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La veille où Grenade fut prise, à sa belle un guerrier disait…(la grenade, épisode 1/2)

Samedi 11 novembre 2006

Grenade est à ma connaissance la seule ville qui ait le nom d’un fruit. Si Florence, selon Sartre, est la ville-fleur, Grenade est pour moi la ville-fruit, riche, rouge, juteuse et enivrante.

Elle a longtemps fait partie de ces villes mythiques de mon imaginaire à cause de son nom qui évoquait pêle-mêle des lions de pierre, des mosquées, des chants arabo-andalous, Le Fou d’Elsa, la reine Isabelle…

J’ai passé deux bonnes années à étudier Aragon et le premier vers du Fou d’Elsam’a longtemps hantée :

 

La veille où Grenade fut prise, à sa belle un guerrier disait…


Si on était sur Langue sauce piquante, je vous laisserai là en vous demandant où est la faute, mais je ne bosse pas au Monde.
Aragon lui-même donne la réponse dans la préface (elles sont toujours délicieusement titrées et très intéressantes, celle là se nomme “Tout a commencé par une faute de français”) : il faudrait dire simplement “la veille du jour où Grenade fut prise…”.

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Une ville qui a le talent magique de rendre poétique les fautes de français ne peut donc être que belle et son fruit délicieux. Mais ma mythologie personnelle a souffert le jour où j’ai compris que c’était le fruit qui avait donné son nom à la ville et pas l’inverse !

Depuis, j’ai une fâcheuse tendance à manger les grenades avec ma tête, puisque celle que l’on surnomme en provencal “miougrano” (mille graines) est -tenez-vous bien : symbole de fertilité de la Vierge Marie (pourtant, il me semble bien que Jésus était fils unique ?), symbole d’amour et de prospérité, voire même symbole de charité, c’est par excellence le fruit peace&love, et franchement la poire a vraiment l’air poire à côté (elle symbolise quoi, la pauvrette, einh ?)

Bref, ses 840 arilles ont l’air d’avoir chacune une symbolique différente, c’est un fruit compliqué, cultivé,voire un peu précieux, qu’on retrouve chez Shakespeare -celui qui trouve dans quelle oeuvre gagne un cadeau surprise !-, sur de nombreux tableaux et natures mortes…

Finalement, on peut se demander si ce n’est pas une grenade qu’Eve a tendu à Adam. Ca ne serait pas étonnant, puisque pomegranate c’est quand même une sorte de pomme. Le temps perdu à l’éplucher et à la peler a dû jouer un tour à ce pauvre Adam.C’est que le malheureux ne connaissait pas les trucs de JP !

Au rayon des produits dérivés de ce fruit symbolique, petite sélection de mon placard personnel :

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Grenade fraîche, mélasse de grenade, graines de grenade séchées

Autant j’aime, j’adule la mélasse de grenade (Rabb er’remane en libanais, robb-e anar en persan), acidulée-sucrée-sirupeuse, autant les graines séchées, utilisées surtout en cuisine indienne…buark buark…sont très amères, le tégument blanc-jaune les entourant ayant été séché avec. A céder, à qui veut, un sachet de graines de grenade séchées, état neuf, très peu servi.

A venir donc, une recette à base de grenade et de mélasse de grenade. Parce que les symboles ne nourrissent pas toujours les hommes… mais parce que parfois, ne parler que de nourriture quand on fait la cuisine, et pas de ce qu’elle représente, enlève trop de chose au goût et au plaisir !

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Comment se muscler les bras : la citronnette shake-shake-shake (et mes points communs avec Alexandre Dumas)

Vendredi 25 août 2006

Ami lecteur, le titre peut te faire fuir. Ami lectrice, tu constateras aujourd’hui que je ne suis pas qu’une cuisinière mais aussi un peu une pouffe bimbo coquette une fille avec des préoccupations existentielles de fille (et avec l’âge, on en a de plus en plus).

Le spécial Maigrir de Elle vous montre des crèmes et des recettes de cuisine light. Moi je vous propose de faire le dîner ET de muscler votre anatomie, parce que de retour de vacances, je constate que j’ai abusé à Belle-Ile de la Crème de caramel au beurre salé, et comme il fait froid, je veux mettre des trucs avec des manches, et bingo, ça boudine, donc faut muscler tout ça.

Mais revenons à nos moutons : la vinaigrette et ses mystères. La salade en soi, tiens, on en parlera une autre fois.

Il m’a fallu un moment pour réaliser que ma vinaigrette n’était pas traditionnelle. Juste la question d’une copine normande lorsque je suis arrivée à Paris (il y a donc quelques lustres, sachant qu’un lustre c’est cent ans, vous ne serez pas venu ici pour rien) : “normale ou à l’huile d’olive, la vinaigrette ?”

Argh. Parce qu’on peut faire de la vinaigrette avec autre chose que de l’huile d’olive, me suis-je dit. Et pourquoi mettre du vinaigre alors que jusque là j’avais toujours mis du citron pressé ? Beurk. Ca pique, la vinaigrette comme ça. Alors que dans mon esprit, la vinaigrette, ça veloute, ça révèle, mais bon, ça ne doit pas arracher.

Depuis, ma pensée n’a guère changée, mes vinaigrettes citronnettes varient, mais on y trouve toujours les constantes suivantes -dans l’ordre d’apparition :

  • du sel, du poivre fraîchement moulu, et toujours mis en premier ;
  • parfois, de la moutarde, mais pas toujours ! en général, de la Maille parfumée (une de mes préférées : celle au miel, et très snob, je ne vais qu’à la boutique de la place de la Madeleine)
  • de l’acide : du jus de citron, d’orange, de clémentine, de pamplemousse… Du vinaigre balsamique rouge mais plus souvent blanc (je suis du même fan club que AnneE)…
  • du gras : de l’huile d’olive, de l’huile de colza, de l’huile de sésame, de l’huile d’olive parfumée au basilic selon la recette de mon idole Jean-Paul, de l’huile à la cardamome que j’ai apprise à faire là, de l’huile à la vanille faite avec la Vanille de Mayotte qu’ils m’ont offerte (ou si j’ai la flemme et pas de stock de l’huile à la vanille du Père Léon, qu’ils m’ont offerte aussi, veinarde que je suis)…
  • un truc en plus -toujours !- : herbes fraîches ciselées, épice, tapenade, fruit frais écrasé…. Tout se joue là.

Ma seule constante et flémasserie ultime : je la prépare dans un petit bocal (un petit pot pour Bébé fait l’affaire, et oui parfois Virgile mange un Babybio quand les compotes bios de Maman sont épuisées), ferme hermétiquement et hop, shake-shake-shake, c’est prêt ! De préférence en dansant un peu, ça émulsionne encore mieux la vinaigrette.

Ca doit faire en plus de la gym bonne pour le dessous des bras je pense. Tiens d’ailleurs je devrais en faire 2 à la fois, ca ferait gauche droite en même temps, mieux que le FacialFlex d’Olivia… Donc voilà vos exos pour faire les sauces à mettre sur vos salades : un bocal dans chaque main, et que ca bouge !!!

Les associations qui marchent :

  • Jus de clémentine/huile de sésame/coriandre/cacahuètes grillées : merveilleux sur des carottes, tièdes ou râpées.
  • Toute simple : citron, huile d’olive, une pointe de curry de Madras. Incroyable avec de la mâche : la poudre de curry transforme votre vinaigrette en vinaigrette à l’huile de noix !
  • Testée hier : balsamique blanc, fraise fraîche écrasée, vinaigre de framboise du Père Léon et une pointe de piment d’Espelette. Délicieux avec une bête romaine mais explosif sur de l’avocat.

4 condiments qui changent tout (de gauche à droite) :

701_Vinaigre_Balsamique_Blanc melfor2 huilecitronhuiledo_citron huilecitron melasse_grenade

Photos : Qualitalia, Melfor, O&Co, LebanonStore.

  • Le vinaigre balsamique blanc : chez Qualitalia ou au Lafayette Gourmet. L’essayer c’est l’adopter. Bien plus subtil que son confrère rouge, a little goes a long way, c’est très économique en somme. Perso j’utilise la marque Mussini.
  • Le vinaigre Melflor, délicat et léger, presque pas du vinaigre pour moi. Et en plus c’est alsacien et avec un logo délicieusement kitsch.
  • L’huile d’olive parfumée aux écorces de citron de chez Oliviers and Co : cadeau de mon éditrice, c’est une merveille pour les amoureux de citron. Une vraie drogue dure que je recommande plus que chaleureusement. Attention, elle n’est pas en vente en ligne -le visuel ci dessus n’est pas correct-, il faut aller dans une boutique, car c’est la variété bio qui est particulièrement impressionnante de saveur
  • Les huiles parfumées : à la vanille, à la cardamome… A préparer pour s’amuser et à laisser infuser.
  • Enfin, la belle mélasse de grenade, à la fois acidulée et sucrée. Une touche dans la vinaigrette se substitue à l’élément acide (vinaigre, citron) et lui apporte quelque chose de caramélisé. On en reparle bientôt pour une autre recette. Et on en reparle quand je vous ferai la liste de ce que j’ai dégusté à l’Astrance (quand je veux ai envie prends le temps peux).

Comment ça, ça fait 5 ??? Parce qu’en plus de faire de la gym anti bras qui pendouillent, faut savoir compter en plus ? et les 3 mousquetaires, ils étaient bien 4, alors, mes 4 armes anti-salade-déprimée seront 5, non mais !!!

PS : l’auteur de ces lignes vient en effet de découvrir que Alexandre Dumas a habité en 1848 dans la même rue qu’elle habite depuis peu. Depuis, elle se la pète grave, parce qu’en plus, Alexandre Dumas est né le même jour qu’elle (et pas l’inverse). Ils semblent avoir en commun : un tour de taille cocasse, un égo démesuré et une propension à parler d’eux à la 3ème personne. Ah, et l’amour de la cuisine aussi, n’est-ce pas.

PS 2 : en relisant je me dis que je me prends pour Jacqueline -une autre de mes idoles- dont, vacances oblige, j’avais raté le post sur les salades. Ce billet lui ressemble un peu, hasard des goûts et des couleurs… En tous cas, je vous recommande cette lecture pour encore plus de salade.

PS 3 : ouah, avez-vous vu le magnifique “Salade de l’Eté 2006″ chez Tiago ? Un régal de mots et de couleurs.

PS 4 : je suis bien partie en vacances et revenue, mais comme je mets deux mois à écrire un post, je pense que vers le mois de novembre, ca devrait être OK pour vous raconter mes découvertes culinaires de l’été. A force de travailler sur les produits de saison, j’en suis tout décalée. La honte.

PS 5 : demain, j’arrête de faire des PS à rallonge, et je fais de vrais post beaux comme des dissertations de khâgneuse. Je dois bien avoir des restes quelque part.

Qu’il est beau le débit du lait (ribot), ou les erreurs font les bonnes recettes : upside down cake aux abricots confits

Mardi 11 juillet 2006

Martine mettait du café dans ses céréales lorsqu’elle ne dort pas assez, moi, je me trompe en faisant mes courses en ce moment ! J’achète à côté de la plaque, Virgile fait pousser ses dents et les nuits sont un peu hachées, conclusion : au lieu d’acheter du lait frais bio, j’ai acheté du lait battu.

Et un beau matin, en lui préparant le bib’ de son goûter, j’ai fait “Buuuuuark mais il a tourné ce lait ????“. Et de comprendre que lait battu ne veut pas dire “lait homogénéisé” comme je l’avais pensé, mais était synonyme de lait ribot, de babeurre, de buttermilk, bref, que c’était pas du tout ce à quoi je pensais et que maintenant que j’en avais, il allait bien falloir l’utiliser, ma bonne dame !

Je sais, j’aurais pu le boire comme ça, mais ça ne m’a rien dit (je suis née à Istres, je n’ai pas d’ancêtre breton). J’ai rigolé sous cape car je me suis souvenue avoir lu il y a longtemps un bouquin de gastronomie bretonne qui disait que les Bretons surnommaient le fromage “beurre pourri“…

Ce n’est qu’après avoir fait les 2 recettes que je vais vous livrer que Fabienne a publié sa panna cotta au lait ribot -oui, j’ai un train de retard dans la publication des billets, comme d’hab‘. En parcourant plus obsessionnellement son blog, je pense que c’est elle qui assure une bonne partie des ventes de lait ribot en France, et vraiment, ces recettes sur cet ingrédient sont une référence ! D’autant plus que pour l’avoir rencontrée dimanche, cette charmante jeune femme, bien que provencale elle aussi, est capable de boire son lait ribot comme ça (je l’admire) !

Mes expériences, donc : pour commencer, évidemment, les slurpissimes et fameux buttermilk pancakes d’Estelle, déjà réinterprétés par Doriann (et certainement par d’autres !). Je ne manque jamais une occasion de faire une recette d’Estelle, car c’est un peu ma jumelle de blog, c’est en tombant sur le sien que j’ai fait le mien, et nos prénoms sont si proches, et j’aime tellement les petites histoires qu’elle raconte, bref, la recette est forcément meilleure quand on sait qu’elle est faite par une personne de goût, à tous les sens du terme, et de bonne compagnie qui plus est !

Bilan : les meilleurs pancakes que l’on ait jamais mangé. Et ça justifie le réachat de lait ribot rien que pour faire ça.
Ma seule variation : j’ai fait la pâte la veille au soir, elle a levé toute la nuit au frigo, et était vraiment terriblement légère.

Mais il m’en restait encore plein la bouteille, alors que faire ???? Voyons… quel gâteau réclame plein de lait... Un clafoutis bien sûr ! Et pourquoi pas … aux abricots, y’en a au frigo ! Et mon achat est une erreur culinaire, quelle est l’erreur culinaire la plus délicieuse connue… la tarte Tatin !

Et pis… le buttermilk, c’est typically usefull dans la cuisine américaine, donc j’ai dégainé le fameux Gourmet Cookbook, pêché une recette de Upside Down Cake aux abricots, remastérisé et corrigé par mes soins. Voilà parfois comment naissent les gâteaux !

J’ai à nouveau fait une erreur : je l’ai amené à une soirée.

Erreur de débutante.

Le temps que je me tourne pour aller chercher l’appareil photo, y’en avait plus, et tout le monde en voulait la recette.

Zut pour la photo, tant mieux pour le gâteau !

Conclusion : je rachèterai du lait ribot, juste pour faire plein de bons desserts moelleux, légers, gonflés, et pour le plaisir de dire aux gens ce qu’il y a dedans ! Mais euh non pas tout de suite pour le boire comme ça sans rien…


GATEAU A L’ENVERS AUX ABRICOTS ET AU LAIT RIBOT
adapté d’une recette du Gourmet Cookbook

Pour convertit les cups en mesures françaises, utilisez cet outil

2 gros oeufs bio
1 stick de beurre -120 g environ
1 1/2 cup de farine
1/4 cup de poudre d’amandes
3/4 cup sucre
3/4 cup de lait ribot bien battu
1 1/2 cuillère à thé de levure chimique
1/2 cuillère à thé de bicarbonate de soude
1 pincée de sel
1 gousse de vanille
Cannelle

Pour le fond
1 stick de beurre -j’ai mis 120 g
3/4 cup de cassonade
12 abricots murs mais fermes

Matériel : un moule à charnière de 24 cm de diamètre

Laver, sécher et dénoyauter les abricots.
Faire chauffer directement le moule sur la flamme, y faire doucement fondre le beurre. Y ajouter le sucre, ne pas remuer et laisser cuire à feu très doux pendant 2 mn : le sucre ne va pas complètement fondre (c’est très rigolo, on dirait du sable mouillé), c’est une pâte grasse qui recouvre joliment le fond… Y disposer scientifiquement et géométriquement les abricots, côté creux posé bien sûr vers le fond.
Préchauffer votre four à 210°.
Pour la pâte : travailler le beurre mou, le sucre et la gousse de vanille grattée jusqu’à obtention d’une mousse blanche. Ajouter les oeufs un par un en continuant de battre. Mélanger tous les ingrédients secs restants (farine, levure, sel, cannelle, bicarbonate) dans un saladier ; ajouter ce mélange à la pâte en alternance avec le lait ribot, jusqu’à obtention d’une pâte bien lisse.
Verser la pâte sur les abricots, lisser la surface et glisser au four pour environ 40 mn.
Laisser tièdir avant de démouler : vous aurez un gâteau tout doré avec des abricots tout moelleux, nageant dans un sirop doré…

Pour la vanille : elle m’a été offerte par le site Vanille de Mayotte, essayée et approuvée pour la première fois dans ce gâteau.

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Cheese cake français…vu par les Japonais, et coming-out spécial fruits et légumes

Mardi 11 avril 2006

Au boulot, il nous arrive des choses bizarres parfois, et même, des choses que l’on doit manger.

La semaine dernière, un diététicien a été interviewé par la télévision japonaise, à propos du citron.
Fort gentillement, l’équipe lui avait ramené le must du chic pâtissier à Tokyo en ce moment : des cheese cake au camembert !!!!!

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C’est ravissant, en effet, et moi je n’aime pas le camembert (j’ai fait la tarte endives-camembert pour me convaincre d’aimer deux trucs dont je ne raffole pas, c’est vous dire).
Bricol’Boy -que je vais bientôt resurnommer PeintureMan vu les travaux qu’il effectue en ce moment- n’en a pas eu envie ce soir, après pourtant un roboratif dîner à base de gnocchi sautés aux graines germées (OK, Requia les fait pousser, moi je les prends toutes prêtes dans mon panier Campanier, et alors, c’est pareil bon pour la santé).

J’ai de la chance, ce garçon mange des graines germées et adore ça, parfois même il mange du tofu. Mais pas d’inquiétude, il y a de temps à autre de l’osso bucco et de la charcuterie ! Surtout, le pauvre doit manger les tests de tous les bouquins. Et en ce moment, on mange très souvent italien et très souvent chocolaté, vous avez trouvé de quoi parleront les nouveaux Librio…

Au dire des collègues (masculins) qui s’y sont risqués : ça a le goût d’un cheese cake industriel et puis après, après… y’a un vieux goût de calendos qui se ramène… et qui persiste longtemps, longtemps, longtemps dans la bouche…tiens passe-moi la brosse à dents !

Pour ceux que ça tente, le spécimen est encore disponible sur simple demande circonstanciée.J’assure un envoi ou une remise en mains propres rapides sur Paris, mais j’exige un culino-test en échange !

Ce que je préfère quand même, c’est le sublime logo avec la Tour Eiffel, on ne peut plus French Touch.

Pascale, cette recette ne figure pas dans ton livre, mais on sait pourquoi, c’est que dans le tien, tous les cheese cakes sont bons !!!

PS : ayant fini sa période d’essai depuis peu, l’auteur de ces lignes  vous informe qu’elle a réussi à concilier ses passions (la cuisine et le web) en travaillant pour APRIFEL, l’Agence pour l’Information sur les Fruits et Légumes, dont Claire (Miss Sens Du Goût) a parlé récemment, tout comme Déborah. Ayant déjà fait appel à plusieurs blogueuses pour participer à certaines de nos publications et de nos travaux (et je peux vous dire que ça va continuer), vous ne serez plus surpris de certains essais culinaires très végétaux ! Et bientôt, un grand événement…. Soyez prêts, affutez les épluchoirs !

La meilleure mozzarella de Paris -quoique, la burrata est aussi fantastique !

Lundi 21 novembre 2005

 

Je devrais garder l’adresse pour moi. En fait, je la garde précieusement depuis 3 ans. Elle m’a sauvé des dizaines de fois : buffets italiens, pâtes fraîches, délicieuses charcuteries… ou envie folle de parler italien avec la sympathique jeune fille aux yeux verts qui la tient.

Je l’aime tellement, cette boutique italienne magique, que mon nouveau boulot se trouve juste à côté et que maintenant, je suis “forcée” de passer devant 4 fois par jour : 4 fois tentée d’y aller. Je me retiens, je n’y vais qu’une fois par semaine.

Bon, j’arrête de vous faire lanterner et je vous raconte…

Cette “cooperativa” a plusieurs boutiques dans Paris et a réellement la top of the top des mozzarella di buffala. Livrée le mardi et le samedi, en direct du Latium, son accent est inoubliable.
Elle est énorme, avec une croute plus dense, sous laquelle se cache un velours blanc bien crémeux et soigneusement filé.

Dans cette boutique des merveilles, quelques raretés aussi : tout, absolument tout, vient direct d’un petit bled à 60 km au Sud de Rome, par camion 2 fois par semaine.
De la très bonne huile d’olive bio à prix raisonnable, des mélanges de légumes secs à cuire vite fait à la cocotte-minute, et aussi un renversant pesto di salvia qui vous réveille parfaitement des escalopes ou de simples courgettes sautées. J’ai un pot pas encore ouvert qui me fait de l’oeil dans le placard, qui attend que Virgile soit sevré pour que je puisse en manger : la sauge, tout comme la menthe, ayant pour propriété de tarir la
lactation. Si ça continue, je pourrais écrire un gros billet sur ce qu’il faut manger ou non quand on allaite. il y a vraiment de quoi dire !

Pour les fromages, là encore, des raretés d’une fraîcheur incroyable : rotella (mozza roulée avec de la roquette et du jambon, délicieux comme plat principal avec une salade) et surtout, surtout, la démoniaque burrata, inventée par un vicieux du produit laitier.
Imaginez : vous coupez votre boule de mozza sur votre belle planche à
découper, et elle ruisselle de crème fraîche!!!!!! Non non, pas du petit-lait, de la crème, vous avez bien lu : c’est de la mozza tartinée de crème, puis roulée et “refermée” à l’identique.

Un peu le Brillat-Savarin de la mozza, niveau matières grasses, mais complètement slurpissime, la dernière boule a fini sur un beau lit de roquette, tomates confites, olives, vinaigre balsamique blanc (j’insiste). On a pas pris de dessert, je vous rassure.

Enfin, on y déniche aussi de bonnes pâtes fraîches, des gnocchetti di patate très tendres, des orrechiette fraîches à déguster avec des brocolis et des amandes, et des merveilleuses troffie : promis, la semaine prochaine, je vous livre une recette pour les accomoder, ces jolies pâtes ligures.

Il est d’encore meilleur ton de commander directement en italien, si vous maîtrisez la langue ou si vous souhaitez vous excercer.
Si vous voulez en savoir plus sur la Sicile, allez à la boutique de la Madeleine, le beau brun qui la tient est très bavard sur sa région d’origine !

Cooperativa Lateria Cisternina
Mon adresse : 48 rue du Faubourg Poissonière - 75010 Paris - Métro : Grands Boulevards, Poissonière.
Aussi : rue Godot de Mauroy 75009 Paris - Métro : Madeleine
( 3 autres adresses dans Paris, une rue Geoffroy St Hilaire notamment)

Dans les prochains épisodes de Desperate WorkingMom: une recette avec des pâtes achetées à la latteria donc, une adresse pour des feuilles de curry fraîches avec une recette black is black, un bouquin extraordinaire, à haute teneur en légumes et en frissons. Et peut-être un concours ?

Le temps de tuer un âne à coup de figues

Mercredi 9 novembre 2005

C’est à peu près le temps qu’il m’aura fallu pour écrire cet article.

[Virgile est en effet un joyeux bambin de 4 mois maintenant mais qui ne s’endort pas avant très tard le soir -genre minuit ou une heure du matin.  Heures de la soirée où d’habitude je bloguais, où êtes-vous passées ? Dans les yeux rieurs de mon petit garçon… qui ne reviendront pas. Entre un blog et une tétée, le choix est vite fait, d’où la désertion pitoyable.]

Bon, tout cela n’a qu’un temps, aussi vous livre-je aujourd’hui quelques recettes qui ont émaillé la saison des figues. J’en ai vu encore quelques-unes rue Cadet, qui sait ? Vous aurez peut-être le temps d’en profiter.

Trois recettouilles :

Une délicieuse flammenküche du Sud : pâte mi feuilletée aux petits-suisses et à la farine complète, tartinée de fromage de chèvre frais écrasé avec des herbes et de l’huile d’olive, recouverte de rondelles de figues bien mûres, un tour de moulin à poivre, un filet d’huile d’olive, 20 à 25 mn à four chaud, le bonheur.

Ce que j’aime dans le blog, par rapport aux bouquins, c’est que je peux me permettre de mettre juste le principe, l’idée de la recette, pas besoin de la détailler, elle peut de la sorte vivre plus sa vie dans votre cuisine, ou imaginairement dans votre bouche.

Un poulet aux deux figues, pas mauvais : blancs de poulet marinés au bouquet de figues, sautés avec des échalotes, puis des morceaux de figues fraîches et sèches. Un sacré goût de brouet médiéval quand même.

Enfin, j’ai plagié (ENCORE) Mercotte et PH en remixant le célèbre gâteau à l’huile d’olive et aux framboises. J’ai remplacé les framboises par des morceaux de figue, une pointe de muscade et quelques grains d’anis. C’était très bon, mais quand même, un peu trop gras à mon goût. Je le referai en supprimant le beurre et en ne conservant que l’huile d’olive, cela devrait suffire.

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Enfin, au rayon bibliographique, un exquis ouvrage à vous recommander :La Figuede François-Régis Gaudry (éditions Aubanel). Drôle, sensible, avec de jolies idées recettes.

Il mentionne notamment un caviar de figues d’Alain Passard, une idée fort excitante, que j’ai retrouvée sur son site.

Si quelqu’un la fait/goûter…ça m’intéresse.

Sinon, c’est une bonne raison pour espérer le retour de la saison des figues l’année prochaine.

<bientôt sur ce blog, l’adresse de la meilleure mozzarella de Paris>

Ca ne manque pas de sel…

Samedi 21 mai 2005

J’ai toujours cru que le sel venait de la mer.

Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant l’existence de mine de sel donc du fait que le sel ne sortait pas uniquement de la mer !!! Dire qu’en plus, mon père est géologue…

Déjà , toute maison qui se respecte doit avoir au moins 2 genres de sel : du sel fin pour la table, du gros sel pour
saler l’eau des pâtes, pour faire du pain…
Et une maison encore plus respectable a en plus de la fleur de sel, pour varier les plaisirs, faire croquer les tartines et crisser les légumes.

D’où une collection impressionnante de fleur de sel en tout genre : Ré, Noirmoutiers, Guérande… J’en ai acheté partout où je passais. Une amie qui est rétoise ne manque pas de régulièrement cultiver mon péché mignon !

En ce moment, j’utilise, outre ma fleur de sel de Noirmoutiers (Fanny, faut que tu ailles à l’Ile de Ré !), du sel rose
de l’Himalaya,
très fashion avec sa jolie petite cuillère. Mais ce n’est pas de la fleur de sel, c’est du sel fin. Absolument ravissant dans une salière transparente, un petit pot sur la table.

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OK, pour le reconnaître en boutique, le plus simple est que je vous montre le pot, j’imagine :

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Mais il y a aussi les sels parfumés, et je ne peux que recommander ceux de Terre Exotique.
Je devrais réfléchir à prendre des actions chez eux, parce que nombre de leurs produits sont dans ma cuisine, et j’en ai été ravie.

Le premier que j’ai goûté et utilisé est la fleur de sel à la vanille, offerte par mon grand frère (vous savez, le gars qui porte les paniers de cerise comme personne…). Une excellente découverte : parfaite pour les gâteaux et la blanquette.

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Pour les gâteaux, vous savez tous qu’un peu de sel enlève l’acreté de la levure à la pâte ; et pour les plats salés, un peu de sucre relève souvent leur saveur. Donc, cookies et cakes sont sublimés avec cette petite touche vanillée. Quant au veau, jettez un oeil sur la variante de la blanquette, vous comprendrez tout de suite le pourquoi de l’accord.

Essayez et vous m’en reparlerez.

J’ai aussi de la fleur de sel au citron, absolument délicieuse avec le poisson, mais aussi en touche sur des légumes sautés.
Initialement achetée pour le géologue sus-nommé (grand spécialiste du poisson, total respect au niveau des produits de la mer, c’est lui l’expert), j’ai fini par y goûter.

Bilan : j’en ai un pot chez moi, et le géologue a eu un sachet amputé du tiers de son contenu (tu parles d’un cadeau). Mais il l’a utilisé sur des queues de lottes roties, c’était l’extase (et en plus, c’était un vendredi, pourtant du poisson bon comme ça c’est vraiment un péché).

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Ces merveilles sont en vente au Lafayette Maison, à l’épicerie du sous-sol, à prix élevé bien sûr, mais justifié car elles sont si concentrées que vous en utiliserez que peu.

Mais vous les trouverez en sachet de 250g chez G.Detou : 6,6 euros pour le sel au citron, de quoi faire bien des heureux !

Quant au sel “Pink Panther” de l’Himalaya, il se trouve en épiceries fines et magasins bio.

Et qu’on ne me parle pas de régime sans sel… quoique, j’ai oublié de dire que j’utilise aussi du gomasio… Bon, je réserve ça pour un autre message !

Il est revenu, le temps des cerises

Mardi 17 mai 2005

 

Ce n’est pas un appel à la Révolution, un hommage à la Commune ou une incitation  à voter oui ou non pour
le Référendum sur la Constitution Européenne (je dirais juste : allez
voter).

C’est juste le constat d’un week-end en Provence : nous avons pu
manger les premières cerises cueillies sur l’arbre. Elles étaient d’une
brillance incroyable, on aurait dit qu’elles étaient en cire tant elles
étincelaient au soleil :

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Au passage, les mains sont celles de mon grand frère, très heureux de se voir citer ici je pense :-))
Pas
de recettes, pas d’artifice : laissez-les juste un peu refroidir Ã
l’ombre, passez sous un jet d’eau fraîche, croquez, crachez.

Il n’est pas interdit de faire des batailles de noyau ni de se les mettre en boucles d’oreille.

Pas de merles moqueurs à l’horizon mais des moustiques à la pelle, si gros qu’ils étaient presque immatriculés, comme on dit de par chez moi.

Allez, regardez la photo, puis fermez les yeux, faites un voeu : vous venez de manger vos premières cerises du printemps.

PS : joyeux anniversaire Fanny, puisque tu es réputée être arrivée en même temps que les premières cerises, cela permet de penser à toi à chaque fois que nous dégustons les toutes premières.

Un fruit qui porte bien son nom, le ugli.

Dimanche 6 mars 2005

Chéri m’a ramené du marchand de légumes un agrume inconnu pour tous deux.
Rond, un peu cabossé, vert teinté de jaune, assez lourd, d’une taille entre l’orange et le pamplemousse.

Heureusement, grâce à l’étiquette, nous apprîmes qu’il s’agissait d’un ugli, nom fort ingénieux car faut bien le dire… c’est pas très beau :

Son site officiel -très classe, un fruit avec son propre site web!- nous a donc informé qu’il était originaire de Jamaïque.
En terme de marketing, c’est exceptionnel, un fruit avec une baseline : “The Affliction is only Skin Deep so the Beauty is in the Eating “

A l’intérieur, c’est tout de suite plus joli : orange pâle, contrastant avec le vert.

Ouf ! Ce qu’il fait à l’intérieur ne se voit pas à l’extérieur !

Il serait un hybride de tangerine, d’orange et de pomelo. J’en ai trouvé la mention dans le dernier numéro de Elle à Table. Son
avantage : il se pèle plus que facilement et permet de réaliser de
superbes quartiers de fruits, des suprêmes brillants comme de petits
morceaux d’ambre.

Au goût, c’est doux, sucré, une note principalement d’orange, avec quelques accents plus musclés de pamplemousse. Assez juteux. Nous l’avons mangé en dessert, tout simplement ; mais il semble parfait à accomoder pour toutes vos recettes habituelles de pamplemousse ou d’orange.

Un agrume pop dans ses couleurs, rasta dans ses origines, swingant dans ses saveurs : à essayer par curiosité si vous en croisez.

NB
: Pour les Parisiens, un arrivage d’uglis a été signalée ce matin en
bas de la rue des Martyrs, juste à l’arrière de l’église
Notre-Dame-de-Lorette !


Beurre d’amandes

Mardi 30 novembre 2004

Une amie m’avait parlé avec délices de son petit déjeuner : une tartine de beurre d’amandes bio, sans sucre ajouté…

Grande fan d’amandes douces, cela m’avait tout de suite intriguée et elle y a pensé en m’invitant à petit-déjeuner (je m’y suis régalé d’ailleurs, et puisqu’elle lit parfois ce blog, qu’elle y voit un hommage à sa salade de bananes au citron vert).

J’ai foncé au Naturalia de la rue de Lévis pour ne pas le nommer et j’ai découvert un rayon merveilleux (inexistant dans celui que je fréquente habituellement) regoregeant de beurre de sésame (le fameu tahin ou tahini qu’on utilise pour le houmous), de noix, de noisettes, avec sucre, sans sucre… J’aurais bien tout acheté mais je me suis limitée à ces deux pots, amande et noisette sans sucre.


C’est absolument délicieux et c’est devenu ma grande drogue matinale.



Il faut bien mélanger car c’est un peu huileux à la surface… c’est le seul inconvénient que je leur ai trouvé.


Applications pratiques de la découverte :
- dans une soupe de chou-fleur, c’était exquis et parfumant ;
- tartinée tous les matins au petit-déjeuner, sur du pain complet grillé, en se disant que c’est riche en oligo-éléments, bons pour ce que j’ai…
- sur des crostinis, pour remplacer le pesto ;
- bricolé avec des herbes et une goutte d’huile d’olive une sauce pour les gnocchis ;
- ajouté dans du chocolat pour lui donner une autre saveur de praliné ;


Je crois que j’ai trouvé la parade au Nutella !