De la verveine et des mythes botaniques mis à mal -recette aphrodisiaque pour été chaud
Il est une plante devant laquelle je ne sais absolument pas résister. En sa présence dans un jardin, je n’ai de repos que lorsque j’ai pu en couper deux ou trois tiges. Rassurez-vous, je demande quand même aux propriétaires du jardin, qui sont régulièrement étonnés devant ma propension à m’extasier devant un simple plant de verveine. Son parfum à la fois citronné, herbacé, frais et vivace m’enchante -je sais, je sais, je suis une monomaniaque de l’hespéridé.
Ce qui me ravit d’autant plus avec la verveine, c’est que c’est une plante pleine d’esprits, ou plutôt d’histoires. De mes cours de khâgne j’avais retenu une chose -c’est peu pour tant d’heures de souffrances- c’est que les Romains l’avaient dédié à Vénus… Pas étonnant de la retrouver dans la composition des philtres d’amour. Soit-disant aphrodisiaque, elle est devenue depuis la reine des soirées d’hiver au coin du feu, tricotages et papotages.
Alors quant on qualifie la tisane de verveine de pisse-mémé (excellentissime surnom découvert il y a peu), on devrait plutôt dire baise-mémé, non ?
Hélas, pour les botanistes qui sommeillent en tout cuisinier, la verveine que j’aime tant sniffer et cuisiner (notamment en sorbet, 300 g de sucre, oupppps) n’est pas la vraie verveine, paraît-il… La verveine odorante n’est pas la verbena officinalis parée de vertus magiques. Tant pis pour le mythe?
Bref, plutôt que de nous intéresser à la sexualité des personnes d’un certain âge et à la vie merveilleuse des espèces végétales, restons factuels et allons donc, nus sous le tablier -il fait parfois chaud en vacances- allégrement cuisiner un dessert de flemmasse, nécessitant 10 min de travail.

Panna cotta à la verveine
20 cl de crème liquide (entière ou à 15% de matières grasses)
30 cl de lait frais entier ou demi-écrémé
3 cuillères à soupe de sucre en poudre
1 branche de verveine fraîchement cueillie
3 feuilles de gélatine
4 pêches mûres à souhait
Faites tiédir la crème, le lait, le sucre et la verveine. Remuez jusqu’à parfaite dissolution du sucre. Couvrez et laisser infuser 15 min.
Pendant ce temps, laissez tremper les feuilles de gélatine dans un grand bol d’eau froide.
Filtrez la préparation à la verveine puis ajoutez la gélatine essorée entre vos doigts, mélangez bien.
Versez dans des ramequins, laissez refroidir puis mettez au réfrigérateur pour au moins 6h.
Au moment de servir, coupez les pêches -vous pouvez les peler si vous préférez, mais ce serait dommage de ne pas comprendre par l’expérience l’expression avoir une peau de pêche.


août 14th, 2008 à 14:21
Je te trouve d’humeur joyeusement coquine ça doit être les vacances dans le sud ouest !!! Si un jour par le plus grand des hasards tu passes dans mon jardin ben y en a pour sûr car je fais aussi des sorbets et des tisanes aphrodisiaques….si si !!
août 14th, 2008 à 14:56
Oh comme tu me donnes envie. Je n’ai pas de verveine au jardin, mais de la melisse. mais rien que l’idee d’infuser de manger cette douceur lactee avec des peches…je la ferais bien au romarin la panna cotta.
août 14th, 2008 à 19:12
ça m’a tout l’air d’être vraiment délicieux…et j’y goûterais seulement en tant qu’ancienne condisciple des souffrances de la khâgne…simplement pour avoir un petit bout d’un cours apparement passionnant auquel je n’ai pas eu droit avec le prof que j’avais!!!!
août 14th, 2008 à 20:35
Rhaaaaa tu tombes bien. J’ai envie de verveine en ce moment. J’en ai sur ma terrasse et elle sent trop bon. Et puis Estèbe a posté cette recettes de lapin à la verveine et voilà que tu continues avec cette douceur ! hummm, ce doit être trop bon
août 14th, 2008 à 21:41
Je ne connais jusqu’à présent la verveine qu’en version infusée mais ton argumentaire me donne envie d’en savoir plus!
août 17th, 2008 à 19:00
Chez moi, on appelle çà « couche-mémé » (compredra ce que l’on veut…). En tout cas, j’adore…
août 18th, 2008 à 18:25
Le pisse-mémé les soirs d’hiver au coin du feu, c’est tout un art, que je pratique vo-lon-tiers le temps venu. Il m’faudra patienter encore, merci pour cette recette qui tombe à pic. Good evening.
août 19th, 2008 à 17:30
ma verveine a trois ans, elle se porte comme un charme.
Ysé en a des infusions tous les matins, donc, tu peux aussi venir la humer chez moi, et humer aussi la mélisse, la sauge, le romarin, l’origan, le thym citron et ….le géranium rosat ah quelle merveille le géranium rosat !
août 20th, 2008 à 14:52
Mmmh, trop bon l’association pêche-verveine! Ma verveine-citronnelle est resplendissante ces temps-ci!
J’ai acheté ton livre sur les potirons et courges, j’aime beaucoup!
août 20th, 2008 à 20:37
un panacota aérien bravo patmamy
août 20th, 2008 à 21:21
et le pied que j’avais sur le balcon n’a pas resisté à mes vacances quel dommage !
août 21st, 2008 à 0:50
Y’a un de ces laisser-aller sur les blogs cet été ! Nan, c’est vrai quoi, on peut même plus boire sa petite verveine tranquille maintenant !…
Bon, où c’est qu’j'ai foutu mon Viagra, déjà ?!… M***, l’est passé où ce c*** ! Rhaaa, p*** d’m*** de fait c*** d’mes c***, où qu’c'est qu’c'est qu’il est passé cet e*** de cach’ton ?!…
Bon… J’crois qu’c'est foutu. En p’us, c’était le der des der…
Mémé, dis, tu peux r’faire une p’tite verveine, tueplé ? Ouais, mais un booon litre, hein, et bien serrée la verveine !
Huhuhu !
août 21st, 2008 à 7:40
toute la blancheur imaculée de cette panacota! aphrodisiaque, mais sans l’avouer vraiment, alors… baise mémé reste un tout aussi poétique (…)
avec de beaux morceaux de pêches, c’est vraiment un très beau dessert… à cuisiner nu, donc.
août 24th, 2008 à 9:36
Très intéressant ton article, j’ignorai que la verveine avait autant de qualités !
Bon dimanche
paola
août 24th, 2008 à 23:17
Je suis fan, j’ai même du savon à la verveine … C’est frais, un tout petit peu citronné !
août 25th, 2008 à 22:10
Je crois que je dois en avoir un demi kilo quelque part à la cave et je me demande au vu de tes révélations si je ne vais pas directement aller à la case bain !
août 30th, 2008 à 18:37
Je suis allée au Puy en velay cet été en vacances, la bas la verveine c’est la spécialité locale! J’y ai gouté une délicieuse glace. Ta recette a l’air pas mal du tout!
août 31st, 2008 à 22:00
un commentaire qui n’a rien à voir
septembre 3rd, 2008 Ã 9:16
Chez nous le « pisse-mémé » (dans son texte intégral) est de rigueur dès les premiers frimas, le nom se prête d’ailleurs à toutes les tisannes du soir. En été, j’aime bien faire un sirop de verveine et arroser les salades de fruits rouges. La verveine va très bien au melon aussi. En ce moment on la fait sécher pour soirées au coin du feu.
septembre 3rd, 2008 Ã 12:37
Bonjour, savez vous comment l’on fait si l’on utilise de l’agar-agar à la place de la gélatine ? Quelles sont les quantités ?
septembre 5th, 2008 Ã 16:16
Et voila, je lis trop tard ce billet, mon plan de verveine-citronnelle (ma préférée) est resté en Bretagne. Car j’ai un total respect pour tes desserts simples, j’ai réitéré encore deux ou trois fois les pêches au citron et basilic!
septembre 20th, 2008 Ã 8:13
toujours un plaisir ces succulents recettes !