Ca vaut le coup de vieillir, ou un dîner à l’Astrance

Je vous avais donc laissé sur un cliffhanger de folie avant les vacances, et je ne résiste pas à la demande du merveilleux Stéphane et de la délicieuse Gracianne.

Cette belle journée de juillet avait bien commencée : Monsieur V. était d’humeur charmante, et le défi que je m’étais fait pour ce jour-là (réaliser des brioches sans MAP, et sans robot pétrisseur) a été largement relevé (je n’en remercierai jamais assez Mireille, ce jour-là j’ai mangé les meilleures brioches de ma vie grâce à elle). En plus, j’ai même eu une orchidée, que demande le peuple ?

Et le soir même, après un bisou à Jr et les recommandations d’usage à la babysitt’, Bricol’Boy m’a enlevée au restaurant, et à l’énoncé de l’adresse où se rendait le taxi, j’ai souri : dans le XVIème, seule l’Astrance était sur ma wish list.

Le restaurant de Pascal Barbot est précédé d’une telle réputation d’excellence, entouré de tant de louanges (dont celles de mon cher François Simon) que finalement, c’en est affreux à dire, j’ai été un peu décue. Ma foi, 22ème meilleure table au monde, et une des 9 françaises selon Restaurant, ça met la barre très très haut.

Dans cette symphonie de goûts et de saveurs, il y a plein d’idées merveilleuses, de condiments magiques, d’explosion en bouche,mais il faut avouer que les desserts sont une note en-dessous du reste (surtout que, étant arrivés à 21h, un dessert ne nous a pas été servi, alors que nous l’avons vu passer à toutes les autres tables…). Le repas s’étire en longueur, avec sa dizaine de bons et beaux plats, et certes c’était gastronomique mais je dois le dire, parfois pas à mon goût, surtout quant à la cuisson des poissons, qui avait un parti pris qui n’était pas le mien.

En revanche, j’ai ce soir-là compris ce que signifiait “mettre son âme dans sa cuisine”, ce qui “faisait” la personnalité d’un chef. Pour avoir goûté à la cuisine d’un autre grand chef, Jean-François Piège (qui est rigoureuse, carrée, élancée, obsessionnelle), j’ai compris d’un coup que le poème de Pascal Barbot était bien différent, plus évanescent, plus tourné vers les voyages, l’Asie, les fleurs et les épices… J’ai compris qu’il y a en effet bien des manières de jouer une belle partition qui nourrisse aussi bien l’âme que l’estomac, sans oublier le coeur.

Pour bien apprécier un restaurant, je reste convaincue qu’il faut y aller au moins deux ou trois fois avant de se prononcer. Il est évident que la saison et le mois brûlant de juillet n’aident pas quant aux produits. Disons que si un généreux mécène peut m’avoir une table pour la saison d’automne et bien, cela me permettrait d’affiner tout ceci !

Trève de critique gastro à deux balles, vous n’êtes certainement ici que pour savoir ce que j’ai pu manger, alors allons-y gaiement !

A VOIR et A PARLER

Pour la déco, on repassera, c’est froid et très année 80, et les fleurs sur la table étaient franchement pathétiques. Service adorable, soigné et plein d’humour. Installés sur la petite mezzanine, nous avons joui de toute la vue sur la salle (et d’une banquette pensée pour les amoureux). Et le meilleur sommelier que j’ai jamais rencontré…

A MANGER !

Si vous n’aimez pas le citron, l’acidulé du yaourt, le piquant de la mélasse de grenade, pas la peine de réserver : il est indéniable que Pascal Barbot est, comme Michel Troigros, un des grands maîtres de cette saveur. Ca tombe bien : c’est de loin ma saveur favorite, aussi étais-je à la fête (et d’ailleurs si vous partagez ce goût avec moi je vous recommande ce livre formidable, La Cuisine acidulée de Michel Troigros : des belles recettes certes, mais un travail lumineux de Bénédict Beaugé pour expliquer la démarche de la création culinaire).

  • En mise en bouche : brioche tiède au beurre de romarin, crème de parmesan à la lavande.
    Fallait oser, parmesan-lavande, mais souple et convaincant.Après lecture, il semble que cette mise en bouche subit quelques variations selon l’inspiration : parmesan-thym, parmesan-citron…
  • Verrines composées (de bas en haut) : yaourt parfumé aux noyaux de pruneaux, écume de melon, mousse groseille.
    Encore un emploi du Pacojet indéniable. Le parfum du yaourt était…mmmmmh…. Depuis je résiste pour ne pas acheter de l’huile d’amandon de pruneaux (généreux donateur, en plus d’une invitation en rab’, j’en prendrai bien volontiers un flacon, remarque, ils n’en vendent pas en ligne, ça m’embête !)
  • Le célèbre mille-feuilles de champignons de Paris au verjus, foie gras, huile de noisette, confit de citron « comme une moutarde » … Voir la photo Chez Pim à ce sujet. Et au démontage, un étonnant biscuit praliné croustillant et sucré qui lui sert de base, qui soutient et souligne…
    Waouh, ça valait le coup juste pour manger ça. Les textures… la souplesse en bouche… et le moutarde de citron, fondante comme une lemon curd salée, qui vient souligner l’ensemble. Magistral.
  • Langoustines poêlées à la nage, tempura de consoude, beurre de cacahuète épicée, fleur de bourrache(un bouillon incroyable gingembre et citronnelle, avec des filaments de pamplemousse, lamelles de fenouil et champignons de Paris, feuilles de menthe). Une déconstruction aux accents thaïlandais…
    Un très grand plat, une perfection d’accords, rien à ajouter, et ce beurre de cacahuètes épicé…
  • Saint-Pierre juste poêlé sur feuille de chou nouveau, moules et 2 émulsions : cresson-coriandre et curry-citron, fleurs de thym
    Bizarrement à partir de là le repas est parti dans un sens que je n’ai pas su apprécier. La cuisson du poisson pas à mon goût… Mais les espumas étaient délicates et bonnes.
  • Thon sur petits légumes verts, crème de citron et sel de soja
    L’idée du sel de soja est fantastique et à exploiter… Ce sont des haricots torréfiés et broyés, on dirait de la sauce soja sans son goût parfois chimique, mais avec le croquant de la fleur de sel. Assaisonnement très brillant. En revanche, le thon… Sa cuisson ne m’a pas convaincue…
  • Haricots Michelet, émulsion de chorizo, poivrons verts, piment doux en pommade, lamelle de pata negra, oignon rouge confit
    Je ne suis pas fan de chorizo, mais là, c’était intéressant. Le haricot michelet fait penser à un coco de Paimpol miniature et plus ferme, avec un goût de noisette. Sous-cuisson un peu énervante (pour éviter le style cantine?), mais c’est question de goût.Dis, on pourrait avoir du rab’ de pata negra ?

  • Quasi de veau, petits légumes, polenta, jus de viande
    Le quasi de veau est l’un de mes plats préférés. Il était rosé et caramélisé à la perfection, accompagné de galettes polenta-fromage crémeux délicieusement imbibées de jus de viande. J’en aurais bien repris. C’était d’un classicisme bien tourné et superbement exécuté.
  • Sorbet piment-citronnelle
    Un grand classique de la maison, visiblement servi en toute saison, dans le genre trou normand new look : par accumulation sur vos papilles, la glace acidulée devient au fur et à mesure plus piquante, et à dernière bouchée, on pose la cuillère en disant “ooooo, mais ça pique ça !!!”.
  • Ile flottante au mélilot, l’île étant parfumée à la mélasse de grenade, servie avec salade de fruits frais, sorbet nectarine, beignet fleur de courgettes.

    Plein de belles saveurs, mais vraiment : du mou, du mou, du mou. L’île à la mélasse de grenade, tiède et pacossée, était une merveille, mais j’en aurai rêvé sur une tuile craquante, un biscuit ébouriffant, pas sur un lac de crème anglaise… Le dessert, ça se joue aussi énormément sur les textures et là, c’était un poil rageant !

  • Lait de poule au jasmin en coquilles, madeleines au miel de châtaignier, corbeille de fruits.
    Et dans une coquille d’oeuf avait été fondue une bougie qui m’a permis de conclure discrètement l’année de mes 30 ans. Délicate attention !

    A BOIRE

    Chablis Moreau Naudet 2004
    « La Rueda », José Pariente
    Saint Chinian Domaine La Madura
    2004
    Château de Cazeneuve – Côteaux du Languedoc 2004

    Et plein d’autres que je n’ai malheureusement pas pu noter. La révélation quand même : le rouge La Rueda, exceptionnel.

     

     

    Le menu “dégustation” comporte pas moins de 8 à 9 généreux verres de vin. Largement suffisant pour deux en fait (et rentrez en taxi surtout). Le sommelier est espiègle, joyeux, bondissant, il est dans ses bouteilles et dans votre palais, un vrai lutin facétieux qui vous fait des blagues gustatives.
    Et m’a enfin fait comprendre la différence entre le gras d’un vin et le moelleux : je me suis couchée un peu éméchée mais vraiment plus cultivée.

    A VOIR !

     

    Pim a dégusté en juin un menu somme toute assez proche du nôtre. Allez voir son album photo à ce sujet.
    Saurez-vous reconnaître les plats dégustés rien qu’à leur description ? (je vous aide, il y en a 7).
    N’oubliez pas d’aller saluer le billet d’Eric Roux où vous trouverez aussi quelques plats ici évoqué.

    EN CONCLUSION
    Je veux bien un pot de “crème de citron comme une moutarde”, et aussi de l’huile d’amandons de pruneaux, et pis un bocal de sel de soja, mais zut, ils ne font pas de take away.
    Et aussi, y retourner dans une autre saison pour peaufiner tout ça (et remanger du foie gras aux champignons de Paris et au verjus).
    Et un plat à base de carottes, car il paraît que c’est LE légume de prédilection du Chef… (celui qu’il illustre d’ailleurs dans Les Légumes de Joël !).

    EN POST SCRIPTUM - 7 octobre

    Mon rêve de dégustation autour de la carotte s’est réalisé puisque j’ai pu rencontrer le Chef lors d’un atelier presse à la Cuisine fraîch’attitude... sur le thème de la carotte, of course. Son humilité, son goût du produit, sa vivacité de coeur font plaisir à voir (et j’ai eu quelques explications quant à cette fameuse cuisson du poisson qui m’a tant travaillée : j’avais tout faux, c’est une cuisson à la poêle sans coloration).

    Du coup, j’ai compris pourquoi certains critiques ne voulaient pas rencontrer les chefs : difficile de critiquer le travail d’une personne admirable, généreuse et ouverte… Par honnêteté d’esprit je ne retire pas un mot du texte ci-dessus mais je ne peux que confirmer ce que Joël a laissé en commentaire : un grand monsieur très humble !

    Pour les curieux -et les fans de carotte- qui veulent savoir ce que nous avons réalisé et dégusté, rendez-vous chez Clotilde !

     



    L’Astrance

    4 rue Beethoven

    75016 Paris
    01 40 50 84 40

     

    Le soir : menu surprise à 150 euros, avec les vins surprise 250 euros
    Menu au déjeuner à 70 euros.

    Réserver au moins 1 mois à l’avance
    Attention : fermé samedi, dimanche et lundi…

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    22 commentaires pour “Ca vaut le coup de vieillir, ou un dîner à l’Astrance”

    1. Débo dit :

      Sacré repas à ralonge, j’ai plus faim là tout d’un coup ;-)

      Beau cadeau d’anniversaire dans tous les cas, je vieillis quand moi déjà?

    2. mamina dit :

      Ca vaut effectivement la peine de vieillir parfois. Ceci dit, mes expériences gastro Parisiennes ont quelques fois été un peu décevantes…
      Il y a souvent plus d’authenticité en province. Je ne connais pas la cuisine de JF Piège? cela me ferait peut-être changer d’avis.

    3. Saveurs Sucrées dit :

      Chouette soirée d’anniversaire quand même …et bon anniversaire !
      Si tu trouves un généreux donateur pour l’huile d’amandons de pruneaux, merci de lui glisser un petit mot à mon sujet…je suis moi aussi preneuse !

    4. Anaik dit :

      Ester, on devrait téléphoner au mec de Port-de-Bouc qui a gagné à l’euromillions la semaine dernière ;-)

    5. Papilles&Pupille dit :

      Tout à fait intéressant à lire. Les photos de Pim sont renversantes.

    6. Adèle dit :

      Moi j’ai vieilli il n’y a pas longtemps et je n’ai pas eu tout ça! Cher Mari devrait de mettre à lire les blogs et prendre exemple sur Bricol’boy…. Tout cela a l’air succulent et donne des envies de grands restos! Le livre de M.Troigros est une pure merveille!

    7. mercotte dit :

      pas mal pas mal du tout dis donc et tu m’intrigues? en quoi la cuisson du poisson n’était -elle pas bien?trop ou pas assez cuit à ton goût? en tout cas bricol boy a été tout à fait à la hauteur, bravo !je cours cehz Pim voir les photos pendant ma récré!

    8. Patrick CdM dit :

      Voici déjà un bon moment que çà me titille d’y aller, tu viens de déclencher le passage à l’acte, comme d’ailleurs les photos de Pim. C’est mon anniv. de mariage le 21, çà va surement être trop juste pour réserver…

      J’aime l’acidité et le poisson plus que rose à l’arête (si c’est bien de cela qu’il s’agit?), alors…

    9. Estelle dit :

      Quel poème, c’est magnifique ! J’adore la façon dont tu racontes les plats, tu as sur mettre des mots sur la manière de créer et de cuisiner de quelqu’un, tu as réussi à partager un peu de ton repas et c’est absoulment merveilleux. Si tu aimes la mélasse de grenade, je te conseille de déguster une sorte de sirop concentré de raison qui s’appelle “pekmez” en turc. C’est délicieux sur les puddings au lait turcs, dans les yaourts (j’imagine) et c’est somme toute assez sain.

    10. Claire emma dit :

      tu as réussi à tout manger?!!!
      enfin je dis ça mais moi rien ne m’arrête!
      moi c’est chez Gagnaire que j’ai envie d’aller mais si on me propose l’Astrance, vu ce que tu y a mangé, je crois que je ne me payerai pas le luxe de refuser ;)

    11. pascale dit :

      Super, j’aime beaucoup ta description des saveurs et ton objectivité. Beau cadeau :-)

    12. eric dit :

      Lafayette Gourmet vend de l’huile d’amandon de pruneau. C’est pas franchement cher et tellement parfumée que ça te durera assez longtemps…

    13. Stéphane dit :

      Dieu merci moi je ne vieillis absolument pas. Alors pour l’Astrance je ne suis jamais obligé d’attendre mon anniversaire :-) Je comprends les petites déceptions à propos du repas, c’est bien la preuve que les goûts et les couleurs…

    14. Alhya dit :

      pas de doutes, je me suis envolée en te lisant, bien loin de mon appartement et j’étais dans un lieu fabuleux, je testais des plats à hurler de bonheur, merci, merci pour ce plaisir partagé virtuellement!

    15. ester dit :

      Merci à tous de vos gentils commentaires… et de vos voeux (ça adoucit la peine) :
      >Mamina, le menu des Ambassadeurs à 70 euros est vraiment intéressant et généreux, c’est la meilleure affaire de Paris dans cette catégorie exceptionnelle. Faut en profiter tant que Piège y bosse.
      >Véro, visiblement Eric a un plan pour l’amandon de pruneaux, je t’en prends un flacon si j’en trouve, j’ai compris le message !
      >Eric, merci pour l’info, va falloir que j’y aille, mais j’évite, c’est la ruine à chaque fois…
      >Anaik : t’as son numéro ? Tu sais… les gens de St Mitre ne se sont jamais entendu avec les gens de Port de Bouc, il est temps de changer ça !
      >Mercotte, c’est difficile à dire, mais le thon, j’avais envie de le voir “rôti”, le St Pierre était trop ferme et pourtant cuit… Bricol’Boy l’a apprécié de la sorte mais moi, je ne sais pas, je l’aime plus “vivant”, il avait l’air d’avoir été cuit sous vide et/ou basse pression, et ce n’était pas à mon goût. Comme une jolie robe mais qui ne va pas très bien à celle qui la porte, tu vois ?
      >Karine, on m’a en effet souvent parlé de ce restau, cela achève de me convaincre, merci du tuyau.
      >Adèle, Bricol’Boy en a eu la confirmation en lisant un vieux commentaire laissé chez Mercotte. Faut se méfier, on est pisté ! Heureuse que tu partages mon goût pour ce bouquin un peu méconnu.
      >Patrick, je découvre avec bonheur ton blog spécial poisson, il est frétillant de fraîcheur ! Ben justement, le souci c’est qu’à mon goût le poisson était trop cuit, genre sous vide basse température, et ça l’affaidissait considérablement. J’aime le poisson “caillé” ou grillé à la plancha, “snacké” mais pas brûlé… Je sens qu’on va s’entendre entre l’acidulé et le poisson “juste cuit”.
      >Claire, tu sais, tout est servi en petite portion, et assez éloigné dans le temps. A la fin du repas on ne se sent pas lourd pour autant. Expérience étonnante (mais je n’ai guère mangé le lendemain, je te rassure).
      >Stéphane, nos anniversaires ne sont éloignés que de peu de jours tu sais, je suis aussi de fin juillet, méfie toi ! Pis… t’es tellement plus jeune que moi (et plus talentueux) !
      >Estelle, merci de l’astuce, je vais en acheter chez Massis Bleue (au fait, je me remets pas de l’absence de vente en ligne de tes supers trucs Paul & Joe, je suis verte de jalousie)
      >
      >Alhya, toujours aussi poétique, merci…

    16. stephane dit :

      Piege est inscrit a mes tablettes lors de mon prochain passage a Paris.
      Pour info je viens justement de lancer une rubrique pour promouvoir le Pacojet (demo en video).

      A tres bientot

    17. stephane dit :

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    18. Fabienne dit :

      Quel sublime récit, j’avais l’impression de voir chaque bouchée passer devant mes yeux avant d’être avalée !
      Ta critique est très belle …

    19. stephane dit :

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      A tres bientot

    20. Marie, Paris dit :

      Tu m’as ouvert l’apétit dis-donc!
      Très bon anniversaire :)

    21. Gracianne dit :

      Ouh la, j’avais loupe tous tes derniers billets, mon netvibes a fait des siennes. Ce resto, ca fait longtemps que j’ai envie d’y emmener mon homme, diner en amoureux, et l’explosion de saveurs que tu decris si bien renforce encoe mon envie.

    22. Gracianne dit :

      Ouh la, j’avais loupe tous tes derniers billets, mon netvibes a fait des siennes. Ce resto, ca fait longtemps que j’ai envie d’y emmener mon homme, diner en amoureux, et l’explosion de saveurs que tu decris si bien renforce encoe mon envie.

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