15 mai 2013

Food Revolution Day, et petits pains fourrés au poulet pour manger au bureau

9 commentaires Carnivore, Ecolokitch(en), L'art d'accomoder les restes

Le 17 mai, c’est (non seulement) l’anniversaire de l’un de mes enfants chéris, mais (surtout, pour le reste du monde) le food revolution day.

En français, ça donne : « Fais la révolution dans ton assiette » (les révolutionnaires ont toujours eu le tutoiement facile), « Bouge ta lunch box » ou « Réfléchis à ce que tu mets dans ton frigo« .
Initiative de Jamie Oliver (qu’on l’apprécie ou qu’on le déteste, chacun choisit, mais il faut être de sacré mauvaise foi pour ne pas voir ce qu’il a su apporter à la réflexion sur l’alimentation outre-Manche), la deuxième édition de cet événement a pour cadre… votre bureau. Parce que « 50% des salariés ne disposant pas de cantine ont ramené de quoi déjeuner de chez eux au moins une fois par semaine, 17 mai 2013 à midi, le mouvement Food Revolution invite tous les salariés à faire le break ensemble, autour d’un repas cuisiné par eux à base de produits frais. A la cafétéria ou dans un parc, le 17 mai prochain, chacun apportera sa lunch box composée à partir des recettes disponibles sur le site internet http://www.lunch-break.fr, où chefs et blogueurs proposent leurs recettes pour réaliser, en 15 minutes chrono, un délicieux repas. On pourra également se mettre d’accord avec quelques collègues, dont l’un apportera l’entrée, le second le plat, et le troisième le dessert. »

En tant que free-lance, je dois vous dire que l’heure du déjeuner se ressemble rarement deux fois, et que je compte sur les doigts d’une main les visites que j’ai faites à la cantine d’une entreprise ces cinq dernières années (les yaourts y sont bons, dieu merci). Dans la même semaine je passe de la soupe de nouilles express à rien du tout bicauz’ charrette (=mort de faim à 16h) à déjeuner dans un étoilé (un, deux, trois, nous irons au bois) ou dans un nouveau resto (ce qui n’est pas toujours une partie de plaisir, parce qu’on bosse là-bas en scrutant tout et en faisant tout travailler, sens de l’observation et papilles plus que le long supinateur, certes).

sheerpingcuits2Néanmoins, comme je mange quand même régulièrement à la maison, ce sont surtout les restes que j’accommode. Et mon reste préféré reste de loin le poulet rôti. Limite, je le préfère retravaillé que sorti du four ou de la rôtisserie. Et mon kiff absolu, ce sont les sher ping pancakes, dont j’ai trouvé la recette qui va bien dans L’Amérique de Jamie, chaudement recommandé par l’une de ses grandes supportrices. Adapté à ma sauce (soja), il va sans dire.

Si le maestro les fait avec du porc haché, moi je les ai déjà exploitées avec un reste de pot-au-feu, et plus souvent encore au poulet. On est loin, très loin des 15 min de préparation, mais le grand avantage de ces petits pains est qu’ils se préparent en nombre, et se congèlent très bien. Il vous suffit d’en mettre un la veille au soir au frigo pour le décongeler, et votre lunch de midi est tout trouvé. Pour le réchauffer, bof le micro-ondes qui ramollit, je préfère un bon coup de grille-pain, qui garde la pâte bien croustillante.

Allez, à vos fourchettes pour faire la révolution !

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18 avr 2013

Les sandwichs de Thierry Breton, ils ont vraiment tout bon – bienvenue à la pointe du Grouin !

15 commentaires Restaurants

sandwich-thierrybretonAprès l’effet « rue du Nil », il y a presque un effet « rue de Belzunce ». Chez Casimir à droite, chez Michel à gauche… et désormais, pile entre les deux, dans la jolie maisonnette de brique, un grand bar-sandwicherie qui héberge au sous-sol le nouveau fournil de Thierry Breton.

À la recherche d’un lieu pour faire son pain délicieux qui fournit désormais un sacré paquet de bons restaus, le chef a craqué pour le lieu… et a consacré le rez-de-chaussée à  la restauration sur le pouce. Coup de chance, je suis passée devant alors que des fils pendaient encore, que les ampoules étaient en train d’être vissées et que serviettes et emballages pour emporter sandwiches and co n’étaient pas livrées ! Bon prince, devant ma mine affamée, le patron des lieux a dégainé son couteau pour me préparer le meilleur sandwich que j’avais mangé depuis très longtemps.

Car pour faire un bon sandwich, pas de secret : il faut du bon pain. Et celui de Thierry, travaillé en ficelle longue et croquante, me rendrait presque lyrique. Après, choisir entre andouille de Guéméné ou jambon cru de Mangalica (une palette, pour être précise) fut cornélien. Après avoir passé ma période pois chiche, je ne pouvais pas enquiller sur de l’andouille -trop d’idiotisme sous ma petite tête rousse certainement.

J’ai donc opté avec joie pour ce jambon de porc hongrois, une espèce rare et grassouillette, caractérisée par sa moumoute bouclée, qu’on nomme aussi « cochon laineux« . Oui, oui, : un cochon à permanente de concierge, de longues soies bouclées, une bouille assez dingue et un goût noiseté et fondant divinissime. Bien moins connu et cher que son cousin iberico, voilà un petit cochon plein d’avenir !

Ajoutez une généreuse couche de beurre de Saint Goudas (made in Bretagne), pléthore de petits cornichons croquants peu vinaigrés, du cresson finement émincé pour le peps, et un filet d’huile de noisette de chez Lepine. Rien que du bon, et à la dégustation, pas de surprise : on obtient un sandwich très, très, très bon. Simple, franc du collier, mais avec plein de peps, un travail autour de la noisette et du piquant qui nourrit aussi bien le corps que l’esprit dans sa simplicité travaillée.

Le tout -et c’est là que la surprise est divine- pour… dites un prix. 7 euros ? Nenni.

4 euros.

Pour comparatif : le jambon-beurre de base de Pomme de Pain coûte 3,5 euros. Un Big Mac : 4 euros.

Et bim : non, ça ne coûte pas plus cher de manger de bonnes choses. De faire travailler de petits producteurs. De prendre les choses à coeur. De savoir ce que l’on met dans votre assiette.

En dessert, pour deux euros de plus : yaourt Bordier ou tarte du jour. La poire semblait divine, la pignon démoniaque, mais c’est la kumquat qui l’a emportée dans mon coeur. Et surtout parce que j’ai demandé conseil à la jeune fille qui les avaient préparées le matin : toujours écouter le conseil du cuisinier quand tu hésites, jeune padawan !

J’aurai aimé goûter celui au saumon fumé maison et à la crème crue, mais il n’y en avait pas encore, hélas. Demain peut être ?

La pointe du Grouin
8 rue de Belzunce
75010 Paris