Archive pour septembre 2008

Baba pour un baba au rhum (le meilleur de Paris)

Vendredi 26 septembre 2008

J’ai cru longtemps que je n’aimais pas le baba au rhum. Jusqu’au jour où il fallut que j’en réalise un, puisque c’est le gâteau préféré d’une de mes belles-soeurs. Bien forcée de goûter à table devant 10 personnes le gâteau en question… et de découvrir qu’en fait vous l’aimez beaucoup. Que le baba maison n’a pas toujours à voir avec les babas parfois insipides que l’on trouve dans trop de boulangeries. Il doit être moelleux, et non pour autant détrempé (une adorable légende culinaire fait remonter son invention à ce bon vieux roi Stanislas, Stan pour les intimes, qui aurait trempoté un koughloff bien rassis dans du vin, bricolant de la sorte le premier baba, comme si avoir la paternité des madeleines ne lui suffisait pas, à ce glouton).

Bref ! Depuis un an, des babas, j’en ai goûté, fait pas mal -un moule à mini-koughlopf rose pâle de chez Monop’,soldé 1 misérable petit euro, s’est avéré un investissement de génie-,  mais pour le moment, mon top n°1 baba au rhum est celui de la pâtisserie Pain de Sucre.

Baba au rhum

Certes, il a l’air d’un techno-baba, avec sa poire en plastoc remplie de sirop rhumé vanillé à souhait. Mais l’injection à la dernière minute d’une petite dose revigorante de sirop lui évite de sombrer dans la brioche trempée (défaut trop fréquent du baba malmené).

Un baba sans trou est-il pour autant un baba ? Bonne question, puisque ce gâteau a été nommé Baobab, et non baba, par Didier Mathray et Nathalie Robert, ex-chefs pâtissiers de Pierre Gagnaire. Le baba, c’est comme l’éternel duel doughnut-beignet : qu’importe le trou pourvu qu’on ait la crème (ceux qui rigolent bêtement au fond de la classe sont priés de sortir, merci). Ici, une délicieuse mousseline (crème fouettée et crème pâtissière délicatement mêlées) se cache sous le dôme de baba. Ses petits grains noirs, sa délicatesse en sucre et son fondant m’ont achevé. Sous ces airs modernes se cache un baba ultra-classique, poussé à la perfection : le rhum rhumerote à fond, la vanille vanilline à toutes manettes, et la pâte briochée briochète dans le sucré.

Si vous passez la porte de cette boutique-écrin, profitez-en pour prendre aussi des guimauves : énormes cubes de « bonbons-mousse » comme les appelle Virgile, elles sont particulièrement moelleuses et douillettes. La fruit de la passion est terrible, quand à celle à la vanille et à l’huile d’olive, je ne vous en parle même pas. Mordre dedans m’a à la seconde fait penser à l’oreiller en guimauve de Willy Wonka : un authentique rêve de gourmand.

Boulangerie-Pâtisserie Pain de Sucre
14 rue Rambuteau, 75003 Paris
Tél : 01 45 74 68 92
Métro Rambuteau
Fermé le mardi et le mercredi.

Coucou, fait le coucou de Rennes (mijoté à l’abricot et au romarin)

Mercredi 17 septembre 2008

Mon volailler s’appelle Marcel* -yes, comme Proust, trop classe -voilà pour l’étalage de ma vie privée.
En passant devant lui samedi dernier, alors que mon magnifique caddy était déjà plein à ras bord (vous savez, le caddy offert en même temps que le sac de mes rêves, histoire de compenser), je tombai en pâmoison devant l’étiquette posée sur une bien jolie poulette : Coucou de Rennes, qu’elle disait.

Fichtre ! Si ma mémoire ne me joue pas de tour, j’ai lu il y a bien longtemps quelque chose dans un bon vieux Régal qui disait que ce poulet était un sacré bon poulet, dûment estampillé Slow Food.

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Une volette à mémoire – Visitandines à la rhubarbe pour belle-maman

Mercredi 3 septembre 2008

J’ai une belle-mère, et vous savez quoi ? Je l’aime. Vraiment. Ce qui n’est pas toujours le cas dans les relations belle-mère / belle-fille, m’a-t-on dit. Mais ma Bernadette, je l’aime beaucoup, ne serait-ce que parce qu’elle a élevé son fils sans en faire un macho. Pour en avoir fait un garçon qui sait coudre et changer une couche mieux que moi, tout en restant viril. Pour avoir réussi à travailler en ayant 4 enfants rapprochés -je me demande régulièrement comment elle a tenu le coup.

L’été dernier, il lui a fallu quitter sa grande maison de l’Aisne -région peu riante, je l’avoue, je reste assez éternuante à la vision des champs de colza et de betteraves-, et nous avons beaucoup, beaucoup trié d’objets et de souvenirs. Lorsqu’elle m’a demandé dans tous ses ustensiles de cuisine de choisir ce qui me ferait plaisir, j’ai répondu sans hésiter « les volettes à pâtisserie« . Je n’ai bizarrement jamais osé m’en acheter, trouvant l’objet encombrant, et assez moche. Mais les grilles de Bernadette, elles étaient tellement jolies, et elles ont laissé refroidir tant de bonnes tartes faites pour ses enfants et petits-enfants, que je me suis dit qu’elles me donneraient peut-être le virus de la pâtisserie et le talent de faire passer de l’amour dans les petits plats. Bien évidemment, elle les tenait de sa propre mère : mieux que des bijoux de famille,
deux jolies grilles, une petite volette à cercles concentriques, et une à mailles carrées -que vous verrez forcément un jour en photo.

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