Archive pour la catégorie 'Carnivore'

Filet mignon au sirop d’érable - recette jolie pour cousine adorable

Mercredi 23 avril 2008

Nous savions depuis toujours que du côté de mon père, une branche de la famille s’était établie au Canada. Les bonheurs de la généalogie et d’Internet ont fait le reste, nous voici désormais heureux d’avoir des cousins outre-Atlantique.

Ma toute nouvelle cousine est venue nous saluer récemment, portant dans ses bagages une grosse boîte d’un délicieux sirop d’érable, le meilleur que j’ai jamais goûté. Bon sang ne saurait mentir : elle est accro aux fromages au lait cru :-)

A cousine adorable, recette choupinette : le filet mignon s’imposait ! Son fan-club est nombreux et j’en fait partie depuis longtemps . Ici, le Canada rencontre un peu le Japon, au hasard de mes placards : je vous recommande de le servir avec les épinards au sésame, le mélange est savoureux !

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Boeuf mariné au piment doux et chocolat épicé, ou comment finir une bouteille de vin (1/2)

Mardi 18 mars 2008

Vous aimez les plats mijotés ? Vous aimez le vin ? Vous aimez les plats qui commencent de traviole et se rétablissent à la dernière minute ? Vous n’avez peur de rien, pas même d’une paire de moustaches ?

Au village sans concession

J’ai mauvaise réputation

Y’a souvent des bouteilles qui traînent

Tout au fond de ma kitchen

Je ne fais pourtant de tort à personne

En n’achevant pas les bonbonnes

Mais les fonds d’bouteille aiment bien

Accommoder plein d’petits riens

Parce qu’on a beau dire, même avec ces instruments géniaux qui permettent de faire le vide d’air dans vos bouteilles, c’est parfois pas gégenne. Oh j’entends les commentaires : “tas qu’à nous inviter un peu à boire des coups au lieu de te plaindre d’avoir des restes”. Certes, mais il reste un autre cas où il vaut mieux cuire le vin : bizarrement, au hasard des cadeaux, fêtes, pots and co, échoue dans le placard à vin (oui, j’ai un placard à vin, au-dessus du placard à chaussures d’ailleurs, l’agent immobilier n’a pas compris pourquoi on était en liesse à leur découverte, de la sorte chacun gère son stock) une bouteille de vin honnie. Genre, un Loupiac. Ca doit être très bon ça quand on aime, mais merci, je passe mon tour.

Tout se corse quand vous décidez sur le coup de 23h de bricoler un bon petit bourguignon. Et qu’il s’avère qu’il n’y a plus le vin rouge qui va bien. Qu’à cela ne tienne, on tente le triple salto arrière : le boeuf bourguignon plus bourguignon du tout, mariné au vin blanc doux. Va falloir relever tout ça bichette, et hop, un piment doux dont la couleur m’avait fait craquer -je suppose qu’on verra bientôt une couleur Capsicuum chez American Apparel. J’ai dû me battre férocement pour le mettre dans le casserole :

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Mon premier ris de veau - gloire aux produits tripiers

Mardi 5 février 2008

Ca faisait bien longtemps que je ne m’étais pas lancé un défi à la con. Il y a fort longtemps, je me suis retrouvée aux prises avec une queue de boeuf, dans le genre viande rigolote, et je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin.

Heureusement, sur l’étal de Jean-Paul, mon boucher -que je baptise ainsi pour préserver son anonymat- après avoir trouvé de l’araignée, de l’onglet de veau et autre pièces exotiques signe des bons bouchers, je tombais en admiration devant un magnifique ris de veau. Rien que ça. En fait, un plateau de ris de veau, mais à 37 euros le kilo, on va s’en tenir à un, quand même, baisse du pouvoir d’achat oblige.

Le ris de veau, je l’ai découvert il y a fort longtemps, au détour d’une bouchée à la reine. Fondant, moelleux, léger en goût, j’ai cru au départ que c’était un morceau de quenelle (pardonnez-moi manque d’expertise, après tout je devais avoir moins d’une dizaine d’années). Marquée par ce souvenir, il m’est régulièrement arrivé d’en commander au restaurant, appréciant au passage le drôle d’effet produit sur votre commensal de vous voir manger une glande avec délectation. Thymus, quand tu nous tiens…

En effet, crue, la chose n’est que modérément engageante :

ris de veau cru

Au toucher, impossible de ne pas penser à une consistance de prothèse mammaire en silicone. Surtout si le ris sort du frigo.

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Pâte de curry complètement à l’ouest (un vent breton dans ma cuisine, part 2)

Jeudi 24 mai 2007

Après le salidou, la Gavotte et Plougastel, il était temps de s’attaquer à d’autres mythes du folklore breton culinaire.

Vous vous doutez bien que je ne me suis pas risquée au poisson, il y a des spécialistes pour cela. Ni à la galette : pas de tuile sous la main. Et encore moins au célèbre crachin, difficile à aromatiser. Les algues, j’en ai assez mangé pour un article sorti en février. Il faut souffrir parfois.

J’ai fait un sort à un produit total typique : le curry. Si si si, Vishnou se cache en Bretagne.

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La grenade, épisode 2 : filet mignon doublement grenadé

Lundi 13 novembre 2006

Après la tête, l’estomac…

Pendant longtemps j’ai juste épluché les grenades puis dévoré leurs graines, comme du pop corn light et végétal.Estelle m’a ouvert une porte avec sa recette de salade de grenade � la fleur d’oranger et ma vie a changé : quand c’est bon simple et cru, j’hésiterai presque à le cuisiner, quel dommage !

Presser une grenade est salissant mais son jus acidulé et transparent est particulièrement savoureux et ravissant (avis aux fabricants de vernis à ongles et de lipgloss, c’est exactement ce genre de couleur dont je rêve…):

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Un presse-agrume suffit, il faut juste y aller doucement sinon les particules blanches dégagent de l’amertume. Exit le presse-agrume électrique qui va trop vite, la grenade est un fruit qui mérite qu’on s’y attarde, à tous les sens du terme. Longue à éplucher, longue à presser, mais longue à savourer !

A MARINER
Mais tout seul et cuit, le jus de grenade simplement pressé m’a souvent déçue. J’ai eu l’idée de le combiner avec ce génial et merveilleux produit que tous les fans d’acidulés connaissent, la mélasse de grenade, grande amie de la cuisine libanaise.

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Donc, la recette : prendre un filet mignon de porc. L’enduire d’une cuillère à soupe de mélasse de grenade. Arroser du jus d’une demi-grenade. Couvrir et laisser mariner 1/2 journée.

P1020346P1020362Les photos de viande, c’est vraiment jamais beau…Avant/après…

Faire rôtir doucement en cocotte -de fonte bien sûr-, avec une échalote finement émincée et en réservant la marinade, l’ajouter � la fin (soit après au minimum 30 mn de cuisson, en retournant fréquemment la bête) et faire réduire jusqu’à consistance caramélo-sirupeuse.
Servir avec du boulghour mélangé aux graines de l’autre moitié de grenade.

Le filet mignon est de la sorte recouvert d’une fine croûte caramélisée et acidulée, d’une couleur rouge assez ravissante, sombre et digne d’un peintre italien. A vous de choisir si c’est Titien ou Carpaccio, mais c’est très seyant.

Pour des astuces magiques pour peler une grenade, rendez-vous chez JP, bien sûr, et pour faire sa grenadine, ne ratez pas le message d’Estelle.

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Double Blog Appétit : pintade à l’orange et au chou coeur-de-boeuf / gnocchi tendres aux deux chous

Mercredi 5 avril 2006

 

J’aurai pu imaginer des choux à la crème : la pâte à chou, c’est pas cruciférique, mais y’a le nom, et dans la crème, y’a des oeufs non ?

Ou encore, des nids de quelque chose garnis de belles lanières de choucroute : ça marche aussi ? Ou faire ma choucroute moi-même ? (zut, je n’ai plus de place pour une barrique à choucroute dans la cuisine, c’est pour ça qu’on déménage non ?)

Ou bien, prendre le bébé d’une animatrice blonde de TF1 : le petit chou d’une dinde ? Naaaaaaaaan ! Mauvais esprit !

Pourtant, j’ai fait simple, très simple, pas envie d’esbrouffe sur des produits si simple et si terroir. Ca, c’est le gastronomiquement correct pour “peu d’inspiration”. Mais j’ai un mot d’excuse !

Je ne suis pas fan de chou, qui a pourtant bercé mon enfance (au point de taquiner ma mère en lui demandant si elle était polonaise).Mais par un joyeux tour du sort, mon petit chou à moi est très fan de chou : il bat des bras face à une purée de romanesco et c’est l’éclate avec du chou-fleur… Donc, désormais, ça sent souvent le chou à la maison, les créateurs de Blog Appétit ont dû le sentir !

J’avais pris de l’avance, la première recette que je vous propose a été faite fin janvier.

Voici donc une interprétation simple et bête de la pintade au chou.
La pintade est fermière mais le chou, lui, est pointu. Pointu, “sharp“, comme dirait Cantona, de l’espèce Coeur-de-Boeuf, que j’affectionne particulièrement (enfin, plus que les autres).

 

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Pointu, viril, et surtout, délicat en goût.

Avec une simple pintade rôtie, un peu sophistiquée par une orange dans le derrière (coupée en deux quand même, pauvre pintade) :

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Le couvercle de la magic cocotte, et hop, une petite heure de cuisson à doux couvert…

Quelques pommes de terres brossées pour accompagner les parfums de la pintade,du chou et de l’orange…

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Le problème avec ce chou, c’est qu’il ne reste pas grand chose à la fin, un souvenir de son parfum… mais bien suffisant pour moi.

La recette est si basique qu’elle ne nécessite finalement pas un roman : frotter la pintade de jus d’orange, couper une 1/2 orange en quart et la fourrer dans le croupion de la pintade. Peler et hacher deux belles échalotes, laver et hacher grossièrement un chou coeur de boeuf, brosser des patates grenades. Faire dorer la pintade. L’ôter de la cocotte, faire rôtir échalotes et chou. Déposer la pintade sur son lit de chou, mollement affalée. Assaisonner, ajouter le zeste de l’orange, un fond de vin blanc ou de bouillon, couvrir et laisser cuire 20 mn. Au bout de ce temps, ajouter les pommes de terre. Couvrir et laisser cuire encore au moins 30 mn. Remuez souvent !

Bon, j’aurais pu m’en tenir là, mais hier soir, j’ai fait une recette dont je me suis rendue compte a posteriori qu’elle répondait aux critères !
De simples gnocchi de pommes de terre, enrichis d’un jaune d’oeuf (et la voilà ma volaille, même en devenir), sautés avec diverses parties de divers choux. Et tout le sport blog appétien était là : j’ai utilisé mon ami le chou-rave (vert pour cette fois), avec ses feuilles délicieuses, meilleures que des épinards ; et son coeur coupé en fines lamelles ; quand à la crème enrobant l’ensemble, c’était le pied de brocoli râpés… les florettes ayant fini dans l’estomac de Bébé ravi de l’aubaine.

Un vrai plat de récup’, avec feuilles, bulbe et pied de chou : tout bon et tout vert comme le printemps !

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Pour les gnocchi, vous savez tous les faire : purée de pommes de terre farineuses, farine, muscade, sel, et ce coup-ci un jaune d’oeuf (mais je préfère sans). Faites les cuire à l’eau bouillante salée pendant que vous préparez à côté la garniture dans un wok, garniture composée des feuilles de chou-rave soigneusement émincées, d’une échalote grise, de pétales de chou-rave. Laisser cuire doucement 5 mn dans l’huile d’olive (le temps que l’eau des gnocchi commence à bouillir). Pendant ce temps, râpez les pieds des brocolis (ce qui n’est pas un job de pédicure pour autant ce jeu de mot est affligeant) et ajoutez-les dans la poêle, comme de gracieux confetti. Profitez-en pour plonger les gnocchi dans leur jacuzzi, armez-vous d’une écumoire et quand ils remontent, c’est qu’ils sont cuits : hop, dans la poêle, où ils achèvent tranquillou leur mélange avec les choux. Faire un peu griller sans coller (c’est délicat, une histoire de poêle), ajouter quelques cajous écrasées qui passaient par là (pensez alors à Cléa qui les aime tant), un filet d’huile d’olive, et MIAM !!!!!

Je sais que je devrais manger du chou plus souvent, je m’y mets doucement. D’ailleurs je commence mon coming out : je partage mon bureau avec une spécialiste en nutrition qui fit sa thèse sur…les choux. Sa conclusion ? Ils sont tous fantastiques pour la santé, notamment pour lutter contre le cancer.
Mais malheureusement, quand on lui demande s’il y en a un plus efficace qu’un autre, la réponse est : il faut manger un peu de tous les choux !
Donc, rutabagas, chou-rave, chou-fleur, romanesco, brocoli, chou-fleur violet graffiti, coeur de boeuf, chou rouge, chou vert, chou chinois : le chou, c’est bon pour la santé, faut en manger…

Et j’espère que les autres blog appétiens seront meilleurs que moi pour montrer aussi que c’est parce que c’est bon qu’il faut en manger !

Bref, vous l’avez compris, je suis pas très fière de moi sur ce Blog Appétit, un peu fait à la va-vite…avec le fond du placard et du frigo !

 

Plats qui réchauffent, épisode 4 : la poitrine de porc crousti-fondante de La Régalade

Dimanche 12 mars 2006

 

Heureusement que le temps s’est rafraîchi sur Paris, ça me donne un prétexte pour vous livrer une recette hautement calorique et qui va vraiment faire plaisir à cet obsédé du cochon qu’est Dorian. En fait j’avais la recette dans les tablettes depuis un moment mais quand j’ai vu la semaine du cochon de Dorian qui s’achevait… comme je dessine mal, autant y contribuer autrement.

En plus, le printemps n’est que le 21 mars, donc je m’accorde encore le droit de vous poster une recette d’hiver, qui pourra vous servir cet automne alors. On en est pas là, mais je me donne l’impression d’être une fille vraiment organisée en vous disant ça.

Déjà, en demandant ce morceau chez le boucher, j’ai senti son oeil interrogateur. Mon boucher m’aime bien, sans me faire de film ni d’érotomanie commercante. Quand je le croise dans la rue, sans son tablier, je mets 2 secondes à le reconnaître, mais on se salue toujours. Normal : je lui ai demandé lors de ma première visite des os pour faire mon bouillon moi-même. Et ce jour-là, j’ai gagné son respect (ça, plus la queue de boeuf…ça l’a achevée).

Là encore, comme le jarret, c’est une recette parfaite pour une flemasse :
1- Elle cuit sans surveillance pendant la durée de 2 épisodes de Desperate Housewives.
2- On en fait les 2/3 la veille.
3- La finition du jour même prend le temps d’un repas de Virgile, et en plus : sans surveillance !

Mon seul regret, c’est de ne pas avoir inventé cette recette. Je l’ai trouvée dans le Régal spécial cochon -très réussi d’ailleurs-, et c’est une recette de Bruno Doucet, qui a repris La Régalade où officiait Yves Camdeborde. Sa simplicité m’a franchement plu, et son côté diététiquement pas correct aussi.

Fait extraordinaire : j’ai déjà fait ce plat 2 FOIS, ce qui est vraiment rare chez moi. Et signe d’excellence.
La poitrine de porc, ne le cachons pas, c’est gras. Vraiment très très. Mais oooooooooooohhhhhhhhhhh que c’est bon ! A la dégustation, la consistance croquante et caramélisée de la croûte m’a fait penser au canard laqué. Et dessous se cache une viande fondante, goûteuse, préservée par la cuisson toute simple à l’eau.

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J’ai donc légèrement modifié ce plat en exploitant son ton asiatique : 2 étoiles d’anis, et saler le plat final à la sauce de soja, plus quelques grains de poivre du Séchouan.
En accompagnement, du chou vert sauté avec quelques nouilles chinoises, épicées de coriandre… Pas beau sur la photo, mais le mélange était délicieux.

Essayez vite tant que vous n’avez pas la pression du maillot de bain !


PORC CROUSTI-CARAMELISANT-FONDANT
Pour 4

  • 1 poitrine de porc (env. 1.2 kg)
  • 1 carotte
  • 1 échalote
  • 3 étoiles d’anis
  • 1 clou de girofle
  • 1 cuillère de poivre du Séchouan
  • 1 cuillère à soupe de sauce de soja
  • 30 g de beurre demi-sel

Laver, éplucher et découper en rondelles la carotte. Eplucher et couper l’échalote en 4.
Mettre le porc dans une grande cocotte. Recouvrir d’eau froide. Ajouter les légumes, l’anis et le clou de girofle.
Porter à ébullition, écumer pendant 10 mn (d’ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi il faut écumer…).
Laisser cuire 1h30, retourner la bête à mi-cuisson.
Réserver au frigo.
Le lendemain : découper la poitrine en 2 morceaux.
Faire fondre le beurre à feu doux dans une grande poêle anti-adhésive.
Y déposer la viande côté couenne dans la poêle (gras sur gras !), la laisser dorer doucement 20 à 30 mn, jusqu’à ce qu’elle soit brune et croquante.
Retourner de l’autre côté et laisser cuire encore 10 mn.
Servir avec une salade vraiment légère, voire pas du tout assaisonnée.

 

 

Plats qui réchauffent, épisode 3 : le peposo de jarret de boeuf

Lundi 13 février 2006

 

Episode 3 ??? Le syndrome Star Wars aurait-il frappé ?

Les 2 autres ont en fait eu lieu l’hiver dernier : je vous avais proposé une blanquette aux zestes de citron et un exquis boeuf à la guiness aux dumplings.
Les frimas sont revenus, j’ai ENCORE acheté une cocotte en fonte : j’avais la grosse Staub pour quand nous sommes nombreux -achetée avec les droits d’auteur de mon premier bouquin, eh oui- , il m’en manquait une petite pour les plats en amoureux, et j’ai fait l’erreur fatale d’aller visiter le blog de Requia et pafffffffff !!! une petite cocotte ronde en fonte rouge, Staub toujours, à ranger dans les placards…
Elle a été inaugurée à coups de pilaf et de plats de lentillons, mais elle attendait du solide.

D’habitude, je n’achète pas ma viande sous cellophane, mais je confesse une faiblesse. J’ai péché, j’ai craqué au Franprix du coin en voyant mon morceau préféré, du jarret, qui était magnifique, vraiment… mais du jarret de boeuf ! Pour une convaincue du jarret de veau et de l’osso bucco, c’était irrésistible.

Il y avait une rencontre à organiser entre ces deux-là (destinés… on était tous les deux destinés… à voir nos chemins se rencontrer…) que j’ai cherché du côté de l’Italie avec un plat comme je les aime : un plat avec une jolie histoire. Mon Dieu, quand je raconterai des histoires à Virgile, faites que je ne lui raconte pas que ce genre d’histoires !

Nous sommes en 1400 et  des poussières. Il fait chaud à Florence, où s’activent de nombreux ouvriers occupés à bâtir ce qui deviendra le fameux Duomo de la Cathédrale. Midi s’approche, et nombre d’entre eux ont mis depuis la veille à cuire sur les feux qui servent à la cuisson des tuiles leur plat de terre cuite d’où un léger fumet s’échappe…. Un plat d’un morceau de boeuf pour les pauvres, avec peu d’assaisonnement, mais beaucoup de vin, et surtout, du poivre, beaucoup de poivre, ses vertus antiseptiques étant plus qu’utiles à l’époque et avec des temps de cuisson très longs !

La légende dit que, peut-être, Brunelleschi aurait savouré ce plat en regardant son oeuvre s’élever…

Donc, si Florence vous manque, faites-vous un peposo, et vous aurez d’un coup l’impression de manger un petit peu de Renaissance italienne :

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Les variations par rapport à la tradition : je n’ai pas coupé la viande (normalement, elle est en cubes), le jarret entier étant plus spectaculaire à mes yeux. De plus, vous pouvez profiter de la moelle à tartiner au passage, et l’os aura plus parfumé votre sauce, très réduite. N’oubliez pas de frotter légèrement de sel les extrémités de l’os afin d’éviter la fuite de la moelle dans le jus.

Comme c’est poivré, normalement, tout le monde risque de finir votre soirée torse nue, et je vous garantis que ça mettra de l’ambiance !

Culture et sexe : voilà un beau programme de Saint Valentin, non ?


PEPOSO DE JARRET DE BOEUF

  • 1 jarret de boeuf
  • 1 bouteille de vin rouge italien
  • 1 boîte de passato de tomates (ou de tomates pelées à défaut)
  • 4 gousses d’ail
  • 20 grains de poivre noir grossièrement écrasés
  • 2 pincées de sel
  • 1 branche de romarin, 1 branche de sauge et 1 branche de thym

C’est une recette de rêve pour les flemmasses.
Tout mettre dans une jolie cocotte à mijoter. Mettre un couvercle surtout. Allumer le feu, mener à ébullition.
Baisser le feu et laisser cuire environ 3h, en pensant de temps à autre à tourner le jarret et à vérifier à l’occasion la réduction de la sauce (petit conseil : gardez un peu de votre bouteille de vin à portée de main, et ne la sifflez pas).
C’est cuit quand la viande semble sur le point de s’effilocher.
J’adore, y’a même pas à faire dorer, encore plus simple que la daube, même pas à mariner ni à découper ! Et en plus, on peut faire la fille cultivée auprès de ses invités…

 

Filet mignon mariné à la rhubarbe et au gingembre, risotto aux gariguettes (Blog Appétit n°3)

Dimanche 5 juin 2005

Quand j’ai vu le thème de cette édition du désormais célèbre Blog Appétit, j’ai sauté de joie (et dans mon ventre j’en connais un qui a fait pareil, vu comme il gigote quand je mange des fraises). Pensez donc : mes deux fruits préférés associés !!! Gloire à Mijo !

Le souci, c’est que j’ai déjà publié quelques billets sur le sujet :
- la rhubarbe pochée à la vanille (d’après Alain Ducasse)
- la salade de fraises au basilic -les préférées de Christie de Ma vie sans moi.

En matière de rhubarbe, mon dealer et maître officiel en la matière est … ma belle-mère (oui, la maman de Bricol’Boy) ! En saison, il y en a toujours un paquet en provenance de son jardin qui m’attend, et elle connaît mon goût forcené pour la chose…
La dernière fois, elle s’était déchaînée : un clafoutis à la rhubarbe de la mort qui tue (c’est vraiment le vocable qui s’impose, si si), dont je ne desespère pas de lui extorquer la recette ; une simple tarte à la rhubarbe (pâte sablée maison of course) accompagnée d’une sauce-coulis qui était
un dessert à lui tout seul. C’était une compote de rhubarbe très fortement parfumée aux zestes d’orange, mélangée à une quantité égale de crème fouettée : une sorte de mousseline rhubarbée très démoniaque.

Bref, vous voyez que j’ai affaire à un maître en la matière, et que je n’allais pas risquer de m’y frotter, tout compte fait ! Surtout que son fils m’a séduit avec une tarte à la rhubarbe recouverte de fraises -mais ça c’est une autre histoire, non homologuée blog-apétienne…

Avec tout ça, m’est simplement venu des envies de recettes
salées… Pour des raisons sanitaires aussi ;-)) : je me suis dis que nous risquions peut-être le diabète par blog interposé, connaissant les superbes talents de pâtissier/patissière qui fleurissent dans la blogosphère !

Pour la rhubarbe, j’avais le souvenir que le porc s’accompagnait souvent fort bien de fruits, dans une tradition assez anglaise : la rhubarbe et l’Angleterre, tic-tac… et me voilà en train de me souvenir d’une recette de Jamie Oliver, le filet mignon à la rhubarbe.
Je m’en suis inspirée pour l’impulsion de départ, disons pour le thème, mais l’interprétation était fort personnelle.

Quant à la fraise ??? Je me suis souvenue d’avoir vue en Italie il y a fort longtemps un risotto alle fragole, qui m’avait intriguée. Après tout, on fait bien du risotto aux griottes
pour aller avec le canard, et je crois bien du risotto au cassis en Suisse Italienne. En fait, la bonne occasion pour tester.

Le plus drôle a été la tête de Bricol’Boy quant je lui ai énoncé ce que j’allais lui infliger le soir même… Il a beau avoir l’habitude des trucs bizarres, c’était quand même un joli pompon !

Commencons donc par le filet mignon : un simple lit de tronçons de rhubarbe, recouvert d’un filet mignon mariné d’une pâte maison très spéciale et épicée.
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(J’aime bien montrer le côté avant/après cuisson, surtout avec de la bidoche, c’est rigolo…)

Hop, une petite cuisson au four, le temps de préparer le risotto aux fraises -très classique risotto auquel on ajoute à mi-cuisson des fraises coupées en petits dés :

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L’avantage, c’est que l’enchaînement des plats est très simple…
Pendant que le risotto finit de risotter (blop-blop-blop, le cri du risotto au fond de la cuisine), il n’y a qu’à sortir le filet mignon du four.

Et voilà le travail (OK, c’est le four qui a bossé) :
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Et voilà, blog apétit final et verdict de l’Homme : “mais c’est bon dis donc !!! qu’est-ce que ça va bien ensemble !!! J’aurai jamais cru !!!”

Faut dire que pour avoir une chance de passer le cap, j’avais pour une fois soigné la présentation (ah, le cercle à dresser, c’est magique…)

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Filet mignon mariné au gingembre, rhubarbe au jus et risotto aux gariguettes

Allez, j’arrête avec le making of, voici les recettes ! Et vivement Blog Apétit n°4… si Bébé me permet de participer…


Filet mignon à la rhubarbe, d’après Jamie Oliver
Dans la recette originale, Jamie entoure le filet mignon de tranches de jambon cru et de feuilles de sauge, en en faisant un rôti en portefeuille. J’ai préféré opté pour une marinade épicée de mon cru, piquant à Jamie sa technique de cuisson sur le lit de rhubarbe.Pour 3 gourmands

  • 400 g de rhubarbe rose en tronçons, pelée, effilée
  • 1 filet mignon de porc
    Pour la marinade :
  • 1 morceau de gingembre frais
  • 1 grosse gousse d’ail frais
  • 1 cuillère à café de moutarde (perso j’avais choisi de la moutarde Maille gingembre-orange)
  • 1 cuillère à soupe de sauce soja
  • 2 cuillères à café d’huile d’olivePréparer la marinade : peler ail et gingembre, les râper ensemble. Y ajouter les ingrédients, jusqu’à l’obtention d’une pâte.
    Entailler le filet mignon en plusieurs endroits, pour permettre à la marinade de mieux parfumer la viande. L’enduire de la pâté épicée, masser
    amoureusement le filet mignon (heureusement qu’il est mignon, NDLR…), laisser mariner pendant une petite heure.
    Préchauffer le four à 220°.
    Beurrer un plat à gratin, y répartir la rhubarbe. Saler, poivrer.
    Déposer par-dessus la viande.
    Prendre une feuille de papier sulfurisé, la mouiller et en faire un couvercle pour le plat.
    Enfourner pour 15 mn.
    Oter le couvercle en papier au bout de ce temps et terminer la cuisson pendant 15 autres minutes.Le coup du papier sulfurisé m’avait laissée sceptique mais après l’avoir essayé, je ne peux que conclure à son efficacité : cela permet à la viande de rester moelleuse sans se dessécher, et aux saveurs de bien se
    mélanger. La cuisson finale sans couvercle permet d’avoir un filet mignon joliment doré mais pas sec du tout.


    Risotto aux fraises
    Pour 4 personnes (eh oui, on en a remangé !)
  • 200 g de riz ad hoc pour le risotto (vous saurez tout à ce sujet sur le blog de Ségolène)
  • 125 g de gariguettes
  • 1 oignon frais
  • 3/4 de litre de bouillon de volaille
  • 1 verre de vin blanc ou de Martini
  • Crème fraîche (perso, fleurette), parmesan pour la liaison finale
  • Quelques brins de ciboulette
  • Fraises entières pour décorerPeler et hacher l’oignon. Le faire dorer dans de l’huile d’olive, puis y ajouter le riz. Le faire nacrer, ajouter ensuite le vin blanc. Tourner jusqu’à évaporation.
    Ajouter ensuite progressivement les louches de bouillon bouillant, en tournant sans cesse.
    Appeler à l’aide parce que vous avez oublié d’équeuter et couper les fraises et que vous avez les mains prises par la surveillance du risotto, et que c’est maintenant qu’il faut les ajouter.
    Du coin de l’oeil regarder votre assistant bien-aimé accomplir la tâche avec zèle.
    Ajouter les fraises à mi-cuisson du risotto, puis continuer avec le bouillon de la même manière, jusqu’à obtenir le degré de cuisson souhaité de votre
    riz.
    Hors du feu, crémer et parmesaner légèrement. Couvrir une minute avant de mélanger énergiquement pour obtenir la merveilleuse liaison collante et fondante du risotto (ce qui se nomme fort bellement
    mantecare il risotto”, mot qui n’est utilisé que pour le risotto !). Ajouter de la ciboulette hachée pour faire un élégant contraste vert-rose.
    Servir en regrettant de ne pas avoir de petite fille à la maison : ce risotto couleur rose bonbon ferait se pâmer Barbie, voire Barbara Cartland.
    Petite variante : vous pouvez également couper les fraises en début de recette et les faire mariner dans le vin blanc, en ajoutant l’ensemble au milieu de la cuisson du risotto. Elles rendent ainsi un peu plus de jus.

Epaule d’agneau à la menthe et au citron confit, jardinière de printemps (blog appétit n°2 “agneau et petits pois”)

Lundi 18 avril 2005

Les blogs appéteurs se sont déchaînés ce mois-ci : il fallait
plancher sur le thème “Agneau et petits pois“. Avec Blog Appétit, on s’amuse, mais quand même, on a un peu l’impression de repasser le bac : l’exercice est rajeunissant. Et parfois, les idées de recette viennent juste en réfléchissant aux auteurs du thème !

Il semble que ce soit la célèbre Pascale qui soit à l’origine du
thème de ce mois-ci, me disais-je en réfléchissant à ma recette… Or, Pascale aime bien la cuisine anglaise, encouragée par les origines de son mari. Et qu’est-ce qui est typiquement british quand je dis “agneau” ? La sauce à la menthe !
Donc, forcément, de la menthe, pour lui rendre hommage. D’autant que j’ai dans mes cartons une recette de printemps que j’aime beaucoup : un velouté de petits pois à la menthe. Voui, voui, voui, la menthe s’impose.

En même temps, ce que je préfère comme goût avec l’agneau, c’est le citron… Le côté tajine, ça me réveille les papilles endormies par l’hiver. Va pour du citron confit alors.

Enfin, le choix du morceau va de soi : une épaule, c’est vraiment ce que je préfère, ça ne souffrait même pas réflexion.

Donc : un mélange de menthe fraîche hachée et de citron confit, dont il faut masser langoureusement l’épaule (ah, les massages d’épaule, ça fait du bien à tout le monde) avant de l’envelopper serrée dans du film plastique, le temps d’éplucher tous les légumes.

Surtout, il faut que votre boucher vous donne à part les os de votre épaule, ils vous serviront à parfumer le bouillon :
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Les légumes : petits pois “figure imposée” bien sûr, jeunes
carottes, persil tubéreux, févettes, oignons nouveaux, quelques feuilles de salade (que j’ai en fait ajoutées à la presque fin). Je n’avais pas envie d’écosser 4 kg de petits pois : parfois, la flemme est bonne conseillère, et voilà une jolie jardinière de printemps. Une touche de
lard fumé
pour le moelleux et la Ducasse’s touch (dans ses recettes d’agneau, cherchez le lard, la pancetta ou la barde, il y en a presque toujours, et le pire, c’est que c’est bon).

Pour les petits pois en soi, bien qu’ils ne soient pas cuisinés de la sorte aujourd’hui, j’utilise un “truc” que je trouve très goûteux et que j’ai emprunté à la soupe de petits pois téléphone du Grand livre de cuisine d’Alain Ducasse (décidément…) : quand vous écossez vos petits
pois, gardez les cosses fraîches et craquantes. Faites-les pocher dans le bouillon que vous utiliserez pour votre soupe : la soupe aura un parfum décuplé, avec ce petit goût vert et sucré qu’on leur aime tant…

Persil, menthe, encore un soupçon de citron, deux louches de bouillon de veau home made, et roule ma poule, à feu doux et à couvert s’il vous plaît :

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Et voilà le résultat final :

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Je ne vais pas vous montrer les assiettes vides quand même non ?


EPAULE D’AGNEAU FROTTEE A LA MENTHE ET AU CITRON CONFIT, JARDINIERE DE PRINTEMPS
Pour 6 personnes

  • 1 belle épaule d’agneau désossée, gardez l’os à part
  • 1 bouquet de menthe
  • 4 citrons confits
  • 2 gousses d’ail nouveau tout beau, tout frais
  • 1/2 litre de fond de veau
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • Sel, poivre, piment d’Espelette
    Pour la jardinière :
  • 1 kg de petits pois
  • 1 kg de fèves
  • 500 g de carottes fanes
  • 500 g de persil tubéreux
  • 4 oignons nouveaux
  • 1 gousse d’ail frais
  • 1/4 de litre de fond de veau
  • 1 noix de beurre saléEplucher l’ail frais. Laver et essuyer soigneusement la menthe. Couper grossièrement 3 citrons pour enlever les pépins.Mixer les 3/4 des feuilles de menthe, l’ail et les citrons jusqu’à obtention d’une pâte. La diluer avec 1 c.à soupe d’huile d’olive, saler, poivrer et ajouter 2 pincées de piment.
    En enduire l’épaule d’agneau des deux
    côtés, en la massant. L’enrouler bien serrée dans du film plastique, la remettre au frigo le temps d’éplucher les légumes.
    Maintenant, s’attaquer à la corvée d’épluchage : écosser fèves et petits pois.
    Gratter les carottes. Peler le persil. Peler et hacher les oignons.
    Couper carottes et persil tubéreux en jolis tronçons.
    Faire chauffer 1 cuillère à soupe d’huile d’olive dans une cocotte en fonte. Y faire dorer l’épaule sur tous les côtés. Ajouter le bouillon, l’os réservé et un bouquet garni. Couvrir et laisser mijoter 45 mn, en tournant régulièrement la bête.

    Oter l’épaule, gratter les sucs, si nécessaire réserver le bouillon restant. Donner l’os au chien.
    Faire dorer les oignons puis les autres légumes dans la
    cocotte. Installer douillettement l’épaule sur ce joli matelas (de princesse au petit pois). Arroser d’1/4 de bouillon. Couvrir et laisser cuire environ 20 mn à feu doux.

    Préparer les finitions : hacher le citron restant et le restant du bouquet de menthe.

    Au moment de servir : sortir l’épaule. Ajouter dans la jardinière la noix de beurre, le citron et la menthe, tourner vivement.

    Servir en bonne compagnie de convives ayant envie de fêter le printemps !