United Colors of Quenelles !
Horreur. Malheur. Parisianisme.
J’ai dû traverser la Seine pour des besoins professionnels. Pour la bonne cause, même, le café et le champagne sont bons au Sénat. J’avais heureusement ciré mes chaussures. C’est fou ce qu’on a besoin de se remettre après avoir rencontré des cuisiniers qui connaissent par coeur le PH10 et se font faire leurs moules sur mesure. Ca calme.
Perdue à Saint-Germain-des-Prés (quartier que j’abhorre, je m’y sens toujours trop grosse, moche et pauvre par rapport à toutes les jeunes femmes que je croise, l’impression d’être une extra-terrestre sur cette rive tellement chic et intello…), j’ai donc dû me remettre en passant vite fait chez Pierre Hermé déguster quelques macarons (me faisant griller dans la file par Gilbert Melki qui a demandé « vite, une tarte au citron, pas la peine de l’emballer« , c’est un acteur que j’aime bien et je vois donc qu’il a bon goût). Passer chez Pierre Hermé, c’est un peu se dire que l’on va faire de la veille technologique pour notre douce Miss Macaron, un prétexte pour comparer (honnêtement, je dirais : match nul ! comment ça, je me la pète ?). De quoi dire « oui, encore quelques uns » à la charmante vendeuse pousse-au-crime qui vous suggère de finir de remplir votre boîte, pour éviter aux macarons de se briser en se baladant dans une boîte trop vide. C’est bien de savoir que les macarons Hermé ne prennent pas tous la voiture avec chauffeur, mais bien plus souvent le métro. Ca c’est du marketing.
Quitte à être en excursion sur l’autre rive, autant faire le total food-shopping, je me suis donc dirigée au Marché Mabillon à la recherche de la boutique de quenelles Giraudet dont j’avais entendu parler.
Déjà , quand on voit la boîte, on a l’impression d’être passé chez Chanel, mais en beaucoup moins cher, et qui se mange (sorry Karl).
Le paradis de la quenelle, et surtout : le paradis de la céréale. Si si si. Volaille, brochet : on connaît. Mais des quenelles de sarrazin, de seigle, de châtaigne, de maïs (et j’en oublie), moulées à la cuillère ?
En plus, il y a même des quenelles bios, j’ai pensé à vous les filles.
Celles au seigle (au fond du plan) ont remporté tous nos suffrages, rendant hommage au goût riche et terreux de cette céréale -j’adore le goût du seigle, une obsession en ce moment (et je ne suis pas la seule en ce moment).
La châtaigne (au premier plan) était plus pouf pouf, mais pas du tout sucrée.
Quant à la très chic et snob quenelle à l’encre de seiche, elle était absolument délicate, à condition de la faire cuire isolément sous peine de teinter votre sauce. Une grande dame, assurément. Une excellente base de canapé salé, pensais-je en pensant à Jacqueline qui a été torturée à coup de risotto à l’encre de seiche (mal manoeuvré, c’est en effet une catastrophe)
Après avoir tenté la cuisson à la casserole, la classique béchamel gratinée au four, la rigolote mini-morceaux gonflés à la poêle, j’ai tenté ce coup-ci la cuisson au cuit-vapeur électrique : pas mal du tout, mais le dégonflage est ultra-rapide, plus qu’au four je trouve.Seule une bonne croûte de gruyère râpé et un passage au four permet de maintenir solidement le couvercle des mini-zeppelins jusqu’à la table, application directe du principe dit « du chapeau » des soufflés.
Que les pralines ont du bol d’habiter dans le pays des quenelles !!!!
Boutique Giraudet
16 rue Mabillon
75006 Paris
Métro Mabillon / Odéon
Compter de 1.30 Ã 2.5 la quenelle
http://www.giraudet.frToutes leurs adresses en suivant ce lien…




février 16th, 2007 à 11:28
jamais testé les quenelles giraudet. leurs soupes sont déjà pas mal, je serais bien curieux d’y planter les dents…
février 16th, 2007 à 11:35
Ton article d’Arts culinaires est passionnant ! Je commence à comprendre pourquoi les candidats ont l’air de tenir autant à leur élection
Quant aux quenelles, je les goûte la prochaine fois que je viens à Paris.
février 16th, 2007 à 11:42
Soufflée, je suis ! Je n’imaginais pas que Giraudet s’aventurait au delà des quenelles de brochet… Alors dans une boite Chanel, en plus ! Merci pour le lien vers l’article, ça me fait de la lecture
février 16th, 2007 à 12:46
C’est dommage que, quand tu penses à nous, on ne voit pas notre frigo se remplir de quenelles de sarrasin et autres quenelles bio… Ce serait le rêve quand même ! Et en plus, si ça marchait avec les marcarons aussi, je serais aux anges (même si dans les macarons, il y a du colorant – pas encore complètement convaincue, la Belle au Blé Dormant
. La prochaine fois que je passe à Paris…
Si jamais tu veux t’essayer aux quenelles, il y a une recette sur mon blog, à la farine de lentilles – il fait ça aussi, le M. Giraudet ?
février 16th, 2007 à 12:57
tu m’étonnes! je te le fais pas dire, et que ça fait chic quand on me demande où j’habite.. le pays de la quenelle, ouaip, m’sieur dame comme je vous l’dis! sans rire le coup de la quenelle de seigle.. ça me tente à mort! je connaissais pas ce Karl de la quenelle. en fait, j’attends que tu te lances et décrives une recette, alors? tu relèves le pari?
février 16th, 2007 à 14:46
heureusement Lyon est dote d’une boutique giraudet et donc on peut deguster toutes ces petites merveilles de saveurs…
février 16th, 2007 à 15:03
Décidément, j’adore quand tu es snob! T’inquiète pas, j’ai exactement la même sensation que toi sur le pavé germanopratin: trop grosse, trop mal habillée, trop pauvre! Mais que font-elles dans la vie toutes ces filles???
Sinon, la quenelle au seigle, mmmmm.
février 16th, 2007 à 16:50
bravo pour l’article au Sénat Wahou…..journaliste maintenant? super …Merci pour le clin d’oeil macarons!! trop gentille….ici aussi nous sommes au pays de la quenelle…mais tu me fais découvrir les nouvelles variétés, je ne suis pas fan en général un peu pouf pouf je trouve, mais là ça m’interpelle quand même !
février 16th, 2007 à 19:21
Oh My God ! deux rive-droiteuses comme nous ont commis le même méfait : passer la Seine. Et pour la même raison (peut-il y en avoir une autre vas-tu me dire ^^)… aller chez Girardet. J’avais fait els photos de la boite, par contre complètement râté les photos des quenelles (qu’on a dégusté à al béchamel hypra classique quoi). Nico n’aime pas ça, je me suis donc empriffré !! (J’ai testé châtaigne : bof, volaille aux Morilles et brochet/écrevisse/morilles un délice). Je connaissais les natures depuis que mon Monop s’est mis à la page… que dire de plus que ce que tu as écrit sans faire du plagiat !!!
J’y retournerai pour les quenelles céréales rapport à l’eau la bouche que tu vient de me donner ^^
Merci Esterelle (dire qu’on aurait pu se croiser dans cette jungle de brindilles ! j’en reviens pas)
Fred
février 16th, 2007 à 19:23
Je me relis… « Girardet » j’ai écrit (ça reste dans la cuisine quand même)… nan mais ça va pas la tête !! GirAUdet oeuf corses !!
février 16th, 2007 à 23:26
Bon, je vais faire tâche, mais il y a deux mois environ, je suis allée au Bar à Soupes et Quenelles de Giraudet, et j’ai été mal accueillie car j’étais accompagnée d’un bébé de 3 mois (quelle idée de sortir au resto avec un enfant !) et les soupes avaient un peu trop le goût de l’ail et les quenelles étaient un peu sèche …
février 17th, 2007 à 0:41
Bon sang j’ai eu une de ces suées en parcourant ton billet et en apercevant ce camaieux d’étrons… avant de comprendre que c’était des quenelles, donc des trucs à manger et pas déjà digérés et… bref… D’un coup le glamour loitain de St Germain s’en prend un coup là !
février 17th, 2007 à 9:57
Allons bon, il va donc falloir que je traverse la Seine, il y a des ponts ou il faut prendre un bac? Parce que seigle et encre de seiche, forcément pour un breton qui aime le poisson, je ne vois comment éviter l’expédition. Il ne faut pas de vaccins spéciaux? Il faut se couvrir ou c’est sensiblement le même climat qu’à la gare Montparnasse?
février 17th, 2007 à 14:51
tres tres original tout cela. Ah ben dommage, je ne suis pas a Paris, mais de passage, si le temps me le permet (et que je ne perds pas…mais non!), j’y passe.
février 18th, 2007 à 10:18
Connaissais pas tout ca…au fin fond de ma suisse
Bien sympa en tout cas
Bon dimanche!
Amitiés
Claude
février 19th, 2007 à 18:27
Comment ça grosse, laide et pauvre? trois qualificatifs qui ne te vont pas du tout, mais alors pas du tout si on en croit ta photo. Les quenelles ne sont pas une nourriture commune en Bretagne. Du coup, j’ai des doutes, mais je ne demande qu’à me faire convaincre.
février 20th, 2007 à 9:55
Ah, enfin, on reconnaît publiquement mon culte absolu pour le seigle, merci. Mais il y a plus crucial: qu’est-ce que c’est que ces vilains rivedroitiers sectaires? Comment-c’est-y-que vous savez-t-y pas que Giraudet il est aussi au Lafayette Gourmet(ou plus?) qui lui est tout de même pas loin de toi, hein? Nul besoin de chausser ses mocassins vernis et d’ouvrir sa chemise Ralph Lauren bleue pâle en laissant ses longs cheveux au vent (je parle pour les hommes) en snobant Saint-Sulpice, que nenni. Et puis c’est pas pour dire mais les Restos près de Saint-Michel et autour de Montparnasse, c’est Rive gauche mais c’est pas vraiment le top du chic. Ne parlons pas du 13e où on croit plutôt à une attaque nucléaire. (Je suis un 11 et 19e-esque et je l’assume, voire plus au centre selon mon humeur, mon poids et l’ordre de mes lessives).
Oh, et hier, je lisais « Saveurs » quand je suis tombé sur…
février 20th, 2007 à 19:37
quelle chance d’habiter Paris…ça doit être merveilleux avec toutes ces pâtisseries, et les macarons…mmmm,un jour ou l’autre je viens a paris!!
février 20th, 2007 à 20:06
Ah, tu as complètement raison lorsque tu parles de ce quartier. A chaque fois que je dois y aller (mon éditeur y est, tout près de chez Pierre Hermé, j’ai toujours tendance à vouloir m’habiller plus chic que d’habitude, ca m’agace toujours mais je ne peux pas résister. Quand à David, ce n’est même pas la peine de le trainer dans ce quartier.
Bravo pour ce billet, j’adore.
février 20th, 2007 à 20:57
Mais c’est la révolution des quenelles!
Jamais j’aurai imaginé ça toute seule!
février 20th, 2007 à 21:18
Ca m’aurait étonné qu’on soit d’accord (lol)! Comment ça tu n’aimes pas la Rive Gauche (moi je lui mets meme des majuscules)! Beau débat en perspective… Je reconnais cependant que tu es d’une grande objectivité en t’inclinant devant les quenelles de chez Giraudet!
février 22nd, 2007 à 15:50
Là tu me parles! Les quenelles font partie de mes préférences (d’ailleurs tu le sais déjà puisque je l’avais précisé dans mon interview de Damien Duquesne, suggéré par toi).
Demain je publie un article où je te cite (un petit clin d’oeil) alors : à à à à à à à à à de main!
février 22nd, 2007 à 15:56
Bravo pour l’interview! J’ai toujours plaisir à te lire, tes questions, judicieuses, ont permis des réponses intéressantes reflètant une passion et un esprit d’équipe.
février 22nd, 2007 à 18:17
Mmmm les quenelles Giraudet… Tiens, hier, je suis justement passée devant la boutique (de Lyon, cela va sans dire !), en rentrant de la librairie gourmande !
février 22nd, 2007 à 21:03
La quenelle élégante, c’est un truc quand même !
février 24th, 2007 à 21:17
J’aime bien la Rive Gauche, pour le côté décalé des propos déjà et par rapport à la Rive Droite, plus bobo finalement, on est presque obligés de manger dans les petites gargottes de quartier branchouilles (qui s’améliorent un peu oufff !) puisque que les loyers et à l’achat, les apparts commencent à rivaliser sérieusement avec ceux de la Rive des Gauchos… bref, on s’y perd et heureusement on se repère avec des boutiques, des restos, des repères…
)
Et on peut manger des quenelles et faire un T36, faut pas finir le paquet et lécher la sauce, c’est tout !
))
février 25th, 2007 à 15:49
Je passe tous les jours devant cette boutique. J’ai cours dans ce quartier que je trouve clinquant au possible. J’entrerai par curiosité. Et pour les blondes du Boulevard et leurs superbes crinières, ne t’en fais pas, ce ne sont que des extensions
février 26th, 2007 à 23:32
Juste une petite remarque sans importance concernant l’anecdote Gilbert Melki chez Pierre Hermé : oui il a bon goût mais visiblement on ne peut pas dire qu’il soit un modèle d’élégance et de politesse, non ?
février 27th, 2007 à 11:54
So chic!
Le packaging est trés chanelesque en effet
février 27th, 2007 à 17:53
Quel raffinement, ces quenelles!
février 28th, 2007 à 17:19
Depuis le temps que je dois y aller !!! ton billet est un rappel à l’ordre !!!
mars 8th, 2007 Ã 15:06
Après le macaron devenu très tendance (aujourd’hui, toute la France peut profiter de cette douceur qui était quasi réservée aux Parisiens), voilà que la quenelle s’y met. J’avoue que c’est très original et étonnant. A tester si on lit ton post!!!
Bizzzzz,
Alexandra