02 sept 2010

Le Noir’sette de Joël Durand, l’anti-blues de la rentrée (la nique au Nutella)

13 commentaires Produits

Si tu voyais la vie que je mène, t’oublierais pas mes BN !

C’est le cri des mères de famille le jour de la rentrée, soulagées (honteusement) de déposer leurs nains adorés entre des mains expertes. La course de l’année scolaire va recommencer – alors j’en connais plus d’une qui le soir venu aura envie de plonger le doigt dans le pot de Nutella. Vous savez, celui qu’on est censé acheter pour les enfants, et qui par un glissement étrange, finit toujours sur nos hanches ?

noirzette-3En plus de la crise de nerfs, des pellicules d’exaspération, des rides du lion du « je-te-fais-les-gros-yeux », de l’ulcère à l’estomac (réussira-t-il sa maternelle supérieure ?) vous risquez donc de vous rajouter une belle gueule de bois écologique et des artères défaillantes, rapport à la richesse du leader des pâtes à tartiner en huile de palme.

En plus, quand on s’y arrête deux minutes, ce Nut Nut, ce n’est pas vraiment bon. Juste gras et sucré, parfaitement réconfortant, mais un peu comme un doudou très usé : pas forcément présentable, avec une valeur plus sentimentale que réelle. La dernière fois que j’en ai acheté, c’était sous le sordide prétexte de réaliser ces sablés démoniaques que je vous recommande plus que chaleureusement.

Séchez vos larmes (de culpabilité, ça n’a hélas jamais fait fondre la cellulite) et sortez vos cuillères à café, j’ai ramené de mes valises estivales une pâte à tartiner absolument irrésistible, à la composition nickel et au bilan carbone presque correct –si on la transporte en TGV, on se fait livrer ou qu’on a la chance d’habiter en Provence.

La Noir’sette de Joël Durand, c’est juste du bon chocolat noir, des noisettes du Piémont et du sucre. Rien de plus, rien de moins. Ca a l’air facile, dit comme ça, mais tout se joue dans sa texture,  qui rend la chose bien plus intéressante.
Un peu comme un exfoliant pour le corps, vous voyez ?
Non. C’est-à-dire que l’on perçoit fort bien, sous la langue et sur la photo, de minuscules grains de noisette broyée enrobés de caramel. Faut-il rappeler que c’est la base même du praliné, cette caramélisation des oléagineux (et vive encore et toujours la réaction de Maillard qui nous oxyde mais nous régale) ? .noirzettte-1Mais là, elle est portée à sa perfection, joliment enrobée dans une robe soyeuse que l’on reconnaît de la Chocolaterie de l’Opéra (fournisseurs également de Conticini)

Ca y est, vous l’avez votre anti-dépresseur !

Noir’sette de Joël Durand
8 euros le pot de 540g (fait une bonne dizaine de coups de blues ou de baisse de régime)

En vente à Saint Rémy de Provence, dans certaines pâtisseries et à la Grande Epicerie du Bon Marché.

17 août 2010

Comment étaler une pâte à tarte sans rouleau à pâtisserie ?

28 commentaires Trucs et astuces, Un peu tarte..., Vous prendrez bien un dessert ?

« Avec une bouteille de verre« , me direz-vous.

Oui, mais si on n’a pas envie de laver ladite bouteille (même si on s’est régalé à la vider), de fariner un plan de travail, de faire le ménage avant/après, bref, si on est pris d’une crise de flemmingite aïgue alors qu’on se trouve dans une demeure hélas sans rouleau à pâtisserie -signe de l’harmonie conjugale des résidents ou de leur non-pratique pâtissière- voici le truc ultime. Le rouler-trancher-écrabouiller.

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Ca consiste à préparer une pâte à tarte (vade retro pâte en rouleau !), la séparer en 2 boudins, puis à trancher les boudins et à répartir les morceaux de pâte dans le moule généreusement beurré. Ne reste ensuite qu’à faire se rejoindre les tranchettes avec la paume de la main, en appuyant soigneusement sur les bords afin de faire  remonter le plus possible la pâte et d’avoir une tarte qui se démoulera bien et dont les bords ne flancheront pas.

Ca a l’air compliqué dit comme ça, alors quelques images seront plus explicites. Ca mériterait presque un .gif animé, des paillettes sur le curseur de la souris et du Andrea Boccelli en fond musical,  mais je vais m’abstenir.

Si  vous n’avez pas sous la main de bonne recette de pâte à tarte pour tarte aux fruits, voici la mienne, éprouvée à maintes reprises cet été. Légèrement sucrée, avec de la poudre d’amande pour absorber légèrement le jus, et pas trop grasse grâce aux petits-suisses, déjà employés ici, son petit côté brioché me convient parfaitement. Surtout, elle supporte de ne pas être étalée trop finement, elle a un petit côté rustique pas mal du tout.
Si j’aime beaucoup faire la pâte, la répartition des fruits sur la pâte avec régularité géométrique a toujours eu le don de m’ennuyer ferme. Certainement une histoire de géométrie dans l’espace. Par chance, c’est un art que mon amoureux maîtrise plus que bien. Alors, quand on ne fait pas ensemble de merveilleux enfants, on fait des tartes….

J’aurais dû mettre sur cette tarte une bougie pour fêter les 6 ans de ce blog. Six ans ! Je me souviens encore de la terrible chaise à roulettes et de l’ennui suintant du bureau du 8ème arrondissement où je gagnais ma vie, au département « Communication » d’une grande entreprise côtée qui n’avait rien à voir avec la cuisine.
Si j’avais su tout* ce que ce blog m’amènerait… et bien, je crois que j’aurai pas eu un peu peur en appuyant sur le bouton « publier ». Heureusement que l’inconscience de ma jeunesse et le plaisir d’avoir des lecteurs ont fait tout le travail… Qu’ils en soient plus que remerciés.

*des amis, des amies, des ennemis, des piges, une reconversion, quelques emmerdes, des traces de farine sur l’appareil photo et beaucoup de rires.

Pâte à tarte sucrée
Pour une grande tarte de 26 cm (il vous restera un peu de pâte pour croisillons ou pour faire une tartelette)
280 g de farine T55
50 g de poudre d’amandes
50 g de sucre en poudre
2 petits-suisses au lait entier (soit 120 g)
125 g de beurre demi-sel bien mou
1 oeuf entier

Mélanger farine, sucre et poudre d’amandes. Faire un puits et y déposer le beurre et les petits-suisses, avec le petit-lait. Mélanger avec les mains, jusqu’à obtenir une pâte sableuse. Battre l’oeuf dans un bol, en verser une partie dans la pâte, la travailler jusqu’à ce qu’elle forme une boule. Vous n’aurez peut-être pas besoin de tout l’oeuf  : ajoutez-le progressivement, il faut en mettre juste assez pour pouvoir obtenir une pâte ferme.
S’il vous en reste, vous vous en servirez pour dorer les bords de votre tarte, rien ne se perd !
Etaler assez épais (au moins 7 mm), et cuire votre tarte au moins 30 min à 190°.
Si vous n’avez pas de petits-suisses, utilisez du fromage blanc, de la faisselle ou du yaourt à la grecque. Selon leur taux d’humidité, vous n’aurez peut-être pas besoin d’ajouter l’oeuf pour obtenir une boule de pâte, ou bien vous devrez ajouter de la farine…

D’autres tartes sucrées ?
- Tartelettes pralinées
- Une tarte au citron jalousée