Période pré-électorale autour des gaufres de Méert

Le Général de Gaulle s’en faisait livrer à l’Elysée. En cette période pré-électorale, où tous les candidats se disputent glorieux ancêtres et références, ça m’étonne un peu que personne ne se soit réclamé de cet héritage gourmand.

A moins d’un mois du vote, mes rêves sont agités… Je rêve de savoir le plat préféré de Ségolène (il paraît, disait son fils aîné dans une vieille interview donnée à Elle, que « c’est plutôt Papa qui fait la cuisine chez nous« , depuis je fantasme François en tablier sur son costard), le délire pâtissier de Nicolas que j’imagine bien sûr fan de gâteaux hongrois (alors qu’il est visiblement au régime sec et protéiné), quelle est la botte secrète de Marie-George quand elle n’a que 15 mn et des invités, si la cuisine d’Olivier est rouge, si François cuisine à l’huile de colza et s’il a un portrait d’Anaïk dans sa cuisine

J’ai hâte de lire les programmes qui seront sous peu dans nos boîtes aux lettres et je brûle d’y lire ce genre de déclaration : « moi, quand je serais président(e), je me ferai livrer des chocolats Leader Price, des lentilles du Puy, des gaufres Méert comme Charles« . Presque que des produits économiques (on ne mange jamais de truffe à l’Elysée, c’est connu).
Il fallait donc goûter sur pièce. Se sacrifier pour savoir ce que Charles trouvait à ce truc gaufresque et collant.

Déjà, on sent qu’on est pas chez Starbucks : beaucoup plus de dorures, certes, mais aussi une carte binaire, deux parfums, point barre. L’historique vanille, « de madagascar« , il va sans dire, et le parfum « de saison », en l’occurence café-noix caramélisées. Faudra revenir pour la framboise en été, et au moins ça réduit la file d’attente, pas comme les quinze parfums de chez Ladurée (assortir son macaron à ses ballerines demande réflexion les filles).

Gaufre 1

La gaufre de Méert est jumelle, voire philippine : deux lobes jadis croustillants qui ont un peu ramollis sous l’effet d’une crème de fourrage sucré, grasse et fondante.

A la première bouchée on est pas forcément convaincu. C’est un peu comme croquer dans une planche de chromos, un goût vieillot à souhait. Je me suis demandée s’il n’avait pas fallu en manger pendant l’enfance pour l’apprécier vraiment. Et puis, petit à petit, le charme a pris. Ca a l’air petit au départ, et en fait, c’est juste la bonne taille pour laisser la crème sucrée à souhait vous ouvrir les papilles, et vous laisser sur une jolie impression de gourmandise. 41 grammes de voyage dans le temps.

Enfin, petite remarque accentuelle et stylistique : on écrit Méert et pas Meert. C’est l’inverse de George Perec, que trop de gens ortographient Pérec. Comme Marie-Jo, à part que leur seul point commun peut être capillaire, niveau frisure.

Etant moi-même porteuse d’un accent mais dans mon prénom, je suis frileuse et soucieuse de ces petits chapeaux gracieux. Majuscules et adresses de messagerie électronique me font régulièrement faire des prévisions sur leur disparition dans la langue française (tel Paco Rabanne, je vous le dis : ça sera pour février 2027, je me renseigne sur le jour).

Bref, les gaufres Méert, c’est finalement consensuel : même les footballeurs les aiment. Et Danièle Gilbert aussi. Du total fashion au total intemporel, la frontière est parfois menue. Pas comme mes fesses si elles continuent à carburer à la gaufre.

Méert
27 rue Esquermoise
59800 Lille
6 gaufres : 13 euros
12 gaufres : 24 euros

Vente en ligne sur le site www.meert.com

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