Une limonade cochonne -ma botte secrète pour le porc au caramel

Pendant une semaine, je propose une recette estivale aux lecteurs du Parisien-Aujourd’hui en France. J’ai le plaisir de succéder à Pascale dans cette lourde tâche de proposer une recette simple, pas chère, de saison… et qui vous fasse envie ! Bienvenue à ces nouveaux lecteurs, et mes excuses à ceux qui reconnaîtront des anciennes recettes republiées  : c’était une bonne occasion de retrouver dans mes archives quelques bonnes petites choses....

Je vous y surprend, à vous faire avoir par des titres affrominablement racoleurs. Mon AdSense ne me rapportant pas encore de quoi m’acheter une Wii (Fit bien sûr) je me vois contrainte d’utiliser les grands moyens pour parvenir à mes fins. Ben quoi, le maillot approche !

C’est peut-être le rappel souterrain de la Pink Lorina et une association d’idées foireuses avec le Pink Paradise qui vous a emmené jusqu’ici, que sais-je. Bande de (petits) cochons, vous allez être à la fête : vous allez vous faire découper et sauter… au wok.

Tout a commencé lors d’un grand week-end ensoleillé où je commandais une limonade en terrasse. Boisson délicieusement ringarde qui correspondait totalement à ma soif vintage du jour, j’imagine (deux fois par an, je commande un Cacolac, et je pense avec émotion à Jean-Pierre Papin : nous avons enfin un point commun, en plus d’un séjour prolongé à Marseille). Las ! On me servit un Sprite, qui est un peu à la limonade ce que Benjamin Biolay est à Gainsbourg.

De quoi nourrir donc pendant quelques jours une nouvelle obsession limonadière. Certes, depuis l’attaque de grenadophilie, je me fais suivre, mais ma tendance monomaniaque résiste même aux lacaniens convaincus.

Et en ce dimanche surgit d’un coup le souvenir de ma seule et unique recette connue utilisant de la limonade : le porc au caramel, version de mes 15 ans. Bien avant d’avoir mangé dans un resto « chinois » (depuis, j’ai su qu’il y avait des cuisines chinoises, vietnamiennes, laotiennes, mais j’étais jeune et innocente alors), j’avais déniché chez un bouquiniste Le Chant du riz pilé un livre de cuisine vietnamienne étonnant, mêlant anecdotes, légendes et recettes très simples, adaptées à une épicerie contenant au final peu de produits asiatiques. L’édition que je possède date quand même de 1974, époque où la sauce soja ne s’achetait pas au supermarché.

Ne doutant de rien, j’avais servi à la famiglia ce porc au caramel -délicieux, vraiment- d’une simplicité enfantine – à 15 ans, je pensais encore qu’il fallait mettre de l’eau pour faire fondre le chocolat, pffff, et ça a duré tiens– et ne l’avais pas refait depuis ce retour en fanfare de la limonade dans ma vie.

Avant de vous lancer, vérifiez quand même que votre limonade est pur sucre et ne contient pas la moindre saloperie trace d’édulcorant, qui ne supporterait pas pas la cuisson !

Porc au caramel et à la limonade
Pour 3 personnes

300 g de grillade de porc
1/2 poivron rouge
1 oignon vert frais
2 cuillères à soupe de sucre
3 cuillères à soupe de nuoc man
30 cl de limonade pur sucre

Peler et émincer l’oignon et le poivron. Couper le porc en lanières fines.
Faire revenir dans une goutte d’huile végétale neutre le porc, le réserver.
Faire chauffer le sucre à feu vif dans le wok jusqu’à obtention d’un caramel blond, y ajouter les légumes, la viande et le nuoc man.
Couvrir de limonade (selon la taille de votre wok vous pouvez avoir besoin de 25 à 50 cl de limonade : la viande doit y être totalement immergée).
Laisser cuire à feu vif… jusqu’à ce que la sauce soit réduite des 2/3 et le porc comme laqué d’un jus sirupeux.
Servir avec du riz (ici, le délicat riz petit poussin du Laos d’Equitable, pour rester dans la même région du monde, au grain court et croquant).
Se souvenir qu’en 6 ans de vie commune, votre compagnon ignorait que vous saviez même cuisiner de la limonade. Et lui promettre de recommencer.

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Vous êtes très cochons ?
Essayez alors aussi le filet mignon au gingembre et à la rhubarbe, ou la poitrine de porc crousti-fondante comme à la Régalade, voire le filet mignon à l’érable qui venait du froid.

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