Savez-vous manger le chou (vert) ? Chou vert sauté un peu birman pour les récalcitrantes de mon espèce

On va pas tortiller et se cacher derrière le petit doigt : les légumes oubliés, c’est sympa, la betterave, c’est fashion, la courge, c’est chouette mais pas à tous les repas, le topinambour, ça donne des gaz, et être locavore-responsable l’hiver finit par faire faire vers la fin janvier un burn out légumier familial et général.

Surtout quand vous n’êtes pas très fan de chou. Chou vert, brocolis, chou-fleur, chou frisé, chou fleur violet graffiti so chickale pour être à la mode, chou d’Aubervilliers ou de Pontoise si vous traînez vos Ugg chez Terroirs d’avenir, choux de Bruxelles (omniprésents sur les assiettes de l’Omnivore 2012, me demande qui va lui succéder en 2013 sur la scène…), le chou hélas n’est pas qu’un délicieux petit gâteau. C’est aussi un crucifère très bon pour la santé, mais que j’ai eu du mal à apprécier pendant des années (Maman, puisque je sais que tu lis ces lignes -tu m’en soulignes hélas les trop nombreuses fautes de français- je te l’avoue : manger du gratin de chou-fleur toutes les semaines de mon enfance fait que j’ai privé tes petits-enfants de ce plaisir. Mais je n’en veux pas à ton chromosome polonais.) Celui qui passe le mieux, c’est toujours le chou-rave, dont je raffole des feuilles, et dont le bulbe juste émincé à la mandoline, au délicieux goût d’amandon, est parfait à l’apéro quand ce n’est plus le temps du concombre.

Et bizarrement, j’ai de sacrés petits mangeurs de brocolis à la maison. Le grand appréciait le chou-fleur dès bébé, n’est-il pas, et l’on vit lors de vacances avec des copains une tablée de six enfants se disputer le dernier bouquet de brocolis. On était contents, on avait un prétexte en or pour ne pas en manger. C’est en fait eux qui m’ont appris le plus grand secret du chou, pourtant évident : ne pas trop le faire cuire. Je le savais, mais pas à ce point. Dès qu’il ternit, c’est fichu !

Après tout, mon job est de réussir à rendre bon à peu près tout ce qui peut se manger. Désormais, quand je n’aime pas quelque chose, je pars du principe que je n’ai juste pas encore réussi à trouver la bonne façon de l’apprivoiser. Ça peut prendre plus ou moins de temps, mais je finis par y arriver (et même dompter la betterave, c’est dire).

Chez nous, brocolis et romanesco sautent désormais à la poêle avec de l’huile de sésame, un peu d’eau pour un léger braisage et zou ! à croquer. Le chou-fleur a été apprécié récemment comme du pop-corn simplement grillé au four avec de l’huile et des épices, dans un esprit très ottolenghien. Autre technique de sioux : le faire cuire en même temps que des petites pâtes, dans l’eau bouillante, 8 mn maximum. Hop, égouttez, mélangez, assaisonnez, c’est prêt (et presque pas de vaisselle, en plus).

Mais le dernier plat de chou qui nous voit tous nous resservir, c’est ce sauté de chou étrange, inspiré par une recette pêchée dans le fort bon Léon fast food au naturel(Hachette Pratique). Pas mal de recettes veggies sympas, une mise en page sympa-foutraque qui change des ouvrages techniques…Et page 54 une recette étonnante de « chou épicé à la birmane de Josy’. J’ai adapté à ma façon, mais le principe de bouillon de curcuma au nuoc-mam (ou au nam-pla, bref à la sauce de poisson que vous avez sous la main) est ce qui m’a motivé à essayer la recette. C’est une idée brillante que je vais m’empresser de tester sur d’autres légumes !

Chou vert sauté à la birmane
1/2 chou vert
1 oignon
1 grosse gousse d’ail pelée
1 morceau de gingembre râpé frais (à peu près la même quantité que d’ail)
1 c. à café bombée de curcuma (ou de poudre des vertus d’Olivier Roellinger)
Le jus d’1/2 citron
1 c. à soupe de nuoc mam (sauce de poisson)
1 c. à soupe d’huile de sésame
1 poignée de feuilles de coriandre

Optionnel : 70 g de cacahuètes grillées hachées (pas mis)

Emincez finement le chou et l’oignon. Râpez à la microplane l’ail et le gingembre, ou coupez-les en tranches fines selon votre équipement et votre envie. Mélangez dans 10 cl d’eau chaude le curcuma, le jus de citron et le nuoc mam (sauce de poisson).
Faites chauffer dans un wok l’huile de sésame. Faites-y revenir l’oignon et le chou 2 min, puis ajoutez le gingembre et l’ail. Mélangez et faites dorer 4 à 5 min, en tournant fréquemment, pour faire « tomber » le chou. Versez le bouillon au curcuma et laissez encore cuire 4 à 5 min, selon votre goût (le chou doit rester un peu croquant mais ne pas être trop ferme… Goûtez !). Hors du feu, ajoutez la coriandre émincée et les cacahuètes hachées si vous en mettez.
Servez en accompagnement d’une volaille, avec du riz… J’ai également fait un mix hasardeux en y glissant un peu de bacon (chuut, c’est une hérésie) : le goût fumé était exquis avec le curcuma. Pas très détox mais très bon.

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