Les cueillettes des vacances, de la Méditérannée à la Bretagne
Toute petite, j’avais un herbier. Mon père me donnait des rudiments de botanique et je rêvais d’être nez ou herboriste.
De tout cela, il ne me reste que quelques noms latins rigolos (ça m’a servi il y a peu en réunion, toutes ces années d’études enfin rentabilisées !), et le “symptôme crétois“, qui me touche dès que je suis à la campagne.
Quézako ? En Crète, partout, on voit des gens ramasser des trucs dans des sacs en plastique : des escargots par milliers, mais surtout des herbes bizarres et uniques à l’île. Ils en font des sortes de salades cuites (genre épinards bouillis), servies arrosées de jus de citron et d’huile d’olive. Bien sûr, ce n’est jamais indiqué sur la carte des restaurants, et à Rhétymnon je me souviens avoir dû supplier le restaurateur (qui parlait français) pour qu’il nous en serve. J’ai vite compris pourquoi il fallait copieusement y faire gicler le citron : c’était très amer, mais très typique, et sûrement bon pour la santé, en tous cas, c’était… dépuratif… pour le moins…
Cette expérience ne m’a pas guérie pour autant, et voici le butin des cueillettes de cet été !
EN PROVENCE
J’avais découvert le pourpier au boulot, en lisant un des sites sur lesquels je travaille.
Il paraît que cette salade est une mine d’oméga-3 et que sans elle, le fameux régime crétois, c’est de la foutaise. Malheureusement, je n’en avais jamais vu… à part dans les livres (et le papier, y’a pas à dire, c’est peu goûteux) !
Jusqu’à ce qu’un matin, cet été, en vacances (ah, le petit déjeuner dans la cour d’une vieille maison provencale…) mon papa me déclare “Tiens, y’a une mauvaise herbe dans le bac des géraniums, c’est du pourprier, tu veux goûter ?”
Après rectification et discussion linguistique (pas de R final, en fait, ca n’a rien � voir avec la couleur, dommage, c’est un peu comme infarctus et infractus quoi, mais pour la salade) confirmation : oui, oui, oui ! La cuisine, c’est pas dans les bouquins, c’est surtout dans la bouche que ça se joue !
Et après ce jour d’août, j’ai eu l’impression que le pourpier fleurissait sous mes yeux : j’en ai vu dans des murs, par terre entre deux pierres… Il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser.
Au goût : assez proche de la mâche, mais avec une texture plus “plante grasse”, et un goût de “vert” plus affirmé. Tout à fait agréable et bien meilleur que des gélules d’huile de poisson pour éviter la déprime.
Et pour les fans de sensations fortes, je recommande la vraie, l’authentique, la musclée roquette sauvage, qui pique, elle, vraiment les yeux (à consommer avec modération, et souvenez-vous que c’est la même espèce que la moutarde…) :
Sans oublier une petite récolte de menthe sauvage (j’adore son nom latin, menta piperita) , vite séchée, qui va réchauffer les plats de septembre :
EN BRETAGNE
La flore méditérannéenne, c’est fastoche pour moi, je connais depuis longtemps (et s’il y a du thym-citron à la Sainte Beaume, cherchez pas, il est à mes pieds). Mais en Bretagne, ça me semblait moins évident…
Pourtant, au détour d’une sieste inattendue de Virgile, j’ai cueilli des plantes délicieuses :
La fleur de bourrache, c’est légèrement piquant, un peu iodé mais surtout, c’est bleu et ça se mange, ce qui n’est pas si fréquent. Et sur un gâteau au chocolat, ça en jette à mort -les petits gars ont adoré. Comme quoi, y’a pas qu’à l’Astrance qu’on peut en manger, einh…
De l’oseille sauvage, à petites feuilles, délicieusement acidulée, qui fait plisser les yeux. Pas assez pour faire une omelette mais assez pour la faire découvrir aux petits et jouer au kesskecé !
Enfin, Belle-Ile ne serait pas Belle-Ile sans ses superbes plans de fenouil :
Parfait pour farcir le poisson avant de le passer au four !
Mais si je poste ce message aujourd’hui, ce n’est pas un hasard… C‘est l’anniversaire de celui qui m’a appris à aimer les plantes !
Actuellement, il est en Sicile où il pêche et cueille, avec celle qui m’a appris à utiliser une cocotte-minute, et ces coquins nous envoient des photos hallucinantes de légumes, poissons and co… Mais je sais déjà sur quoi il plantera ses bougies d’anniversaire ce soir, le veinard :
Cannoli siciliani, petits rouleaux de pâte délicieusement croquante, fourrée de ricotta aux fruits confits et de pépites de chocolat noir, c’est bon à mourir !
JOYEUX ANNIVERSAIRE MICHEL !!!
Et vous, qu’avez-vous cueilli pendant les vacances ?









septembre 4th, 2006 Ã 13:21
Mince alors, de la bourrache chez nous! Je vais ouvrir les yeux!
septembre 4th, 2006 Ã 13:27
L’oseille, c’est un souvenir d’enfance en Dordogne. Il y avait une plate-bande déchaînée qui me fournissait et je suçais ces feuilles acidulées avec délectation, comme les queues de trèfle. Mon père râlait comme un pou en me rapellant que cela faisait mal aux reins (concept abstrait vers huit ans).
Le fenouil, c’est à la Saint-Michel qu’il se récolte alors, patience.
Non, l’été fut cerise-tomatesque, menthesque et verveineux.
septembre 4th, 2006 Ã 13:50
La zia sarde du ragazzo, exilée à Rome comme la mama, cueille de petits artichauds sauvages dans la banlieue de la ville. Ils sont pleins d’épines et c’est à la pince à épiler qu’elle doit les éplucher! ils sont petits (la taille d’une cerise une fois cuits) mais sott’olio c’est un délice!!!!
A part ça, moi je cueille le basilic et la roquette de mon balcon à Rome… mais bon, ton article m’a donné envie de me mettre à la cueillette (j’ai acheté le bouquin d’erboristerie de Marie-Antoinette Mulot et aussi son recueil de recettes d’elixirs! j’aime faire macérer des trucs …:-))
Bonne journée!
ciaooooooooooo
septembre 4th, 2006 Ã 14:37
Un billet qui fleure bien bon! Dans un autre registre parfumé, j’ai cueilli des algues, j’en causerai bientôt…
septembre 4th, 2006 Ã 16:19
Ca a l’air chouette vu sous cet angle là la cueillette! Moi, j’ai bien essayer sur mon balcon mais meme là ça ne donnait rien…
septembre 4th, 2006 Ã 17:03
Tu me fais rire avec tes histoires d’herbes… pour te faire sourire moi aussi, voici une annecdote qui m’est arrivée il y a un an: un jour je sors de ma voiture pour aller à la fac donner un Td et tombe sur une prof d’histoire du droit (qu’on soit bien clair, c’est pas la matière la plus fun qui soit) à 4 pattes dans la pelouse. Je lui demande si elle a perdu quelque chose et si je peux l’aider… et elle me répond “mais je cueille de la roquette tout simplement” !!! Et m’explique ensuite qu’elle n’en achète jamais mais la ramasse à la fac depuis des années, que c’est une des meilleures qu’elle trouve …
Donc si vous voulez de l’excellent roquette (d’après elle, je n’ai pas goûté), RV sur le parking de la fac de droit de malakoff
septembre 4th, 2006 Ã 18:37
J’ai cueilli des coquelicots dans les champs, un seau de mûres sauvages et agressives qui encerclaient un couvent perdu dans les bois, des orties près de mes copines les vaches-au-bout-du-pré, des feuilles de cassis (à faire sécher) et deux trois babioles… Sinon pour la bourrache je reviens du BHV j’ai acheté des graines de “fleurs comestibles”, il y a aussi des capucines dans le paquet. Je sème en mai, d’ici-là … (Ces Grecs et leurs plantes… il faut goûter la Mastiha (Lafayette Gourmet): moi j’adore, mais certains détestent
Chacun ses goûts.
septembre 4th, 2006 Ã 19:23
la roquette, le thym citron ,le pourpier ok mais alors la bourrache ça c’est beau ça y en a pas chez moi ! Tu es une vraie herboriste dis donc !
septembre 4th, 2006 Ã 21:17
Jolie cueillette!
Au Portugal, on fait une soupe très typique avec le pourpier. Mais je ne digère pas du tout ce truc. Et en plus, il me bouffe ma pelouse…!!! ;-))
septembre 5th, 2006 Ã 17:13
Comme toi j’ai cueilli des fleurs de bourache en Bretagne…et quelque chose de très nouveau pour moi des artichauts sauvages avec leur belle fleur violette!
Merci de nous avoir fait partager ton herbier des vacances!
septembre 7th, 2006 Ã 11:50
Sais tu qu’en plus de cet excellent fenouil, on trouve de la roquette sauvage a Belle Ile? J’ai cherche cette annee, il n’y en avais pas, mais quelle merveilleuse odeur ont ces plantes sauvages!