Fan de Joël

 

Comme je le révélais au tout début de ce blog, j’ai habité dans le XVIème.
Un pur hasard. Je déprimais de ne rien trouver de sympa pour faire les courses dans le quartier (à part le Monop’ de George V, mais faut pas pousser !) lorsqu’un samedi, je tombais par hasard sur le marché, le long de l’avenue du Président Wilson.
Il y avait là un fou de légumes, avec un stand merveilleux, où je me ravitaillais tous les samedis pour trois francs six sous. A moi les
vitelottes, les kilos de rhubarbe d’un rose délicieux, les courges
multiformesques. Des légumes comme je n’en avais jamais vu :beaux, vivants, organiques, colorés et gais. Pendant un an, je fus presque végétarienne, et mes dîners étaient composés autour des légumes que j’y avais déniché…

En lisant ensuite la presse culinaire, j’appris que j’avais été, comme beaucoup, une cliente fidèle de Joël Thiebault.

Ca fait trois ans que j’ai déménagé, pour l’amour de Bricol’Boy, et la seule chose que je regrette du quartier, c’est de ne pas avoir les moyens de me faire livrer son panier depuis disponible en ligne sur le site Le Haut du Panier.

Aussi, Bricol’Boy était sûr de me faire plaisir lorsqu’il m’offrit le mois
dernier ce fort beau livre qui, je m’en étonne, ne figure pas sur la
liste au Père Noël de
Scally :

 

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29 chefs interprètent 29 légumes sélectionnés et cultivés par Joël, avec des photos superbes.
Et on en trouve de très grands : Piège (total groupie, mais ça, vous savez…), Passard, Barbot, Troisgros (la meilleure purée que j’ai mangé de toute ma vie, c’est chez lui), Westermann …

 

 

Et des plus abordables, comme Raquel Carena et le fenouil (Madame Baratin), Pierre Hermé (plus facile de se payer un de ses gâteaux qu’un dîner dans un 4 étoiles) qui sévit sur la betterave chère à Madame (dois-je rappeler qu’elle est l’auteur de La Betterave aux Editions de l’Epure…), Eric Roux dont on peut souvent aller lire l’excellent blog, ça ne coûte rien, Inaki (ex La Famille) qui sévit maintenant à Evry…

 

 

La palme des recettes simples : Hélène Darroze et son tapas de sucrine, Catherine Guerraz et sa tourte de blettes. En même temps, ce n’est pas parce que c’est classique que ce n’est pas bon.

 

 

La palme de la recette sexy et lyrique revient à Bruno Verjus, lui aussi adepte de la burrata .

Je ne résiste pas au plaisir de la citation : « Déshabiler les tomates de la partie inférieure de leur peau et remonter la partie supérieure vers la collerette, comme une robe soulevée par le vent ».Ouh la… les tomates de Joël sont un peu aphrodisiaques, non ?

 

Un mini reproche
quand même : j’ai mis du temps à trouver le titre de la recette,
toujours planqué en bas à droite de la photo du plat. Il faut bien que je trouve un truc à reprocher à un livre aussi extraordinaire.
Allez, certaines recettes sont carrément surréalistes de difficulté, je le concède. En même temps, c’est  une ode aux beaux légumes, une mine de trucs et d’alliances. Respecter à la lettre la recette d’un grand chef, est-ce si important quand on est une ménagère de moins de 50 ans ?

 

Moi, les livres de cuisine, je les lis comme des romans, et celui là est beau grâce à sa pluralité d’expression et à sa richesse d’idées et de ton.

Addendum du 14/12 : suite à un mail de M.Thiébault, je précise bien évidemment qu’il n’est pas que sujet de ce livre, mais également auteur, puisque chaque légume est précédé d’une « fiche » en disant plus long sur sa culture, sa variété… Ce livre n’est pas que « sur » Joël, il est aussi « de » Joël, j’espère que cela est plus clair !


<Episode suivant : trois ans après, retour au marché de l’Alma>


Les Légumes de Joël !

Joël Thiébault, Lyndsay et Patrick Mikanowski
Flammarion – 42 euros

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