Quelques voeux pour 2010 (et un nouvel opus sur les yaourts)

25 janvier 2010

Ouf, janvier n’est pas encore fini : je suis encore officiellement à temps pour souhaiter à mes heureux lecteurs  de bien belles et bonnes choses pour 2010.

Mais pour changer un peu, je fais un rêve, et voici ce que de 2009 je souhaite définitivement oublier et ne pas revoir en 2010. Rien sur la paix dans le monde, l’économie mondiale ou la santé des peuples, parce qu’après tout, on n’est pas dans un entretien pour Miss France ici, je porte assez mal la robe en mousseline turquoise.
Je sais, d’habitude on fait des voeux, pas des récriminations, et alors ? Voici ce qui me ferait sacrément plaisir cette année :

  • voir disparaître les verrines des cartes de restaurant, et des tables en général. Je plains les auteurs de certains ouvrages qui doivent encore plancher sur le sujet. Parce que bon, le cassoulet en verrine, ça montre la limite du concept, quand même.
  • voir également disparaître les zigouigouis et entrelacs ridicules de vinaigre balsamique réduit (en fait, un sale sirop vaguement balsamiqué acheté au litre chez Métro) sur le côté de l’assiette, ce qui ne donne malheureusement que du fil à retordre au plongeur pakistanais. Idem pour les gougouttes disposées par 3 sur les assiettes, on dirait un bouquet de fleurs mortes.
  • et tant qu’on y est, itou pour les zigouigouis de mauvaise sauce chocolat posée sur le côté des assiettes à dessert. Qui viennent gâcher un cheesecake ou pire encore, un dessert traditionnel ouzbek aux noix (véridique).
  • qu’on arrête de mal répondre au téléphone aux malheureux qui essaient de réserver une table un vendredi soir moins de 3 semaines à l’avance dans un restaurant au top de la tendance, c’est-à-dire ayant eu deux lignes dans le Figagaroscope ou un entrefilet dans le guide des Foodingues : « Mais madaaaaaaaaame, bien sûr que nous n’avons pas de tables d’ici deux semaines« , et de nous raccrocher au nez. Classe.
  • aller lire plus souvent les blogs d’Estèbe, de Patrick, de Gracianne et d’Anaïk. Parce que je ne connais rien de plus drôle et de mieux écrit que ces 3 mousquetaires, qui sont 4, comme les vrais.
  • Le dernier point n’a rien à voir avec le reste, mais sinon vous allez me prendre pour une incorrigible râleuse. Ce qui ne sera pas complètement faux.

yaourts

Trêve de confiture, je profite de ce billet pour vous zannoncer la sortie dans les bacs de mon dernier ouvrage, consacré aux yaourts, à faire avec et surtout sans yaourtière ! Il faut dire que la fabrication des yaourts à la yaourtière SEB ont longtemps été un des messages les plus consultés de ce blog …

Au four, à la cocotte (minute et en fonte), sans rien du tout dès que c’est l’été, à la yaourtière pour ceux qui veulent investir, il n’y a plus de raison pour ne pas se lancer. Certaines telles Mercotte Clea ou Anne l’ont déjà testé… alors à votre tour !

Nos chouchous à la maison (car il a bien fallu tout goûter) : le vrai yaourt à la grecque (liquidé en une heure), le yaourt au thé à la menthe et aux pignons caramélisés (super rafraîchissant), celui au thé fumé (à oser avec du saumon, à l’heure du brunch), à la prune et à la cardamome (un accord qui marche toujours bien). J’ai pris le parti de faire des yaourts assez « naturels », qui font la part belle aux fruits, et utilisé des produits courants pour aromatiser le lait : thés, infusions, plantes… Après tout, si on a envie de faire des yaourts maison, ce n’est pas pour les bourrer de colorants ou de bonbons, non ?

C’est pas tout mais j’ai quelques recettes sur le feu en train d’accrocher, je vous laisse, et peut-être que je reviens. Ah, pour les déçus de l’adresse de la gâche : quelques déconvenues quant à la fraîcheur de cette brioche m’empêchent de communiquer officiellement sur l’adresse. Ne me reste qu’à la faire !

Une glace au riz simple et funky

29 novembre 2009

J’avais flashé sur le livre de Fumiko Kono (comme beaucoup d’entre nous je crois), mais je l’avais laissé posé dans un coin et pas encore refait de recettes. Il faut dire que le dernier trimestre est traditionnellement le plus chargé dans mon secteur : on écrit sur la nourriture à longueur de journée mais à force de déguster bûches, foies gras et compagnie, on a déjà l’impression que Noël est passé alors qu’on attaque à peine novembre… et on passe moins de temps en cuisine.

Néanmoins à l’occasion du passage d’amis sur Paris et d’un petit dîner à la maison, j’ai fouillé dans le livre de Fumiko et y est déniché mon entrée (un velouté d’oignons des Cévennes aux délicieux parfums asiatiques de lait de coco et de cumbava) et mon dessert. Le plat, vous le connaissez, c’est la fameuse salade tiède épeautre-haricots, cette fois-ci déclinée avec des Saint Jacques fraîchissimes et une vinaigrette à l’huile de noisettes.

glaceauriz-fumikokonoQuant au dessert, c’est un mystère. Une glace toute simple au riz -non pas une glace de riz au lait comme au Chamarré, qui accompagne les babas, ou une glace au lait grillé, ou une glace au lait de riz, ou encore une glace au risotto. Non, un dessert pas commun, qui fait que tout le monde autour de la table lève le sourcil et s’interroge sur sa composition. Simplissime à faire, il a le goût de l’odeur dégagée par le rice cooker, ou celle qui se dégage du bol de riz tiède que l’on vous amène à table au restaurant pour accompagner vos plats. Cette odeur tiède, douce, maternelle, ni sucrée ni salée, mais totalement inimitable.

Je ne sais pas si j’ai aimé ou non : on est à la limite de la fadeur et de l’umami. Néanmoins, moi qui n’aime pas du tout le riz au lait -j’ai compris pourquoi en lisant Le Hussard sur le toit de Giono, et je ne peux plus en voir un plat sans penser au choléra…- j’ai trouvé que cela n’avait absolument rien à voir avec -et tant mieux.
En tous cas, la texture est absolument fantastique : mousseuse, dense et fondante à la fois, crémeuse à souhait, c’est la plus belle glace que j’ai jamais turbiné dans ma sorbetière. Je me tâte pour en refaire avec un riz moins parfumé, histoire de la parfumer ensuite à loisir, et m’en servir de base. Je pense (mais les vrais techniciens culinaires vous l’expliqueront mieux que moi) que cela tient à l’émulsion qui se crée entre l’amidon du riz et le lait, renforcé par le miel qui contribue au soyeux de l’ensemble. Un peu ce qui se passe dans une casserole entre le riz, le bouillon et le parmesan lorsque l’on mantecate le risotto à fond les cuillères.

Trêve de blabla, essayez-la et voyez par vous-même. C’est le dessert le plus surprenant, et pourtant le plus simple, que j’ai servi cette année.

Glace au riz parfumé et fruits rouges d’après « La cuisine de Fumiko » de Fumiko Kono, aux éditions Albin Michel

Pour 4 personnes
50 g de riz (thaï ou basmati)
30 cl d’eau
60 g de miel
15 g de sucre
30 cl de lait demi-écrémé
5 cl de crème fleurette (que j’ai violemment oublié, trouvant la glace assez crémeuse)
Pour servir : mélange de fruits rouges et riz soufflé

Rincez rapidement le riz. Dans une casserole à fond épais, versez l’eau et le riz, mélangez et portez à ébullition.  Dès l’ébullition, baissez le feu et laissez cuire 20 min à petit feu. Hors du feu, ajoutez le sucre et le miel, mélangez et laissez refroidir. Ajoutez le lait, mixez au blender* et faites prendre en sorbetière selon son mode d’emploi (voir ici pour choisir une sorbetière).
Laissez prendre environ 20 min et lorsque le mélange est assez consistant, ajoutez la crème fleurette fouettée. Versez dans la sorbetière et laissez prendre encore 5 min.
Servez avec les fruits rouges et le riz soufflé. Personnellement, j’ai utilisé du riz soufflé parfumé au gingembre des 4 Gourmets,  les Rice Krispies de mon enfance étant devenus une denrée rare. Le goût du gingembre allait délicieusement bien avec celui du riz, il a fallu résister à l’ajout du wasabi :-)

* la recette dit « mixez brièvement ». J’ai choisi de passer le mélange au blender, en veillant à conserver quelques grains et une texture pas tout à fait lisse, histoire de pouvoir donner aux dégustateurs un indice sur la composition de la glace. Libre à vous de la faire ultra lisse ou pleine de grains !

La seule brioche au monde qui a son fan-club sur Facebook : le gochtial de Saint Armel

14 novembre 2009

Il pleut sur Paris, les vacances sont loin, et sur mon canapé bien au chaud, je pense à nos vacances bretonnes, qui furent ensoleillées et gourmandes. Il n’est jamais trop tard pour parler de l’été, surtout en plein mois de novembre, non ?

Un de mes grands défauts ici, c’est de ne pas savoir écrire court. Au quotidien, je coupe, recoupe, jusqu’à atteindre le sacro-saint nombre de signes attendu pour les articles. Et ici, je m’épanche, je m’épands, je peaufine, et conclusion, je publie bien trop peu par rapport à ce que je pourrais faire.

Alors ne tortillons pas, et allons droit à l’estomac : cet été, j’ai dégusté une brioche exquise qui m’a rendue accro -et à laquelle je repense avec nostalgie ce soir- le sooooo famous gochtial, made in presqu’Ile de Rhuys (pour les nuls en géographie : pas loin de Vannes).

gotchial-saintarmel

Le gochtial, sorte de pain brioché à la fois croustillant, très fondant, ni trop sucré ni trop gras, représenta d’un coup à mes papilles ravies la quintessence d’une V.V.D (Viennoiserie en Voie de Disparition) : le pain au lait. Au point de devoir aller faire un détour -l’air de rien- tous les jours pour aller en chercher. J’ai eu beau faire et tournicoter, la recette est secrète, et nombreux sont les fans à sa recherche…

Si vous aussi vous y avez succombé (et avez tranché sur sa parenté briochée ou painaulaité, son nom signifiant « pain-gâteau », les paris sont ouverts), les commandes en ligne ne sont toujours pas à l’ordre du jour, mais les amateurs se sont regroupés sur une hilarante page Facebook, où l’on apprend que ce régal est « né au 19ème siècle dans une boulangerie du Hézo (…) De forme ronde et galbée, le Gochtial, aussi appelé gostial, cochetial ou goth, est un pain brioché particulièrement dense, peu sensible au rassissement et donc d’une très bonne conservation« .
Pour une fois, je n’ai rien à rajouter, à part que là, tout de suite, j’en mangerai bien un peu, tartiné de beurre salé…

A l’heure où Internet ouvre de grandes portes à l’épicerie en ligne et aux produits du terroir (Les 4 Gourmets, Madeleine Market, Keldelice, BienManger, Regioneo….), c’est bon de savoir que certains produits restent circonscrits à un périmètre géographique qui participe à leur saveur. Et que c’est souvent en vacances et par le plus grand des hasards que l’on goûte les meilleures choses, comme ces salicornes fraîchement cueillies sur la plage et dégustées avec ravissement par Petit Garçon.

Bientôt, si vous êtes sages, je vous dirai où trouver une vraie gâche de gâche en plein Paris. J’ai tendance à ce moment à être obsessionnelle de la brioche, autant que ça vous profite.

Gochtial de Saint Armel
En vente au bar-tabac-journaux-boulangerie Le Moulin à Café
En face de l’Eglise du Bourg.
Ouv. tlj sauf le lundi après-midi.
02.97.26.41.43.

Le BA-BA DES BABAS – Mon nouveau livre

30 octobre 2009

babasIl y a des livres qui naissent dans de drôles de circonstances.

J’ai déjà parlé ici de ma belle-mère qui m’offrit sa volette à gâteau. Je vais encore vous en parler, car c’est à cause (ou grâce) à elle qu’est né mon dernier livre.

Il y a de cela plusieurs années, elle ne put réaliser le gâteau préféré d’une de ses filles, et me demanda de le réaliser pour elles. « Pas de souci, Bernadette ! Où est la recette ? » Elle me tendit avec un grand sourire une fiche cuisine (non, pas celles du ELLE…) en me disant « Oh, tu as déjà dû en faire : c’est un baba au rhum ! ».

Certes pas. Car du baba au rhum, fan je n’étais pas. A vrai dire je ne me souvenais pas de la dernière fois où j’avais dû en goûter. Le côté sirupeux, spongieux, le mauvais souvenir d’une crème pâtissière m’en avait éloigné à jamais. Ce n’est pas pour rien que les enfants n’aiment pas en général les babas au rhum…

« Bon, OK , c’est bien parce que c’est pour vous deux… mais je ne suis pas sûre d’y goûter ».

Le lendemain, devant l’enthousiasme à table, je fis mon devoir : j’en goûtai une lichette. Avec étonnement. Et j’y retournai –plusieurs fois.

Lire le reste de cet article »

Bios et bons à la fois, les pains de Dominique Saibron

22 octobre 2009

En arrivant à Paris il y a maintenant plus de dix ans, je ne mangeais presque plus de pain.

Lasse des baguettes plus proches d’un bâton de circulation pour policier que du bon pain, je m’en étais dégoûtée. Heureusement, Bricol’Boy a remis tout cela sur le bon chemin en me refaisant goûter du  pain, du bien cuit, avec une vraie croûte, et une mie alvéolée. C’est en écoutant le délicieux accent de Steve Kaplan cet hiver, rencontré lors de la réalisation de ce reportage que j’ai adoré faire, que j’ai bien vu d’où revenait le pain français : « arrêtez de vendre du pain pas assez cuit, du pain trop blanc dedans et dehors ! la spécificité de vôtre pain, ses composés aromatiques, tout est dans la croûte ! ». Le brave homme en devenait lyrique, faisant crisser la baguette sous ses doigts experts pour écouter le « chant de la croûte » qui distingue à coup sûr un vrai bon pain.

C’est en préparant un autre papier que je suis allée rencontrer Dominique Saibron, l’ex-boulanger de Monge. Je parie que son nom va fleurir à raison dans les semaines à venir dans vos journaux préférés, et ce sera amplement mérité. Un vrai dingue du pain, qui peut parler pendant des heures de la température idéale des chambres de pousse…

Dominique fait ses pains avec un levain bien particulier, au miel et aux épices. Impossible de ne pas penser à un pain d’épices de qualité en le sentant !

levain-saibron

Lire le reste de cet article »

Mes livres coup de coeur de la rentrée (1/2) : la cuisine de Fumiko

15 septembre 2009

Délicat, sur la réserve, avec un sens du détail forcené, voilà les mots qui me sont venus quand j’ai parcouru La cuisine de Fumiko.

C’est un livre de cuisine qui ne ressemble pas vraiment à un livre de cuisine, tellement il est limpide, zen : si blanc qu’on en a peur de tâcher les pages. Et pourtant, ce serait dommage de ne pas les savourer : l’histoire de la traversée culinaire d’une jeune Japonaise, Fumiko Kono, jusque vers la France, avec les étapes Passard-Fauchon que l’on connaît, puis les Etats-Unis. Itinéraires d’une cuisinière douée, voilà ce qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai refermé, après avoir rêvé devant la salade pêche plate-radis-crevette,  la glace au riz parfumé et les pomelos tilleul-grenadine en papillotes.

foccacia-fumiko-1 Pour comprendre de mes yeux cet étrange mélange de douceur et de force qui se dégage aussi bien de l’ouvrage que de la personne, j’ai eu la chance de participer à un atelier qu’elle anima à l‘Ecole de Cuisine Alain Ducasse. Au programme : une focaccia aux courgettes et à l’agneau, relevée de yaourt au wasabi.

Qui a dit « deluxe kebab » ?

Croustillants de focaccia à l’agneau, crème de wasabi

Pour 2 personnes
2 pains type focaccia
100 g de restes de gigot d’agneau, tranché  ultra-fin
1 courgette
1/4 d’oignon rouge finement émincé dans le sens de la longueur
1/2 c. à café de romarin finement haché
3 c. à soupe d’huile d’olive
Fleur de sel
Poivre du moulin
Pour la crème de wasabi
80 g de yaourt à la grecque
1 c. à café de wasabi en tube
Une belle pincée de sel

Laver et couper la courgette en rondelles. Eplucher l’oignon, l’émincer et le faire tremper 3 min dans l’eau très froide, puis l’égoutter (ceci vise à rendre l’oignon bien croquant tout en lui ôtant sa légère âcreté : ça marche). Faire chauffer 1 c. à soupe d’huile d’olive dans une poêle, y faire revenir les courgettes et légèrement les saler. Lorsqu’elles sont tendres, les saupoudrer hors du feu de romarin haché et réserver.
Mélanger tous les ingrédients de la crème de wasabi.
Couper la focaccia en deux et la tartiner légèrement de crème de wasabi sur les 2 moitiés. Déposer dessus les courgettes et l’agneau, saupoudrer de sel et de poivre, ajouter l’oignon émincé. Refermer les pains.
Les faire revenir 5 à 8 min de chaque côté, dans une poêle sur feu doux, avec le reste de l’huile, pour faire croustiller les faces extérieures.
Déguster chaud, en servant le restant de la crème de wasabi à part.

L’astuce pour les découper sans difficulté ? Procéder en deux temps : découper du bout du couteau les carrés, avant d’y aller franco avec le milieu du couteau, façon « détachez selon les pointillés ». Pas de miette, et des carrés intacts pour la dégustation, enthousiasmante.
decoupe-focaccia

A la lecture de la recette j’étais sceptique. A la dégustation, ravie : la rencontre italo-japonaise fonctionnait impeccablement bien, chaque élément se soulignant divinement. J’en aurai bien repris, malgré l’heure matinale…

La cuisine de Fumiko
Fumiko Kono, François-Régis Gaudry, préface d’Alain Passard et photos de Jean-Blaise Hall.
Editions Albin Michel

Voir aussi ce qu’en dit François-Régis Gaudry, auteur du livre, et Caroline, présente également à l’atelier.

PS :

garniture-focaccia

Au pied de la lettre, l’expression « avoir de beaux restes » (de gigot).

Les déjeuner de ceux qui travaillent chez eux – Nouilles chinoises à la Ponyo

4 septembre 2009

Ami lecteur qui persiste à passer par ici, gloire et remerciements à toi ! Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet épineux. Que l’on a beau être journaliste culinaire, on ne mange pas toujours bien chez soi.

Parce que ce métier ne consiste pas qu’à boire du champagne en levant le petit doigt et en discutant avec de charmantes attachées de presse et consoeurs du métier (parce que tu comprends, on me dit souvent que les femmes sont journalistes culinaires, alors que les hommes sont critiques gastronomiques, ce qui est toujours agréable à entendre et donne envie de se servir de son soutien-gorge pour aller pocher des oeufs en cuisine).
Parce que souvent, il faut courir partout, répondre à trois coups de fil en même temps, savoir vendre sa plume tout en écrivant ses textes, aller à la pêche au visuel et à l’info. Rien que de normal, à part qu’au lieu d’être dans un bureau, vous êtes chez vous. Sur votre canapé, dans un coin, sur la table du salon, parce qu’il n’y a pas de place pour un bureau (conclusion : il y a des Billy débordantes de livres qui ont envahi toute la maison depuis un an). Absolument plus sportif que l’open space et tellement plus convivial.

Oh, ça a des avantages : parfois, on peut étendre une machine tout en attendant au téléphone, ou ne pas se maquiller avant de répondre à son premier mail à 8h27 exactement, quand BricolBoy et PetitGarçon sont partis à l’école et au bureau. Mais parfois, y’a des inconvénients.

Notamment le souci du déjeuner -quand on a pas un RV à cette heure là, bien sûr. Une technique imparable pour finir un job sur lequel on peine : se donner une matinée pour le finaliser. Et décréter qu’on ne mangera que le travail envoyé. Bilan : hypoglycémie à 14h30 garantie et énervement majeur juré.

Autre technique : préparer ses recettes à tester la veille et les goûter à l’heure du déjeuner. Super pour ne pas manger équilibré : ça fait quelques mois que je me nourris de babas et de yaourts. Hips. Heureusement que je n’écris pas sur la choucroute… (ne jamais dire fontaine pour autant, des fois que Kate Moss se mette à en manger, ça deviendra hype).

Dernière technique : manger les produits que les gentilles attachées de presse auront bien voulu vous faire parvenir. S’il y a des bonnes surprises, parfois, on frôle l’arrêt cardiaque en lisant la composition. Ou le recrachage majeur, en se posant la question : « Mon Dieu, s’ils me rappellent pour savoir ce qu’ils en ont pensé, faut-il dire la vérité (même le chat n’en aurait pas voulu) ou pondérer mes propos ? ».

Problème classique : il est 13h30, vous n’avez pas encore déjeuné, l’option tartines-fruits vous laissera affamé à 16h, que faire ?

Des nouilles, bien sûr. Mais pire que tout : des nouilles à la Ponyo. Et les manger en chantant la chanson, c’est encore mieux.

NOUILLES DE PONYO
20 cl d’eau
1 c. à café de miso en pot (au fond du frigo, se garde trèèèèès longtemps)
1 paquet de nouilles chinoises déjà cuites (honte absolue, mais on les avait achetées sur la demande insistante du Petit Garçon qui voulait manger la même chose que les héros de Ponyo)
1 tranche de jambon (sans conservateur, allez, on en a assez en France…)
1 goutte d’huile de sésame

Faites chauffer l’eau.
Dans un grand bol, déposer le miso. Délayer avec l’eau chaude.
Ajouter les nouilles, couvrir avec une assiette pendant 2 minutes.
Mélanger à l’aide de baguettes, ajouter l’huile de sésame.
Plier la tranche de jambon et déposer sur la soupe de nouilles.

Manger entre deux coups de feu. Pour équilibrer, n’oubliez pas le fruit en dessert… Histoire d’avoir quelques vitamines pour répondre tout l’après-midi avec le sourire à vos clients, éditeurs, rédac chefs bien-aimés, que sais-je…

Une histoire de chaussures et de courgettes – la scarpaccia de courgettes d’Alain Ducasse

20 août 2009

J’avais juré ici ne pas attendre des mois et des mois avant de poster ces recettes évidentes que l’on fait les yeux fermés et dont vos invités vous demandent toujours la recette. Bien évidemment, je n’ai pas tenu parole, et ce sont les lecteurs d’un site pour lequel je pige qui se plaignent (aimablement) de ne pas avoir la recette d’un plat photographié dans ce dossier spécial courgette. Ma maman me l’avait bien dit, pourtant, de toujours tenir mes promesses, ça m’apprendra !

Je reviens donc sur deux préoccupations essentielles dans ma vie : les recettes de cuisine et les paires de chaussures, qui ont beaucoup de points communs. Parce que cette recette de scarpaccia (vieille godasse en italien) attend dans les méandres de ce blog depuis un an et demi…

- il y a les sublimes chaussures qui ne vont très bien qu’avec une robe, et que pour une occasion bien spéciale. Les compensées orange de la soirée déguisée, les spartiates rose fuschia qui étaient sublimes avec cette jupe trapèze (dans laquelle on ne rentre plus). On ne peut les mettre que deux fois par an mais on est sûr du résultat. Il faut que la météo et le Dieu du vernis à ongle raccord soit avec vous, mais ça le fait.
Exemples : le parmentier de cerfeuil tubéreux au jarret de boeuf peposo, les gnocchi aux carottes technicolor et taleggio.

Lire le reste de cet article »

Réponse / Citrons séchés d’Iran

6 juin 2009

Vous êtes nombreux à avoir trouvé ! Bravo et mercis pour cette pluie d’information.
Non, je n’ai pas été distraite (sauf à vous apporter la réponse… mais pas mal de pain sur la planche…), joué à « la terre est bleue comme une orange« , fait des expériences de cultures de moisissures.

C’était tout simplement des citrons verts séchés d’Iran, dits aussi “limou amani”,  à la saveur puissante, que j’ai découvert tout simplement sur les étagères de Petrossian (entre autres merveilles… s’ils sont connus pour leur caviar et leur saumon, moi c’est aussi pour l’épicerie que je craque ! Pas de sponsoring là dedans mais une visite guidée des lieux passionnante).
Particularité de ces citrons : ils sont séchés sur l’arbre puis récoltés. Cette technique est également celle appliquée aux figues sauvages (dites parfois « figuettes ») que l’on trouve en Iran donc, mais aussi en Andalousie.  Les fruits conservent de la sorte leur acidité, mais aussi leur amertume qui ressort.
Ils sont cousins des « citrons noirs » d’Oman dont parlait Requia , mais qui sont, eux, bouillis avant d’être séchés dans le sable ou au soleil (comme bellement détaillé ici).

J’en fais quoi, de ces citrons séchés ?
Patrick les écrase au mortier. J’en connais certains qui les cassent au casse-noix et effritent leur intérieur, acide et légèrement amer, directement sur le plat. Il paraît qu’il faut légèrement les percer de la pointe d’un couteau avant de les faire mijoter.
J’ai aimé en plonger un dans un ragoût d’agneau, genre tajine (Julien nous conseille pour sa part de l’utiliser dans un Khoresh Gheimeh, ragoût d’agneau à la perse) et je confesse en avoir mis dans une blanquette de veau, que j’aime tant citronnée.
Merci des commentaires sur le message précédent, qui m’a permis d’en découvrir beaucoup sur ce produit !

Où les trouver ?
Petrossian – 18 Bd de Latour-Maubourg, 75007 Paris.
Izraël – 30 rue François Mirron – 75004 Paris
Julien nous signale dans les commentaires qu’on peut également les trouver » à Paris dans les épiceries iraniennes de la rue des entrepreneurs (normalement). »(ce qui me vaudra une bonne excuse pour aller dans le 15ème, je confesse).

La semaine prochaine, si mes clients m’en laissent le temps, je parlerai de chaussures et de courgettes, deux sujets qui malgré les apparences ont beaucoup à voir.

Devinette

18 mai 2009

Qu’est-ce donc ?

Le(s) gagnant(s) auront la joie d’en recevoir par pli discret… A vous de jouer !

Edit : la réponse est dans ce message !