Les sablés des dimanches pluvieux de l’Avent – cuisiner avec un enfant est un jeu d’enfant !

Quand il pleut, que vous avez fait de la peinture, du découpage, de la pâte à modeler, des robots en lego et soigné toutes les peluches de la maison (j’espère que Jr ne choisira pas d’être médecin, parce que ses piqûres et ses amputations m’ont l’air encore plus abusives que celles de Gregory House), que faire pour occuper un enfant de 3 ans 1/2 ? La cuisine, bien sûr !

Trouver la recette la plus adaptée à une personne d’environ 1 m de haut n’est pas chose facile. Oubliez toute recette nécessitant de séparer des blancs des jaunes, ou toute manipulation délicate : le premier geste d’un petit, ça va être de touiller et ratatouiller. Oubliez également l’utilisation d’un liquide bouillant, de caramel en fusion : trop risqué si l’on tourne le dos.

La meilleur astuce pour cuisiner avec un tout-petit, c’est finalement de préparer toutes les choses rébarbatives avant de lui annoncer fièrement « si on faisait un gâteau » ! Alors on pèse, on prépare les récipients (choisir toujours un saladier 1 taille au dessus de ce que l’on prendrait naturellement pour limiter les projections), on fait fondre, on simplifie, et on installe tout à la hauteur de l’enfant.

Parce que cuisiner juché sur un tabouret, vous imaginez comme c’est pratique ? Ici, c’est soit tout bonnement la table basse, soit la table sur laquelle nous prenons nos repas, et Virgile s’installe sur sa chaise haute sur laquelle il peut être debout ou assis (le seul investissement lourd en purériculture que nous ayons fait à sa naissance, et que nous ne regrettons pas).

Un dernier mot sur le beurre : toujours trop dur si on ne le sort pas à l’avance, et donc longtemps à l’avance par ces froids hivernaux, c’est souvent lui qui faisait retarder nos projets culinaires. Depuis, je lui préfère une margarine bio sans graisses hydrogénées, qui a l’avantage d’être toujours parfaitement malléable, même dès sa sortie du frigo, et qui lorsqu’on prépare une pâte à la main fait les mains très douces (eh oui).

Dimanche dernier, nous avons soigneusement compulsé mes livres de cuisine pour choisir une bonne recette. Il a compris la méthode et va se servir dans la bibliothèque, se repérant aux couleurs des ouvrages. Forcément, vu le succès de la pâte à modeler, le hit absolu, c’est les sablés. Mais ceux que l’on étale, pas ceux que l’on boudine et tranche, histoire de pouvoir tester tous les emporte-pièce possibles et le mini-rouleau ad hoc (que je lui pique régulièrement, plus adapté à ma taille en fait, c’est décourageant).

Finalement, c’est Christophe Felder qui nous a mis d’accord, avec une recette prise dans « Les Gâteaux de l’Avent de Christophe ». Les étoiles de Noël se sont transformés en petits sablés de l’Avent, j’ai juste changé la cannelle par du mélange à pain d’épices bio que j’aime particulièrement, et saupoudré de sucre roux à la coriande de Terre Exotique que j’utilise toujours pour renforcer le parfum du pain d’épices.

On a dû batailler pour en garder quelques-uns à croquer pour nous, car il était tellement fier du résultat que c’est toute sa classe qui en a profité !

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Sablés aux épices de l’Avent
d’après les Etoiles au Sucre du livre Les Biscuits de l’Avent de Christophe Felder, éd. Minerva

Pour 2 plaques de sablés (une cinquantaine de pièces)
200 g de farine
100 g de margarine bio
100 g de sucre non raffiné
1 oeuf
2 c. à soupe de lait
1 pincée de sel fin
1/2 c. à café de levure chimique
1 c. à café de cacao en poudre
1 c. à café d’épices à pain d’épices (ou cannelle, gingembre, à votre goût)

Peser et mesurer tous les ingrédients dans des récipients incassables en plastique ou en bois.
Aller chercher votre schtroumpf, lui faire se laver les mains puis mettre son tablier.
Lui obéir quand il vous fait remarquer que vous, vous n’avez pas votre tablier. Obtempérer et choisir dans votre collection de 30 tabliers publicitaires récupérés depuis 2 ans d’activité de pigiste.
Laisser votre enfant tamiser la farine, le sel, la levure, le cacao et les épices au-dessus d’un très grand saladier.
Pendant ce temps, mélanger le beurre et le sucre ramolli, aux doigts ou à la maryse.
Casser l’oeuf dans un bol en chantant « … au bout de vingt jours, un poussin sort toujours… ».
Laisser le petit mettre l’oeuf et le lait dans le mélange beurre-sucre pendant que vous mélangez la pâte.
Envoyer l’enfant dans la cuisine mettre la coquille à la poubelle.
Laisser le petit ajouter les ingrédients secs dans le mélange oeuf-beurre-sucre pendant que vous mélangez (ou faire l’inverse, selon les goûts de l’enfant).
Envoyer le plus petit de vous deux chercher un sac de congélation dans la cuisine.
Lui expliquer qu’il faut faire une grosse galette bien plate pour qu’elle refroidisse bien au réfrigérateur. Lui expliquer que c’est Mercotte, la dame qui fait les macarons dont il raffole (… il en a même eu au petit déj’…) qui dit ça, et que ça marche.
Lui expliquer qu’il va falloir attendre 1 à 2h pour que la pâte soit découpable. Gros chagrin. Le consoler et aller jouer aux Légo en attendant.
Quand c’est assez ferme, fariner une grande planche à découper en bois, préparer une plaque à pâtisser recouverte d’un tapis siliconé (ou de papier sulfurisé) et mettre le four à chauffer (th.6, 180°).
Se battre pour étaler la pâte et le laisser ensuite s’éclater à essayer votre collection d’emporte-pièce. N’intervenir que pour détacher les motifs, les poser sur la plaque à pâtssier, lui expliquer comment placer judicieusement ses emporte-pièce pour faire le max de sablés… Qui a dit « géométrie dans l’espace » ?
Surveiller qu’il ne chipe pas trop de pâte.
Etaler, ré-étaler, découper.
Saupoudrer les sablés de sucre parfumé.
Enfourner, laisser cuire environ 20 min.
Déguster en trouvant ça sacrément bon, et promettre à l’instit de lui donner la recette (chose faite).

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