Archive pour la catégorie 'Légumivore'

Un gratin total helvète - blettes et sbrintz

Lundi 5 mai 2008

Je ne suis pas Gordon Ramsay (mais vous l’aviez sans doute remarqué). Oui : j’aime Stephan Eicher.

En lisant A nous Paris de la semaine dernière, j’ai été amusée d’apprendre que le chef multi-étoilé au caractère de chef cochon ne supportait pas d’entendre mon chanteur helvète favori, rapport à une ex qui le lui avait infligé en boucle (je suis innocente, je n’ai pas connu bibliquement Gordon Ramsay, papa pardonne-moi si tu lis ces lignes).

Voilà, le pire aveu : je possède tous les albums de Stephan Eicher, certainement une photo dédicacée au fond d’un placard (avec une orthographe fantaisiste et unique de mon prénom), et puisque son écoute semble difficile au plus grand nombre, je l’écoute quand les oreilles de l’homme sont loin. Longtemps d’ailleurs de la Suisse je n’ai connu que ce chanteur à l’accent de nulle part et pourtant tellement européen. Et puis… le fromage est arrivé dans ma vie.

Il y a 5 ans, je n’en mangeais presque pas, je le confesse. Je dois tout à Bricol’Boy qui pris mon éducation en main sur ce plan-là (comme quoi j’avais bien fait de ne rien faire avec Gordon).
Insidieusement, je réussis à goûter du manchego, à succomber au Brillat-Savarin (qui peut résister à 70% de matières grasses ?), et de fil en aiguille c’est moi qui ai initiée la malheureuse Anne au Gruyère Suisse. Si si, celui sans les trous. J’ai même animé un atelier au Salon de l’Agriculture pour les fromages d’Auvergne, découpant sans sourciller de la Fourme d’Ambert : une de mes ultimes résistances à vaincre concerne les fromages bleus, mais j’espère bien arriver à en goûter un jour.

Alors le Sbrintz m’intriguait, parce que son nom me fait penser aux Sprits, mes biscuits préférés, mais encore plus à cause de la recette de Lauriana, et parce que l’Appenzeler avec son goût étrange d’infusion, je ne réussis pas à m’y faire. Enfin déniché le graal fromagé (merci RPCA), herbacé et beurré comme promis, ne restait qu’à l’accommoder.

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Epinards au sésame - cuisinez les ingrédients japonais !

Mercredi 9 avril 2008

Difficile de mettre de côté l’affection que l’on a pour une personne quand celle-ci sort un ouvrage. Ce cas de figure va se présenter de plus en plus souvent dans les blogs culinaires, si j’en crois le nombre de projets en préparation… et de fait sur ce blog j’en suis venue à ne presque plus parler de livres de cuisine.

Doit-on en parler par amitié… ou/et parce que le livre vous a plu ? Que penser du “qu’en dira-blog” en ce cas ? Si on oppose souvent les blogs et les médias traditionnels - à grand coup d’ “objectivité” et de “copinage”, quand on a comme moi un pied dans chaque sabot, on ne sait parfois plus quoi écrire, ni comment.

Alors quand est arrivé dans ma boîte aux lettre le Cuisiner les ingrédients japonais de Clea, j’étais ravie, comme à chaque fois que m’arrive un livre dans la boîte aux lettres d’ailleurs. Je me suis demandée si j’allais en parler, sous prétexte que comme je connaissais sa délicieuse auteure, je n’allais pas être objective. Alors, j’ai juste inversé la question : si je ne la connaissais pas, en aurais-je parlé ?

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Le citron caviar

Samedi 5 avril 2008

Bravo à Clotilde qui fidèle à sa réputation de superfoodista a bien trouvé la nature réelle du concombre masqué citron caviar (et remporte ce qu’il en reste chez elle).

Palme de la pignolade ex aequo à Anaïk et au citoyen Estèbe -le jour où ils se rencontrent en vrai ces deux-là, je veux pas être dans la pièce, pour éviter de mourir trop jeune de rire. Et palme spéciale du jury à Patrick (depuis le temps que je rêve de lui en décerner une, pour qu’il aille nager…)

C’est donc un citron caviar. Mais pourquoi donc ce nom étrange, où est donc l’esturgeon ? Une petite image vaut mieux que blablablabla :

citron caviar

Un citron qui a un grain, voilà tout !

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Les premiers bonheurs du printemps -salade d’épinards à l’oeuf poché, vinaigrette balsamique magique

Dimanche 30 mars 2008

Quand je vois un sac d’épinards frais, je l’ai forcément mauvaise. La perspective de me retrouver à devoir brasser des litres d’eau glacée pour les déterrer ne me rend que modérément jouasse. Heureusement, la baignoire remplit parfaitement son office dans ces cas-là, car il faut bien la perspective d’un plat délicieux pour me motiver à jouer les lavandières de chenopodiacées.

Je n’avais jusque lors que prêté modérément d’intérêt à l’épinard cru, mais l’arrivée des petites pousses (plus faciles à laver que leurs immenses congénères) peut faire changer d’avis la plus flemasse des cuisinières. J’avais dégusté l’année dernière, chez l’excellent Supernature, une belle salade à l’oeuf poché, onctueuse à souhait, accompagnée d’une vinaigrette sucrée particulièrement suave, où je n’arrivai pas à identifier l’huile utilisée.

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L’onde amère du risotto à la trévise

Samedi 1 mars 2008

Longtemps je n’ai pas aimé l’amertume (et Marcel Proust non plus). Loin de moi les endives de mon enfance-qui, sélection génétique oblige, n’ont plus que d’amer le souvenir-, buark le terrible Bitter San Pellegrino que je goûtais en Italie, pouark le Schweppes qui médicament à l’origine aurait dû rester médicament..

Jusqu’à ce que je vieillisse et tombe en amour fou pour la Trévise. Si si, cette chicorée rouge italienne, comme son nom l’indique, j’en ai nourri une obsession, à tel point que de passage à Rome, elle dû trouver une place dans notre valise. La touriste qui faisait une petite danse de joie devant un étal de maraîcher où l’on comptait trois ou quatre variétés différentes, cherchez pas, c’était moi. (Malgré ce changement radical, je n’aime toujours pas lire Marcel Proust)

En France, on trouve en général une Trévise ronde et pommée, ma foi pas mal. J’en fis souvent des pâtes, et notamment une recette de pâtes à la trévise et au cacao pour le livre Pasta Party qui est vraiment convaincante, les deux amertumes se mariant particulièrement bien sans trop s’amplifier. Paradoxalement elle n’a jamais à mon grand regret fait partie de ces recettes que les gens ont eu plaisir à tester : sur le papier, elle a l’air hélas trop bizarre…

Malheureusement, la Trévise à la française n’est qu’un avant-goût de toutes les variétés vendues couramment en Italie.

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Maftoul aux champignons et roquette

Lundi 28 janvier 2008

Femmes libérées, mères de famille qui travaillez et cavalez toute la journée, si vous en avez marre de nourrir votre famille de pâtes-riz-semoule-boulghour à toutes les sauces, j’ai le truc pour vous, qui en plus a le bon goût d’aider nos semblables.

Le maftoul, disais-je. Nom impossible (j’en vois déjà qui pouffent…) sur lequel j’avais tiqué en lisant le livre de Laurence Salomon. Elle utilisait du black maftoul dans une recette, et ma foi, cette denrée-là ne réussit jamais à tomber dans mon escarcelle. Je finis néanmoins par trouver du maftoul “classique” au fin fond d’un riant supermarché de la région de Soissons -ne me demandez pas pourquoi je traînais par là, mais rien que pour avoir trouvé ce maudit paquet, ça en valait la peine.

Trêve de couscous, le maftoul est justement une sorte de méta-graine de couscous, assez géniale dans son invention. D’origine palestinienne, il s’agit d’un couscous d’hiver, destiné à la conservation. Les fines graines de semoule sont roulées, roulées dans la farine -elles ne s’en plaignent même pas, elles-, afin qu’elles s’enrobent délicieusement, jusqu’à prendre la taille d’un oeuf de saumon. Qui plus est, cette graine traditionnelle est fabriquée par des coopératives de femmes. Je ne rentrerai pas ici dans le débat sur le commerce équitable, ses certifications et autres labelisations. Partant du principe qu’un petit quelque chose vaut mieux qu’un grand rien du tout, je suis heureuse de me régaler en 10 min un soir, en pensant qu’après tout au bout du monde quelqu’un gagne un tout petit peu plus décemment sa vie que si je n’avais rien fait acheté. Peut-être que cela se nomme la bonne conscience alimentaire.

Equitable ou non, disons-le : le maftoul, c’est délicieux, ça se cuit en 10 min, c’est une céréale semi-complète bref, que de la bonne résolution en brique pour 2008. Manger mieux, sain, tout aussi vite, et en faisant le moins de dégâts possibles autour de soi.

Maftoul aux champignons et roquette

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Salade de haricots blancs, épeautre et pétoncles - Céder aux demandes

Samedi 8 décembre 2007

Parfois on oublie au fil du temps pourquoi l’on a commencé à bloguer.

Et après un long silence -overdose de travail, de découvertes, de recettes et autres complications humaines- se souvenir que permettre à ses amis et invités de retrouver facilement la recette qu’ils ont savouré à table est finalement la meilleure des raisons d’écrire

Cuisiner pour partager le plaisir. Pas pour se repaître d’arguties techniques autour du geste parfait de découpage de l’oignon, ni pour s’épater autour des variations tarabiscotées. Encore moins pour suivre les modes - à force, on peut développer une allergie aux verrines et aux cuillères apéritives, signe qu’il est temps de prendre du recul et d’aller se faire cuire un oeuf. Sans coquilles saint jacques, caviar ou foie gras, période festive approchant (ce qui me donne une folle envie de manger des patates à l’eau, tiens, par esprit de contradiction).

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La révélation du caviar d’aubergine à l’amchoor et lait fermenté

Lundi 22 janvier 2007

Comme je l’avais dit ici, je suis passée en décembre chez Bruno et en suis ressortie chargée de nouveautés. Je voulais de la badiane (j’étais à court),super prétexte pour y passer, et je ne suis ressortie qu’avec des épices que je ne connaissais pas (je devrais toujours avoir une connexion à l’indispensable Toil’d'Epices sous la main).

Parmi les paquets, de l’amchoor, poudre de mangue verte séchée. Visuellement, on dirait du gingembre en poudre, et gustativement… une saveur citronnée, légère, et une pointe d’astringence, pas désagréable pour une amoureuse de l’acidité. Pas de saveur de bonbon acidulé, non, une note à la fois fraîche, héspéridée, rafraîchissante et parfumée… Pas très forte, mais délicate.

Je n’ose pas photographier mon placard (ou mon étal) à épices, il y en a partout. J’ai beau avoir des pots Ikéa, des pots à yaourts, il en manque toujours. Mon rêve ? Le fichu meuble à épices de Ferran Adria, pour avoir tout sous la main et les yeux. Bricol’Boy a beau me faire des étagères, je finis toujours par les remplir, un vrai tonneau des Danaïdes.

L’amchoor attendait donc tranquillement son heure depuis un moment sur mon étagère à poudre magique, je la regardai de temps à autre avec regret (”mais comment vais-je t’assaisonner ? à quelle sauce vas-tu être mangée?“, le comble pour une épice…), l’inspiration ne venait pas.

Et puis un soir… une aubergine allanguie au frigo…une réminiscence de raïta indien aux aubergines…et puis l’évidence du lait fermenté, dont l’acidité légère est proche de celle de l’amchoor : voici un nouveau caviar d’aubergines, très frais, et en plus, très diététique !

L’amchoor lui apporte de la fraîcheur, le lait fermenté du moelleux et du liant.
Ca valait le coup d’attendre l’inspiration…

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Coupelle Luminarc

CAVIAR D’AUBERGINES A L’AMCHOOR & AU LAIT RIBOT
Pour 2
1 belle aubergine brillante
3 cuillères à soupe de lait ribot (ou babeurre, ou lebne)
2 cuillères à café rases d’amchoor
1 pincée de sel

Laver l’aubergine, la piquer de toutes parts, l’enrouler dans du papier aluminium et la glisser au four (180°) pendant environ 30 mn (jusqu’à ce que la chair soit molle).
Couper le pédoncule, fendre l’aubergine en deux et en prélever la chair. La presser pour en retirer l’eau de cuisson.
La hacher au couteau et la verser dans un grand bol.
Saler légèrement, ajouter l’amchoor et le lait ribot. Réserver au frais jusqu’à consommation.
Se conserve très bien plusieurs jours au réfrigérateur.

Envie d’utiliser votre amchoor ? La Belle au Blé dormant l’utilise dans une sauce au curry… Ne l’oubliez pas !

PS : ne vous inquiétez pas pour la badiane, une fée de mes amies m’en a livré 500g à domicile pour Noël, cadeau original et dont nous profiterons toute l’année !

On se lève tous pour Laurence (Salomon) et sa terrine de champignons aux lentillons de Champagne

Lundi 15 janvier 2007

La première fois que j’ai entendu parler de Laurence Salomon, c’était chez Vanessa : la pissaladière, je peux pas résister.

Malheureusement, j’avais fait la bêtise de laisser la pâte reposer une nuit au frigo, et elle n’en n’a absolument pas besoin, j’avais eu du mal à l’étaler. Mais en grande fan de flocons d’avoine, j’avais persévéré et avec bonheur, cette pâte à tarte est délicieuse.

Je zyeutais donc le livre de Laurence, Fondre de plaisir idéal après les fêtes (parce que la détox avec un demi-ananas…je vais pas y arriver), depuis un bon moment… quand un chèque-cadeau Amazon est arrivé début janvier. Voilà la seule chose que m’a rapporté mon blog… non, quelques assiettes Luminarc aussi, j’oubliais… et surtout, le plus important : un paquet de copines.

Donc, en 2 ans, tous les liens Amazon ont fini par me permettre de m’offrir ce livre. Pas de quoi pavoiser mais après tout, un livre de cuisine pour un blog de cuisine, cela s’imposait (le vice qui finance le vice en somme).

Et pendant que je le lisais -il est arrivé à la maison mercredi dernier-, cherchant les recettes à tester le week-end, Mercotte nous a raconté son déjeuner là-bas (la veinarde), Cléa révélait aux yeux du monde son affection pour ce livre, et nous, on en mangeait à la maison… J’oubliais, Mercotte était accompagnée de Mireille, qui partageait son enthousiasme… Synchronicité ? Empathie ? Phénomène de mode ? Effet post-fête ?

Rares sont les livres où, dès la première lecture l’on pointe une bonne dizaine de recettes : la tarte aux carottes et à la tomme de Cléa m’avait aussi fait de l’oeil, et que dire du pressé d’aubergines, tofu, tomates et basilic, puis de l’émincé de volaille aux courgettes, poivron et gingembre, et aussi des bouchées de canard au pain kamut… Et pour les desserts c’est pas mieux : gâteau mirabelles, noisette et rapadura, gâteau au yaourt de soja et pêches blanches.

Surtout, les conseils sont nombreux, clairs, les conseils pour les néophytes abondent. Les recettes sont assez simples et mélangeables entre elles, une grande souplesse se dégage (autour du principe cru/cuit bien exploité).

Que dire de plus ? Un total plébiscite, grandement mérité. En plus de la recette qui suit, nous avons aussi dégusté une soupe de carottes au curcuma, parfaite, goûteuse, sans une once de crème. J’aime beaucoup les lentillons de Champagne, car ils cuisent vite et ne sont pas farineux, c’est Claire Emma qui me les a fait découvrir, mais je ne les trouve pas très beaux. Cette terrine leur apporte un bel habillage, un réel écrin soyeux (ça y est, je deviens lyrique) et léger. Je sens que cela va devenir même un classique !

Le moelleux chocolat-sarrasin-chicorée est le prochain sur ma liste (d’ailleurs, Maman chérie, n’oublie pas de me porter ton moulin à café électrique la prochaine fois que tu viens à Paris !!!)…

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Terrine de champignons aux lentillons de Champagne

Quasi copiée-collée de Laurence Salomon

500 g de champignons de Paris
75 g de lentillons de Champagne
125 g de fromage de chèvre ultra-frais ou de faisselle de chèvre
3 oeufs bio
2 gousses d’ail
1/2 cuillère à café de baies roses
Quelques brins de coriandre fraiche (ou de persil plat)

Rincer les lentilles, les faire cuire 25 mn à feu doux dans 2 à 3 fois leur volume d’eau, avec une feuille de laurier. Saler légèrement, égoutter.
Rincer rapidos les champignons, les émincer. Les faire suer dans une goutte d’huile d’olive avec l’ail pelé et émincé, leur faire rendre un maximum d’eau (c’est-à-dire : commencer la cuisson à couvert 5 mn, puis faire évaporer en ôtant le couvercle).
Mixer le fromage de chèvre, les oeufs, la moitié des champignons. Ajouter les lentillons cuits et les morceaux de champignons, les baies roses, la coriandre grossièrement hachée, assaisonner (par exemple de gomasio).
Huiler des ramequins (j’ai pu en remplir 6), verser la préparation et faire cuire au bain-marie à 170° pendant 25 mn.

Verdict : très goûteux et léger ! facile à démouler et étonnament joli, avec son petit côté fossile. Mon seul regret, avoir mis des baies roses (qui sont dans la recette originale), je n’ai pas tellement trouvé cela intéressant. Un soupçon de coriandre se justifierait plus. Elle est également délicieuse froide le lendemain.

Qui a dit que tout se passait à Paris ? C’est à moi de regretter d’habiter si loin de son restaurant, j’ai hâte de le tester!

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Le restaurant de Laurence Salomon : http://www.nature-saveur.com/

Son livre : Fondre de plaisir aux Editions Grancher, 35 euros (vite rentabilisé)

Scorsonère mon ami tombé dans une marmite de fusion-food… la fin de la saga des légumes oubliés

Mercredi 20 décembre 2006

Longtemps j’ai cru que le salsifis poussait dans des boîtes uniquement (voire des bocaux). Son goût de carotte javélisée, voire anémique, ne m’inspirait pas grand chose (comme dit Desproge de l’endive, “sa saveur rappelle à l’amnésique qu’il a tout oublié“). A part un recul très net et une grimace de dégoût.
Et un jour, j’ai trouvé des cannes à sucre noires de terre chez le marchand de légumes… Mais qu’est-ce que c’est donc que ce truc ?

salsifis
Photo Aprifel - Le truc tout moche devant, c’est ça !

Des salsifis frais, pardi ! Enfin, salsifis, c’est vite dit…
Il s’avère que l’on consomme en fait plus de scorsonères (racines noires) que de “vrais” salsifis (racines blanches) et que les deux espèces sont devenus en fait synonymes (sauf au scrabble, où des mots pareils en jettent), mais dans 90% des cas, on consomme des scorsos plutot que des salsifis.
De facto, mettez des gants pour les peler, il en sort un jus collant et grisâtre à souhait qui peut vous tatouer les mains façon henné gris. Et pour leur éviter de noircir, vos morceaux doivent jouer les Esther Williams dans un bain d’eau citronnée ou vinaigrée.

Mais ça en vaut sacrément la peine. Autant je trouve les salsifis en conserve sans intérêt, autant là… sur le cul(si, si, au moins) ! Fin, fondant et ferme à la fois, une pointe d’artichaut, une touche de crème, un vrai délice.

Pour les cuisiner, l’eau ou la vapeur est un passage obligé, avant de leur choisir un assaisonnement à la mesure de leur finesse. J’avais hésité à les faire longuement, lentement mijoter dans un bon fond de veau bien onctueux… mais un vent de folie asiatique en a décidé autrement, et zut, voilà quand même un plat de réveillon, il y a des crevettes dedans !

Sans le savoir, j’ai fait un accord linguistique qui s’imposait de lui même, puisqu’en anglais on dit aussi oyster plant pour désigner ce légume… Néanmoins, dans ma bouche, aucune trace de ce soit-disant goût d’huître, mais le crustacé lui siet bien, contrebalance sa potentielle fadeur.

Qui sait à quoi ressemblerait une perle de scorsonère, donc ? Ce serait certainement une perle noire…

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Assiette Luminarc

Scorsonères sautés aux crevettes et nouilles chinoises
Pour 2 étonnés (mais c’est que c’est bon, le salsifis frais,mon bon monsieur)
5 tiges de scorsonères bien terreuse (plus de fun à nettoyer)
1 sachet de gambas décortiquées “ail et persil” Leader Price (j’assume, elles sont délicieuses)
1 poignée de nouilles chinoises aux oeufs
1 cuillère à café de gingembre râpé
Huile de sésame

Peler les scorsonères (n’oubliez pas les gants), les plonger dans un saladier d’eau vinaigrée. Les couper en tronçons, les faire pocher (dans un bouillon ou simplement à l’eau salée) jusqu’à ce qu’ils soient tendres (comptez de 15 à 20 mn).
Pendant ce temps, faire cuire les nouilles à l’eau bouillante salée, les égoutter.
Faire sauter au wok les gambas, puis ajouter les scorsonères et enfin les nouilles. Saupoudrer de gingembre et laisser croustiller en tournant allégrement.
Au moment de servir, ajouter quelques gouttes d’huile de sésame…pour lui laisser tout son parfum.

Après vous avoir infligé topinambour, cerfeuil tubéreux puis scorsonère (dorénavant scorso pour les intimes), je reste à la recherche d’une recette potable de rutabaga. Cet hybride infect de chou et de navet n’a jamais trouvé grâce à mes papilles (pourtant, j’aime le chocolat blanc, qui a été inventé aussi pendant l’occupation, comme quoi !). Que le premier qui ait réussi à en faire un truc digne d’intérêt m’en envoie un échantillon, j’accepte de revenir sur mes mauvaises expériences ! En plus, comme cadeau de Noël, une recette, ça fait toujours plaisir !