoi en lisant Le Hussard sur le toit de Giono, et je ne peux plus en voir un plat sans penser au choléra…- j’ai trouvé que cela n’avait absolument rien à voir avec -et tant mieux.
En tous cas, la texture est absolument fantastique : mousseuse, dense et fondante à la fois, crémeuse à souhait, c’est la plus belle glace que j’ai jamais turbiné dans ma sorbetière. Je me tâte pour en refaire avec un riz moins parfumé, histoire de la parfumer ensuite à loisir, et m’en servir de base. Je pense (mais les vrais techniciens culinaires vous l’expliqueront mieux que moi) que cela tient à l’émulsion qui se crée entre l’amidon du riz et le lait, renforcé par le miel qui contribue au soyeux de l’ensemble. Un peu ce qui se passe dans une casserole entre le riz, le bouillon et le parmesan lorsque l’on mantecate le risotto à fond les cuillères.

Trêve de blabla, essayez-la et voyez par vous-même. C’est le dessert le plus surprenant, et pourtant le plus simple, que j’ai servi cette année.

Glace au riz parfumé et fruits rouges d’après « La cuisine de Fumiko » de Fumiko Kono, aux éditions Albin Michel

Pour 4 personnes
50 g de riz (thaï ou basmati)
30 cl d’eau
60 g de miel
15 g de sucre
30 cl de lait demi-écrémé
5 cl de crème fleurette (que j’ai violemment oublié, trouvant la glace assez crémeuse)
Pour servir : mélange de fruits rouges et riz soufflé

Rincez rapidement le riz. Dans une casserole à fond épais, versez l’eau et le riz, mélangez et portez à ébullition.  Dès l’ébullition, baissez le feu et laissez cuire 20 min à petit feu. Hors du feu, ajoutez le sucre et le miel, mélangez et laissez refroidir. Ajoutez le lait, mixez au blender* et faites prendre en sorbetière selon son mode d’emploi (voir ici pour choisir une sorbetière).
Laissez prendre environ 20 min et lorsque le mélange est assez consistant, ajoutez la crème fleurette fouettée. Versez dans la sorbetière et laissez prendre encore 5 min.
Servez avec les fruits rouges et le riz soufflé. Personnellement, j’ai utilisé du riz soufflé parfumé au gingembre des 4 Gourmets,  les Rice Krispies de mon enfance étant devenus une denrée rare. Le goût du gingembre allait délicieusement bien avec celui du riz, il a fallu résister à l’ajout du wasabi :-)

* la recette dit « mixez brièvement ». J’ai choisi de passer le mélange au blender, en veillant à conserver quelques grains et une texture pas tout à fait lisse, histoire de pouvoir donner aux dégustateurs un indice sur la composition de la glace. Libre à vous de la faire ultra lisse ou pleine de grains !

05 oct 2008

Qui peut résister à une mousse au chocolat ?

29 commentaires ... au chocolat

On cherche souvent midi à quatorze heures, quand il y a des invités. Surtout pour le dessert. Trop chargé, il vous restera sur les bras ; trop léger, il risque de ne pas faire assez festif. Forcément, le chocolat est sur la liste de séduction : mais ras-le-bol des gâteaux, moelleux, fondants, coulants…

Ce n’est donc que cet été que j’ai réalisé que (presque) tout le monde adore la mousse au chocolat, mais que presque plus personne n’en fait. La faute peut-être à la poudre immonde qui permet d’en faire en collectivité (détectable au premier passage en papilles) ? La faute aux peurs liés aux jaunes d’oeufs crus ? Exit en effet le grand saladier des bistrots, qui sorti, rentré, sorti, rentré, sorti, rentré du frigo devient facilement nid à bactéries. J’ai été fort déçue en constatant que dans le tout nouveau tout chouette petit guide Lebey Où bien manger quoi à Paris , il n’y avait pas d’entrée pour la mousse au chocolat. J’ai bien cherché, entre les moules marinières et le navarin d’agneau, nada, nibe, degun. D’ailleurs, on n’y trouve pas non plus de baba au rhum, ni de crème caramel, desserts de bistrots et brasserie s’il en est : si Monsieur Lebey m’entend, qu’il sache que je suis volontaire pour tester les dits desserts pour une prochaine édition de son guide…

C’est en fait en préparant un article pour Elle en juin que j’ai cuisiné tout simplement une mousse au chocolat et au citron (voilà de quoi me concilier Clea et Estelle, puisque pour tout fan de chocolat il y a un fan de citron), me faisant réaliser que Virgile n’en avait jamais mangé. Pour cette mousse, le chocolat Alter Eco aux zestes de citron s’est révélé un adjoint essentiel et précieux !

Bien évidemment, il a adoré. Et j’ai du prendre cette photo très vite avant que le contenu du pot ne disparaisse.

Mousse au chocolat noir et au citron

Lire la suite

03 sept 2008

Une volette à mémoire – Visitandines à la rhubarbe pour belle-maman

33 commentaires ... aux fruits, Déco-bricolo, Vous prendrez bien un dessert ?

J’ai une belle-mère, et vous savez quoi ? Je l’aime. Vraiment. Ce qui n’est pas toujours le cas dans les relations belle-mère / belle-fille, m’a-t-on dit. Mais ma Bernadette, je l’aime beaucoup, ne serait-ce que parce qu’elle a élevé son fils sans en faire un macho. Pour en avoir fait un garçon qui sait coudre et changer une couche mieux que moi, tout en restant viril. Pour avoir réussi à travailler en ayant 4 enfants rapprochés -je me demande régulièrement comment elle a tenu le coup.

L’été dernier, il lui a fallu quitter sa grande maison de l’Aisne -région peu riante, je l’avoue, je reste assez éternuante à la vision des champs de colza et de betteraves-, et nous avons beaucoup, beaucoup trié d’objets et de souvenirs. Lorsqu’elle m’a demandé dans tous ses ustensiles de cuisine de choisir ce qui me ferait plaisir, j’ai répondu sans hésiter « les volettes à pâtisserie« . Je n’ai bizarrement jamais osé m’en acheter, trouvant l’objet encombrant, et assez moche. Mais les grilles de Bernadette, elles étaient tellement jolies, et elles ont laissé refroidir tant de bonnes tartes faites pour ses enfants et petits-enfants, que je me suis dit qu’elles me donneraient peut-être le virus de la pâtisserie et le talent de faire passer de l’amour dans les petits plats. Bien évidemment, elle les tenait de sa propre mère : mieux que des bijoux de famille,
deux jolies grilles, une petite volette à cercles concentriques, et une à mailles carrées -que vous verrez forcément un jour en photo.

Lire la suite

14 août 2008

De la verveine et des mythes botaniques mis à mal -recette aphrodisiaque pour été chaud

22 commentaires ... aux fruits, Vous prendrez bien un dessert ?

Il est une plante devant laquelle je ne sais absolument pas résister. En sa présence dans un jardin, je n’ai de repos que lorsque j’ai pu en couper deux ou trois tiges. Rassurez-vous, je demande quand même aux propriétaires du jardin, qui sont régulièrement étonnés devant ma propension à m’extasier devant un simple plant de verveine. Son parfum à la fois citronné, herbacé, frais et vivace m’enchante -je sais, je sais, je suis une monomaniaque de l’hespéridé.

Ce qui me ravit d’autant plus avec la verveine, c’est que c’est une plante pleine d’esprits, ou plutôt d’histoires. De mes cours de khâgne j’avais retenu une chose -c’est peu pour tant d’heures de souffrances- c’est que les Romains l’avaient dédié à Vénus… Pas étonnant de la retrouver dans la composition des philtres d’amour. Soit-disant aphrodisiaque, elle est devenue depuis la reine des soirées d’hiver au coin du feu, tricotages et papotages.

Alors quant on qualifie la tisane de verveine de pisse-mémé (excellentissime surnom découvert il y a peu), on devrait plutôt dire baise-mémé, non ?

Hélas, pour les botanistes qui sommeillent en tout cuisinier, la verveine que j’aime tant sniffer et cuisiner (notamment en sorbet, 300 g de sucre, oupppps) n’est pas la vraie verveine, paraît-il… La verveine odorante n’est pas la verbena officinalis parée de vertus magiques. Tant pis pour le mythe?

Bref, plutôt que de nous intéresser à la sexualité des personnes d’un certain âge et à la vie merveilleuse des espèces végétales, restons factuels et allons donc, nus sous le tablier -il fait parfois chaud en vacances- allégrement cuisiner un dessert de flemmasse, nécessitant 10 min de travail.

Lire la suite