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04 jan 2012

2012, année nationale de la lentille – la moujaddara de Sophie Brissaud

13 commentaires Ecolokitch(en), L'art d'accomoder les restes

2012, année des vannes pourries : qui n’y est pas allé de son « good niouze », « shoes », « flouze » ? Si vous avez reçu des « partouzes », de la « loose » ou pire encore, du Michel « Sardouze » ou « Kermouze », posez-vous des questions sur vos amis Facebook, et faites un petit tri peut-être.

Il faisait froid dans l’appartement quand nous sommes rentrés du grand chelem des vacances-en-famille-aux-deux-coins-de-france. Nous étions le premier janvier, et petite tradition chère à mon coeur, j’aime servir des lentilles ce jour-là. Déjà, parce que tout le monde aime cela à table. Et puis parce qu’avec un frigo quasi-vide, c’était parfait. Parce que comme tous les mois de janvier, j’entreprends un grand destockage de placard (et avec mon job, on y trouve parfois des choses plus qu’étranges qu’il faut bien liquider). Et qu’en Italie, et dans le Sud de la France, on dit que c’est ce qu’il faut manger pour ne jamais manquer d’argent au cours de l’année qui vient. En temps de crise, j’espère que tout le conseil des Ministres s’est plié à la tradition.

La modeste lentille, voilà ce qu’il nous faut pour 2012. Une empreinte carbone minime, une pousse sur des sols arides, une universalité merveilleuse, une diversité de couleurs bienvenue, une teneur en protéines à faire pâlir un carnivore. Poussée par nul syndicat, aucun concours visant à me faire gagner un tablier ridicule ou un voyage au merveilleux pays où poussent les légumineuses, je l’affirme sans lobby : la lentille, c’est l’avenir de l’alimentation.

Les enfants étaient en train de jouer avec toutes leurs merveilles ramenées dans des valises plus hautes que moi -quasi- et moi je méditais donc, assise sur la machine à laver, sur comment accommoder mes lentilles lorsque je vis passer ce mot de Sophie Brissaud : « Pour célébrer le Nouvel An et favoriser la prospérité, je fais une moujaddara palestinienne. Riz et lentilles, oignons caramélisés, un dosage d’épices selon l’inspiration (cumin grillé, fenugrec, poivre noir de Penja, gingembre en poudre, curcuma, 1 pincée de safran du Maroc). Bientôt sur mon blog, avec photos sommaires (dans le sens de la « leçon de guitare sommaire » de Boby Lapointe). »

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06 oct 2011

Panisses maison, parce que la Méditerranée a la forme d’un pois chiche

12 commentaires Ecolokitch(en), Grignotivore

On me demande souvent si Marseille me manque. Pas toujours, et pas certains aspects, dirons-nous pudiquement. Mais certaines choses me manquent. L’herboristerie du Père Blaize par exemple, par laquelle je forçais ma mère à faire un détour juste pour sniffer les odeurs de plante qui embaumaient la rue Méolan. Empereur, même si à Paris il y a Mora, Dehillerin et tout ce qu’une dingue de cuisine peut imaginer secrètement, parce que Empereur, quand même… Et puis il y a les panisses. Les membres de ma famille, quand ils passent par Paris, savent comment me faire plaisir. Pas de bouquet de fleurs ou de chocolat, non : deux rouleaux de panisses ultra-fraîches, achetées chez Cantini-Flandin, qui ont juste pris le TGV pour 3 heures, bien à l’abri dans leur glacière. J’en saute de joie à l’arrivée, joie partagée par le jeune Virgile qui en raffole. Des pois chiches, et c’est la fête : voilà ce que c’est d’avoir des goûts de pauvre.

La panisse, c’est grosso modo de la polenta de pois chiches, coupée puis frite. Vous avez la socca à Nice -pâte assez voisine, bien que plus liquide, et cuisson très différente, qui lui donne plus de croquant, vous avez la cade à Toulon -un régal aussi, mais cuit au four, vous avez la calentica juste en face, à Oran. Et si vous descendez à la nage jusqu’à Palerme, vous en serez récompensés par de savoureuses panelles qui ressemblent comme des cousines à mes panisses chéries.  La Méditerranée est cernée par les galettes de pois chiches. Si vous aimez le pois chiche, ne vivez pas une minute de plus sans cette bible qu’est le Traité du pois chiche chez Actes Sud. Offert par une amie sudiste, elle m’a fait un cadeau inestimable !

Aussi bizarre que cela paraisse, je n’avais jamais pensé à en faire. J’en achetais parfois au magasin bio, en cas d’urgence de protéines végétales, mais ce n’était pas vraiment pareil. On m’avait toujours dit que c’était difficile, collant, salissant. Pourtant, j’ai trouvé ça d’une simplicité enfantine, d’un coût plus que modeste… et d’une saveur inégalée. « C’est plus vert, plus herbacé », a déclaré l’homme en savourant sa première frite de panisse 100% maison.

Seule concession à la modernité : j’accompagne désormais les panisses depuis une bonne année par une petite sauce graines de courge-yaourt de brebis qui fait un effet boeuf. Ou plutôt un effet végétarien, ce sera plus proche de la vérité.
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18 sept 2011

Des petits plats du quotidien, et de la magie de la sauce bull-dog en particulier

18 commentaires Ecolokitch(en), Légumivore

Il paraît que les légumes, c’est ce qu’il y a de plus difficile à cuisiner ?  C’est vrai que les blogs regorgent plus de recettes de gâteaux (comme le signalait l‘indispensable JP),  de recettes de fêtes et de plats d’exception que de martingales de petits plats express qui vous sauvent la mise à 19h10.

En tout cas, après avoir envoyé sur les réseaux sociaux la mauvaise photo (oui, la même que reproduite là…) de ce plat improvisé, et vu les réclamations pour avoir la recette (c’est tellement simple que ça e, est une non-recette, puisqu’elle tient dans les trois mots du titre), il y avait urgence à la faire partager. Parce que j’en ai ras-la- cocotte des recettes alambiquées, des saint-jacques à tire l’arigot (de mouton)… Pourquoi si peu de coquillettes, de jambon et de poireaux sur les blogs de cuisine, et tant de gougouttes de mauvais balsamique réduit ? Parce que c’est photogénique, pardi ! Alors non aux complexes : oui, nous mangeons (souvent) des plats pas beaux. A base d’ingrédients non nobles. Et alors ! N’est-ce pas justement ce qui est le plus quotidien que l’on devrait travailler à rendre le meilleur ? Ces petits plats tout simples, tout bêtes, dont un détail suffit à nous faire faire mmmmh en le savourant.

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15 août 2011

Des difficultés du végétarisme express – le mariage honteux des coquillettes et des lentilles

14 commentaires Ecolokitch(en), Pastavore

Pas simple de manger moins de viande. Les légumineuses, on adore, mais pas toujours le réflexe de penser à les faire tremper la veille, cuire à la cocotte-minute etc (si vous l’avez loupé, le petit guide de Beena à ce sujet est perfectissime et à épingler sur la porte du frigo, tableau d’honneur des bons articles culinaires).

Coquillettes aux lentillesBien entendu, je suis une cuisinière Narta : je porte des tabliers blancs immaculés, je n’ai jamais de buée sur mes lunettes quand je guette une ébullition, je ne jure pas comme un charretier quand ma pâte sucrée décide de se déchirer, je n’ai jamais d’enfant accroché à ma jupe tout en ratatouillant, et bien entendu j’ai toujours tout ce qu’il faut sous la main dans ma cuisine nickel chrome où tout est rangé par ordre alphabétique dans des bocaux design. Et en femme responsable de son impact carbone, je pense toujours à préparer mes légumes secs grâce à un planning sous excel -accroché à la porte de mon frigo, bien sûr, si vous avez suivi.

En fait, pas du tout (étonnant, non ?). Etre organisée, même si c’est juste être en mode-survie-de-mère-de-famille-qui-bosse-aussi-ah-les-double-journées-et-les-acquis-du-féminisme-bordel, ça passe aussi par oublier de faire tremper les pois chiches (qui sont très bons en bocaux, certes, mais le couvercle plein de bisphénol, j’en fais des boucles d’oreille ou quoi ?). Et pour ces cas d’urgence, s’il y avait le mélange bien connu riz-lentilles corail, qui présente l’immense avantage de cuire en même temps -à peu près le seul bénéfice de ces indigentes lentilles corail qui, je le clame, sont à peu près le niveau zéro de la légumineuse- je vous présente sous vos applaudissement le mix coquillettes-lentilles.

Une seule casserole, une cuisson commune : les petits adorent, c’est plus simple à manger à la cuillère quand on est un bébé, et au final,  y’en a bien moins par terre à balayer ! Gain de temps, économie d’énergies fossiles et maternelles : il est pas beau, mon programme culinaire pour la rentrée ?

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21 mar 2011

Le riz de toutes les vertus

13 commentaires Ecolokitch(en), Epices, Produits

Et une poudre magique de plus sur l’étagère à épice, une ! Je n’ose même plus la  prendre en photo comme je l’avais fait aux tous débuts de ce blog (depuis, c’est ça… X4). J’ai eu la chance pour réaliser cet article de passer un long moment avec Olivier Roellinger dans son antre à épices. J’en suis ressortie sur un nuage, enivrée de vanille et de belles histoires. Je ne suis pas la première à louer ses épices, mais je sais désormais pourquoi elles sont si spéciales. Elles ont une âme, elles sont sélectionnées avec soin, et faites avec respect et éthique.

Ainsi dans son curcuma -que j’ai souvent du mal à apprivoiser- on ne retrouve pas cette note acre-amère que j’apprécie peu. Savez-vous pourquoi ? Eh bien, le curcuma n’est d’habitude pas pelé avant d’être moulu et séché. Idem pour le gingembre. Ce qui n’est pas le cas de celles d’Oliver, qui n’en sont que plus subtiles -et presque déstabilisantes tant leurs saveurs nous fait perdre nos repères habituels en matière d’épices.

Pour veiller sur mon bien-être, me trouvant un peu l’air fatiguée (malgré mon excellent anti-cernes, moi qui en ai testé des centaines et n’ai renoncé à être blogueuse beauté qui pour éviter d’avoir des vidéos de moi ouvrant la bouche en me mettant du mascara), le maître des lieux glissa dans mon sac une poudre magique, la « poudre des Vertus« . Attention, c’est un secret (et lorsqu’on sait que Jane Roelllinger est pharmacienne et que l’on se souvient de l’histoire du cari Vinday, on comprend bien des choses sur l’épicerie-apothicairerie et son aura ensorcelante) : un mélange de curcuma, de poivre, d’algue porphyre (le nori japonais) et de perlimpim, en proportions toutes à fait optimales pour leur pouvoir antioxydant. Ne cherchez pas sur l’étiquette une promesse marketing à la Servan-Schreiber. Ces épices sont si bonnes qu’elles ne peuvent être que bienfaisantes. Pas besoin d’allégations nutritionnelles pour séduire quand on a le bon goût de son côté.

Riz à la noix de coco et à la poudre des Vertus d'Olivier Roellinger

Pour profiter de ses saveurs, quoi de mieux qu’un riz tout simple ? Avec une touche de coco, il a su se marier à un dhal de lentilles assez épicé et un raïta hivernal au radis noir râpé. Attention : tout seul, il vous semblera trop sucré ! Il est à utiliser pour composer un thali et s’inscrire dans un équilibre global. Au lieu d’utiliser du lait de coco, j’ai en effet pris du jus de coco en canette, qui est en fait de l’eau de coco sucrée avec des petits morceaux de chair. Cela ajoute une touche caramélisé au fond de la casserole qui est délicieusement trop bon. Et vous noterez la cuisson économe en énergie, à finir par absorption, l’huile de coco ajoutant un peu de moelleux.

RIZ DE TOUTES LES VERTUS

1 verre de riz basmati
1 verre 1/2 d’eau chaude
1/2 verre de jus de coco
1 c. à café de poudre des vertus d’Olivier Roellinger
2 capsules de cardamome verte
1 c. à café d’huile de coco (en hiver, elle est solide)

Rincer le riz. Le couvrir d’eau et de jus de coco, ajouter la cardamome et les 3/4 de la poudre des vertus. Porter à ébullition 10 mn et couper le feu alors qu’il reste un peu de liquide. Couvrir d’un linge puis d’une petite assiette, laisser reposer 5 mn. Ajouter l’huile de coco et la poudre des vertus restantes et servir avec un curry ou un dhal.

Pour finir, je reviens sur l’idée que les bonnes épices sont chères, avec l’excellent exemple de la vanille.
Vous trouverez là bas des gousses de vanille d’un parfum et d’une fraîcheur incroyable -il a fallu me sortir par le chèche de la cave à vanille au bout d’une heure, je voulais y installer un bureau pour travailler en bonne fleur tropicale que je suis.

Gros gros coup de coeur pour la vanille fendue de Madagascar ultra-mûre, à essayer dans cette divine crème à la vanille. A 5 euros les 3 belles gousses, on a du mal à ne pas en mettre partout (surtout maintenant que j’ai le prétexte de les glisser dans une bouteille de rhum pour faire mon extrait)

Mais tu ne parles que de trucs super chers ! Roellinger c’est du 3 étoiles, tout le monde ne peut pas se permettre ce genre de choses, t’es rien qu’une foodsnob« .

Parce que 4,99€ les 2 pauvres gousses secouilles sous plastique de chez Vahiné -prix relevé ce soir sur houra.fr- soit 623,75 € / Kg, c’est pas de l’or en barre ? Et surtout, des gousses sans aucun goût, moelleux ni parfum ?

Ne pas se fier aux apparences, savoir lire les étiquettes, et savoir reconnaître le vrai luxe et les vraies valeurs là où elles sont.

Epicerie Olivier Roellinger
51 rue Sainte Anne
75002 Paris

> Une autre recette avec des épices Roellinger, la compote à la poudre de fées (qui n’ont pas été maltraitées durant la fabrication).

> D’autres fans de l’adresse : Tit’, Beena.

30 sept 2010

Un mini-marché très terroir parisien

15 commentaires Bonnes adresses, Ecolokitch(en), Légumivore

Chaque fois que j’ai un rendez-vous vers République, je me débrouille toujours pour aller faire un saut chez Christophe Vasseur, le délicieux boulanger du Pain et des Idées.

En saison, j’y craque pour la galette des rois -chère mais exquise- et le pain… ils sont tous bons. Une petite préférence pour le désuet Rabelais, au safran et aux noix, quand à sa fougasse… Il y a de quoi en faire toute une chanson ! J’y allais avec l’idée d’en découdre avec son croissant, que je n’avais pas encore eu l’occasion de tester.  C’est un test impitoyable qui m’a fait déserter de nombreuses boulangeries : je reste à la recherche du croissant parfait, croustillant et fondant, beurré mais pas gras, et suis souvent déçue. Pourtant, quand je n’ai plus envie de rien, le croissant reste, avec la tartine de brioche, le seul souvenir du goût de la vie.

IMG_4004En arrivant au bout de la rue Jean-Yves Toudic, surprise : devant la boulangerie, un appétissant étal de fruits et légumes, une queue de gens du quartier, et deux jeunes gens qui jouent aux marchands. Il suffisait de rentrer dans la boulangerie pour comprendre en lisant l’affichette, le temps de choisir sa tarte aux figues.

La jeune équipe de Terroirs d’Avenir propose désormais tous les vendredis la fine fleur des productions agricoles d’Ile-de-France : du local donc, et parfois, même, soyons fou, bio ! J’avais zappé l’annonce , et le hasard (et une paire de chaussures, en fait) me les mettaient sous le nez.

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Sur ce mini-étal magique, la semaine dernière, il y avait de splendides tomates de collection (noire de Crimée, Green Zebra et autre bananas), cresson extraordinaire (celui de Jacky Barberon, le même qu’au Meurice, normal puisqu’Alexandre et Samuel sont à l’origine du sourcing des produits utilisés là-bas), salades, courgettes, physalis, framboises…
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Je dois avoir la tête de la fille qui sait quoi faire d’un chou-rave (c’est à peu près le seul chou qui ait mes faveurs, à part le Paris-Brest, dans lequel comme chacun sait naissent les pâtissiers) puisque je meublais l’attente en expliquant à mes voisines comment le cuisiner (« oui oui les feuilles ça se mangent je vous jure« ) et en les convaincant de goûter des courgettes jaunes tendres comme des fesses de bébé.Foin de foodistas, c’était juste des gens du quartier ravis de trouver d’aussi beaux produits au pied de chez eux.

Je succombais devant cette petite curiosité… longue comme un jour sans pain !

Concombre arménien

Concombre arménien

Un étonnant concombre arménien, dont la saveur est bien plus voisine du melon  jaune que du concombre !

En attendant la publication du très attendu Terroir Parisien de Yannick Alléno, voir fleurir avec succès ce genre d’initiatives, ça donne de l’espoir dans le goût. Et le plaisir de croquer dans des mûres sur une tranche de mouna à la fleur d’oranger, bonne comme là-bas.

Etal Terroirs   d’Avenir, tous les vendredis devant Du Pain et des Idées, 34 rue Jean-Yves Toudic Paris 10ème.

19 avr 2008

Qu’il était vert mon velouté – bienvenue à l’écolokitch’

11 commentaires Ecolokitch(en)

J’ai découvert la cuisine potagère émerveillée de Sonia Ezgulian lors d’une interview il y a un bail. Vive, généreuse, passionnée, elle rayonne d’énergie, de joie créatrice et d’envie de partager. Une authentique cuisinière donc.

Lorsqu’au détour d’une conférence de presse (qui se tenait au Café Pleyel dont elle a conçu la carte) pour présenter le programme de la Semaine Fraîch’Attitude elle signala la publication d’un article de sa plume dans un Marie Claire Maison, je n’ai pas hésité : j’ai acheté pour la première fois de ma vie une revue de décoration. A 30 ans passés, il devait être temps (signe de vieillissement indéniable).

J’ai certes pris le prétexte fallacieux de l’intérêt de Bricolboy pour le … bricolage (il y en a deux qui suivent, je vois) pour justifier cet achat que je qualifierai presque d’impulsif. Néanmoins je constatai rapidement que les magasines de déco sont remarquables pour se détendre, similaire à un bon bain : l’alternance sandwichesque de publicité pour espaces irréels assortis d’articles présentants un monde parfait (enfants peignés, sols carrelés éblouissants, rayons de soleil au nord de Paris) engendre un état quasi-hypnotique de vie rêvée des anges du design.

Dans les recettes présentées par Sonia, un velouté de queues de persil me fit indéniablement de l’oeil, car il répondait à un triste gâchis me consternant chaque fin de semaine : la vue de mon bouquet de fines herbes tout déplumé dans mon frigo.

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28 jan 2008

Maftoul aux champignons et roquette

10 commentaires Ecolokitch(en), Légumivore

Femmes libérées, mères de famille qui travaillez et cavalez toute la journée, si vous en avez marre de nourrir votre famille de pâtes-riz-semoule-boulghour à toutes les sauces, j’ai le truc pour vous, qui en plus a le bon goût d’aider nos semblables.

Le maftoul, disais-je. Nom impossible (j’en vois déjà qui pouffent…) sur lequel j’avais tiqué en lisant le livre de Laurence Salomon. Elle utilisait du black maftoul dans une recette, et ma foi, cette denrée-là ne réussit jamais à tomber dans mon escarcelle. Je finis néanmoins par trouver du maftoul « classique » au fin fond d’un riant supermarché de la région de Soissons -ne me demandez pas pourquoi je traînais par là, mais rien que pour avoir trouvé ce maudit paquet, ça en valait la peine.

Trêve de couscous, le maftoul est justement une sorte de méta-graine de couscous, assez géniale dans son invention. D’origine palestinienne, il s’agit d’un couscous d’hiver, destiné à la conservation. Les fines graines de semoule sont roulées, roulées dans la farine -elles ne s’en plaignent même pas, elles-, afin qu’elles s’enrobent délicieusement, jusqu’à prendre la taille d’un oeuf de saumon. Qui plus est, cette graine traditionnelle est fabriquée par des coopératives de femmes. Je ne rentrerai pas ici dans le débat sur le commerce équitable, ses certifications et autres labelisations. Partant du principe qu’un petit quelque chose vaut mieux qu’un grand rien du tout, je suis heureuse de me régaler en 10 min un soir, en pensant qu’après tout au bout du monde quelqu’un gagne un tout petit peu plus décemment sa vie que si je n’avais rien fait acheté. Peut-être que cela se nomme la bonne conscience alimentaire.

Equitable ou non, disons-le : le maftoul, c’est délicieux, ça se cuit en 10 min, c’est une céréale semi-complète bref, que de la bonne résolution en brique pour 2008. Manger mieux, sain, tout aussi vite, et en faisant le moins de dégâts possibles autour de soi.

Maftoul aux champignons et roquette

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